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Marcel Pagnol (Adaptateur)Jean Giono (Antécédent bibliographique)
EAN : 9782877065177
189 pages
Editions de Fallois (05/10/2005)
3.83/5   156 notes
Résumé :
Dans le pays, quand on a besoin de régler un différend, plutôt que de s'adresser au juge de paix, on va trouver Clarius Barbaroux si grande est la réputation de sagesse du maître de la Douloire: la ferme qu'il exploite dans les collines au-dessus de Marseille avec sa, femme Philomène, sa fille Angèle et son valet Saturnin.

Saturnin est tout dévoué à la famille, mais c'est pour Angèle qu'il est prêt à se jeter au feu; il l'a vue grandir et trouve qu'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Film de Marcel Pagnol et sorti en 1934 (il est alors âgé de 39 ans) c'est une adaptation d'un roman de Jean Giono.

C'est une histoire qui évoque la place de la femme dans la première moitié du XXème siècle ainsi que les notions de réputations familiales et d'honneur, valeurs très présentes également dans la trilogie Marseillaise.

C'est agréable à lire, distrayant, mais on reste loin des meilleurs morceaux de Pagnol.
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Entre NTM et Marcel Pagnol, vous me direz qu'il y a un monde qui les sépare, nous sommes bien d'accord, et pourtant, en clôturant cette lecture, j'ai pensé à ceci :

« Laisse pas trainer ton fils
Si tu ne veux pas qu'il glisse
Qu'il te ramene du vice
Laisse pas trainer ton fils
Si tu veux pas qu'il glisse »

Sauf que là, il s'agit d'Angèle, la fille de Clarius, un brave paysan, qui travaille dur sur sa ferme accompagné de ce que l'on pourrait qualifier « l'idiot du village » en la personne de Saturnin, pas si bête qu'il en a l'air comme on pourra s'en rendre compte. Saturnin, joué par le cultissime Fernandel dans le film de 1934 que je vais m'empresser de revoir sur Youtube, si si, il y est en version complète, j'ai vérifié.
Mais assez de circonvolutions, revenons à nos moutons et c'est un peu le cas de le dire, s'agissant de la fille du berger. Angèle rêve de quitter sa campagne, alors quand Louis vient lui conter fleurette, après quelques réticences, parce que les garçons, on lui a appris qu'il faut s'en méfier, finalement, elle s'emballe, elle rêve de la ville De Marseille où elle pourra mener la belle vie.
Seulement voilà, envolées les promesses de mariage avec le beau gosse, il va la prostituer sur le trottoir et abuser de sa naïveté. Plus tard, par l'entremise de Saturnin, quand elle reviendra au pays, avec un enfant, un bâtard comme dira Clarius, c'est tout l'honneur de la famille qui sera remis en question. L'éternel sujet de Pagnol que l'on retrouve dans Fanny ou dans la fille du puisatier.
Cette histoire est intemporelle et aborde des thèmes de l'amour, de l'honneur d'une famille, de la fidélité, ici celle de Saturnin pour son maître, de la trahison, des rêves d'ailleurs qui se fracassent sur la triste réalité. Intemporelle même si cela nous renvoie à la condition de la femme à cette époque, dépendante d'abord du père puis du conjoint, ainsi, on peut mesurer le chemin parcouru. Oui, je sais, il y a encore beaucoup à faire…

Pagnol qui mêle toujours avec autant de brio le tragique et le comique, le théâtre et le cinéma, les grosses colères et le chant des cigales.

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Marcel Pagnol a adapté au cinéma quatre oeuvres de Jean Giono : « Jofroi » (1933), d'après « Jofroi de la Maussan », une des nouvelles de « Solitude de la pitié » ; « Angèle » (1934), d'après « Un de Baumugnes », « Regain » (1937), d'après le roman éponyme ; « La Femme du boulanger » (1938) d'après la nouvelle éponyme, tirée du recueil « Jean le Bleu ». Quatre chefs-d'oeuvre du cinéma tirés de quatre chefs-d'oeuvre de la littérature. C'est ainsi que la postérité le conçoit aujourd'hui, mais Giono en a longtemps voulu à Pagnol d'avoir en quelque sorte « trahi » sa pensée, en sacrifiant l'authenticité au pittoresque, et en donnant de la Provence et des Provençaux une image folklorique et même caricaturale.
De son point de vue, il n'a pas tout à fait tort, mais, intelligent comme il était, il a dû se dire deux choses : les adaptations n'étaient pas si mal, après tout et ont bien relancé la vente des livres, premier point ; et ensuite, il a dû reconnaître en Pagnol un homme à sa hauteur : un créateur : ce qu'a fait Pagnol n'est pas tant une adaptation, mais une re-création de l'histoire (beaucoup plus respectueuse que ne le pensait Giono), merveilleusement retranscrite.
« Angèle » (1934) est donc la deuxième incursion de Marcel Pagnol dans l'univers de Jean Giono. Si le fond du roman est respecté, la forme de l'adaptation indique de la part de Pagnol une prise en mains plutôt décidée : le titre tout d'abord : « Angèle » plutôt que « Un de Baumugnes », ce déplacement du personnage principal est très significatif : le héros n'est plus Albin mais Angèle. Ensuite, le personnage de Saturnin. Chez Giono c'est un vieux « mal embraillé » un peu simple d'esprit. Chez Pagnol, vous le savez, c'est Fernandel : un homme sans âge, mais plutôt jeune, innocent, peut-être, mais moins bien qu'il n'en a l'air, et un coeur gros comme ça. Avec dans l'histoire, un rôle central. Les autres personnages sont conformes à ceux du roman, avec peut-être un surplus d'humanité, ou du moins une humanité un peu plus « montrée » (chez Giono, les personnages sont aussi riches, mais plus « taiseux ».
Enfin la grande différence entre le roman et le film tient au langage : c'est normal, si on y regarde bien : dans le roman le langage ne sert qu'à la lecture et doit, par sa seule force, amener le lecteur à pénétrer dans l'histoire, sa poésie, sa comédie, sa tragédie. Au cinéma le langage n'est pas seul, il doit composer avec d'autres éléments tout aussi importants : l'image, la musique, et le jeu des acteurs. Les grands cinéastes le savent, et Pagnol est un grand cinéaste. Il l'a compris en adaptant ses pièces : on ne passe pas d'un genre à l'autre en claquant des doigts. Et puis Marcel Pagnol a un don que n'a pas, et que n'aura jamais Jean Giono (autant que lui, en tous cas) : écrire du « sur mesure » pour ses comédiens : essayez d'imaginer un autre comédien que Fernandel dans le rôle de Saturnin :
SATURNIN : « Alors il est venu me voir. Et il m'a dit « Saturnin ! » J'y ai dit : « Oui ». Et alors il me dit (à voix basse) : « Saturnin ! » J'y dis « Oui » (A voix plus basse encore) Et alors, il me dit…
ANGELE : Saturnin !
SATURNIN : Non, il me dit : « Je suis malheureux ! »
On a essayé de refaire les films de Marcel Pagnol avec d'autres acteurs. Certains sont assez réussis, mais aucun n'a le charme et l'authenticité de l'oeuvre originale.
Non Pagnol n'a pas trahi Giono, il lui a donné une autre dimension, différente, certes, mais complémentaire : leurs personnages à tous deux relèvent maintenant d'une mythologie provençale, colorée et exubérante, mais foncièrement authentique et humaine.
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Angèle, fille de Clarius Barbaroux, rêve, comme toutes les filles de son âge et de sa condition (elle est la fille d'un fermier, certes aisé, mais l'agriculture n'attire pas vraiment l'adolescente), qu'un homme riche viendra lui demander sa main. Lorsque celui-ci, Louis, se présente à elle, elle ne se méfie évidemment pas, aveuglée par le conte de fée qui s'offre à elle et que le beau ténébreux lui a fait miroiter. Elle le suit sans avertir personne et ne donne plus de nouvelles à sa famille. Louis s'avère être un proxénète. Inévitablement, Angèle, qui est tombée dans ses filets, se retrouve sur le trottoir. Comble de malheur, elle est enceinte.

Saturnin, le domestique, s'inquiète pour elle. Il fait tout pour la retrouver, allant jusqu'à tuer Louis. Il ramène Angèle et son fils à la maison. Si la mère, Philomène, en pleure de joie, ce ne sera pas le cas de Clarius qui considère qu'Angèle a sali la réputation de sa famille. Il l'enferme, elle et le petit, à la cave. Heureusement, Saturnin, aidé de l'autre valet, Amédée, vont faire en sorte qu'elle retrouve son honneur en lui faisant épouser Albin, un homme simple au grand coeur.



Eh bien, je croyais connaître Pagnol sous prétexte que j'avais lu le Château de ma mère, la Gloire de mon père, Jean de Florette et Manon des Sources... je me trompais lourdement. Mais pourquoi, oui pourquoi n'avais-je jamais mis le nez dans ses pièces ? Peut-être parce que sa réputation le précédait ? En effet, généralement, lorsqu'on nous dit "Pagnol", on pense de suite à la Provence, à l'accent chantant... aux histoires "gentillettes" de cet auteur. Oui mais voilà, sous des dehors bien sympathiques, cet écrivain ne raconte pas que des histoires agréables qui font passer un bon moment de lecture. Et j'ai même l'impression qu'il se déchaîne un peu plus dans ses pièces de théâtre ou dans ses scénarios car le ton est plus acerbe. Alors certes, Angèle est tirée de l'oeuvre de Giono, Un de Baumugnes. le thème n'est donc pas de lui. Cependant, la mise en scène l'est et c'est avec une réelle conviction que Pagnol dénonce le proxénétisme, la société des années 20, les filles-mères dénigrées etc....

Du coup, j'ai acheté ses oeuvres complètes. Comme quoi, on peut très bien (re)découvrir un auteur à tout âge !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Angèle, fille unique de fermier, rêve de sortir de sa condition. Elle se laissera prendre par les belles paroles de Louis, qui est, en vérité, proxénète. Elle se retrouve sur le trottoir et sera rapidement enceinte. C'est Saturnin et Amédée, les valets de la ferme qui feront tout pour la sortir de ce mauvais pas.
Une histoire formidable. A chaque réplique, on est obligé d'avoir les images du film dans la tête. du très grand Pagnol grâce à Giono.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Clarius : A qui est ce petit ?

Angèle : Il est à moi.

Clarius : A toi seule ?

Angèle : A moi seule.

Clarius : Maintenant, au moins, nous savons qu'il ne peut rien nous arriver de pire. (Un temps.) C'est un grand malheur que tu sois partie. C'est un autre malheur que tu sois revenue. Et c'est encore un malheur plus affreux que tu nous rapportes ce bâtard. Je ne te demande pas d'explications ; mais cet enfant, je ne le veux pas. Il n'est pas de chez nous. Si tu l'avais fait comme il faut, ça serait été, pour cette maison, le plus beau cadeau du Bon Dieu. Mais de la façon que tu l'as fait, ce n'est rien pour nous. C'est notre malheur qu'il respire. C'est une honte qui bouge et qui crie. Maintenant tu es revenue toute maigre et toute sale, tant pis pour toi ! Tu l'as voulu. Si tu veux partir, va-t-en. Si tu veux rester, toi, je veux bien vous nourrir tous les deux ; mais en secret. Ce que je t'offre, ce n'est pas une maison : c'est une cachette. C'est de ça que tu as besoin. Dis si tu veux rester...

Philomène : Oui, Clarius, elle veut rester.

Clarius : Alors, menez-la dans la cave de derrière, et rapportez-moi la clef. Et souvenez-vous que personne ici ne doit savoir cette honte qui nous vient de la ville. Allez, et ne m'en parlez plus jamais.
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C'est comme si on me disait : "Notre Angèle est tombée dans un trou de fumier : Alors moi j'irais, et je te prendrais dans mes bras, et je te laverais bien... Je te ferais propre comme l'eau, et tu serais aussi belle qu'avant. Parce que, tu sais, l'amitié, ça rapproprie tout, tout, tout... "
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Saturnin ( résigné):
Oh! moi, tu sais, ça ne veut rien dire... J'ai toujours été un peu fada. Il y en a qui sont des lumières, il y en a qui éclairent comme le phare de Planier, il y en a d'autres qui éclairent pas plus qu'une allumette... Chacun éclaire comme il peut. Le tout c'est la bonne volonté. Adieu Tonin!
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J'ai appelé des hommes dans la rue. Je me fais honte de mon corps … Quand ma mère vient me porter à manger, je n'ose plus lui dire : " Je veux t'embrasser." Je me sens toute sale … Je suis la dernière de toutes : j'ai vendu ma peau pour gagner des sous.
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Clarius : J'avais une fille, mais je l'ai perdue.
Albin : Si je la demande, je vous l'ai rendue.
Clarius : Albin, tu es jeune... écoute-moi... Tout le monde rire de toi.
Albin : Ceux qui voudront rire de moi n'auront qu'à bien se cacher. Maitre, donnez-la moi !
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Vidéo de Marcel Pagnol
Dans le cadre de cette émission spéciale Festival de Cannes, Augustin Trapenard reçoit Daniel Auteuil pour son film "Le Fil", adapté de "Au guet-apens : chroniques de la justice pénale ordinaire", de Maître Mô ; Philippe Claudel, écrivain et réalisateur, au sujet de l'art de l'adaptation ; Zabou Breitman, pour évoquer son travail de réalisatrice et pour la lecture d'un texte de Marcel Pagnol ; Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol, pour rendre hommage à l'écrivain disparu il y a cinquante ans ; Irène Frain, pour parler également de Marcel Pagnol.
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