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ISBN : B0000DT94B
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 288 notes)
Résumé :
Il n'y a qu'un mur entre Anne et la liberté. Elle le saute en pleine nuit, se reçoit mal : une douleur fulgurante transperce sa cheville, elle vient d'en briser un os au nom mélodieux : l'astragale. Le premier bon Samaritain qui passe n'ose pas l'emmener : le haut mur est celui d'une prison, et Anne est une « mineure en cavale »; mais il fait signe à un autre automobiliste, et ce Samaritain-là comprend très bien. julien est du même bord qu'Anne. Il s'occupera de to... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
l-ourse-bibliophile
20 août 2013
Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C'est sa vie – sans doute romancée parfois – qu'elle nous raconte dans ce premier roman.
Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s'évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l'astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu'à la route et rencontre l'amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C'est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d'un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l'opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée de nouveau.
Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.
Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu'il faut avancer, parce qu'hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d'être prise. Elle exprime sa frustration d'être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu'elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l'un de ses clients pour aider Julien comme il l'a aidée lorsqu'il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s'ennuyer ? Albertine n'hésite pas et choisit la vie passionnée.
Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n'ai pas eu l'impression en tout cas qu'elle souhaitait qu'on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu'elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s'installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu'elle devait s'enfuir de Paris avec Julien, ce n'est pas un ton geignard qu'elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
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Chocolatiine
18 juillet 2015
Le 19 avril 1957, Albertine saute du mur de sa prison ; l'évasion est réussie mais son astragale fracturé. La jeune femme a dix-neuf ans. C'est Julien, Julien Sarrazin, son futur mari, qui lui porte secours. Il la cache, d'abord chez sa mère puis chez Pierre et enfin chez Annie.
Lui, le casseur, et elle, la fugitive tantôt voleuse, tantôt prostituée, se trouvent, se perdent et se retrouvent. Il prend soin d'elle, elle l'attend ; elle réapprend à marcher. Quand il se fera arrêter et incarcérer pour trois mois, cette année-là, elle l'attend encore patiemment, certaine de le revoir. Ils se marieront le 7 février 1959 ; à ce moment-là, c'est elle qui était en prison.
Albertine Sarrazin a composé L'astragale, le roman de sa jeunesse en quelques semaines, en 1964. A l'époque, elle écopait d'une peine pour vol d'une bouteille de whisky.
Albertine, quelle femme ! Malgré sa jeunesse de délinquante, elle était excellente élève ; l'écriture est parfaite. Les mots sont parfois crus mais toujours justes. Doux aussi, quand il le faut.
Albertine et Julien, quelle histoire ! Leur amour ressemble à ces liaisons comme on n'en voit plus que dans les films. Ces deux-là finissaient toujours par se retrouver.
Quant à moi, c'est avec plaisir que je retrouverai la plume de Mme Sarrazin pour lire ses autres romans !
Challenge Petits plaisirs 2014/2015
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Bazart
12 avril 2015
Mercredi dernier parmi les belles sorties de la semaine figurait l'Astragale, un long métrage de Brigitte Sy qui raconte l'histoire, à la fin des années 1950, d'une jeune délinquante indomptable qui va se blesser en s'évadant de prison et être secourue par un malfrat au grand coeur dont elle va tomber amoureuse.
Mais avant d'être cette pasison amoureuse incarnée par le génial couple Leila Nekti et Reda Katen, L'Astragale fut d'abord un roman autobiographique signé Albertine Sarrazin.
Paru en 1965, ce livre va très vite devenir culte, car au-delà de ce qui y est raconté, c'est la personnalité de son auteure qui va subjuguer. suite sur le blog
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Takalirsa
03 mars 2017
J'ai découvert Albertine Sarrazin dans l'excellent documentaire « Elles ont réalisé leur rêve : 50 portraits de femmes célèbres » de Philippe Godard et Jo Witek. Celui d'Albertine m'a tellement intrigué qu'il m'a donné envie de lire son autobiographie. Cependant, j'ai au départ été déstabilisée par le style, à la fois abrupt et poétique, mélange de sensations et de descriptions, de récit présent et passé. On sent à travers sa façon d'écrire qu'Albertine (rebaptisée Anne) est une jeune femme sauvage, entière, spontanée, et toute en contradiction aussi.
Son texte démarre par son impressionnant saut de dix mètres et la cavale qui s'ensuit. A partir de là s'enchevêtrent ses sentiments naissants pour Julien son sauveur, la douleur liée à sa fracture, les planques et les souvenirs de prison. En prison, Anne a l'impression de toujours y être, immobilisée à cause de son pied, dépendante de ceux qui la cachent : « Ma liberté neuve m'emprisonne », « Depuis mon évasion, je n'ai été que « le colis ». Car la blessure, bien plus grave que ce qu'elle imaginait, nécessitera des soins à l'hôpital, des opérations même, et la fera souffrir toute sa vie : « Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers. »
Heureusement il y a Julien, qui « meuble ma douleur et ma désoeuvre ». Il a fait de la prison lui aussi, alors il la comprend, peut tout entendre. On comprend à demi-mots – car il faut souvent deviner, lire entre les lignes, décoder l'argot - qu'Anne y a eu des aventures homosexuelles (« Je goûte encore les femmes »), avec Rolande, avec Cine ? Mais Julien est le grand amour de sa vie, « nous allons l'un vers l'autre, par des voies étranges... », « le fil tissé de lui à moi dès la nuit des arbres noirs irait se consolidant et se lovant, lui, moi, lui, moi... Eh non ! La vie saurait bien le cisailler, ce fil, comme les autres ». En effet rien n'est simple, Julien doit gagner sa vie, la plupart du temps en volant, il s'absente souvent, la laissant en tête avec tête avec ceux qui la cachent (« Annie et moi : deux femmes privées d'amour et de splendeur »). Anne tire le temps, le temps de revoir Julien, consciente d'être un poids pour lui (« Je vais boiter et toi tu vas être la béquille d'une fille estropiée »). Mais c'est plus fort qu'elle, « j'ai mis un pied – bloqué- dans la vie d'un voyou, et tout m'y surprend, tout m'y intrigue... ».
Alors même si la jeune femme a parfois « le regret d'avoir changé de prison », elle patiente avec ses « compagnons d'apéritif », noyant son ennui dans l'alcool et les cigarettes, ne craignant « vraiment que la poulaille, n'ayant pas le moindre papier à lui présenter en cas de rafle ». Consciente que « la route est pure et âpre comme un désert », elle garde « pour lui, intact, le peu d'amour dont je suis capable ». Et quand il revient, toujours à l'improviste, seulement pour « un îlot de temps », c'est frustrant, frustrant ! « Ce Julien maudit, cette vie de maudite, maudite vie que je bénis quand même »... Alors « j'apprends chaque détail, chaque grain rose ou brun, pour m'en souvenir et m'en faire forte jusqu'au prochain bonheur : une soirée, une nuit, voilà mes bonheurs, deux ou trois fois par mois. le reste du temps, c'est la tâche, la corvée, la peur diffuse. » Au fil des chapitres, elle nous devient attachante, avec ses doutes et ses coups de tête, entre espoir et découragement. On suit l'avancée de sa pénible guérison, ses bouffées d'échappées dans Paris, la prostitution pour gagner l'argent nécessaire à une vraie vie de couple : « Ah ! reprend Julien, je ne sais pas par où nous irons tous les deux, mais nous irons loin, longtemps... », « puisque demain, c'est nous ! ».
C'est beau à lire, et à imaginer. Même si l'on sait que la réalité ne sera pas si heureuse : « Julien (…) arrêté, une fois encore... », et ils le seront par la suite plusieurs fois l'un et l'autre, se croisant sans décroiser leurs sentiments, le long de sa courte vie à elle... Elle l'aura cependant vécue intensément, concentrée sur cet amour fou - « je réalise la douloureuse consistance d'aimer et je suis folle de peine... »
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IreneAdler
15 août 2012
En s'évadant de son école-prison, Anne se brise l'astragale, un os du pied. Elle sera recueilli par julien, lui-même truand. Commence pour eux une une drôle histoire d'amour, faite de cavale et de planques.
Roman d'amour et de prison, L'astragale s'inspire de faits réels, vécus par l'auteur (mais il n'est pas dit dans quelle mesure). le lecteur pénètre dans l'envers des 30 Glorieuses, dans les quartiers populaires, où la débrouille frôle la petite truanderie.. Où un amour véritable n'a que peu de chance de s'épanouir, les amants se retrouvant en prison, ayant besoin d'avoir une confiance absolue en l'autre. Et pourtant ce la se révèle possible.
Écrit dans un style plutôt familier, parfois un peu argotique, le roman ne tombe jamais dans la vulgarité ou la facilité. L'intrigue et les personnages sont construit, ont de la profondeur. le lecteur (du moins la lectrice que je suis) se prend d'affection pour ce couple improbable, espère et tremble pour lui.
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Les critiques presse (1)
Lexpress22 octobre 2013
Une histoire édifiante qui dit bien son époque -destin poisseux, mœurs ligotées, France populo, liberté de la femme en devenir- et parfaitement mise en cases par deux auteurs qui ont su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc épais mais au trait très fin qui métaphorise ainsi la vie singulière d'une femme petit format qui s'impose dans un monde sans couleurs.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine18 juillet 2015
Je crois qu'à l'hôpital, on aime assez exhiber ce qu'on a de plus laid : c'est à qui aura la plus effroyable couture, avec le plus grand nombre de points de suture, le plâtre le plus volumineux, l'extension la plus pesante. Et moi, devant Julien, au lieu de jouer de mes mains et de mon visage intacts, je dénude ma peau criblée de trous et de marbrures, et je regrette de ne pouvoir lui montrer aussi ce qu'il y a sous mon plâtre et qui, à en juger par les infiltrations qui colorent le talon, doit être plus saisissant encore.
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VALENTYNEVALENTYNE03 août 2015
À nouveau je marche, mes pieds sont ocrés de poussière, et les gens que je côtoie m’enveloppent, me portent, me bousculent sans me gêner, comme des vagues ; je marche, passive, ni gaie ni triste. L’ardeur du soleil s’emmagasine en moi, sans irradier encore : je remonterai bientôt vers les froidures, j’aurais besoin de mon stock.
Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n’est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers, sous l’angle laissé par le moule de plâtre « en léger équin » disait le dossier.
Marche droit, Anne : si l’on te questionne, jamais cet accident ne doit transparaître, ta patte menace de prison ceux qui l’ont sauvée. Mais… Comment se rappeler la prison, ici ? Comment même y croire ? Ici, tout le monde semble déguisé, et la police omni-présente laisse tranquille la foule à laquelle je ressemble, avec mon chapeau de pacotille et mes lunettes noires.
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ATOSATOS27 mars 2015
La route est pure et âpre comme un désert ; plus tard peut être, calmement, nous aborderons les sentiments magiques...Il y a d'ici là beaucoup de douleurs encore, beaucoup de gens et de choses à pulvériser : fibre à fibre, je détisse, je sabote ; je me déteste de faire à Julien «  un travail » mais je sens autour de lui trop d'attaches fausses et gluantes, je voudrais scier au moins celles là.
Moi aussi jadis, j'ai été cajolée, ménagée, léchée : j'étais intact et mordante, mon placard étaient bien repli et mes mains ingénieuses.
Mes accessoires sont détruits, je suis blessée et pauvresse, et c'est moi maintenant qui m'offre et m'accroche ; les gens ne me retiennent point, car je n'ai plus rien à leur proposer que moi, moi nue, et il faudrait beaucoup de temps et de tendresse pour faire jaillir de moi quelque ressource, quelque source.
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zazimuthzazimuth29 août 2010
Je n'essaie pas d'intéresser les gens : après quelques avances mal reçues ou interprétées de travers, je me renfrogne dans l'indifférence où eux-mêmes me laissent. Non par mépris, mais parce que je ne sais pas forcer les oreilles et les coeurs : il faut qu'on vienne à moi. (p.140)
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ATOSATOS27 mars 2015
Que ce réveil tourne lentement ! Le drap colle à ma poitrine, m’oppresse un peu. Je voudrais dormir, être minéral, être bloc autour de mon cœur qui bondit et court devant moi : choisis-la, Julien la route qui est à moi, sautes-y à pieds joints et que je porte à jamais chacun de tes pas.
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