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EAN : SIE40858_8215
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 405 notes)
Résumé :
Il n'y a qu'un mur entre Anne et la liberté. Elle le saute en pleine nuit, se reçoit mal : une douleur fulgurante transperce sa cheville, elle vient d'en briser un os au nom mélodieux : l'astragale. Le premier bon Samaritain qui passe n'ose pas l'emmener : le haut mur est celui d'une prison, et Anne est une « mineure en cavale » ; mais il fait signe à un autre automobiliste, et ce Samaritain-là comprend très bien. Julien est du même bord qu'Anne. Il s'occupera de to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
andreas50
  13 octobre 2018
Récemment, j'ai redécouvert Albertine Sarrazin, étoile filante de la littérature française, au travers de l'Astragale, autobiographie, ou plutôt journal d'une jeune femme en galère, en cavale, en rupture de ban.
Qui aurait pu broder un roman crédible autour de cette réalité tragique ? C'est l'histoire d'une trajectoire qui ne dévie pas du mauvais chemin, de la malchance, de la poisse, de sa naissance à sa mort à trente ans
sur une table d'opération, victime d'une négligence médicale.
Elle aura tout connu dans sa vie faite de souffrance, d'écorchures : abandon par ses parents après la naissance, violée à 10 ans dans sa famille d'accueil avec laquelle, elle n'était pas en très bons termes, sa fugue,ses premiers larcins, la prostitution, l'enfermement, l'évasion suivie de l'accident.
Sauvée par Julien, un petit malfrat, elle va aller de planques en caches successives, le plus souvent chez des gens du milieu, une hospitalisation sous un faux nom, en résumé une autre suite d'emprisonnements. Avec Julien, elle va vivre une grande histoire d'amour, un mariage ; mais déjà le passé va la rattraper. Elle va bientôt retomber dans la délinquance, le trottoir. C'est le retour à la case prison, et c'est là qu'elle va écrire l'Astragale, la Cavale, romans de révolte, romans de femme, romans du réel. Albertine ne fait pas mystère de sa rage contre la société, de sa haine de la prison, de son dégoût des hommes, de sa bisexualité. Son écriture est faite de fureur est riche et brutale, mélange d'argot, de poésie, d'humour caustique. Elle balance son texte cru par poignées de vie, de survie, à la tête du lecteur. En parcourant ses pages, on ressent comme de l'angoisse, de la tristesse, voire même de la tendresse envers cette femme à qui la vie n'a fait aucun cadeau. Albertine Sarrazin, trop tôt disparue, aurait certainement fait une grande carrière littéraire, mais le destin en a voulu autrement.
Il flotte encore comme un sentiment de gâchis sur ce parcours sans lendemain.
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l-ourse-bibliophile
  20 août 2013
Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison, de cavale et de prostitution dans ses romans. C'est sa vie – sans doute romancée parfois – qu'elle nous raconte dans ce premier roman.
Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué, Anne s'évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l'astragale, petit os du pied. Incapable de marcher, elle rampe jusqu'à la route et rencontre l'amour de sa vie, Julien Sarrazin, également en cavale. C'est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d'un an, de planques en planques (fournies par Julien, chez sa famille, chez des amis), de l'opération à la guérison (Albertine boitera toujours), jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée de nouveau.
Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers, on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.
Albertine écrit avec vigueur, avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide, magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés, le ton est parfois brouillon et oral, mais aussi bourré de pépites.
Elle est impertinente, elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur, parce qu'il faut avancer, parce qu'hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d'être prise. Elle exprime sa frustration d'être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu'elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l'un de ses clients pour aider Julien comme il l'a aidée lorsqu'il est emprisonné, pour vivre heureuse avec lui.
Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s'ennuyer ? Albertine n'hésite pas et choisit la vie passionnée.
Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n'ai pas eu l'impression en tout cas qu'elle souhaitait qu'on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu'elle menait (les délits, la prison, la cavale), mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes, elle aimait passionnément Julien et voulait s'installer avec lui, mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu'elle devait s'enfuir de Paris avec Julien, ce n'est pas un ton geignard qu'elle prend. Elle est lucide, pragmatique, mais elle reste optimiste.
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PiertyM
  16 août 2020
Un roman où les mots sont hachés, crus, de même que les sentiments sont mis à des dures épreuves de bouleversement! On se demande bien de quelle nature est faite notre narratrice? C'est la vraie question! Car pour elle, il n'y a pas de compromis ente la souffrance et le bonheur! Orpheline, semblant vivre dans les airs, n'ayant aucun appui, emprisonnée, elle s'évade, et comme une chance se présente à elle à travers Julien qui semble vouloir l'intégrer dans une nouvelle vie mais chez elle, bien qu'elle soit encore jeune, le bonheur semble arriver trop tard, au point que les petits bonheurs des autres ne font que l'agacer...
Une autobiographie très touchante où le rejet de la naissance n'a consisté qu'à engendrer du rejet, encore et encore...
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SeriallectriceSV
  08 octobre 2020
Un roman culte. Une incroyable autobiographie écrite en prison.
Anne dans le roman, c'est Albertine Sarrazin, une femme étonnante, butée et totalement insoumise, prostituée, chapardeuse et taularde, rebelle, insolente et amoureuse qui se raconte. Elle évoque sa cavale après s'être échappée de prison en sautant d'un mur et s'être brisé l'astragale, une cavale qui se confond très vite avec une histoire d'amour.
Elle nous offre une oeuvre incandescente empreinte d'émotions et de toute sa rage.
Derrière ce "petit roman d'amour pour Julien" se cache le récit d'une vie écorchée, chaotique et romantique.
Une belle histoire d'amour entre petits malfrats.
Une écriture vive et précise.
Cette oeuvre biographique a été adapté au cinéma par Brigitte Sy, une adaptation esthétiquement très bien maîtrisée avec deux acteurs, Leïla Bekhti et Reda Kateb, irréprochables.
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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Takalirsa
  03 mars 2017
J'ai découvert Albertine Sarrazin dans l'excellent documentaire « Elles ont réalisé leur rêve : 50 portraits de femmes célèbres » de Philippe Godard et Jo Witek. Celui d'Albertine m'a tellement intrigué qu'il m'a donné envie de lire son autobiographie. Cependant, j'ai au départ été déstabilisée par le style, à la fois abrupt et poétique, mélange de sensations et de descriptions, de récit présent et passé. On sent à travers sa façon d'écrire qu'Albertine (rebaptisée Anne) est une jeune femme sauvage, entière, spontanée, et toute en contradiction aussi.
Son texte démarre par son impressionnant saut de dix mètres et la cavale qui s'ensuit. A partir de là s'enchevêtrent ses sentiments naissants pour Julien son sauveur, la douleur liée à sa fracture, les planques et les souvenirs de prison. En prison, Anne a l'impression de toujours y être, immobilisée à cause de son pied, dépendante de ceux qui la cachent : « Ma liberté neuve m'emprisonne », « Depuis mon évasion, je n'ai été que « le colis ». Car la blessure, bien plus grave que ce qu'elle imaginait, nécessitera des soins à l'hôpital, des opérations même, et la fera souffrir toute sa vie : « Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers. »
Heureusement il y a Julien, qui « meuble ma douleur et ma désoeuvre ». Il a fait de la prison lui aussi, alors il la comprend, peut tout entendre. On comprend à demi-mots – car il faut souvent deviner, lire entre les lignes, décoder l'argot - qu'Anne y a eu des aventures homosexuelles (« Je goûte encore les femmes »), avec Rolande, avec Cine ? Mais Julien est le grand amour de sa vie, « nous allons l'un vers l'autre, par des voies étranges... », « le fil tissé de lui à moi dès la nuit des arbres noirs irait se consolidant et se lovant, lui, moi, lui, moi... Eh non ! La vie saurait bien le cisailler, ce fil, comme les autres ». En effet rien n'est simple, Julien doit gagner sa vie, la plupart du temps en volant, il s'absente souvent, la laissant en tête avec tête avec ceux qui la cachent (« Annie et moi : deux femmes privées d'amour et de splendeur »). Anne tire le temps, le temps de revoir Julien, consciente d'être un poids pour lui (« Je vais boiter et toi tu vas être la béquille d'une fille estropiée »). Mais c'est plus fort qu'elle, « j'ai mis un pied – bloqué- dans la vie d'un voyou, et tout m'y surprend, tout m'y intrigue... ».
Alors même si la jeune femme a parfois « le regret d'avoir changé de prison », elle patiente avec ses « compagnons d'apéritif », noyant son ennui dans l'alcool et les cigarettes, ne craignant « vraiment que la poulaille, n'ayant pas le moindre papier à lui présenter en cas de rafle ». Consciente que « la route est pure et âpre comme un désert », elle garde « pour lui, intact, le peu d'amour dont je suis capable ». Et quand il revient, toujours à l'improviste, seulement pour « un îlot de temps », c'est frustrant, frustrant ! « Ce Julien maudit, cette vie de maudite, maudite vie que je bénis quand même »... Alors « j'apprends chaque détail, chaque grain rose ou brun, pour m'en souvenir et m'en faire forte jusqu'au prochain bonheur : une soirée, une nuit, voilà mes bonheurs, deux ou trois fois par mois. le reste du temps, c'est la tâche, la corvée, la peur diffuse. » Au fil des chapitres, elle nous devient attachante, avec ses doutes et ses coups de tête, entre espoir et découragement. On suit l'avancée de sa pénible guérison, ses bouffées d'échappées dans Paris, la prostitution pour gagner l'argent nécessaire à une vraie vie de couple : « Ah ! reprend Julien, je ne sais pas par où nous irons tous les deux, mais nous irons loin, longtemps... », « puisque demain, c'est nous ! ».
C'est beau à lire, et à imaginer. Même si l'on sait que la réalité ne sera pas si heureuse : « Julien (…) arrêté, une fois encore... », et ils le seront par la suite plusieurs fois l'un et l'autre, se croisant sans décroiser leurs sentiments, le long de sa courte vie à elle... Elle l'aura cependant vécue intensément, concentrée sur cet amour fou - « je réalise la douloureuse consistance d'aimer et je suis folle de peine... »
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critiques presse (1)
Lexpress   22 octobre 2013
Une histoire édifiante qui dit bien son époque -destin poisseux, mœurs ligotées, France populo, liberté de la femme en devenir- et parfaitement mise en cases par deux auteurs qui ont su allier le romanesque de l'intrigue à un noir et blanc épais mais au trait très fin qui métaphorise ainsi la vie singulière d'une femme petit format qui s'impose dans un monde sans couleurs.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   09 octobre 2018
A la Centrale, nous partagions les dimanches entre la danse et la belote. Les cartes étaient ma pénitence : une fois l'atout retourné, la partie ne m'intéressait plus. J'observais le jeu des mains, leur grâce ou leur lourdeur à balancer les cartes, l'expression surprise ou impassible des yeux. Pourtant, j'aimais bien l'as de trèfle, « le triomphe » en langage cartomancien : deux ou trois herbes à vache retournées le même jour nous faisaient augurer de toutes les réussites... Oui, il était temps que je me casse : le trèfle, la benzine, le poison des rêves tordus, l'onanisme et toute la taule me menaient tout droit à Sainte-Anne. Je me casse, chaque jour plus loin, de la folie...
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VALENTYNEVALENTYNE   03 août 2015
À nouveau je marche, mes pieds sont ocrés de poussière, et les gens que je côtoie m’enveloppent, me portent, me bousculent sans me gêner, comme des vagues ; je marche, passive, ni gaie ni triste. L’ardeur du soleil s’emmagasine en moi, sans irradier encore : je remonterai bientôt vers les froidures, j’aurais besoin de mon stock.
Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n’est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers, sous l’angle laissé par le moule de plâtre « en léger équin » disait le dossier.
Marche droit, Anne : si l’on te questionne, jamais cet accident ne doit transparaître, ta patte menace de prison ceux qui l’ont sauvée. Mais… Comment se rappeler la prison, ici ? Comment même y croire ? Ici, tout le monde semble déguisé, et la police omni-présente laisse tranquille la foule à laquelle je ressemble, avec mon chapeau de pacotille et mes lunettes noires.
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ChocolatiineChocolatiine   18 juillet 2015
Je crois qu'à l'hôpital, on aime assez exhiber ce qu'on a de plus laid : c'est à qui aura la plus effroyable couture, avec le plus grand nombre de points de suture, le plâtre le plus volumineux, l'extension la plus pesante. Et moi, devant Julien, au lieu de jouer de mes mains et de mon visage intacts, je dénude ma peau criblée de trous et de marbrures, et je regrette de ne pouvoir lui montrer aussi ce qu'il y a sous mon plâtre et qui, à en juger par les infiltrations qui colorent le talon, doit être plus saisissant encore.
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HardivillerHardiviller   02 août 2017
Ce texte ne figure pas dans le roman , il est ici , juste pour donner un aperçu du talent de l'auteure .
**************VERONA LOVERS**********************

Sur les frais oreillers de marbre ciselé
Où fane un lourd feston de corolles savantes
Se confondent sans fin les amants aux amantes
Qui se sont fait mourir du verbe ensorcelé

Avares du vieillir , Ô vous enviez-les
D'avoir sur le tremplin des extases si lentes
Laissé ce million de minutes naissantes
Et bien royalement le monde tel qu'il est

Cette nuit là comme ils s'aimèrent sans mensonges
Quelque pouce géant dans sa toute bonté
A fait rouler leurs yeux hors des coffres du songe

Cependant que très loin sur les terres bénies
Les violons têtus enchantaient les Asies
Et riaient de tendresse leurs divinités
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frandjfrandj   02 août 2017
(p. 140)

Deux femmes, privées d'amour et de splendeur: je ne peux pas, elle ne veut plus. Tout le jour, nous sommes accolées, liées par la similitude des gestes, des menus, des douleurs de femme, par les aiguilles qui s'activent en même temps, la sienne vers la gauche, la mienne vers la droite,: nos chaises se font face et je suis gauchère, nous nous reflétons. On coud, on fume, on chantonne; de temps en temps on se sourit en soupirant... Mais c'est à la veillée que nous devenons tout à fait intimes. La camaraderie d'atelier est alors reléguée, ficelée à la douzaine parmi les cravates, serrée dans la valise du devoir; et l'intimité se tisse, volute à volute, verre à verre, à travers la table où nous présidons, parmi les fleurs de toile cirée et l'empilement des assiettes.
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