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ISBN : 2253143243
Éditeur : Le Livre de Poche (15/04/2009)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 18 notes)
Résumé :
-- Une femme...
Les idées de P.M. s'embrouillaient aussi, tant il avait essayé de fois de se remonter au bourbon. Tout le monde devait avoir beaucoup bu. Mme Smiley, d'ordinaire la plus effacée, venait de casser deux verres à la fois et pleurait en balbutiant :
-- Je sais bien que je suis ignoble. Je sais bien que...

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Lorsque les pluies diluviennes de jui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Herve-Lionel
  04 mai 2014
N°382– Décembre 2009
LE FOND DE LA BOUTEILLEGeorges SIMENON – Éditions Belfond..
Un roman de Simenon reste une oeuvre de suspense, même si le commissaire Maigret n'y est pas.
C'est toujours pareil, dans chaque famille il y a un raté dont les autres membres, ceux qui ont réussi, parlent à voix basse, avec un air gêné ou compatissant... Mais les histoires de famille n'en finissent jamais et ce sont toujours les mêmes qui viennent demander des comptes parce qu'ils ont été les mal aimés, parce qu'on les a laissés pour compte. Ce sont des créances inextinguibles et prégnantes qui empoisonnent définitivement les relations entre les fratries, composées d' êtres qui devraient pourtant bien s'entendre mais qu'en définitive tout sépare, un sentiment de culpabilité envers celui qui a été délaissé, victime des injustices familiales...
C'est que cette histoire est, comme le dit Pierre Assouline est « un roman d'une rare vérité sur deux frères que tout oppose mais que l'adversité réunit », une histoire d'un homme ( Patrick Martin Ashbridge dit P.M. ce qui fait plus parvenu) qui a réussi parce qu'il a travaillé, est devenu avocat et qu'il a eu de la chance, notamment celle de rencontrer Nora, une femme veuve et plus riche que lui, et qui est devenu une sorte de notable respecté... Elle croise un jour celle de son frère (Donald) que la vie n'a jamais avantagé, que ses parents ont délaissé, qui est devenu un criminel en fuite et que sa famille attend au Mexique. Il vient demander de l'aide à ce frère et notamment pour passer la frontière parce qu'il habite une ville (Los Nogales) partagée en deux par une grille et surveillée par des gardes qui le connaissent. D'ordinaire, c'est dans l'autre sens que se font les passages parce que le Mexique ne peut nourrir tous ses enfants et qu'ils doivent chercher du travail aux USA. Pour Donald, la Terre Promise est simplement différente, a un autre visage, celui de la liberté!
C'est que cette ville est aussi divisée en deux par une rivière, à sec une grande partie de l'année à cause de la sécheresse, mais que les fortes pluies transforment en torrent infranchissable pendant de longs jours. P.M. habite un ranch isolé, du mauvais côté de la ville et un déluge d'eau s'est abattu sur la région, rendant le passage vers la frontière impossible! Dans ces contrées, on se méfie des étrangers et la venue de Donald n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour P.M. qui le fait passer pour un ami et entoure sa visite de mystère. Il sert cependant de caution malgré lui au fugitif qui a quelque chose d'attirant pour les femmes, parce « qu'il a quelque chose de triste ». (Cette remarque revient au cours du récit et cette affirmation d'une femme finira par faire éclater la vérité qu'on voulait cacher). Pour autant, les distractions sont rares, le jeu d'argent fait partie du décor comme l'argent lui-même, la crue alimente les conversations, justifient les rencontres entre voisins, arrosées de whisky comme il se doit et le décor prend des allures de microcosme. Là comme ailleurs, l'alcool délie les langues, des choses sont révélées qu'on aurait voulu à jamais oubliées, enfouies dans le passé de l'enfance, dans les affres de la pauvreté... Donald, redevenu lui-même et qui présente donc un risque pour cette société en raccourci, s'enfuit et une chasse à l'homme se met en place comme au pire temps des westerns...
Cette opposition entre les deux frères a quelque chose de biblique, le combat de Caïn contre Abel, d' Esaü contre Jacob, du faible contre le fort, mais c'est toujours le faible, celui qui perd, qu'on bénit et dont on se souvient ! L'histoire se présente donc comme une répétition pour eux, mais pas exactement cependant puisque c'est lui, P.M. , le plus fort des deux qui, pour une fois n'est pas le meilleur et au terme d'une quête nocturne, dangereuse et surtout inattendue parce qu'à l'inverse de ce qu'on peut attendre de sa part, trouve une mort que l'auteur nous présente comme rédemptrice! (« Il y a des moments dans la vie où on est poussé inexorablement à faire le contraire de ce qu'on voudrait faire »). C'est lui qui, en quelque sorte volontairement, rachète les injustices qui ont été faites à ce frère. Donald, c'est le faible, le malchanceux, le raté de la famille, mais c'est lui qui s'en tire, et finalement pas si mal.
Ce roman consacre, s'il en était besoin, le pouvoir cathartique de l'écriture, parce qu'ici, il y a plus qu'une relation romanesque entre l'auteur et ses personnages. le décor est celui où Simenon a vécu. D'évidence, lui, c'est P.M., celui qui a réussi mais que ses parents, sa mère en particulier (ce qui explique sans doute sa relation avec les femmes, celles du roman et toutes les autres), a toujours renié alors que Donald, c'est son frère, Christian, le préféré de sa mère, mais celui dont on ne parle jamais, celui qui n'a pas réussi, le médiocre, l'être peu recommandable qu'on aime voir loin de soi, parce qu'il dérange, parce que sa seule présence est un danger pour les autres. Il y a aussi une culpabilité judéo-chrétienne dans ce récit, au point que P.M. accepte de purger une dette qu'il n'a pas personnellement contractée face à un frère définitivement considéré comme perdu!
Le titre peut paraître étonnant. Il est beaucoup question d'alcool dans ce coin des États-Unis qui jouxte le Mexique et chaque habitant a une longue histoire avec lui. C'est aussi une allégorie, celle d'une querelle familiale longue et longtemps occultée qu'on vide enfin, comme le contenu d'une bouteille et que la mort seule vient purger, une sorte d'effet exorciste peut-être?
©Hervé GAUTIER – Décembre 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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dourvach
  07 juin 2015
"Le fond de la bouteille" -- écrit en 1948 depuis les Etats-Unis par notre écrivain liégeois universel -- est un récit pluvieux, un sombre récit-lisière entre Mexique et Arizona. Quand la Santa Cruz est en crue, les ranchers se regroupent et s'alcoolisent les uns chez les autres pour y tromper leur ennui (et pour certaines dames, leurs maris, cela arrive...). L'un d'entre eux, Patrick -- Patrick Martin Ashbridge, dit "P.M." -- voit, un soir, débarquer dans sa vie son frère Donald, son cadet, un "raté" dont il est sans nouvelles depuis des années : évadé d'un pénitencier, il s'est d'abord réfugié chez leur soeur, beaucoup plus complaisante et moins jugeante que son aîné rancher... Durant toutes ces années où Donald se déclassait et s'enfonçait dans l'irrémédiable, "P.M.", lui -- à force d'efforts et du "hasard" d'un mariage gratifiant -- réussissait matériellement sa vie... Le choc de leurs retrouvailles en est d'autant plus violent -- d'autant que l'alcool les happe tour à tour. Abel et Caïn se battent puis s'apaisent... "P.M." promet d'aider Donald à passer la frontière -- à savoir les eaux boueuses et dangereuses de la rivière. Car "P.M." est un homme de devoir...
La tragédie d'un homme ordinaire.
Pierre ASSOULINE, en sa monumentale biographie "Simenon", avait montré comment "Le fond de la bouteille" retraçait psychogiquement le sauvetage -- par Georges -- de Christian, son cadet chouchouté par sa mère étant enfant, bientôt parfait "raté" de sa famille, devenant fier collabo "rexiste" durant l'Occupation de son pays, dûment poursuivi pour collaborationnisme et crimes de guerre à la Libération : l'homme fuyant la Belgique s'évadera de France grâce à l'aide matérielle de son frangin, "écrivain célèbre richement pourvu" et très embêté..., puis disparaîtra dans les sables de la Légion étrangère sous un nom d'emprunt...
Non seulement, le sous-texte du roman est passionnant mais la montée des passions dans ces pages de double enfermement alcoolisé -- quand la pluie violente bat au dehors sur les sols détrempés, face au désert embrumé -- forme un ensemble inoubliable.
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Jenta3
  18 février 2011
J'aime beaucoup ces petits romans écrits par Simenon durant sa période "américaine". L'ambiance qu'il réussit à susciter est surprenante. Dans ce roman-ci, nous nous retrouvons dans le monde des ranchers des années 40. Petite bourgade à la frontière mexicaine, composée des pauvres qui travaillent chez les riches (les propriétaires terriens).
P.M. est un avocat qui est sorti du ruisseau, qui s'est fait tout seul, qui a épousé Nora, riche propriétaire. Il voit surgir dans sa vie son frère Donald, qu'il n'avait plus vu depuis l'enfance, et qui s'est évadé de prison. Donald veut être aidé pour passer la frontière. Mais... il est impossible de passer la frontière qui est délimitée à cet endroit par un ruisseau, devenu, à cause de gros orages qui secouent la région depuis quelques jours, un courant d'eau impossible à traverser... Et, il y a ce whisky, qui apaise et fait du bien mais qui a des effets pervers...
Roman facile à lire, qui m'a mise en appétit, lentement, au fur et à mesure de la lecture, pour arriver à me faire dévorer les 2 derniers chapitres!

Lien : http://jenta3.blogs.dhnet.be..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
dourvachdourvach   20 juin 2015
Or c'était pis. Donald était un raté. Il n'y avait pas d'autre mot. Il avait tout raté. P.M., au contraire, s'était tracé une route ambitieuse dont rien ne l'avait fait dévier.
Il laissa sa voiture dehors, comme d'habitude, s'assura que ses chevaux étaient au complet dans le pré, poussa la porte et tout de suite, fronça les soucils. Une bonne odeur de café et de bacon venait de la cuisine en même temps que les bruits de voix.

[Georges SIMENON, "Le fond de la bouteille", Presses de la Cité, 1949 : édition de poche "Presses Pocket", page 35]
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dourvachdourvach   14 juin 2015
Les voitures étaient arrêtées. tout le monde en descendait. Les phares éclairaient la rivière qui était vraiment fascinante, avec son flot brun qui courait vertigineusement à la hauteur où l'on voyait d'habitude le toit des automobiles.
Quelqu'un dit à Donald :
-- Vous assistez à un des rites de la vallée.
C'était exact. Dès que les eaux étaient grosses, on était sûr de rencontrer les gens de la vallée quatre ou cinq fois par jour à cet endroit. Certains y revenaient à onze heures du soir ou à minuit, avant de se coucher. Pas dans l'espoir de passer, mais pour voir, simplement.
Raoul, le chef cow-boy de Pemberton, était là aussi, sous un arbre, avec son cheval blanc qui se tenait immobile dans la pénombre. Raoul était venu voir comme les autres. Il y avait peut-être une heure qu'il était là, à regarder l'eau charrier des branches et des troncs d'arbres.
On parlait de la rivière, c'était inévitable. toujours les mêmes histoires.

[Georges SIMENON, "Le fond de la bouteille", Presses de la Cité, 1949 : édition de poche "Presses Pocket", page 111]
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Herve-LionelHerve-Lionel   04 mai 2014
Il y a des moments dans la vie où on est poussé inexorablement à faire le contraire de ce qu'on voudrait faire 
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Franck Bouysse nous parle de Simenon et de sa lecture préférée.
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