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ISBN : 9782226215178
Éditeur : Albin Michel (18/08/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.38/5 (sur 968 notes)
Résumé :
"Ce matin-là, je reçus une lettre d'un genre nouveau."
Ce roman relate une correspondance fictive entre Amélie Nothomb, l'auteur, et Melvin Mapple, un soldat de 2e classe de l'armée américaine posté à Bagdad en Irak. Cette relation épistolaire mène à une certaine amitié entre l'écrivaine et ce soldat devenu obèse, en tout cas une relation particulière qui ramène l'auteur à ses propres conceptions de la communication écrite et des échanges avec ses lecteurs.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (132) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  14 septembre 2013
Je ne lis plus de romans d'Amélie Nothomb depuis longtemps avec l'avis péremptoire ' je n'aime pas ' .
Puis ayant appris que ce roman évoquait les relations épistolaires même si les miennes sont sous forme de mails , époque oblige , j'ai eu envie de lire ce livre .
Dire que j'ai adoré serait exagéré , peut-être tout simplement que même si je la défends ardemment , la littérature belge n'est sans doute pas assez exotique pour moi . Et puis je trouvais que les romans d'Amelie Nothomb se lisaient trop rapidement d'autant plus pour moi qui lis très vite , et dernier point qu'elle n'était pas assez ' conteuse ' .
Malgré ces petites mises au point , quelques légères déceptions sur le roman qui ne me fait pas fait vibrer pour que ce soit un coup de coeur , j'ai été ravie sur la façon dont l'auteur traite les relations épistolaires , j'ai d'ailleurs épinglé quelques phrases , ah quelle merveilleuse trouvaille ces deux correspondants qui se découvrent avec le plaisir aigu d'un Robinson Crusoe qui rencontre Vendredi , l'émotion est au rendez - vous , oui les correspondants se donnent la réplique , ont du répondant .
Chacun écrit mais en pensant à l'autre , on sent le vécu chez l'auteur qui ( je ne le savais pas ) répond à environ 2000 correspondants , chapeau à Amelie , petit clin d'oeil d'ailleurs à cet accessoire sans lequel il n'y aurait pas d'Amelie Nothomb .
Moi perso je ne trouve pas que ces pages où elle livre une part d'elle -même soit nombriliste , au contraire c'est ça qui la rend proche , très humaine et je revois mon jugement à l'emporte pièce sur l'auteur qui me permet également de dire avec un plaisir non dissimulé ' il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ' , tout ça pour dire que je ne suis pas une imbécile et le dire soi- même c'est nombriliste et bien j'assume .
Oui désolée mais ça fait tellement de bien de me lâcher un peu sur le site ...
Et j'ai beaucoup aimé l'humour de l'auteur , il y a des passages assez critiques sur la guerre , les EU , pas très politiquement correct ça non , et bien ça me plait .
Je vais encore lire l'auteur , oui et le prochain ce sera 'Les combustibles ' .....
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cicou45
  19 septembre 2018
C'est vrai qu'avec les romans d'Amélie Nothomb, on ne sait jamais à quoi s'attendre et je crois que c'est cela qui me plait. Parle-t-elle réellement d'elle et uniquement d'elle ou de la Amélie Nothomb auteure et pont barre, avec quelques petits concepts à ce qu'elle est vraiment ? Nul ne le sait réellement et on a beau dire "j'ai tout lu d'Amélie Nothomb", ou "je connais sa vie sur le bout des doigts", c'est entièrement faux car malgré tout ce qu'elle veut bien nous livrer (ou pas), elle reste avant tout quelqu'un d'énigmatique. Et si c'est elle qui nous manipulait, nous, lecteurs, en réalité, depuis le début ?
Ici, il s'agit de la correspondance (fictive ? ) de la romancière avec un soldat basé en Irak avant que les Américains ne retirent leurs troupes. Ce dernier, Melvin Mapple, a trouvé son propre moyen de se révolter contre l'horreur qui se déroule chaque jour sous ses yeux. Avec quelques camarades, afin de soulager leur conscience, une fois rentrés à la base, leur propre moyen de lutte est d'ingurgiter le plus de nourriture possible et sans pour autant se dégoûter : il en sont fiers, du moins c'est ce que notre correspondant va, au fil des pages, arriver à s'imaginer. Melvin, sans s'en rendre compte, réalise sa propre oeuvre d'art. C'est sur ce point qu'ils s'entendent avec l'auteure et entre eux, en plus d'une véritable correspondance qui va s'installer sur des moins, va naître une certaine sorte de respect mutuel et d'amitié presque, pourrait-on dire.
Il est vrai que les bombardement qui sont réalisés en Irak ne sont pas détaillés et cela aurait pu mettre le puce à l'oreille du lecteur mais comment ce dernier pourrait-il remettre en cause le récit d'un homme qui a volontairement sacrifié une bonne partie de sa vie pour sa patrie, et il était d'ailleurs loin d'être le seul (et ne sera d'ailleurs jamais ni le premier ni le dernier). Des hommes comme lui, qu'ils soient rachitiques ou obèses ne devraient être que loués alors pourquoi lui et ses copains sont-ils la risée de tout le campement militaire ?
Un roman, qui, comme tous ceux de l'auteure belge, se lit extrêmement rapidement et est comme toujours écrit avec un style simple et léger (quoique, pas tant que cela si l'on y réfléchit bien en voulant décrypter tous les non-dits qui se trouvent entre les lignes ou encore ce que la romancière dénonce au travers de ses propos). Un roman que je ne peux encore une fois que vous recommander d'autant plus qu'à la page 56 exactement, elle y fait référence à Truman Capote (comprendra qui veut) et rien que cette simple évocation vaut de l'or pour moi !
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Herve-Lionel
  23 mai 2015
N°911– Mai 2015
UNE FORME DE VIE- Amélie Nothomb – Albin Michel.
Au départ de ce roman, une improbable lettre d'un lecteur à laquelle l'auteur choisit de répondre (c'est rare mais ça arrive). Elle a été écrite par un soldat de 2° classe américain lors de la deuxième guerre d'Irak qui lui demande de le comprendre. On pourrait s'attendre à de longues litanies sur ce conflit, sur les combats, mais pas du tout, il l'entretient sur… son obésité ! Surtout qu'il la cultive, malgré une certaine forme de culpabilité, comme une rébellion contre l'armée et qu'à titre personnel il la vit comme une sorte de dédoublement de sa personne. Ainsi commence un échange de correspondance qui nourrira (sans mauvais jeu de mots) la créativité de l'auteure et son intérêt pour cet homme.
C'est un roman sur les relations épistolaires qui peuvent exister entre un écrivain et ses lecteurs et c'est vrai que pour un tel exercice il faut au moins être deux, à condition bien sûr que l'auteure accepte de s'y prêter, ce qui, à mon sens, reste une hypothèse d'école. Pour faire plus vrai, elle se met elle-même en scène et invente ce militaire, Melvin Marpple qui, bien sûr a pris l'initiative de ces missives. Au départ on sent le désespoir dans les mots du soldat puis rapidement Amélie Nothomb lui propose de faire du Body-Art, de devenir un artiste de sa propre graisse, c'est à dire de faire de son défaut un avantage. Cette idée transforme sa vie, lui donne un sens. Cet état d'obèse devient une protestation contre l'intervention américaine en Irak, une sorte « d'art engagé ». Puis cette entreprise s'emballe, il faut à Melvin, comme à tout artiste, une notoriété ; un galeriste belge accepte, à la demande d'Amélie, d'assurer la publicité de cet acte créatif et la supercherie est révélée, malgré elle.
Suivent des aventures un peu rocambolesques où le lecteur tombe un peu des nues mais qui mettent en valeur l'imagination créatrice de l'auteure ainsi que l'atteste l'épilogue. Il y a beaucoup de développements sur l'écriture, sur la souffrance qui peut la motiver pour un auteur, le rapport entre l'écrivain et son lecteur, les avantages de leur rencontre éventuelle …J'ai surtout senti dans ce roman une occasion pour l'auteure de parler d'elle, de se présenter comme quelqu'un d'affable, d'attentif à l'autre, ce qu'elle est peut-être, même si dans cette affaire elle est un peu naïve (ne le sommes-nous pas tous parfois ?). Elle admet cependant avoir été bernée et pour finir se croit investie de pouvoirs miraculeux. En revanche, la supercherie révélée, la personnalité de Melvin devient émouvante. Elle montre un être désemparé, seul et abandonné de tous, perdu dans une société qui ne veut plus de lui, mais qui a cependant la force de sortir de cette condition ne serait-ce que pendant un moment. Sa vie d'errance s'est transformée en une addiction pour l'ordinateur et la nourriture au point qu'elle est devenue aussi insupportable que celle qu'il avait auparavant. Je trouve que la démarche de Melvin, qui est un mensonge, est finalement salvatrice pour lui. Il a l'intelligence de mettre Amélie Nothom à contribution à cause d'un de ses personnages, c'est à dire quelqu'un de fictif qui, par ce truchement prendrait vie. Ainsi a-t-il, peut-être un peu malgré lui habité ce personnage du militaire qu'il n'a pas pu être, la réaction positive de l'auteur l'ayant en quelque sorte adoubé, lui redonnant une dignité, « une forme de vie ».
Ce que je retiens aussi c'est le plaisir qu'on peut avoir (c'est mon cas) de recevoir et d'écrire une lettre rédigée à la main sur du papier avec de l'encre, qu'on glisse dans une enveloppe et qu'on poste même si actuellement internet permet à la fois la rapidité et l'efficacité de l'échange, au point que cet exercice d'écriture à la main est ravalé au rang d'une antiquité !
Cela peut sembler être un texte à deux voix mais en réalité le lecteur en est le témoin privilégié, presque de confident. Pourtant je n'ai pas vraiment accroché, un peu comme dans tous les romans d'Amélie Nothomb, que je lis davantage pour ne pas ignorer le phénomène littéraire qu'elle représente et m'en faire une idée que par réel intérêt. Comme toujours j'ai trouvé cela bien écrit, cela m'a procuré une lecture agréable et surtout rapide.
©Hervé GAUTIER – Mai 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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KRYSALINE555
  18 janvier 2019
Amélie, c'est simple : on « adore » ou on « déteste », c'est l'un ou l'autre et rarement de juste milieu. Après il y a « du bon » et du « moins bon » c'est selon, et très fluctuant. Moi, je suis une afficionada.
Connaissant son style fluide, court et rapide à lire, j'avais ce livre depuis longtemps en stock mais je laissais « couler et j'en privilégie la lecture en « entre deux », après certaines « plongées » en eaux profondes sur des thrillers bien « gore ». Je les trouve «rafraichissants » en fait! Chacun d'eux sont autant de surprises, de découvertes invraisemblables et de fantaisies sans cesse renouvelées.
J'adore entre autre, ses propos acides mais non dénués d'un certain humour décalé, ses descriptions au vitriol des situations les plus burlesques. Reine des histoires biscornues sorties de nulle part,, elle a le goût du mot juste, de la phrase dépouillée de toutes fioritures, directe et efficace.
Ses personnages ont toujours des noms très originaux et étranges tels que : Pretextat Thar, Pannonique, Textor Texel, Palamède, Elemirio Nibal, Epiphane Otos, Zoïle et Astrolabe etc..
Cet opus-ci, est à la fois autobiographique et fictionnel. Si les relations épistolaires entretenus avec ses lecteurs sont bien réels (elle a plus de 2.000 correspondants réguliers) et ses réflexions au sujet de l'écriture et ses rapports aux autres sont sincères, l'échange entre ce 2nd classe est totalement inventée (mais basé quand même sur un fait reconnu qu'est l'obésité dans l'armée américaine).
Le G.I. Melvin lui adresse donc une missive depuis Bagdad où il est basé, convaincu qu'Amélie est probablement la seule à pouvoir le « comprendre » et donner une « sens à sa vie ». Intriguée et déconcertée, elle va donc lui répondre. Une relation épistolaire va ainsi voir le jour et arriver à un échange totalement surréaliste vers la fin.
Le sujet central semble être l'obésité. le soldat Mapple en est affligé et ce de manière exponentielle, puisqu'il veille consciencieusement à continuer de prendre du poids en s'empiffrant de la manière la plus gargantuesque possible. On note au passage la récurrence du thème de la nourriture dans les écrits d'Amélie, abordé sous différents angles (anorexie, ivresse du Champagne etc...)
Il justifie son obésité et la revendique même presque fièrement. En effet, Il rentre des combats écoeuré par ses exactions sur des civils innocents et se jette sur la nourriture (pour « oublier » ou se punir ?). Il voit sa « boulimie » indécente comme une lutte contre le stress. Il en fait un acte de rébellion, de sabotage en protestation contre l'intervention militaire US en Irak, un acte de résistance politique. Ici, l'obésité est relevée au rang de concept philosophique voire d'Art. On peut y voir aussi une forme de suicide pour se déculpabiliser… Il y a aussi la peur de l'image renvoyée et redoute le rejet des siens en cas de retour dans son pays. Il va jusqu'à considérer son « amas de graisse » comme une femme qu'il surnomme « Shéhérazade » qui se fond en lui en une étreinte amoureuse, intime et fusionnelle. Il personnalise ses tissus adipeux en leurs donnant un nom.
On assiste à une quête et un besoin d'être compris, reconnut, accepté. Il cherche à donner une signification à sa vie, « exister » en somme, tout simplement qui équivaudrait à lui reconnaitre (et se reconnaitre lui-même) une certaine « forme de vie ». Exister à tout prix même au travers du regard d'un autre.
Les interrogations de l'auteure quant à la correspondance, la relation à soi et aux autres, les considérations sur l'écriture en général sont abordées. Certain le perçoive comme de l'égocentrisme de sa part. Je ne le pense pas. Elle s'interroge aussi sur l'évolution des rapports épistolaires, sur le « suivi » des réponses (succession de lettres qui répondent aux réponses illustré par des souvenirs d'enfance).
D'autre part, le livre ne semble pas manquer de profondeur au contraire malgré le fait qu'il soit « court ». Pour en saisir le sens, il faut prendre de la distance par rapport à l'histoire et «sortir» de l'interprétation au 1er degré.

Et ce qui est génial, c'est justement de partir sur une histoire de base lambda un tant soit peu plausible, voire même banale et prendre soudain un virage à 190° pour partir sur un tout autre éclairage et aboutir à une fin tout aussi excentrique que son auteure et totalement absurde et irréaliste! Car enfin, qui peut imaginer de telles « chutes » à part elle ? D'où l'appellation de « style Nothombien » qui « dérange » parfois parce que déstabilisant.
Une fin audacieuse et complètement extravagante … D'aucuns diront que la fin n'est plus crédible parce que farfelu mais le roman par définition est une « fiction ». Donc a-t-il vraiment besoin d'être crédible pour autant ?
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traversay
  29 août 2012
Oyez, oyez la bonne nouvelle : le dernier poulain d'Amélie est bon, comprenez que le Nothomb 2010, Une forme de vie, nous réconcilie avec la romancière après un millésime 2009, le voyage d'hiver, qui s'apparentait à de la piquette.
Ce nouvel opus est familier, guère épais (ce n'est toujours pas Guerre et paix), plus proche de la longue nouvelle que du court roman et truffé de mots savants pour épater la galerie. Opistographie, quel joli mot à placer dans un dîner en ville, n'est-il pas ? Amélie est une graphomane impénitente, cela on le savait déjà, et la correspondance régulière qu'elle entretient avec ses lecteurs lui a donc donné l'idée d'un roman. Egocentrisme ? Tout à fait, mais assumé, et qui se teinte d'une auto-dérision bienvenue et d'un humour réjouissant.
Au-delà de ses considération, plus profondes qu'il n'y parait, sur l'art épistolaire, l'aspect fictionnel d'Une forme de vie a aussi son intérêt. Qui d'autre que Nothomb aurait pu inventer ce personnage de soldat américain en Irak qui a fait de son obésité un symbole de résistance avant de la transformer en oeuvre d'art potentielle (sic) ? Cela nous vaut quelques pages monstrueuses sur le gavage volontaire de drogués de la nourriture. On se demande bien où Nothomb veut nous emmener avant qu'elle n'auto-détruise son argument, en une pirouette qui ressemble à un hara-kiri. Plus fort encore, elle flingue la totalité de son histoire dans les dernières pages qui frisent le grand n'importe quoi. C'est une manipulation éhontée de sa horde de lecteurs qui n'en peuvent mais et, en creux, une invitation à réfléchir sur notre propre crédulité.
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Citations et extraits (140) Voir plus Ajouter une citation
sebastienLsebastienL   20 août 2010
les gens sont des pays. Il est merveilleux qu’il en existe tant et qu’une perpétuelle dérive des continents fasse se rencontrer des îles si neuves. Mais si cette tectonique des plaques colle le territoire inconnu contre votre rivage, l’hostilité apparaît aussitôt. Il n’y a que deux solutions : la guerre ou la diplomatie
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AthenapanAthenapan   24 mars 2013
Melvin Mapple m'inspirait du respect et de la sympathie, mais se posait avec lui le problème que j'ai avec 100% des êtres, humains ou non : la frontière. On rencontre quelqu'un, en personne ou par écrit. La première étape consiste à constater l'existence de l'autre : il peut arriver que ce soit un moment d'émerveillement. A cet instant, on est Robinson et Vendredi sur la plage de l'île, on se contemple, stupéfait, ravi qu'il y ait dans cet univers un autre aussi autre et aussi proche à la fois. On existe d'autant plus fort que l'autre le constate et on éprouve un déferlement d'enthousisame pour cet individu providentiel qui vous donne la réplique. On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C'est une idylle. L'alternance entre l'identité et l'altérité ("C'est tout comme moi ! C'est le contraire de moi ! ") plonge dans l'hébétude, le ravissement d'enfant. On est tellement enivré qu'on nevoit pas venir le danger.
Et soudain, l'autre est là, devant la porte. Dessaoulé d'un coup, on ne sait comment lui dire qu'on ne l'y a pas invité. Ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, c'est qu'on aime qu'il soit un autre, c'est-à-dire quelqu'un qui n'est pas soi. Or l'autre se rapproche comme s'il voulait vous assimiler ou s'assimiler à vous.
On sait qu'il va falloir mettre les points sur les i. Il y a diverses manières de procéder, explicites ou implicites. Dans les deux cas, c'est un passage épineux. Plus des deux tiers des relations le ratent. S'installent alors l'inimitié, le malentendu, le silence, parfois la haine. Une mauvaise foi préside à ces échecs qui allèguent que si l'amitié avait été sincère, le problème ne se serait pas posé. Ce n'est pas vrai. Il est inévitable que cette crise surgisse. Même si on adore l'autre pour de bon, on n'est pas prêt à l'avoir chez soi.
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ZoeZoe   13 septembre 2010
On rencontre quelqu’un, en personne ou par écrit. La première étape consiste à constater l’existence de l’autre : il peut arriver que ce soit un moment d’émerveillement. A cet instant, on est Robinson et Vendredi sur la plage de l’île, on se contemple, stupéfait, ravi qu’il y ait dans cet univers un autre aussi autre et aussi proche à la fois. On existe d’autant plus fort que l’autre le constate et on éprouve un déferlement d’enthousiasme pour cet individu providentiel qui vous donne la réplique. On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C’est une idylle. L’alternance entre l’identité et l’altérité (« C’est tout comme moi ! C’est le contraire de moi ! ») plonge dans l’hébétude, le ravissement d’enfant. On est tellement enivré qu’on ne voit pas venir le danger.
Et soudain, l’autre est là, devant la porte. Dessaoulé d’un coup, on ne sait comment lui dire qu’on ne l’y a pas invité.
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athena1athena1   21 août 2010
On attribue à ce dernier un nom fabuleux : ami, amour, camarade, hôte, collègue, selon. C'est une idylle. L'alternance entre l'identité et l'altérité ("C'est tout comme moi ! c'est le contraire de moi !") plonge dans l'hébétude, le ravissement d'enfant. On est tellement enivré qu'on ne voit pas venir le danger.
Et soudain, l'autre est là, devant la porte. Dessaoulé d'un coup, on ne sait comment lui dire qu'on ne l'y a pas invité. Ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, c'est qu'on aime qu'il soit un autre, c'est à dire quelqu'un qui n'est pas soi. Or l'autre se rapproche comme s'il voulait vous assimiler ou s'assimiler à vous.
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MorgouilleMorgouille   22 septembre 2010
Si Melvin était un artiste, je l’avais privé d’une qualité essentielle à l’art : le doute. Un artiste qui ne doute pas est un individu aussi accablant qu’un séducteur qui se croit en pays conquis. Derrière toute œuvre, se cache une prétention énorme, celle d’exposer sa vision du monde. Si une telle arrogance n’est pas contrebalancée par les affres du doute, on obtient un monstre qui est à l’art ce que le fanatique est à la foi.
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Vidéo de Amélie Nothomb
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