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Philippe Bouquet (Traducteur)
ISBN : 225315010X
Éditeur : Le Livre de Poche (14/02/2001)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 71 notes)
Résumé :
En 1742, à Madagascar, un vieux pirate à la retraite, entouré d’une garde d’anciens esclaves noirs qu’il a libérés, entreprend d’écrire ses mémoires. Ce pirate n’est autre que John Silver, l’homme à la jambe de bois, que le jeune héros de L’Ile au trésor dépeignait comme hâbleur et vaguement inquiétant. Un portrait qui n’a guère plu à l’intéressé… Et John Silver de rétablir sinon la vérité, du moins sa vérité. Il évoque alors sa vie, une vie d’aventures, de bagarres... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  30 août 2016
S'il y a bien un personnage de « L'île au trésor » qui aura marqué les esprits, c'est bien celui de Long John Silver. Intelligent, rusé, excellent orateur, cruel parfois, ambiguë souvent, le pirate à la jambe de bois possède certainement la personnalité la plus complexe et la plus fascinante de tous les pirates mis en scène par Stevenson. Il paraît ainsi peu surprenant que d'autres auteurs aient depuis eu envie de s'emparer de cette figure légendaire de la piraterie. C'est le cas de Björn Larsson qui se plaît dans ce roman à imaginer un Long John Silver vieillissant ayant élu résidence sur une île isolée et pris par une soudain envie de relater par le menu l'ensemble de son parcours. de ses années de contrebande à son arrivée dans l'équipage de Flint en passant par son expérience de tenancier, ses quelques mois de servitude ou encore son amitié avec un célèbre écrivain : c'est toute la vie trépidante du vieux briscard qui défile au fil des pages de manière plus ou moins décousue. Si le rythme du récit connaît des hauts et des bas en fonction des chapitres, la personnalité de Silver ne déçoit pas. Épris d'une liberté qu'il revendique pour les autres mais avant tout pour lui même, capable du meilleur comme du pire, maniant les mots avec un brio tel qu'il parvient à se sortir des pires situations et à se faire apprécier de la plupart de ceux qui croisent son chemin : le Long John Silver de Larsson est au moins aussi ambiguë que celui de Stevenson mais également plus touchant.
Outre la qualité de son protagoniste, l'intérêt de l'ouvrage tient également à la réflexion poussée de l'auteur concernant le fonctionnement de la société anglaise de l'époque en général, et de la piraterie en particulier : qu'est ce qui pouvait pousser un homme à passer sous pavillon noir ? Quel regard la société posait sur ces hors-la-loi et quel était le sort qui leur était réservé ? L'auteur s'est de toute évidence abondamment documenté sur le sujet afin de nous livrer le reflet le plus réaliste possible de ce XVIIIe siècle et de la vie menée par ces « frères de la côte ». On voit d'ailleurs défiler un certain nombre de célèbres capitaines, fictifs ou historiques, comme Edward Teach (plus connu sous le nom de Barbe noire), Edward England (duquel Silver dresse un portrait élogieux), sans oublier bien sûr Flint. le roman multiplie aussi les références à quantités de mythes tissés autour de la piraterie : le trésor caché de l'équipage de Walrus, la colonie utopiste de Libertalia, Daniel Defoe auteur de l'« Histoire générale des plus fameux pirates »... Ce n'est pas pour rien si l'ouvrage figure en bonne place dans les recommandations proposées par Julie Proust Tanguy dans son essai consacré justement à la piraterie. La notion de liberté se trouvant au coeur du roman, la question de l'esclavage occupe également une part importante du récit, l'auteur décrivant notamment avec un luxe de détails les conditions de vie déplorables des captifs à l'occasion de leur traversée à bord de bateaux négriers.
Björn Larsson se réapproprie avec talent l'un des personnages phare de l'oeuvre de Stevenson et lui offre une nouvelle jeunesse, pleine d'aventures, de revers, de traîtrises et de surprises. Pour ceux que le sujet intéresse, d'autres médias se sont également emparés du personnage de Long John Silver, dont deux récemment avec une qualité toute aussi remarquable : une bande dessinée en quatre volumes publiée chez Dargaud (« Long John Silver » de Xavier Dorison et Mathieu Lauffray) et une série télévisée diffusé sur Starz avec l'excellent Luke Arnold dans le rôle de Silver (« Black Sails »). »
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raton-liseur
  03 octobre 2013
Cherchant un livre reposant ou peut-être parce que la maison des Ratons passe en ce moment par une phase pirate, je me suis laissée tentée par cette autobiographie de Long John Silver. J'ai lu L'Ile au trésor de Stevenson il y a bien longtemps, puisque je me souviens en avoir tiré une fiche de lecture alors que j'étais en 5ème, mais mes souvenirs sur ce livre ne vont pas plus loin que cela. Et ce n'est pas cette autobiographie, qui mêle allègrement personnages de fiction (Jim Hawkins n'a pas existé, n'est-ce pas ?) et personnages historiques tels que Taylor, England ou Defoe (oui, celui-là dépareille un peu dans le paysage, et ce malgré son Histoire des plus fameux pyrates), qui me dispensera d'une relecture du classique de Stevenson (lui on ne peut plus absent du livre, et c'est normal puisqu'il ne vivra qu'un bon siècle plus tard), car cet épisode est à peine survolé dans ce livre.
Il faut même, pour éviter les déceptions, dissiper d'éventuelles attentes infondées. Ce récit n'est pas un roman d'aventure, c'est un homme maintenant vieux et un peu gâteux qui se retourne sur sa vie, et qui essaie non pas de se justifier, mais d'en exposer le fil direct, le principe qui l'a guidé, et qui est le point sur lequel le Long John Silver vieillissant revient sans cesse. « Non, ma vie n'a été qu'une navigation à l'estime, mais peut-être vais-je avoir le temps de parvenir à déterminer ma position avec certitude avant de m'échouer. » (p. 227, Chapitre 19).
Il est ici question avant tout de liberté, de la liberté totale de vivre comme on l'entend, même si c'est au mépris, et souvent aux dépens des autres, parfois même au prix de leur vie. Anarchiste jusqu'au bout des ongles et au-delà, Long John Silver se révèle comme un être uniquement intéressé par son existence et son indépendance, l'or et les beuveries légendaires des pirates ne sont pour lui que secondaires. Calculateur, manipulateur, sachant attendre son heure, sachant ne pas se mettre en avant afin de toujours pouvoir mieux retourner sa veste, ce n'est pas un personnage sympathique que décrit Larsson, mais je n'ai pu me résoudre à le détester, tant sa soif inextinguible de liberté le rend paradoxalement attachant (comme personnage de roman, je ne m'aventurerais pas à en dire autant pour ce qui est de la vie de tous les jours !), et ce d'autant que Larsson replace Long John Silver dans le contexte de son époque, celui du florissant commerce maritime où la vie des marins comptait moins que la cargaison ou même que l'honneur du capitaine, celui de la belle époque du commerce triangulaire, avec son cortège d'ignominies et de maladies.
Dans ce monde, les pirates étaient ces marins qui avaient préféré vivre, même avec la potence pour seul horizon plutôt que de sauter à la suite de leur capitaine lorsque leur bateau était capturé. Et il est tout à l'honneur de Larsson comme de Long John Silver de porter un regard sans complaisance sur cette époque que l'on romantise souvent bien au-delà de toute vraisemblance. Les pirates, ce n'est pas seulement la vie insouciante et le rhum qui coule à flot, c'est un monde dur, dont un noeud coulant est plus que souvent l'issue. « Non, le temps des pirates est révolu et c'est très bien ainsi, croyez-moi. Ils étaient peut-être lancés à la poursuite de la fortune, mais je peux vous dire qu'ils sont bien souvent tombés à bas de leur coursier et se sont brisé la nuque. Ce n'est pas vraiment quelque chose qui vaille la peine de prendre autant de risques, si vous voulez mon avis. Et je vous le donne. Ils ont peut-être été heureux, d'une certaine façon, mais à quoi cela sert-il, maintenant ? Et c'est vrai pour tous, sans exception. Parce qu'ils avaient une règle, parmi eux, qui était que nul n'était supérieur aux autres, ni dans la vie ni dans la mort. », déclare sur le tard Long John Silver (p. 405, Chapitre 31).
Voici donc, sous couvert d'un roman léger, un livre plutôt sombre, qui veut donner une image honnête de la marine et de la piraterie du XVIIIème siècle. Il y a probablement quelques longueurs car le fil directeur de l'histoire, la volonté de liberté à tout prix, est vite exposé et trop souvent ressassé pour maintenir le souffle dans ce roman. Mais pour qui connait pas cette période et veut la visiter en compagnie d'un guide de toute première crédibilité et de grande franchise, c'est le livre qu'il faut.
Et malgré la pesanteur que peut avoir le sujet, je veux finir ces quelques lignes en me berçant de l'idée illusoire que Long John Silver, malgré son obnubilation pour sa liberté si chèrement conquise et défendue, pouvait s'appuyer au bastingage, parfois, en longeant une côte et se prendre à rêver, à seulement contempler le paysage. Peut-être dans une autre vie, dans un autre monde aurait-il pu être poète : « C'est un fait étrange – et pourtant avéré – que chaque océan a sa couleur, ses nuances différentes et particulières de bleu, de vert et de gris qui sont le fruit des courants, des vents., des tempêtes de sable, de l'inclinaison du soleil, des nuages et de la température, mélange qui donne la composition de chacune de ces mers. C'était bien pour voir cela et le découvrir que j'avais vécu. Cela ne s'oublie pas si facilement, dans une vie comme la mienne. » (p. 299, Chapitre 25).
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Arakasi
  05 juillet 2012
Nous sommes en 1742 sur une petite île prêt de Madagascar où un vieux pirate s'est retiré, entouré d'un groupe d'anciens esclaves noirs. Ce pirate n'est autre que John Silver, l'homme à la jambe de bois qui terrifiait et fascinait le jeune mousse Jim Hawkins dans le célèbre roman de piraterie de Stevenson. Vingt plus tard, bien à l'abri des autorités et des dizaines de condamnations à mort qui pèsent sur sa tête, l'ancien brigand se regarde vieillir et s'ennuie à mourir. Jusqu'au jour où il met accidentellement la main sur un récit signé par le petit Hawkins en personne, intitulé « L'Île au Trésor », et là, il pique une belle crise de rage, le vieux Silver. Non seulement, ce petit crétin d'Hawkins lui a piqué sous le nez le trésor de Flint, mais il ose maintenant l'exposer au grand jour, le ridiculiser et faire savoir au monde entier quelle terrible canaille était Long John Silver. Ni une, ni deux, le vieux pirate décide de rétablir la vérité, du moins sa vérité.
Qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas là d'une confession ou d'un plaidoyer. Silver n'éprouve ni remord, ni regret et nullement le besoin d'excuser le moindre de ses actes. Il va raconter sa vie crûment et dans les moindres détails : brigandages, beuveries, rapines, violences eu tous genres… Une vie éprouvante et cruelle, certes, mais incroyablement bien remplie, il faut l'admettre.
Le résultat est épatant.
Commençant d'abord par le personnage de Silver qui est LA réussite du bouquin. Larsson parvient à lui donner une épaisseur stupéfiante, sans jamais tomber dans le piège de la réhabilitation. Il met en scène un personnage ambivalent, épris d'indépendance et de liberté, mais de celles qui brisent des vies et des coeurs sur leur passage. Déclaré « ennemi de l'humanité » par ses semblables, il en a allégrement pris son parti et a mené sa vie comme il l'entendait et au diable le reste du monde ! Sauvagement égocentrique, hâbleur, brillant, plein d'esprit et de morgue, bourré de vices et de qualités, Silver séduit et effraie à la fois. Autre point fort : le style. Larsson ne s'est pas contenté de donner un passé et des souvenirs à Silver, il lui aussi donné une voix et quelle voix ! le ton du bouquin regorgeant de sarcasme et d'ironie, le rend très plaisant à lire.
Sans compter qu'outre le fait d'être un roman d'aventure remarquable, « Long John Silver » est également un roman historique très bien renseigné. Si le capitaine Flint du roman de Stevenson est tout à fait fictif, Larsson fait naviguer Silver sous les ordres de pirates ayant réellement existé, tels qu'England et Taylor, et lui fait affronté tous les maux maritimes de son époque : traite des noirs, guerres, scandales commerciaux, naufrages et batailles célèbres… La vision qu'il donne de la piraterie est particulièrement frappante et montre bien la misère de ces hommes assoiffés d'indépendance et dépourvus de scrupules, condamnés à mourir sur la potence pour ne pas avoir été capables de s'adapter à leur époque.
Pour conclure et parce que cette étalage de gagatisme a déjà largement entamé ma journée : « Long John Silver » c'est un roman du tonnerre, pas seulement réservé aux fanatiques de piraterie, mais à tous ceux qui veulent se payer une bonne tranche d'aventure et respirer une grosse bouffée d'air marin. Et à tous ceux qui aiment les ordures charismatiques, bien entendu ^ ^
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Nepenthes
  13 janvier 2012
Vous connaissez L'île au trésor de Stevenson ? Et bien ce roman du suédois Bjorn Larsson reprend le perso phare de ce roman, à savoir le pirate Silver, et raconte sa vie avant et après l'aventure avec Jim Hawkins. Et pour ce livre, je n'aurai qu'une chose à dire : j'ai été soufflée ! Rien à voir avec les récits d'aventure de pirates mais quand même une superbe bouquin qui revisite le personnage toute en nuances de Stevenson. Quelques passages un peu plus longuets peut-être (par exemple sa rencontre avec Daniel Defoe) mais dans l'ensemble, ce livre est plutôt passionnant.
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lcath
  26 décembre 2017
Long John Silver,pirate de papier,"Le Pirate"jambe de bois, perroquet sur l'épaule, inventé par Stevenson dans "L'île au trésor". Silver a la réputation d'être un malin et un excellent conteur, capable d'utiliser la parole pour manipuler dans un sens ou dans l'autre. Nous le retrouvons ici, vieil homme décidé à raconter sa vie, avant et après sa rencontre avec Flint.
Je ne vais pas raconter les aventures de Silver, le livre est merveilleusement fait pour ça. de la première à la dernière page, j'ai suivi ce drôle d'individu qui nous conduit d'Irlande à Madagascar en traversant mille aventures. de contrebande en vraie piraterie, d'attaques de navires en roublardises, de port en port, on ne s'ennuie pas avec Silver. Il faut dire que le credo de Silver c'est justement ça :vivre, vivre sans s'ennuyer et frôler la mort pour mieux ressentir la vie, le deuxième point étant de ne jamais être attaché ou relié à qui que ce soit , lui et uniquement lui. Si de tels principes ne le rendent pas très empathique avec ses semblables , ils n'empêchent pas qu'il ait une sorte de morale ou tout du moins de ligne de conduite.
Le passage le plus éprouvant est sans aucun doute le voyage dans le négrier. Si les esclaves sont de la simples marchandises , les marins blancs ne sont guère plus ... on se prend à rêver d'une agrégation des deux misères qui n'a pas eu lieu.
Je suis très satisfaite de cette lecture , je crois bien que c'est ma première histoire de pirates et des histoires de cet acabit, j'en veux bien d'autres . Je vois donc s'ouvrir devant moi un nouveau champ de lectures possibles .
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   03 août 2016
Qui aurait pu croire que c'était cela qu'il fallait ? L'histoire mouvementée et véridique de Long John Silver, Barbecue pour ses amis, si tant est qu'il en ait eu, et pour ses ennemis qui, eux, ne manquaient pas. Foin des bouffonneries et des chimères. Foin des leurres et des bluffes. Cartes sur table pour la première fois. Rien que la vérité, du haut en bas, sans arrière-pensée ni coups fourrés. Ce qui s'est passé et rien d'autre.
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Charybde2Charybde2   27 novembre 2018
Quand il est parti, je ne savais toujours pas quoi penser de lui, mais il n’est pas impossible qu’il n’ait guère été plus avancé sur mon compte. J’ai délicatement écarté la conversation de ces dangereux parages ayant pour nom John Silver.Mais j’avais tout de même réussi à savoir que c’était la potence qui m’attendait si jamais je foulais le sol de Bristol. Non pas tant à cause de Trelawney. À ce qu’il m’avait semblé comprendre, il avait malgré tout tenu sa parole de ne pas me traîner devant les tribunaux par contumace, pour meurtre et mutinerie. Mais la découverte du trésor de Flint et le sort de celui-ci étaient maintenant largement répandus. Le fait que je sois libre, sans doute riche et peut-être heureux, était bien sûr une pilule amère à avaler pour tous les bien-pensants. Mais, avec la corde suspendue au-dessus de ma tête, je n’avais aucune raison de désespérer. j’étais une épine, et une grosse, dans le pied de beaucoup de gens, mais une épine… vivante. J’existais, c’était irréfutable, et même en plusieurs versions, et j’étais aussi loin d’être oublié que quiconque pouvait l’espérer dans ma corporation.
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ArakasiArakasi   03 août 2012
J’ai tout de même compris que la solitude est le seul péché, sur cette terre, et le seul châtiment véritable pour ceux de mon espèce. Ceci, et uniquement ceci, est pire que la mort. Mais quant à avoir des regrets ? Je n’ai jamais rien promis à qui que ce soit jusqu’à que la mort nous sépare – même pas à moi. Je n’ai jamais contracté de mariage avec le reste de l’humanité et j’ai bel et bien été son ennemi. Je n’ai même pas été marié à moi-même. Et pourtant, j’ai survécu, j’ai échappé au châtiment, comme on peut le constater, et à qui pourrais-je en savoir gré, si ce n’est à moi ? Penser que Dieu ait eu son rôle à jouer dans cette affaire, ce serait aller dans la direction de l’espoir. Mais, si j’avais encore quelque chose à souhaiter, de ce côté-ci de la tombe, ce serait d’être accueilli au ciel. Rien que pour voir la tête de tous les bien-pensants et de tous les capitaines de droit divin en me voyant arriver !
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raton-liseurraton-liseur   03 octobre 2013
Il serait faux – or, j’ai dit que j’allais m’en tenir à la vérité, telle qu’elle me semble se présenter, en tout cas – d’affirmer que j’aie décidé de devenir homme d’honneur, gentilhomme de fortune ou tout autre qualificatif que peuvent porter les pirates et les écumeurs de mers. Mais la seule pensée de pouvoir vivre librement, et pourtant vivre, faisait battre plus vite mon cœur.
Car j’ai compris par la suite que, s’il y a quelque chose qui donne un sens à l’existence, c’est certainement le fait de ne pas avoir à obéir à des lois, de ne pas être pieds et poings liés. Car alors peu importe l’aspect de la corde et celui qui a fait le nœud. Ce sont les liens eux-mêmes qui sont le mal. C’est avec eux qu’on finit par se ligoter soi-même ou bien par être pendu. C’est ce que je me suis toujours dit, et je suis encore en vie à l’heure qu’il est. (p. 55-56, Chapitre 5).
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Charybde2Charybde2   27 novembre 2018
Vous voyez, monsieur Defoe, que l’en viens au fait et que je ne suis pas du genre à oublier mes promesses, du moins celles que j’ai faites à ceux qui ne s’en soucient guère. Car il m’a bien semblé remarquer qu’entre gens de confiance, on n’exige pas de promesses. De toute façon, je suis en dehors de tout cela, car qui voudrait me croire sur parole, si ce n’est Long John Silver lui-même ?
Mais, avec vous, il en va différemment, malgré tout. Une fois, je vous ai même demandé si vous aviez l’intention de me prendre au mot à propos d’Edward England et des autres, si vous comptiez vous en tenir à la vérité, dans votre ouvrage sur les pirates.
– M’en tenir à la vérité ! vous êtes-vous esclaffé en vous penchant par-dessus la table. Bien sûr que mon livre va être vrai, nom d’un chien, avec tous les renseignements et les documents que j’ai accumulés. Mais peu importe qu’il le soit ou non, si on n’y attache pas foi. C’est bien pour cela qu’on rédige toutes ces préfaces dans lesquelles on dit à quel point tout est vrai. Crusoé n’a pas besoin de préface. Il est assez grand pour de défendre et être cru sur parole, tel qu’il est. Mais prenez ce que j’ai déjà réussi à rassembler sur Roberts, Davis et Low ! Qu’est-ce que c’est ? Rien d’autre que des fragments épars de leur vie d’infamie consacrée au mal. Non, Roberts, Davis et Low ne peuvent se défendre tout seuls. Mais vous verrez !
– Qu’est-ce que je verrai ?
Vous avez ri sous cape au point de faire tressauter votre perruque. Un gamin en train de faire une farce de son âge, voilà de quoi vous aviez l’air !
– Savez-vous ce que j’ai fait ? avez-vous dit à voix basse, comme si c’était un autre de vos secrets. J’ai écrit tout un chapitre sur la vie du capitaine Misson !
– Qui diable est ce Misson ?
Je n’avais jamais entendu parler de lui, ce qui était étrange, car il y avait si longtemps que j’étais de la partie que je connaissais presque tout le monde.
– Non, bien sûr, avez-vous dit avec un de vos plus beaux sourires de satisfaction. Comment auriez-vous pu entendre parler de lui ? Il n’existe pas.
– Il n’existe pas ?
– Non, je l’ai inventé depuis A jusqu’à Z.
– Inventé ? Il n’y a donc pas assez de capitaines de pirates comme ça ?
– Oh si, j’en ai trente-quatre sur ma liste et je compte qu’il va me falloir plus de six cents pages. Mais vous ne saisissez pas ? Vous verrez que le capitaine Misson sera un de ceux qui passeront à l’histoire ! Exactement comme Crusoé ! C’est Misson qui inspirera les écrivains et qu’on citera dans les ouvrages sérieux ! Qu’est-ce que vous en dites ?
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