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EAN : 9782754816601
Éditeur : Futuropolis (09/01/2019)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 111 notes)
Résumé :
Alou, chasseur de miel, se dirige vers les ruches sauvages d'un baobab. Circulant en 4x4, armés jusqu'aux dents, une bande d'islamistes radicaux foncent sur lui et font exploser le baobab sacré. Parmi les débris du baobab, Alou découvre, intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon présenter la statuette au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le hogon reconnaît aussitôt cette M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  26 mai 2019
Fédération du Mali, septembre 1960. Alors qu'un groupe de colons s'empare de plusieurs oeuvres d'art africaines afin de les ramener chez eux, un jeune malien réussit, à la nuit tombée, à reprendre l'une d'elles, La Maternité rouge, et s'enfuit... Plus de cinquante ans plus tard, dans la région de Youwarou, un jeune cueilleur de miel, Alou, retrouve cette même statuette au plus profond d'un baobab, s'en empare et va la montrer au plus vieil instituteur du village. Ce dernier est alors étonné de revoir cette sculpture qu'il n'avait pas vue depuis des décennies. Une sculpture qu'il avait voulu protéger des pilleurs et qu'il avait presque oubliée. Il demande alors au jeune cueilleur d'aller la porter au Musée du Louvre, là où réside déjà une autre Maternité rouge...
Lax aborde dans cet album divers sujets passionnants. En effet, il dépeint l'exil et le parcours de certains migrants qui ont fui leur pays pour une vie meilleure, le pillage de l'art africain au temps de la colonisation, la destruction de l'art par les islamistes radicaux et le regard porté sur ces mêmes oeuvres d'art sans que personne ne sache rien de leurs origines. Un album fourni, profondément humain et au scénario parfaitement maîtrisé et documenté qui nous emmène des plateaux arides du Mali aux galeries du Louvre. Graphiquement, Lax fait montre d'une élégance particulière : des paysages grandioses, des planches silencieuses, une magnifique palette de gris passé au coeur de laquelle la statuette en ocre détone.
Un album sensible...
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Roggy
  26 octobre 2020
Lorsqu'une bande dessinée réunit des illustrations magnifiquement exécutées dans des tonalités monochromes, un synopsis trépidant d'intelligence et des sujets d'une actualité brûlante, le lecteur conquis ne peut qu'en redemander.
Dans Une maternité rouge, Christian Lax nous raconte une histoire touchante en abordant la sauvegarde de l'art africain et le drame des migrants.
Au parallèle des migrants qui luttent pour sauver leur peau et rêvent d'une vie meilleure, se superpose le destin d'un jeune malien qui au risque de sa vie va vivre une incroyable odyssée afin de sauver une statuette africaine en lui donnant une chance d'échapper à la barbarie et d'être préservée.
Les planches possèdent une beauté sombre et pudique comme le sujet qu'elles traitent. L'auteur y a travaillé pendant plus de deux ans pour nous livrer avec respect et engagement une oeuvre étonnante, tellement dans l'air du temps, où il est question de violences et des dangers pour les hommes et leurs patrimoines.
Du Mali au Louvre, avec beaucoup de sensibilité et de talent, Christian nous fait cadeau de ce bouleversant album qui vient enrichir la Collection du Louvre.
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ghislainemota
  28 juin 2020
de la vie ou de l'art
Après Aux heures impaires d'Eric Liberge, j'ai visité le Louvres dans l'album de Christian Lax, "Une maternité rouge".
Alors que l'auteur est en pleine création, un terrible accident le paralyse pendant des mois. Cependant il se rétablit et termine cette bd pour mon plus grand bonheur.
Alou, jeune malien, doit effectuer un voyage en France pour sauvegarder une statuette qui était cachée dans un arbre détruit par les djihadistes. le sage dogon, ancien étudiant à Paris lui recommande cette précaution: déposer cette oeuvre d'art premier au Louvres, lieu où elle sera en sécurité.
Le voyage devient un combat de chaque instant. le désert, les Katibas qui contrôlent les frontières libyennes et qui maintiennent en détention les migrants, ne sont pas les seuls obstacles à franchir. La Méditerranée, porteuse de désespoir devient une mer meurtrière et Alou le ressent dans sa chair. Arrivé en Sicile, puis longeant la botte de l'Italie le jeune homme arrive en France. Mais l'accueil et les conditions d'hébergements sont lamentables. Toutefois Alou trouve le moyen d'accomplir sa mission et remettre son trésor dans des mains compétentes.
Sauver l'art est un beau combat mais sauver l'humanité n'est-il pas un enjeu plus grand?

Cette bd est donc un manifeste contre le pillage des oeuvres d'art par les colonisateurs et de ce fait de la restitution des objets aux pays d'origines.
Tout comme il est un manifeste contre les conditions inhumaines infligées aux migrants qui ont mis leur vie en danger.
Une bd qui met l'accent sur le sort d'une partie de l'humanité et porte un oeil sans complaisance sur notre France
Avec des traits légers et fins, le dessinateur livre un album plein de justesse dont les enjeux sont vitaux.
Une bd qui m'a transporté dans les pas d'Alou et de ses souffrances. A lire impérativement car une belle réussite.
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Apoapo
  16 novembre 2020
Ce roman graphique mêle certains archétypes littéraires à des sujets historiques et d'actualité de la même amertume totalement véridique, dans une fable contemporaine dont le dénouement miraculeux ne dissimule pas les aspects tragiques.
Le cadre d'ouverture, c'est le pillage de trésors artistiques par des colons français, en septembre 1960, la veille de la décolonisation du Mali. Une statuette en bois patiné de rouge représentant une maternité stylisée est sauvée par un garçon malien. En 2015, un autre garçon, Adou, chasseur de miel, découvre par hasard ce trésor enfoui dans le creux d'un baobab et le sauve une deuxième fois de la barbarie iconoclaste des djihadistes qui l'ont attaqué. Parti prendre conseil sur la valeur de l'objet, ou peut-être principalement sur sa propre destinée, auprès d'un vieil hogon de village, qui a longtemps exercé la profession d'instituteur, il reçoit de lui la mission de conduire à bon port l'oeuvre d'art jusqu'au Musée du Louvre à Paris, là où se trouve un autre exemplaire tout aussi ancien et précieux de Maternité rouge.
Le lecteur, en effet, a compris que le vieillard revêtant le rôle de sage mandataire, de pourvoyeur du viatique et de porteur de la parole prophétique, n'est autre que le garçon qui avait effectué le premier sauvetage de la statue, le même qui avait presque oublié le lieu où il l'avait occultée, mais qui l'a immédiatement reconnue cinq décennies plus tard. Cette reconnaissance pleine de dévotion et de vénération constitue la splendide planche de couverture du volume. le lecteur apprend à cette occasion le récit des jeunes années d'études supérieures de cet homme à l'École du Louvre, brutalement interrompues par une reconduite à la frontière en relation avec les contestations étudiantes de Mai 68. Il aimerait aussi reconnaître dans personnage du camarade manifestant, violemment malmené par les forces de police alors et dont la poursuite est la cause de son expulsion, le personnage de Claude, l'ancien soixante-huitard devenu conservateur du Pavillon des Sessions du Louvre, cette « antenne permanente dans le palais du Louvre du musée du quai Branly [… qui] expose 108 chefs-d'oeuvre du monde extra-européen », personnellement tout particulièrement attaché à la Maternité rouge exposée dans sa collection, qui apparaît parallèlement à l'histoire d'Adou jusqu'à en croiser la route.
Thème archétypal du trésor sauvé ; thème des destins des héros (un fait : un héros réincarné) placés sous les auspices d'une divinité statufiée ; et bientôt thème de l'odyssée d'Adou sur la route de la Grande migration, du Mali à la France, en passant par la Libye ravagée, à demi-naufragé en Méditerranée avec escale à Lampedusa, à travers l'Italie et les Alpes jusqu'au campement de la Porte de la Chapelle à Paris à l'heure de la « crise migratoire » de 2015 : périple dramatique dont il ressort miraculeusement indemne, sans doute grâce à la protection tutélaire de la statue qu'il conserve religieusement dans son sac-à-dos, et qui doit retrouver son emplacement auprès de sa jumelle du Louvre.
Archétypale (biblique) est donc aussi la chute : elle ne concerne pas le protagoniste Adou, le Moïse porteur-sauveteur, qui disparaît sans avoir vu la statue bien rangée dans une vitrine nouvellement aménagée, mais représente le personnage de Claude de dos puis de face devant celle-ci, sur fond de mer infinie sous un ciel de plomb...
Le dessin, d'une facture d'une impressionnante beauté et soin du détail, est bichrome gris-jaune, à l'exception des seules deux Maternités qui sont rouges. Les planches relatives à l'odyssée d'Adou sont naturellement les plus chargées émotionnellement et graphiquement, mais elles valent toutes celles qui représentent l'irruption de la violence de l'Histoire : l'apparition des djihadistes au Mali, les émeutes de Mai 68 à Paris, le campement parisien des réfugiés maltraités par les racistes et expulsés par les flics...
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Estelleeb
  26 mars 2020
Alou, jeune chasseur de miel mauritanien, ne fuit ni la guerre, ni la famine pour se rendre en Europe. S'il quitte sa famille et son pays d'origine c'est pour protéger une statuette du XIVe siècle à l'encontre des islamistes qui font rage dans le pays. Un long parcours semé d'embûches, de déboires, de traumatismes mais également constellé de rencontres, de partage et d'une bonne dose de courage pour le mener jusqu'au musée du Louvre. Un récit haletant et bouleversant, non moralisateur, qui questionne le statut des arts premiers sur fond de politique migratoire. Un véritable coup de coeur !
Le graphisme de cette bande dessinée est absolument sublime, on y trouve beaucoup de douceur et une certaine mélancolie dans cette palette de gris rehaussé de blanc. La beauté des paysages, notamment d'Afrique, s'exposent parfois en pleines pages, pour notre plus grand plaisir. L'utilisation très restreinte de la couleur, un peu de bleu et de jaune ponctue le récit tandis que le rouge réservé à la maternité, l'impose comme personnage central. Les visages également sont saisissants de réalité, un hyperréalisme bluffant !
Affectionnant tout particulièrement la collection Musée du Louvre - Futuropolis, dont j'ai déjà lu une une bonne partie, de Taiyou Matsumoto à Florent Chavouet en passant par Jiro Taniguchi, cette bande dessinée n'aura fait que confirmer mon intérêt pour cette belle collaboration !
// Dans le cadre du prix de la BD Fnac - France Inter 2020
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critiques presse (4)
BoDoi   05 mars 2019
Malgré une mise en œuvre d’une extrême sensibilité plastique, le récit de Christian Lax (L’Écureuil du Vel’ d’Hiv’, Pain d’alouette…) souffre de son ambition de dire [...] Les planches à l’encre noire, lavis et rehaussées de blanc sont des merveilles de précision et de lâcher prise.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   23 janvier 2019
Un récit aussi engagé qu’émouvant, au graphisme éblouissant, pour nous faire partager les aléas de celles et ceux qui subissent la violence, la misère ou la guerre, et tentent de rejoindre nos côtes dans l’espoir d’une vie meilleure…
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   08 janvier 2019
Propos nourris par l’actualité et les préoccupations du moment, Maternité rouge est un ouvrage poignant finement documenté et admirablement réalisé.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   06 décembre 2018
Un magnifique plaidoyer sur l'Art, l'engagement et la préservation ! Servi par un auteur au sommet de son art et de son émouvante subtilité !
Très conseillé !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ApoapoApoapo   16 novembre 2020
« La communication n'est qu'olfactive. Tout le monde pue, mais tant qu'on est dans ces remugles, c'est qu'on n'a pas encore fait naufrage... » (p. 107)
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   13 avril 2019
Quand je pense à ces régiments de visiteurs qui défilent devant la "victoire de Samothrace" ou la "vénus de Milo", et je ne parle de la "Joconde"! Sans rien savoir de ta présence ici, à quelques centaines de mètres, mais au moins tu es à peu près tranquille, tu te vois, là encerclée par des centaines d'excités bardés d'appareils photos, à te mitrailler sans prendre le temps de vraiment te regarder?
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Les_Faucheurs_de_LivresLes_Faucheurs_de_Livres   11 février 2020
Motton Oceane

L'histoire commence simplement par la découverte d'une statue par Alou, un jeune chasseur de miel Malien. Celui-ci va être amené à accomplir un dangereux voyage jusqu'à Paris pour mettre cette statue à l'abri d'un musée.

J'ai bien aimé cette magnifique histoire qui nous fait voyager entre la France et le Mali en Afrique.
Le livre est assez long pour nous raconter le périple d'Alou mais il y a de nombreuses pages avec uniquement des images qui nous montrent toutes les difficultés qu'il a pu rencontrer.
Et bien sûr, des difficultés il va y en avoir de nombreuses, entre le franchissement du désert jusqu'en Libye sous la menace d'une attaque des islamistes, le voyage clandestin en camion, la négociation avec les passeurs ... jusqu' à la traversée plus que périlleuse en bateau. Tout cela contribue au suspense grandissant tout au long du livre. Alou va-t-il arriver jusqu'à Paris?
Le voyage avec ce jeune africain nous permet d'ouvrir les yeux et de comprendre ce que peuvent endurer les migrants Africains qui se lancent dans l'aventure d'une traversée vers l'Europe.
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nathavhnathavh   15 juin 2019
Ne devrait-on pas tous se mobiliser, par les temps qui courent, à préserver les êtres de chair plutôt que leurs innombrables représentations artistiques ?
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LadydedeLadydede   08 novembre 2020
Inutile d'espérer se requinquer auprès des autres, ils viennent des quatre coins de l'Afrique et chacun n'est tenaillé que par sa propre survie.
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Videos de Lax (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Lax
Pour la nouvelle année, nous vous avons mis en ligne quelques images des nouveautés qui vous attendent en 2019 chez Futuropolis (oui, quelques, car nous vous réservons bien d'autres surprises, là c'est juste pour vous mettre l'eau à la bouche). Une belle année qui marquera notamment quelques retours très attendus, dont Christian Lax, Frank Miller (pour la première fois chez Futuro !) et Etienne Davodeau.
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