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ISBN : 9782226215178
Éditeur : Albin Michel (18/08/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.37/5 (sur 937 notes)
Résumé :
"Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau."
Ce roman relate une correspondance fictive entre Amélie Nothomb, l'auteur, et Melvin Mapple, un soldat de 2e classe de l'armée américaine posté à Bagdad en Irak. Cette relation épistolaire mène à une certaine amitié entre l'écrivaine et ce soldat devenu obèse, en tout cas une relation particulière qui ramène l'auteur à ses propres conceptions de la communication écrite et des échanges avec ses lecteurs.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (125) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  14 septembre 2013
Je ne lis plus de romans d'Amélie Nothomb depuis longtemps avec l'avis péremptoire ' je n'aime pas ' .
Puis ayant appris que ce roman évoquait les relations épistolaires même si les miennes sont sous forme de mails , époque oblige , j'ai eu envie de lire ce livre .
Dire que j'ai adoré serait exagéré , peut-être tout simplement que même si je la défends ardemment , la littérature belge n'est sans doute pas assez exotique pour moi . Et puis je trouvais que les romans d'Amelie Nothomb se lisaient trop rapidement d'autant plus pour moi qui lis très vite , et dernier point qu'elle n'était pas assez ' conteuse ' .
Malgré ces petites mises au point , quelques légères déceptions sur le roman qui ne pas fait vibrer pour que ce soit un coup de coeur , j'ai été ravie sur la façon dont l'auteur traite les relations épistolaires , j'ai d'ailleurs épinglé quelques phrases , ah quelle merveilleuse trouvaille ces deux correspondants qui se découvrent avec le plaisir aigu d'un Robinson Crusoe qui rencontre Vendredi , l'émotion est au rendez - vous , oui les correspondants se donnent la réplique , ont du répondant .
Chacun écrit mais en pensant à l'autre , on sent le vécu chez l'auteur qui ( je ne le savais ) pas répond à environ 2000 correspondants , chapeau à Amelie , petit clin d'oeil d'ailleurs à cet accessoire sans lequel il n'y aurait pas d'Amelie Nothomb .
Moi perso je ne trouve pas que ces pages où elle livre une part d'elle -même est nombriliste , au contraire c'est ça la rend proche , très humaine et je revois mon jugement à l'emporte pièce sur l'auteur qui me permet également de dire avec un plaisir non dissimulé ' il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ' , tout ça pour dire que je ne suis pas une imbécile et le dire soi- même c'est nombriliste et bien j'assume .
Oui désolée mais ça fait tellement de bien de me lâcher un peu sur le site ...
Et j'ai beaucoup aimé l'humour de l'auteur , il y a des passages assez critiques sur la guerre , les EU , pas très politiquement correct ça non , et bien ça me plait .
Je vais encore lire l'auteur , oui et le prochain ce sera 'Les combustibles ' .....
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Herve-Lionel
  23 mai 2015
N°911– Mai 2015
UNE FORME DE VIE- Amélie Nothomb – Albin Michel.
Au départ de ce roman, une improbable lettre d'un lecteur à laquelle l'auteur choisit de répondre (c'est rare mais ça arrive). Elle a été écrite par un soldat de 2° classe américain lors de la deuxième guerre d'Irak qui lui demande de le comprendre. On pourrait s'attendre à de longues litanies sur ce conflit, sur les combats, mais pas du tout, il l'entretient sur… son obésité ! Surtout qu'il la cultive, malgré une certaine forme de culpabilité, comme une rébellion contre l'armée et qu'à titre personnel il la vit comme une sorte de dédoublement de sa personne. Ainsi commence un échange de correspondance qui nourrira (sans mauvais jeu de mots) la créativité de l'auteure et son intérêt pour cet homme.
C'est un roman sur les relations épistolaires qui peuvent exister entre un écrivain et ses lecteurs et c'est vrai que pour un tel exercice il faut au moins être deux, à condition bien sûr que l'auteure accepte de s'y prêter, ce qui, à mon sens, reste une hypothèse d'école. Pour faire plus vrai, elle se met elle-même en scène et invente ce militaire, Melvin Marpple qui, bien sûr a pris l'initiative de ces missives. Au départ on sent le désespoir dans les mots du soldat puis rapidement Amélie Nothomb lui propose de faire du Body-Art, de devenir un artiste de sa propre graisse, c'est à dire de faire de son défaut un avantage. Cette idée transforme sa vie, lui donne un sens. Cet état d'obèse devient une protestation contre l'intervention américaine en Irak, une sorte « d'art engagé ». Puis cette entreprise s'emballe, il faut à Melvin, comme à tout artiste, une notoriété ; un galeriste belge accepte, à la demande d'Amélie, d'assurer la publicité de cet acte créatif et la supercherie est révélée, malgré elle.
Suivent des aventures un peu rocambolesques où le lecteur tombe un peu des nues mais qui mettent en valeur l'imagination créatrice de l'auteure ainsi que l'atteste l'épilogue. Il y a beaucoup de développements sur l'écriture, sur la souffrance qui peut la motiver pour un auteur, le rapport entre l'écrivain et son lecteur, les avantages de leur rencontre éventuelle …J'ai surtout senti dans ce roman une occasion pour l'auteure de parler d'elle, de se présenter comme quelqu'un d'affable, d'attentif à l'autre, ce qu'elle est peut-être, même si dans cette affaire elle est un peu naïve (ne le sommes-nous pas tous parfois ?). Elle admet cependant avoir été bernée et pour finir se croit investie de pouvoirs miraculeux. En revanche, la supercherie révélée, la personnalité de Melvin devient émouvante. Elle montre un être désemparé, seul et abandonné de tous, perdu dans une société qui ne veut plus de lui, mais qui a cependant la force de sortir de cette condition ne serait-ce que pendant un moment. Sa vie d'errance s'est transformée en une addiction pour l'ordinateur et la nourriture au point qu'elle est devenue aussi insupportable que celle qu'il avait auparavant. Je trouve que la démarche de Melvin, qui est un mensonge, est finalement salvatrice pour lui. Il a l'intelligence de mettre Amélie Nothom à contribution à cause d'un de ses personnages, c'est à dire quelqu'un de fictif qui, par ce truchement prendrait vie. Ainsi a-t-il, peut-être un peu malgré lui habité ce personnage du militaire qu'il n'a pas pu être, la réaction positive de l'auteur l'ayant en quelque sorte adoubé, lui redonnant une dignité, « une forme de vie ».
Ce que je retiens aussi c'est le plaisir qu'on peut avoir (c'est mon cas) de recevoir et d'écrire une lettre rédigée à la main sur du papier avec de l'encre, qu'on glisse dans une enveloppe et qu'on poste même si actuellement internet permet à la fois la rapidité et l'efficacité de l'échange, au point que cet exercice d'écriture à la main est ravalé au rang d'une antiquité !
Cela peut sembler être un texte à deux voix mais en réalité le lecteur en est le témoin privilégié, presque de confident. Pourtant je n'ai pas vraiment accroché, un peu comme dans tous les romans d'Amélie Nothomb, que je lis davantage pour ne pas ignorer le phénomène littéraire qu'elle représente et m'en faire une idée que par réel intérêt. Comme toujours j'ai trouvé cela bien écrit, cela m'a procuré une lecture agréable et surtout rapide.
©Hervé GAUTIER – Mai 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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traversay
  29 août 2012
Oyez, oyez la bonne nouvelle : le dernier poulain d'Amélie est bon, comprenez que le Nothomb 2010, Une forme de vie, nous réconcilie avec la romancière après un millésime 2009, le voyage d'hiver, qui s'apparentait à de la piquette.
Ce nouvel opus est familier, guère épais (ce n'est toujours pas Guerre et paix), plus proche de la longue nouvelle que du court roman et truffé de mots savants pour épater la galerie. Opistographie, quel joli mot à placer dans un dîner en ville, n'est-il pas ? Amélie est une graphomane impénitente, cela on le savait déjà, et la correspondance régulière qu'elle entretient avec ses lecteurs lui a donc donné l'idée d'un roman. Egocentrisme ? Tout à fait, mais assumé, et qui se teinte d'une auto-dérision bienvenue et d'un humour réjouissant.
Au-delà de ses considération, plus profondes qu'il n'y parait, sur l'art épistolaire, l'aspect fictionnel d'Une forme de vie a aussi son intérêt. Qui d'autre que Nothomb aurait pu inventer ce personnage de soldat américain en Irak qui a fait de son obésité un symbole de résistance avant de la transformer en oeuvre d'art potentielle (sic) ? Cela nous vaut quelques pages monstrueuses sur le gavage volontaire de drogués de la nourriture. On se demande bien où Nothomb veut nous emmener avant qu'elle n'auto-détruise son argument, en une pirouette qui ressemble à un hara-kiri. Plus fort encore, elle flingue la totalité de son histoire dans les dernières pages qui frisent le grand n'importe quoi. C'est une manipulation éhontée de sa horde de lecteurs qui n'en peuvent mais et, en creux, une invitation à réfléchir sur notre propre crédulité.
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jimetdalva
  26 août 2012
Nombreux sont ceux qui savent qu'Amélie Nothomb répond aux lettres de ses lecteurs.
« le fait que je réponde à mon courrier génère une profonde confusion, des interprétations erronées et contradictoires. La première est qu'il s'agit d'une forme de marketing que j'aurais mise au point. Les chiffres sont pourtant clairs : mes lecteurs se comptent par centaines de milliers, et même en écrivant des épîtres comme une forcenée que je suis, je n'ai jamais pu dépasser les 2 000 correspondants, ce qui est déjà démentiel. La deuxième est à l'opposé : je dirige un bureau de bonnes oeuvres. Il n'est pas rare que je reçoive des demandes d'argent pures et simples, non pas de fondations caritatives, mais de Monsieur ou Madame Tout-le-monde (…) «
Faisant partie de ses correspondants réguliers depuis 15 ans, ce livre où elle règle des comptes avec un de ses correspondants résonne curieusement. On y apprend sa façon de répartir ses lettres, certaines vont directement à la poubelle, d'autres attirent vivement son attention. Elle fait ensuite 3 tas : à gauche, ceux qu'elle a envie de lire, à droite, ceux qu'elle n'a pas envie de lire et au centre ceux qu'elle ne connaît pas !La lecture du courrier devant rester un plaisir , elle exprime qu'elle en a assez du droit d'ingérence que s'accordent certains lecteurs dans sa vie, ou même de certaines demandes farfelues comme celle de cette prof de français qui lui demande de corriger ses copies, arguant que ses élèves ont fait l'effort de la lire et qu'elle leur doit bien cela en retour !
Quelles sont les parts de la réalité et de la fiction dans ce livre ? Nul ne le sait, à part l'auteure, et cela n'a pas d'importance car comme elle l'écrit un écrivain est aussi un mythomane.
« Ce matin –là, je reçus une lettre d'un genre nouveau : ». C'est par cette phrase que s'ouvre ce roman épistolaire constitué des lettres de Mel Mapple et des réponses d'Amélie Nothomb, parmi lesquelles s'intercalent les réflexions de l'écrivain sur cette histoire, sur ses relations avec les lecteurs, sur son quotidien d'écrivain, ses voyages, quelques souvenirs…
Mel Mapple est un soldat américain, basé en Irak depuis 6 ans qui fait part à Amélie Nothomb de sa souffrance qu'elle serait la seule à pouvoir comprendre. Depuis son premier roman « Hygiène de l'assassin », Amélie a fait part de sa fascination pour le côté monstrueux et hors norme de certaines personnes tel Prétextat Tach, mais aussi pour sa fascination de la beauté pure comme celle de sa supérieure Fubuki dans « Stupeur et tremblement ». Mel a lu tous les romans d'Amélie et sait que sa situation doit l'intéresser, car Mel a pris 130 kilos et souffre d'un syndrome répandu chez les soldats américains, celui de compenser sa souffrance par « la bouffe » comme il dit. Amélie lui propose alors de transformer sa maladie en oeuvre d'art. Au fil des lettres, on finit par se demander qui a besoin de l'autre, qui existe à travers l'autre !
Amélie Nothomb utilise une fois de plus son quotidien pour nourrir son oeuvre littéraire. N'oublions par que les auteurs vivent grâce à leurs lecteurs et la relation qu'ils peuvent entretenir est parfois essentielle pour le devenir des uns comme des autres. Cela leur permet d'avoir « une forme de vie » !

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Louis_LUCAS
  13 mars 2016
Lors d'une tournée promotionnelle, Amélie Nothomb est tombée dans U.S.A. Today, le journal distribué gratuitement dans tous les hôtels américains, sur un court article évoquant l'obésité au sein des troupes de G.I. en mission en Irak. L'auteure n'a pas reçu de lettre émanant de l'un d'eux comme dans le roman mais est parti de cette trame pour construire son récit. Au travers d'Une forme de vie, Amélie Nothomb nous propose donc un roman épistolaire entrecoupé d'interrogations concernant ces "épîtres" qu'elle échange avec un certain Melvin Maple. Sans avoir la même approche autobiographique que Métaphysique des tubes ou Stupeur et tremblements, l'écrivain profite de son roman pour contredire ses détracteurs et rétablir la vérité sur ce qui fait sa mythologie. Quiconque suit sa carrière et lit chacun de ses romans aura ainsi l'impression de voir compilé en un peu plus de cent pages ce qu'il avait déjà appris dans les interviews donnés par l'auteure, à savoir le fait qu'elle répond à (presque) tous les courriers qu'elle reçoit et écrit chaque jour de 4h à 8h du matin. Il y a ici matière à nourrir l'argumentaire de ses détracteurs mais peu importe car Amélie le sait et ne se soucie guère des critiques, rappelant à plusieurs reprises que cela ne changera pas sa méthode de travail parfaitement huilée. Si le lecteur se laisse emporter sans mal dans l'esprit singulier de l'écrivain, quelques réticences apparaissent rapidement, nés de l'inconfort que procure cette histoire, mélange compliqué entre fiction et réalité. En dehors de la légitimité de la présence américaine en Irak, une grande partie du livre tourne autour de l'obésité, cette maladie que l'on peut associer à une déviance, une addiction à la nourriture qu'Amélie Nothomb traite avec le même regard curieux qu'on lui connaît. Les lecteurs les plus avisés feront rapidement le lien avec ses oeuvres précédentes ainsi que certains de ses personnages épris de champagne ou sujets à l'anorexie. Alors que les critiques avaient tendance à éreinter le travail d'Amélie Nothomb depuis quelques années, Une forme de vie a été plutôt bien accueilli par la presse spécialisée. Cet engouement est probablement dû au fait qu'au-delà de rétablir la vérité sur l'image tronquée qu'on donne d'elle, l'auteure belge raconte avec une plume des grands jours certains détails de son enfance comme la relation épistolaire avec son grand-père qui lui a donné le goût d'écrire. Tout aussi jouissif, son décryptage sur la manière dont certains de ses lecteurs voient en elle une passerelle vers le monde artistique ou une confidente célèbre ne manque pas d'humour et de malice. Une forme de vie séduit par son approche inédite et sa qualité littéraire tout en rendant cette histoire à mi-chemin entre fiction et éléments biographiques un peu confuse pour le lecteur, un choix audacieux que certains trouveront peut-être périlleux.
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Citations et extraits (133) Voir plus Ajouter une citation
sebastienLsebastienL   20 août 2010
les gens sont des pays. Il est merveilleux qu’il en existe tant et qu’une perpétuelle dérive des continents fasse se rencontrer des îles si neuves. Mais si cette tectonique des plaques colle le territoire inconnu contre votre rivage, l’hostilité apparaît aussitôt. Il n’y a que deux solutions : la guerre ou la diplomatie
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AthenapanAthenapan   24 mars 2013
Melvin Mapple m'inspirait du respect et de la sympathie, mais se posait avec lui le problème que j'ai avec 100% des êtres, humains ou non : la frontière. On rencontre quelqu'un, en personne ou par écrit. La première étape consiste à constater l'existence de l'autre : il peut arriver que ce soit un moment d'émerveillement. A cet instant, on est Robinson et Vendredi sur la plage de l'île, on se contemple, stupéfait, ravi qu'il y ait dans cet univers un autre aussi autre et aussi proche à la fois. On existe d'autant plus fort que l'autre le constate et on éprouve un déferlement d'enthousisame pour cet individu providentiel qui vous donne la réplique. On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C'est une idylle. L'alternance entre l'identité et l'altérité ("C'est tout comme moi ! C'est le contraire de moi ! ") plonge dans l'hébétude, le ravissement d'enfant. On est tellement enivré qu'on nevoit pas venir le danger.
Et soudain, l'autre est là, devant la porte. Dessaoulé d'un coup, on ne sait comment lui dire qu'on ne l'y a pas invité. Ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, c'est qu'on aime qu'il soit un autre, c'est-à-dire quelqu'un qui n'est pas soi. Or l'autre se rapproche comme s'il voulait vous assimiler ou s'assimiler à vous.
On sait qu'il va falloir mettre les points sur les i. Il y a diverses manières de procéder, explicites ou implicites. Dans les deux cas, c'est un passage épineux. Plus des deux tiers des relations le ratent. S'installent alors l'inimitié, le malentendu, le silence, parfois la haine. Une mauvaise foi préside à ces échecs qui allèguent que si l'amitié avait été sincère, le problème ne se serait pas posé. Ce n'est pas vrai. Il est inévitable que cette crise surgisse. Même si on adore l'autre pour de bon, on n'est pas prêt à l'avoir chez soi.
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ZoeZoe   13 septembre 2010
On rencontre quelqu’un, en personne ou par écrit. La première étape consiste à constater l’existence de l’autre : il peut arriver que ce soit un moment d’émerveillement. A cet instant, on est Robinson et Vendredi sur la plage de l’île, on se contemple, stupéfait, ravi qu’il y ait dans cet univers un autre aussi autre et aussi proche à la fois. On existe d’autant plus fort que l’autre le constate et on éprouve un déferlement d’enthousiasme pour cet individu providentiel qui vous donne la réplique. On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C’est une idylle. L’alternance entre l’identité et l’altérité (« C’est tout comme moi ! C’est le contraire de moi ! ») plonge dans l’hébétude, le ravissement d’enfant. On est tellement enivré qu’on ne voit pas venir le danger.
Et soudain, l’autre est là, devant la porte. Dessaoulé d’un coup, on ne sait comment lui dire qu’on ne l’y a pas invité.
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athena1athena1   21 août 2010
On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C'est une idylle. L'alternance entre l'identité et l'altérité ("C'est tout comme moi ! c'est le contraire de moi !") plonge dans l'hébétude, le ravissement d'enfant. On est tellement enivré qu'on ne voit pas venir le danger.
Et soudain, l'autre est là, devant la porte. Dessaoulé d'un coup, on ne sait comment lui dire qu'on ne l'y a pas invité. Ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, c'est qu'on aime qu'il soit un autre, c'est à dire quelqu'un qui n'est pas soi. Or l'autre se rapproche comme s'il voulait vous assimiler ou s'assimiler à vous.
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MorgouilleMorgouille   22 septembre 2010
Si Melvin était un artiste, je l’avais privé d’une qualité essentielle à l’art : le doute. Un artiste qui ne doute pas est un individu aussi accablant qu’un séducteur qui se croit en pays conquis. Derrière toute œuvre, se cache une prétention énorme, celle d’exposer sa vision du monde. Si une telle arrogance n’est pas contrebalancée par les affres du doute, on obtient un monstre qui est à l’art ce que le fanatique est à la foi.
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[Techniques d'écriture] Amélie Nothomb : la préparation d'un roman
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