AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2020525712
Éditeur : Seuil (14/01/2002)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 492 notes)
Résumé :


Il s'appelle Birahima, il a dix ou douze ans et, comme beaucoup d'enfants, il joue au petit soldat avec une mitraillette. "C'est facile. On appuie et ça fait tralala." Sauf qu'ici l'arme est bien réelle et les morts ne se comptent plus. Birahima fait partie de ces orphelins qui ont tout perdu et n'ont d'autre recours, malgré leur jeune âge, que de devenir des sortes de mercenaires dans les guerres tribales qui déchirent des pays comme le Liberia ou l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  21 avril 2013
L'Afrique est un continent qui m'a toujours fascinée. Ce roman retrace les événements marquants qui ont touché plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest pendant les années 1990, en particulier le Liberia et le Sierra Leone.
Birahima est une jeune ivoirien de 10 ans. Il a été abandonné par sa mère et il quitte son village pour rejoindre, à pied, son unique famille, c'est à dire sa tante qui vit au Libéria.
Il va être enlevé en chemin par une bande redoutable, il va connaître l'horreur des camps d'"enfants-soldats", des colonels sanguinaires, des dictateurs ridicules, des religieuses qui manient la kalachnikov pour survivre.
C'est un récit qu'on n'oublie pas. Ces pages tragiques de l'histoire de l'Afrique contemporaine sont écrites et analysées par la conscience d'un enfant qui a prafois du mal à exprimer toute l'horreur des situations auxquelles il est confronté. Un enfant privé d'instruction, comme il y en a encore tant dans de nombreux pays et plus particulièrement en Afrique.
Le seul lien à la culture et même le seul accès à la culture et à l'instruction sera pour Birahima la lecture régulière d'un gros dictionnaire qui va aider le jeune enfant à mieux préciser ce qu'il ressent et les situations terribles qu'il traverse.
Quelle intensité, quelle brutalité dans ce livre! L'horreur et la violence à l'état brut. On compatit face au vécu de ce jeune enfant.
Ce livre vous marque, c'est un témoignage d'une force incroyable.
A tel point que mon amie américaine qui a vécu en Afrique de l'Ouest pendant cette période, me disait récemment qu'elle n'avait toujours pas pu finir la lecture de ce livre, tant elle retrouvait des situations dont elle-même avait aussi été témoin.
La galerie de personnages est absolument stupéfiante: les mots me manquent pour évoquer ce terrible colonel "Papa le Bon"!!! Un Papa qui recrute dans la violence ses enfants-soldats et qui les manipule en les abreuvant de hasch.
La soeur Gabrielle qui dirige d'une main de fer son couvent est absolument étonnante: elle n'hésite pas à donner une formation "militaire" à ses religieuses et a été auparavant une exciseuse très connue!
Les rivalités ethniques sont remarquablement analysées de même que les conflits entre les différents dictateurs en jeu.
Ainsi on peut découvrir les alliances entre plusieurs ethnies, alliances qui compliquent encore plus la situation: rivalités entre Bambaras (= "ceux qui ont refusé") et Malinkés en Côte d'Ivoire, le héros étant lui-même un Malinké et rivalités entre Krahns, Gyos au Libéria, ces deux dernières ethnies s'étant finalement alliées pour mieux lutter contre les descendants des esclaves noirs américains qui ont constitué au fil du temps une classe dirigeante très "fermée".
On apprend à cette occasion que les Gyos ont été soutenus par M. Houphouët Boigny, alors Président de Côte d'Ivoire et par le colonel Kadhafi.
Voilà les principaux tenants de cette terrible guerre tribale qui va commencer à noël 1989 et qui va se prolonger tout au long des années 1990.
On y voit le parcours du très inquiétant Taylor qui a sévi longtemps au Libéria.
C'est un témoignage incomparable.
L'auteur, Ahmadou Kourouma, est né en 1927. Il était ivoirien. Il est mort en 2003. Il a obtenu le prix Jean Giono pour l'ensemble de son oeuvre.
Le livre "Allah n'est pas obligé" a obtenu, en 2000, le prix Renaudot, le prix Goncourt des Lycéens et le prix Amerigo-Vespucci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          690
Myriam3
  30 juillet 2014
Birahima, jeune garçon malinké de dix ou douze ans, a quatre dictionnaires pour raconter son blabla, sa vie de merde: le dictionnaire Larousse et le Petit Robert pour "chercher et expliquer les gros mots français aux noirs nègres indigènes d'Afrique", l'Inventaire des particularités lexicales du français d'Afrique pour la même raison mais dans l'autre sens, pour nous; et enfin le Harrap's pour nous expliquer le pidgin.
Car Birahima a beaucoup à nous dire sur sa vie d'enfant soldat, et il nous joint tout de suite, avec son insolence et son "parler petit nègre" à nous asseoir, à l'écouter et à noter tout ça.
Commence alors le récit de ces horribles années, la mort de sa mère, son enrôlement dans la guerre civile, son kalachnikov, la drogue, la mort, les massacres.
L'écriture est riche, orale, percutante, insolente comme ce gamin, et on en oublierait presque que c'est ce vénéré, ce grand et vieux Ahmadou Kourouma qui se cache derrière ce récit.
Les premières lignes surtout nous entraîne et une fois qu'on les a lues, ferré, on ne peut plus abandonner ce livre. Et tant mieux. Car en dehors de son indéniable qualité littéraire, il nous entraîne tout droit dans ce cauchemar qu'endurent des milliers d'enfants-soldats totalement déboussolés et manipulés dont on ne parle, bien souvent, qu'une fois le conflit apaisé.
A lire, absolument.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
ericbo
  06 septembre 2018
Je viens de relire « Allah n'est pas obligé ». Au fur et à mesure, les émotions de la première lecture me revenaient quasiment intactes. le récit de cet enfant-soldat est stupéfiant. Il relate son embrigadement et sa participation aux effroyables massacres du Liberia et du Sierra-Leone dans les années 90. Rien ne nous est épargné. Je repense souvent au passage des « manches longues » et « manches courtes ». (Il me semble d'ailleurs avoir vu ces scènes dans un film, je ne me souviens plus lequel.)
Il faut être préparé pour lire ce livre. Mais qu'on se rassure, l'Afrique n'a pas le monopole de la barbarie, loin de là !
Commenter  J’apprécie          394
aouatef79
  08 février 2018
"Allah n' est pas" obligé est un roman du vétéran des écrivains de l' Afrique sub-Saharienne Ahmadou Kourouma.
Ce dernier est un des grands écrivains ivoiriens .Il a à son
actif une importante bibliographie .
Ce roman a été publié au mois d' août 2000 et a reçu le prix Renaudot la même année .
Ce récit a pour cadre l' Afrique de l' Ouest au moment où la guerre civile entre des bandes rivales faisait rage dans des pays comme le Libéria , la Sierra-Leone ...
le principal protagoniste du récit est un jeune enfant ,
Birahima âgé d' à peine une douzaine d' année .Il vit en Côte-d' Ivoire avec sa mère .Cette dernière décède ,Birahima restant seul , on lui conseille de rejoindre sa tante établie auLibéria , pays voisin .Personne ne se dévoue pour lui tenir compagnie durant son trajet sauf , un jeune handicapé , Yacouba , le bandit boiteux .
Les voilà sur la route du Libéria . Très vite , ils sont enrôlés dans les différentes factions rivales qui se font une guerre sans merci .
Birahima devient soldat-enfant avec tout ce que cela entraîne : drogue ,meurtres , viols...Yacouba arrive facilement à se faire une place de féticheur auprès des
bandits , très croyants .
De péripéties en péripéties , Birahima et Yacouba vont
traverser la Guinée , la Sierra-Léone , le Libéria et enfin
la Côte-d' Ivoire .
La réalité et les épreuves qu' ont vécu ces jeunes enfants-soldats vont laisser sans aucun doute des traces
indélébiles et en seront marqués à jamais .
Une lecture dont on ne sort pas indemne .


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          318
Jazzbari
  21 août 2016
Dès l'incipit, Birahima, le narrateur, enfant-soldat, annonce la couleur en six points. Au commencement, il est « p'tit nègre », non pas parce qu'il « est black et gosse » mais parce qu'il « parle mal le français ». Deuxièmement, il a quitté l'école très tôt. Troisièmement et quatrièmement, il est insolent et impoli. Cinquièmement, pour clarifier son français au doigt mouillé et profondément africanisé, il dispose de quatre dictionnaires qui accompagneront le lecteur tout au long du récit. A la fin, comme un point incontournable de sa personnalité, il avertit et assume qu'il est maudit parce qu'il a « fait du mal à sa mère ».
Et peut-être comme un signe tragique de cette malédiction, il perd très tôt sa mère atteinte d'un cancer incurable. La communauté villageoise décide alors que Birahima, du haut de ses dix ans, sera confié à sa tante, désormais sa mère putative. Il incombe à Yacouba, un bandit boiteux du village, de le conduire chez Mahan résidant au Libéria. Féticheur et multiplicateur de billets de banque, ce dernier espère se faire beaucoup d'argent dans ce pays déchiré par une guerre tribale et où justement les gris-gris contre les balles se vendent à des prix mirobolants.
Ce voyage constitue une seconde initiation qu'accomplit le petit Birahima. Si la première avait sanctionné son entrée dans l'âge « adulte », par le biais de la circoncision, à travers celle-ci, il se frotte aux réalités de la guerre et découvre le drame d'un pays et d'une population livrés au chaos, à la boulimie et à la cruauté des acteurs politiques.
C'est aussi un voyage dans une faconde et un langage atypiques. Heureusement, le narrateur dispose de plusieurs dictionnaires pour éclairer la lanterne du lecteur, sinon celui-ci aurait chaviré dans ce flux de mots insolents, décomplexés. Car la parole de Birahima dérange les esprits à cheval sur la morale et le français pur.
Durant tout ce voyage pittoresque, le lecteur demeure constamment secoué par une langue authentique, cadencée, menée tam-tam battant.
Nos deux baroudeurs pénètrent dans le Liberia en guerre par la petite porte et se font accueillir par des rafales de mitraillettes de la faction NPFL, l'une des trois qui écume le pays. L'enfant s'incorpore toute affaire cessante dans la section des enfants-soldats de l'armée du colonel Papa le bon, tandis que Yacouba est engagé comme « grigriman », féticheur. Ce seigneur de guerre, l'un des bandits de grand chemin faisant main basse sur le Libéria, porte plusieurs casquettes : prêtre, « désensorcelleur », philanthrope et juge. Mais son camp finit par être pillé et saccagé à la suite d'une émeute des prisonniers de guerre.
Les deux aventuriers rejoignent ensuite la faction du Ulimo, la bande des loyalistes et héritiers du défunt Samuel Doe. Dix années plus tôt, ce troupier en connivence avec Thomas Quiompka, tous ressortissants des deux principales ethnies indigènes du pays, avaient réussi un coup de force contre le président d'origine afro-américaine, appartenant lui à une communauté d'esclaves affranchis et réinstallés au Libéria. Tenant le haut du pavé, ils se sont comportés pendant des décennies en colons arrogants et égoïstes envers les indigènes.
Une fois aux manettes, Samuel Doe élimine les grands cadres afro-amériacains et assoit un pouvoir tyrannique et tribal dont le rouleau compresseur finira par écraser Quiompka, son second couteau d'hier et d'autres grosses légumes de la même ethnie. Les rescapés s'en fuiront en Côte d'ivoire, puis seront refilés au seigneur Kadhafi par le dictateur Boigny. Entrainés en Lybie, ils revienvront avec quelques armes et surtout un esprit vindicatif. C'est l'amorce de la guerre civile en 1989.
Le roman est jalonné de la scansion d'oraison funèbre en l'honneur des enfants tombés au front. Histoire de leur rendre un dernier hommage, Birahima revient sur leur bref parcours sur cette terre, révulsé qu'il est par l'injustice des adultes qui les ont obligés à s'enrôler dans des groupes armés. « C'est la guerre tribale qui veut ça » tinte dans le récit comme un refrain macabre soulignant l'horreur du conflit. Quant à la récurrence des jurons et des invectives, elle suggère le caractère oral du texte et l'insouciance du narrateur. Birahima n'a absolument pas la langue dans sa poche et se fend de tout de ce qu'il croit être la vérité sans se soucier du politiquement correct : « c'est bien qu'on assassine affreusement [les patrons sociaux libanais], ce sont des vampires ».
Dans leurs pérégrinations chaotiques et mouvementées dans le Liberia en guerre, Birihima et Yacouba vont collaborer successivement avec plusieurs groupes rebelles, mais secrètement aiguillonnés par un seul objectif : retrouver Mahan.
Sur le ton de la raillerie, le narrateur s'en prend aux agissements de l'establishment de ce monde « totalement pourri ». Tout le monde est en effet coupable de quelque forfaiture, que ce soient l'Ecomog qui massacre sans faire le détail, les chefs de guerre, les compagnies forestières ou minières, les présidents dictateurs ou encore les féticheurs. Exclusivement, les enfants-soldats sont innocents mais manipulés et utilisés par cet aréopage de grands bandits.
La rareté des dialogues illustre que seul compte le point de vue du narrateur. Birahima est un enfant sûr de posséder la vérité, cette vérité innocente par-devers les enfants.
En tant que régisseur incontesté et incontestable, il raconte l'histoire à son unique guise, interrompt la relation de certains événements en promettant d'en reparler un peu plus tard si cela lui sied, ou s'interrompt tout bonnement parce que lui aussi, comme Allah, n'est pas obligé de raconter sa « chienne de vie » avec l'effort supplémentaire de consulter dictionnaire sur dictionnaire pour se faire comprendre des lecteurs du monde entier (portée universelle) et révéler à l'humanité à travers sa vie les atrocités de la guerre. Parfois, énervé, il va jusqu'à insulter (« Faforo, bangala du père » ; « Gnamakodé ») et annoncer brusquement qu'il s'arrête là pour aujourd'hui.
D'autres cas de force majeur poussent ensuite Birahima et Yacouba à s'enrôler dans la faction du prince Johnson, comme enfant-soldat et féticheur musulman. Ce sont là deux métiers très réclamés dans le Liberia de la guerre tribale. Ce bandit de grand chemin, prince Johnson, a réussi à avoir sous sa coupe non seulement l'institution religieuse de la sainte Marie-Béatrice, mais aussi la compagnie de caoutchouc qui lui verse mensuellement des royalties. Un accord qui suscita la convoitise des autres factions subversives et le déclenchement d'une confrontation sanglante tragiquement ponctuée par l'intervention de l'Ecomog.
Les deux flibustiers réussissent à s'enfuir et apprenant au vol que Mahan est partie pour la Sierra-Léone, ils continuent leurs pérégrinations vers ce pays voisin.
La Sierra-Leone est à son tour déchirée par une guerre civile et un chapelet de coups d'Etat depuis son indépendance en 1961. Fodé Sankoh à la tête de la rébellion, RUF, tient tout le pays en otage. Il rompt les accords de paix aussi rapidement que signés. Cruel, il a coupé la main de plusieurs de ses compatriotes pour les empêcher de se rendre aux urnes.
Nos deux aventuriers intègrent ce groupe en tant que féticheur et enfant-soldat. Cependant au milieu de ce chaos, une femme de poigne, Hadja Aminata Gabrielle, arrive à s'imposer et à défendre un pensionnat de filles intactes avec pour noble mission de protéger leur virginité jusqu'au retour de la paix, moment où elle les excisera avant les rendre à leur famille. Tout malheureux qui dépucelle une de ces filles est sauvagement assassiné. Pour venger l'un des leurs, les Kamajor, une milice à la solde du gouvernement, après deux semaines de siège, finirent par l'abattre.
Plusieurs personnages se font ainsi un clin d'oeil dans le roman, une espèce de gémellité les liant. Birahima l'enfant-soldat à la recherche de sa tante et son cousin Saydou engagé pour le même objectif. Yacouba et Sékou, féticheurs et multiplicateurs de billets de banque, se rencontrent épisodiquement au Libéria et en Sierra-Leone où ils espèrent faire fortune. Marie-Béatrice et Hadja Aminata Gabrielle, femmes religieuses de caractère, croient en leur divine mission et protègent avec hargne leurs institutions et leurs idéaux.
D'après une nouvelle une information sur la présence de la tante dans un camp de réfugiés, Birihima et Yacouba s'y rendent et à leur grande déconvenue apprennent la mort de Mahan. C'est en rentrant en Côte d'ivoire à bord du véhicule de son oncle que l'enfant commencera à raconter à celui-ci ses aventures picaresques, militaires et tragiques. Celles de tout un continent sombrant dans le chaos à la charnière du vingtième et vingt-et-unième siècles.
Birahima se pose le long de l'histoire en justicier ou plutôt en procureur assénant systématiquement un titre, une épithète culpabilisante à tous les bourreaux : « les libanais voleurs et corrupteurs ; « les nègres indigènes sauvages » ; « les Toubabs colons colonialistes anglais » ; « Doe le dictateur du Liberia » ; « Taylor le bandit de grand chemin » ; « Ecomog, forces d'invention qui ne s'interposent pas » ; « Yacouba le bandit boiteux… »
Dans ce roman viscéralement poignant, Ahmadou Kourouma nous frappe encore de plein fouet avec sa marque de fabrique langagière d'une exceptionnelle particularité. Il sait toujours sortir du sentier battu et emprunter un raccourci à la fois neuf et incroyablement dérangeant.
Page après page, à travers la langue insolente et décapante de l'enfant, défile l'histoire contemporaine de l'Afrique et son cortège de dictatures, de guerres tribales et de défis à relever. Il force le trait notamment sur la balkanisation raciale de nos pays. La composante démographique se trouve être malheureusement le péché originel du Liberia et de la Sierra-Leone, tout comme de maintes nations africaines en proie à des frictions à connotation politique et surtout ethnique. A se demander si L'Afrique sera un jour assez intelligente et forte pour dépasser cet imbroglio tribal et vivre sur un large espace de paix et de tolérance. A-t-elle d'ailleurs une autre solution crédible que celle de l'ouverture identitaire pour accéder à un développement intégré et inclusif ?
Clin d'oeil à mon pays, la Guinée, souffrant d'une même tare originelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   21 avril 2013
Quand on dit qu'il y a une guerre tribale dans un pays, ça signifie que des bandits de grand chemin se sont partagé le pays.
Ils se sont partagé la richesse; ils se sont partagés le territoire; ils se sont partagés les hommes.
Ils sr sont partagé tout et tout et le monde entier les laisse faire.
Il y avait au Liberia quatre bandits de grand chemin: Doe, Taylor, Johnson, El Hadji Koroma et d'autres fretins de petits bandits.
Les fretins bandits cherchaient à devenir grands.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          550
la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   20 janvier 2013
Je décide le titre définitif et complet de mon blablabla est Allah n'est pas obligé d'être juste dans toutes ses choses ici-bas. Voilà. Je commence à conter mes salades.

Et d'abord... et un... M'appelle Birahima. Suis p'tit nègre. Pas parce que suis black et gosse. Non! Mais suis p'tit nègre parce que je parle mal le français. C'é comme ça. Même si on est grand, même vieux, même arabe, chinois, blanc, russe, même américain; si on parle mal le français, on dit on parle p'tit nègre, on est p'tit nègre quand même. Ça, c'est la loi du français de tous les jours qui veut ça.
Et deux... Mon école n'est pas arrivée très loin; j'ai coupé cours élémentaire deux. J'ai quitté le banc parce que tout le monde a dit que l'école ne vaut plus rien, même pas le pet d'une vieille grand-mère. (C'est comme ça on dit en nègre noir africain indigène quand une chose ne vaut rien. On dit que ça vaut pas le pet d'une vieille grand-mère parce que le pet de la grand-mère foutue et malingre ne fait pas de bruit et ne sent pas très, très mauvais.) L'école ne vaut pas le pet de la grand-mère parce que, même avec la licence de l'université, on n'est pas fichu d'être infirmier ou instituteur dans une des républiques bananières corrompues de l'Afrique francophone. (République bananière signifie apparemment démocratique, en fait régie par des intérêts privés, la corruption.) Mais fréquenter jusqu'à cours élémentaire deux n'est pas forcément autonome et mirifique. On connaît un peu, mais pas assez; on ressemble à ce que les nègres noirs africains indigènes appellent une galette aux deux faces braisées. On n'est plus villageois, sauvages comme les autres noirs nègres africains indigènes: on entend et comprend les noirs civilisés et les toubabs sauf les Anglais comme les Américains noirs du Liberia. Mais on ignore géographie, grammaire, conjugaisons, divisions et rédaction; on n'est pas fichu de gagner l'argent facilement comme agent de l'Etat dans une république foutue et corrompue comme en Guinée, en Côte-d'Ivoire, etc., etc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
SophiePatchouliSophiePatchouli   30 juin 2016
A la fin du cinquième jour de ce régime de retraite drastique (drastique signifie d'une rigueur et d'une sévérité excessive), la solution lui vint naturellement sur les lèvres, sous forme d'une expression lapidaire : "Pas de bras pas d’élections." (Lapidaire signifie qui est simple et concis.) C'était évident : celui qui n'avait pas de bras ne pouvait pas voter. (Évident signifie d'une certitude facile à saisir ; clair et manifeste.) Il faut couper les mains au maximum de personnes, au maximum de Sierra-léonais. Il faut couper les mains à tout Sierra-léonais fait prisonnier avant de le renvoyer dans la zone occupée par les forces gouvernementales. Foday donna les ordres et des méthodes et les ordres et les méthodes furent appliqués. On procéda aux "manches courtes", c'est quand on ampute les avant-bras du patient au coude ; les "manche-longues", c'est lorsqu'on ampute les deux bras au poignet. Les amputations furent générales, sans exception et sans pitié. Quand une femme se présentait avec son enfant au dos, la femme était amputée et son bébé aussi, quel que soit l'âge du nourrisson. Autant amputer les citoyens bébé car ce sont de futurs électeurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
PiertyMPiertyM   07 juillet 2014
Balla m'expliquait que cela n'avait pas d'importance et intéressait personne de connaitre sa date et son jour de naissance vu que nous sommes tous nés un jour ou un autre et dans un lieu ou un autre et que nous allons tous mourir un jour ou un autre et dans un lieu ou un autre pour être tous enfouis sous le même sable
Commenter  J’apprécie          340
skysoskyso   08 décembre 2010
Ingérence humanitaire, c’est le droit qu’on donne à des Etats d’envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte.
Commenter  J’apprécie          310
Video de Ahmadou Kourouma (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ahmadou Kourouma
Sujet sur la venue d'Ahmadou Kourouma au théâtre Le Magasin pour la dernière du spectacle "Allah n'est pas obligé".
autres livres classés : enfants soldatsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1439 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..