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Marcel Pagnol (Adaptateur)Jean Giono (Antécédent bibliographique)
EAN : 9782877065177
189 pages
Editions de Fallois (05/10/2005)
3.84/5   131 notes
Résumé :
Dans le pays, quand on a besoin de régler un différend, plutôt que de s'adresser au juge de paix, on va trouver Clarius Barbaroux si grande est la réputation de sagesse du maître de la Douloire: la ferme qu'il exploite dans les collines au-dessus de Marseille avec sa, femme Philomène, sa fille Angèle et son valet Saturnin.

Saturnin est tout dévoué à la famille, mais c'est pour Angèle qu'il est prêt à se jeter au feu; il l'a vue grandir et trouve qu'a... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Ppab
  28 janvier 2020
Film de Marcel Pagnol et sorti en 1934 (il est alors âgé de 39 ans) c'est une adaptation d'un roman de Jean Giono.
C'est une histoire qui évoque la place de la femme dans la première moitié du XXème siècle ainsi que les notions de réputations familiales et d'honneur, valeurs très présentes également dans la trilogie Marseillaise.
C'est agréable à lire, distrayant, mais on reste loin des meilleurs morceaux de Pagnol.
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Lamifranz
  30 octobre 2022
Marcel Pagnol a adapté au cinéma quatre oeuvres de Jean Giono : « Jofroi » (1933), d'après « Jofroi de la Maussan », une des nouvelles de « Solitude de la pitié » ; « Angèle » (1934), d'après « Un de Baumugnes », « Regain » (1937), d'après le roman éponyme ; « La Femme du boulanger » (1938) d'après la nouvelle éponyme, tirée du recueil « Jean le Bleu ». Quatre chefs-d'oeuvre du cinéma tirés de quatre chefs-d'oeuvre de la littérature. C'est ainsi que la postérité le conçoit aujourd'hui, mais Giono en a longtemps voulu à Pagnol d'avoir en quelque sorte « trahi » sa pensée, en sacrifiant l'authenticité au pittoresque, et en donnant de la Provence et des Provençaux une image folklorique et même caricaturale.
De son point de vue, il n'a pas tout à fait tort, mais, intelligent comme il était, il a dû se dire deux choses : les adaptations n'étaient pas si mal, après tout et ont bien relancé la vente des livres, premier point ; et ensuite, il a dû reconnaître en Pagnol un homme à sa hauteur : un créateur : ce qu'a fait Pagnol n'est pas tant une adaptation, mais une re-création de l'histoire (beaucoup plus respectueuse que ne le pensait Giono), merveilleusement retranscrite.
« Angèle » (1934) est donc la deuxième incursion de Marcel Pagnol dans l'univers de Jean Giono. Si le fond du roman est respecté, la forme de l'adaptation indique de la part de Pagnol une prise en mains plutôt décidée : le titre tout d'abord : « Angèle » plutôt que « Un de Baumugnes », ce déplacement du personnage principal est très significatif : le héros n'est plus Albin mais Angèle. Ensuite, le personnage de Saturnin. Chez Giono c'est un vieux « mal embraillé » un peu simple d'esprit. Chez Pagnol, vous le savez, c'est Fernandel : un homme sans âge, mais plutôt jeune, innocent, peut-être, mais moins bien qu'il n'en a l'air, et un coeur gros comme ça. Avec dans l'histoire, un rôle central. Les autres personnages sont conformes à ceux du roman, avec peut-être un surplus d'humanité, ou du moins une humanité un peu plus « montrée » (chez Giono, les personnages sont aussi riches, mais plus « taiseux ».
Enfin la grande différence entre le roman et le film tient au langage : c'est normal, si on y regarde bien : dans le roman le langage ne sert qu'à la lecture et doit, par sa seule force, amener le lecteur à pénétrer dans l'histoire, sa poésie, sa comédie, sa tragédie. Au cinéma le langage n'est pas seul, il doit composer avec d'autres éléments tout aussi importants : l'image, la musique, et le jeu des acteurs. Les grands cinéastes le savent, et Pagnol est un grand cinéaste. Il l'a compris en adaptant ses pièces : on ne passe pas d'un genre à l'autre en claquant des doigts. Et puis Marcel Pagnol a un don que n'a pas, et que n'aura jamais Jean Giono (autant que lui, en tous cas) : écrire du « sur mesure » pour ses comédiens : essayez d'imaginer un autre comédien que Fernandel dans le rôle de Saturnin :
SATURNIN : « Alors il est venu me voir. Et il m'a dit « Saturnin ! » J'y ai dit : « Oui ». Et alors il me dit (à voix basse) : « Saturnin ! » J'y dis « Oui » (A voix plus basse encore) Et alors, il me dit…
ANGELE : Saturnin !
SATURNIN : Non, il me dit : « Je suis malheureux ! »
On a essayé de refaire les films de Marcel Pagnol avec d'autres acteurs. Certains sont assez réussis, mais aucun n'a le charme et l'authenticité de l'oeuvre originale.
Non Pagnol n'a pas trahi Giono, il lui a donné une autre dimension, différente, certes, mais complémentaire : leurs personnages à tous deux relèvent maintenant d'une mythologie provençale, colorée et exubérante, mais foncièrement authentique et humaine.
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LydiaB
  03 septembre 2011
Angèle, fille de Clarius Barbaroux, rêve, comme toutes les filles de son âge et de sa condition (elle est la fille d'un fermier, certes aisé, mais l'agriculture n'attire pas vraiment l'adolescente), qu'un homme riche viendra lui demander sa main. Lorsque celui-ci, Louis, se présente à elle, elle ne se méfie évidemment pas, aveuglée par le conte de fée qui s'offre à elle et que le beau ténébreux lui a fait miroiter. Elle le suit sans avertir personne et ne donne plus de nouvelles à sa famille. Louis s'avère être un proxénète. Inévitablement, Angèle, qui est tombée dans ses filets, se retrouve sur le trottoir. Comble de malheur, elle est enceinte.
Saturnin, le domestique, s'inquiète pour elle. Il fait tout pour la retrouver, allant jusqu'à tuer Louis. Il ramène Angèle et son fils à la maison. Si la mère, Philomène, en pleure de joie, ce ne sera pas le cas de Clarius qui considère qu'Angèle a sali la réputation de sa famille. Il l'enferme, elle et le petit, à la cave. Heureusement, Saturnin, aidé de l'autre valet, Amédée, vont faire en sorte qu'elle retrouve son honneur en lui faisant épouser Albin, un homme simple au grand coeur.

Eh bien, je croyais connaître Pagnol sous prétexte que j'avais lu le Château de ma mère, la Gloire de mon père, Jean de Florette et Manon des Sources... je me trompais lourdement. Mais pourquoi, oui pourquoi n'avais-je jamais mis le nez dans ses pièces ? Peut-être parce que sa réputation le précédait ? En effet, généralement, lorsqu'on nous dit "Pagnol", on pense de suite à la Provence, à l'accent chantant... aux histoires "gentillettes" de cet auteur. Oui mais voilà, sous des dehors bien sympathiques, cet écrivain ne raconte pas que des histoires agréables qui font passer un bon moment de lecture. Et j'ai même l'impression qu'il se déchaîne un peu plus dans ses pièces de théâtre ou dans ses scénarios car le ton est plus acerbe. Alors certes, Angèle est tirée de l'oeuvre de Giono, Un de Baumugnes. le thème n'est donc pas de lui. Cependant, la mise en scène l'est et c'est avec une réelle conviction que Pagnol dénonce le proxénétisme, la société des années 20, les filles-mères dénigrées etc....
Du coup, j'ai acheté ses oeuvres complètes. Comme quoi, on peut très bien (re)découvrir un auteur à tout âge !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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domisylzen
  20 novembre 2015
Angèle, fille unique de fermier, rêve de sortir de sa condition. Elle se laissera prendre par les belles paroles de Louis, qui est, en vérité, proxénète. Elle se retrouve sur le trottoir et sera rapidement enceinte. C'est Saturnin et Amédée, les valets de la ferme qui feront tout pour la sortir de ce mauvais pas.
Une histoire formidable. A chaque réplique, on est obligé d'avoir les images du film dans la tête. du très grand Pagnol grâce à Giono.
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Pat0212
  08 mai 2018
Après avoir conduit la petite Janie Blake au centre aéré, la gouvernante, Madame Garcia fait tranquillement le ménage quand un homme déguisé en Popeye l'enlève. Il lui demande de récupérer la fillette de sept ans sous peine de tuer sa propre fille. Carmen Garcia cède à la menace et c'est le début de cinq jours d'angoisse pour l'enfant et sa gouvernante kidnappées par un couple déguisés en Popeye et Olive.
Pendant ce temps, Eliza Blake présentatrice vedette d'une chaîne de télévision new-yorkaise ne se doute de rien et passe sa journée en papotages avec ses amies branchées et en interviews. En rentrant du travail, elle va faire la sieste dans son jardin et ne se rend compte de l'absence de sa fille que dans la soirée. Dès lors, c'est le branle-bas de combat pour retrouver les disparues avec la presse, la police, le FBI et même une voyante.
On parle très peu de la gouvernante, un peu de Janie, mais le personnage central du livre est sa mère, Eliza et deux de ses collègues. L'auteur essaie bien de nous égarer sur des fausses pistes en créant une foule de personnages, mais on voit bien que ce serait trop facile.
Le récit est très linéaire, peu ou pas de rebondissement. Les personnages ne sont pratiquement pas développés en dehors d'Eliza qui a un côté mondain très énervant. Il y a une foule de personnages secondaires à peine ébauchés qui servent à tenter de nous jeter sur une fausse piste. Certains de ces personnages sont si peu différenciés qu'ils en sont interchangeables, ce qui est voulu par l'auteur pour créer l'une des fausses pistes, mais tout est tellement flou et vague que le lecteur n'est pas pris au jeu. Eliza est aussi très artificielle et pas bien attachante.
Je voulais découvrir cet auteur car j'ai de bons souvenirs de sa belle -mère Mary Higgins Clark, mais ce livre sera oublié aussitôt chroniqué. On est dans un univers un peu semblable à celui de Mary Higgins Clark mais traité de façon assez peu convaincante. On nage en plein dans les bons sentiments et un univers plus rose bonbon que noir avec bien sûr un happy end. Eliza arrive même à coiffer au poteau le FBI.
Toutefois pour tempérer cette critique plutôt dure, je dirais que j'ai largement découvert l'univers du polar depuis l'époque lointaine où je lisais les romans de Mary Higgins Clark et que je préfère la noirceur ou au moins un univers un peu moins rose que celui de Mary Jane Clark. Toutefois les adolescentes, les personnes intéressées par le monde de la télévision et les amateurs de polars très softs vont certainement apprécier ce livre qui n'a quand même pas que des défauts, même s'il m'a ennuyée.

Lien : https://patpolar48361071.wor..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   03 septembre 2011
Clarius : A qui est ce petit ?

Angèle : Il est à moi.

Clarius : A toi seule ?

Angèle : A moi seule.

Clarius : Maintenant, au moins, nous savons qu'il ne peut rien nous arriver de pire. (Un temps.) C'est un grand malheur que tu sois partie. C'est un autre malheur que tu sois revenue. Et c'est encore un malheur plus affreux que tu nous rapportes ce bâtard. Je ne te demande pas d'explications ; mais cet enfant, je ne le veux pas. Il n'est pas de chez nous. Si tu l'avais fait comme il faut, ça serait été, pour cette maison, le plus beau cadeau du Bon Dieu. Mais de la façon que tu l'as fait, ce n'est rien pour nous. C'est notre malheur qu'il respire. C'est une honte qui bouge et qui crie. Maintenant tu es revenue toute maigre et toute sale, tant pis pour toi ! Tu l'as voulu. Si tu veux partir, va-t-en. Si tu veux rester, toi, je veux bien vous nourrir tous les deux ; mais en secret. Ce que je t'offre, ce n'est pas une maison : c'est une cachette. C'est de ça que tu as besoin. Dis si tu veux rester...

Philomène : Oui, Clarius, elle veut rester.

Clarius : Alors, menez-la dans la cave de derrière, et rapportez-moi la clef. Et souvenez-vous que personne ici ne doit savoir cette honte qui nous vient de la ville. Allez, et ne m'en parlez plus jamais.
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domisylzendomisylzen   20 novembre 2015
C'est comme si on me disait : "Notre Angèle est tombée dans un trou de fumier : Alors moi j'irais, et je te prendrais dans mes bras, et je te laverais bien... Je te ferais propre comme l'eau, et tu serais aussi belle qu'avant. Parce que, tu sais, l'amitié, ça rapproprie tout, tout, tout... "
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domisylzendomisylzen   17 novembre 2015
J'ai appelé des hommes dans la rue. Je me fais honte de mon corps … Quand ma mère vient me porter à manger, je n'ose plus lui dire : " Je veux t'embrasser." Je me sens toute sale … Je suis la dernière de toutes : j'ai vendu ma peau pour gagner des sous.
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hysope62hysope62   21 octobre 2020
Saturnin ( résigné):
Oh! moi, tu sais, ça ne veut rien dire... J'ai toujours été un peu fada. Il y en a qui sont des lumières, il y en a qui éclairent comme le phare de Planier, il y en a d'autres qui éclairent pas plus qu'une allumette... Chacun éclaire comme il peut. Le tout c'est la bonne volonté. Adieu Tonin!
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Dine777Dine777   02 juin 2019
Je veux dire que c'est comme un tout. Il faut qu'on aime son métier. Moi j'aime mieux etre barbeaux que d'etre président de la Republique, tandis qu'il y en a qui préfèrent être président de la République plutot que d'etre barbeaux.

Chacun son gout, chacun son métier. Si tu n'as pas le gout de ton métier, tu n'auras jamais rien de propre.
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Vidéo de Marcel Pagnol
Le miracle est arrivé ! Il se nomme Mirèio, le poème que Frédéric Mistral, le fondateur du Félibrige, publie en 1859, au mitan du siècle des nationalités. À partir de là, et jusqu'à aujourd'hui, va fleurir, au Sud, une immense renaissance des langues et des littératures. En Provence, mais aussi dans le Languedoc, la Gascogne, le Limousin et l'Auvergne. C'est cette saga culturelle du Midi que raconte ici, avec science et style, Stéphane Giocanti.
Qui sont ces rebelles en butte au jacobinisme et à la stigmatisation des « patois » ? Quelle a été leur fabuleuse aventure héroïque et collective ? Quel rôle l'occitanisme a-t-il joué au sein de ce réveil ? Comment ce renouveau a-t-il influencé Alphonse Daudet, Jean Giono ou Marcel Pagnol ? Que reste-t-il de ce rêve à l'heure où les locuteurs naturels connaissent un crépuscule ? Et que nous dit cette résistance alors que la France s'interroge sur son avenir ?
Avec ce panorama inégalé, complet et clair, alerte et accessible, Stéphane Giocanti nous initie comme jamais au Sud, à sa terre et à son ciel, à ses peuples et à ses parlers. Une célébration lumineuse.
Essayiste et romancier, Stéphane Giocanti est, entre autres, l'auteur de T. S. Eliot ou le monde en poussières, C'était les Daudet, Une histoire politique de la littérature ainsi que de Kamikaze d'été.
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