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EAN : 9782363080707
267 pages
Éditeur : Editions Arléa (08/01/2015)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Quand je suis fatiguée d'ici, des gens et des choses d'ici, c'est là-bas que je retourne. A la maison. Cette maison qui n'existe pas, qui n'existe plus. C'est un jeu, délicieux et cruel, comme tous les véritables jeux. On peut le pratiquer partout, dans la foule du métro, ou prisonnier d'un long voyage en train, ou quand, au coeur de la nuit, on se réveille dans l'étonnement triste de sa vie. Alors, on s'en va, on retourne à la maison. La sienne. La maison secrète. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  09 octobre 2019
Marie Sizun, vous avez une plume qui me touche toujours au plus profond de moi, ce roman ne fait pas exception. J'ai l'impression de lire mes propres souvenirs et pourtant, ce qui peut paraître étrange, c'est que je n'étais pas née dans les années évoquées. C'est sans doute votre façon de nous prendre par la main pour nous conduire vers les émotions du passé qui nous donne cette impression de vivre à notre tour vos émotions, celles de cette petite Marie. Merci pour ce moment délicat plein de tendresse malgré la dureté de l'époque des faits et des paroles mais aussi des non-dits.
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sylire
  29 mai 2015
Une femme vieillissante nommée Marie (même prénom que l'auteure) se souvient d'une année qui a été déterminante dans sa vie. Il s'agit de l'année 1943. Marie avait quatre ou cinq ans, son père était prisonnier en Allemagne quand sa mère a fait le choix de la confier pour quelques temps à des personnes de confiance, à la campagne. Des années après, le souvenir de cette année très particulière est intact. L'adulte qu'elle est devenue s'adresse à l'enfant qu'elle était, par le biais de la deuxième personne du singulier. Ce procédé n'est pas sans rappeler "la femme de l'allemand", autre roman de Marie Sizun qui explore également le monde de l'enfance et la relation fusionnelle entre une mère et son enfant.
Je connais Marie Sizun depuis ses débuts, je l'ai rencontrée à de nombreuses reprises. Je lis systématiquement ses romans quand ils paraissent, en croisant les doigts pour qu'ils me séduisent car je n'aime pas faire de la peine à un auteur que je le connais. Pour "La maison-guerre", aucun risque de décevoir l'auteur car j'ai beaucoup aimé ce roman. J'y ai retrouvé les qualités que j'avais tant appréciées dans "le père de la petite" et dans "la femme de l'allemand". Marie Sizun a le don de se mettre dans la peau des enfants pour retranscrire leur façon de vivre les événements, réussissant à faire abstraction de sa perception d'adulte. Dans la première partie de "la maison-guerre", nous sommes dans la tête et même dans le corps de cette petite fille, que l'intuition plus que les faits amène à la compréhension de ce qu'elle vit. Les non-dits, des regards gênés, les expressions de visage des adultes, rien n'échappe à cette petite fille vive et intelligente.
Marie Sizun m'a confié qu'elle s'était totalement immergée dans cette histoire au moment de l'écriture, au point d'avoir eu l'impression, une fois le livre fini, que cette histoire était la sienne. Ce n'est pas le cas, bien que certains éléments du roman proviennent de sa propre histoire. Il s'agit principalement de la maison, un personnage à part entière, sinon le personnage principal. Cette maison a donc existé. Marie Sizun y séjournait, régulièrement, étant enfant. Sa mère la confiait des membres de la famille, pour de courts séjours. Elle a donc fait revivre cette demeure et son jardin, en écrivant une histoire qui est en lien avec la Shoah, thème qu'elle n'avait pas encore traité jusqu'ici et qu'elle souhait évoquer.
C'est le coeur serré que j'ai lu cette histoire très émouvante, ne faisant qu'une avec cette petite fille qui, l'espace de quelques mois, verra sa vie basculer. Rassurez-vous, ce livre n'est pas que triste, grâce à cette maison et grâce à la magie de l'enfance.
Un très beau "Marie Sizun".
Lien : http://www.sylire.com/2015/0..
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Puszi
  12 mars 2017
Cette fois-ci Marie Sizun nous invite à nous glisser dans la peau d'une petite fille âgée de 4 à 5 ans en juin 1943. Et c'est à travers son regard et ses mots que l'on découvre la vie quotidienne en banlieue à V. Nous n'en saurons pas plus sur la localisation exacte tout au long du roman. Dans la Maison-Guerre, il y a Mathilde, tante Gabrielle, l'oncle Albert et la très vieille dame. "Ils sont tous vieux dans cette maison. Les domestiques aussi : Joséphine la cuisinière, Mme La Violette, la femme de ménage, qui loge au village, mais vient chaque jour, et même Guibert, le jardinier, qui, de loin en loin, survient pour débroussailler le jardin. Tous vieux."
Que faire quand on est une petite fille entourée de vieux ? Parcourir les nombreux livres de la bibliothèque, s'aventurer dans le jardin, tenter d'apprivoiser un chat blanc, se réfugier à la cuisine pour sentir les bonnes odeurs, et surtout attendre les lettres bleues de sa mère, savourer pleinement toutes les heures passées avec elle lors de ses trop rares visites... La guerre, c'est dur à comprendre pour une petite fille et ce d'autant plus quand les adultes n'expliquent rien. Alors Marie ne pourra que deviner, se faire des idées, écouter les conversations des adultes à table pour tenter de comprendre les raisons de l'absence de sa mère et l'angoisse la gagne, l'agressivité aussi. Pourquoi sa maman ne revient-elle pas ? Pourquoi ne donne-t-elle plus de nouvelles ? Qui est ce Marc dont elle entend parler ? Ce père qu'elle ne connaît pas et qui ne l'intéresse pas du tout ?
J'ai beaucoup aimé la manière dont Marie Sizun aborde la vie quotidienne en temps de guerre, les réflexions de la petite fille, son questionnement sur la religion, l'angoisse qui l'étreint peu à peu car l'absence de sa mère se prolonge, l'attente de la paix, l'arrivée des Américains et puis la vie qui reprend après la libération.
C'est là que démarre la deuxième partie du livre. Je n'en dévoile pas plus afin de conserver la surprise pour celles et ceux qui auront envie de le lire.
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Bierry
  17 janvier 2015
La Maison-Guerre - Marie Sizun
Passionnée de littérature, Marie Sizun poursuit inlassablement sa carrière d'écrivain talentueux et nous offre aux Editions Arléa, le 8 janvier 2015, « La Maison-Guerre », son huitième roman d'une tendresse bouleversante. Dans ce livre, la narratrice adulte, en proie à ses souvenirs d'enfance, retourne spontanément à sa maison secrète, « La Maison-Guerre », « comme elle l'appelait dans sa tête d'enfant », ancienne demeure merveilleuse au jardin sublime, « folie de verdure », croulant sous les fleurs, source infinie de sensations visuelles, auditives, olfactives … encore intactes - magie de la mémoire - ; située en Île de France, c'était « La maison des tantes ». En 1943, alors qu'elle avait à peine cinq ans, sa maman, actrice à Paris, l'avait placée là afin qu'elle soit en sécurité.
Dès le matin, « dans un sournois bonheur, tu te glisses dehors comme un chat. Tu l'aimes tellement ce grand jardin, même s'il t'emprisonne… un monde clos étroitement entouré de hautes haies de laurier qui ne laissent rien voir de l'extérieur ». Tu découvres une foule de plantes, d'insectes, d'animaux… Tu t'inventes des histoires, tu parles aux arbres : tu confies tes secrets à un peuplier.
Cependant, chaque matin, elle vient dans l'anxiété inspecter la boîte à lettres pour voir si sa mère lui a écrit : « C'est comme ça , ma chérie, sois patiente, bientôt la guerre sera finie »… Ses visites se font rares. La petite découvre la solitude… Que de mystères et de non-dits dans cet univers étrange !
Très beau roman, attachant, au style fluide, à l'écriture élégante, très vivante, exigeante, poétique et musicale où Marie Sizun, pour notre plus grand bonheur, donne libre cours à son immense sensibilité, et se lit d'une traite.
Yvette Bierry - 8 janvier 2015
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yaki
  05 mars 2015
La Maison-Guerre c'est le nom que Marie a donné à la maison dans laquelle elle a passé plusieurs mois quand elle était enfant pendant la deuxième guerre mondiale. Sa mère, Véra, l'y a déposée un jour de juin en lui disant qu'elle y serait en sécurité. Dans cette maison, elle est accueillie par tante Mathilde, tante Gabrielle, oncle Albert et la « vieille dame ». Les premiers mois sont rythmés par les lettres ou les visites, toujours courtes, de Véra. Marie est plutôt heureuse dans ce cocon, mais elle essaie de comprendre les bribes de conversation qu'elle entend quand les adultes pensent qu'elle n'est pas là. Sa mère ne vient plus, son père qu'elle ne connaît pas est prisonnier de guerre... Que peut-on comprendre de tout ça quand on a 4 ou 5 ans ?
Le roman est composé de deux parties, la première partie relate les mois passés dans la Maison-Guerre. Dans cette partie, Marie Sizun mêle la troisième personne du singulier avec le « tu », ce qui peut être parfois déroutant. La deuxième partie raconte la fin de la guerre, le retour du père, les recherches infructueuses de la mère.
Un avis plutôt mitigé pour ce roman. La première partie m'a paru un peu trop longue, lente, à la mesure de la langueur des journées d'enfant de Marie, mais en même temps le lecteur s'attache à cette petite fille qui ne comprend pas grand chose du monde des grands. La deuxième partie plus courte m'a touchée, j'ai aimé le regard porté sur cette enfant puis cette adolescente qui grandit avec l'absence de la mère et les questions sans réponse.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
diablotin0diablotin0   09 octobre 2019
Le soir, des bruits sortent de l'obscur et te parlent : un grincement, un craquement, un glissement sourd... (...) À gauche, il y a un grand coffre recouvert d'un tissu bariolé. C'est le passage dangereux. Chaque fois, tu crois que l'étoffe a bouge, que le couvercle du coffre va s'entrouvrir et que la main va paraître, te happer avant que tu n'aies pu atteindre les marches... Cette main que tu n'as jamais vue, dans ton ne t'a jamais parlé, mais dont tu sais très bien qu'elle est là, dedans, et qu'elle t'attend.
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PusziPuszi   11 mars 2017
p.180 C'est encore elle la moins menteuse.
Il va pourtant bien falloir qu'ils te la disent cette vérité que tu connais déjà mais que tu as peur d'entendre, comme si les choses ne prenaient existence que par la parole, comme si le pire n'arrivait qu'avec les mots pour le dire.
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PusziPuszi   12 mars 2017
p.11 Quand je suis fatiguée d'ici, des gens et des choses d'ici, c'est là-bas que je retourne. A la maison. Cette maison qui n'existe pas, qui n'existe plus.
...
C'est un jeu, délicieux et cruel, comme tous les véritables jeux. On peut le pratiquer partout, dans la foule du métro, ou prisonnier d'un long voyage en train, ou quand, au cœur de la nuit, on se réveille dans l'étonnement triste de sa vie. Alors, on s'en va, on retourne à la maison. La sienne. La maison secrète. Chacun en a une. Pour moi, c'est la maison-guerre, comme je l'appelais dans ma tête d'enfant.
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PusziPuszi   12 mars 2017
p.265 Vois-tu, ma chérie, m'avait-elle dit en arrangeant document quelque chose dans mes cheveux en désordre, l'âme d'une maison, ce sont les souvenirs de ceux qui ont vécu là, de ceux qui y vivent et qui apportent parfois le souvenir d'autres maisons... Il arrive que tout cela parle, que les souvenirs et les vies se mêlent, chuchotent... ça n'a rien d'effrayant ; au contraire, c'est ce que la vie a de plus merveilleux...
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PusziPuszi   12 mars 2017
p.91 La guerre, tu sens bien qu'il s'agit de quelque chose qui te concerne, qui concerne ta mère, puisque votre séparation en dépend, mais tu ne comprends pas ce qui est dit par les gens de la radio, tu n'entends pas ce langage. Les tantes et l'oncle ont l'air anxieux.
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Samedi 25 Mai nous avons eu la chance d'accueillir dans notre librairie Marie Sizun, venu nous parler de son dernier titre "Les s?urs aux yeux bleus" publié aux éditions Arléa ! Voici un extrait de cette rencontre !
Site : https://www.librairieravy.fr/ page Facebook : https://www.facebook.com/Librairie-RAVY-175491889157470/ instagram : https://www.instagram.com/librairieravy/?hl=fr
A bientôt dans votre librairie !
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