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ISBN : 2266127314
Éditeur : Pocket (23/10/2006)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 192 notes)
Résumé :
Seule dans sa maison battue par les vents d'hiver, une vieille femme qui n'a plus que quelques mois à vivre écrit à sa petite-fille.
Avant de disparaître, elle souhaite resserrer les liens distendus par les aléas de l'existence. Pour cela, elle n'a que des mots. Des mots d'amour, ou des mots qui l'entraînent à évoquer sa propre vie. Elle raconte sans pudeur ni complaisance son enfance solitaire, son mariage de raison, la mort tragique de sa fille et parle pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
andman
06 avril 2014
L'approche verbale des secrets de famille est rarement chose aisée, le recours à l'écriture peut s'avérer nécessaire.
Olga habite Trieste, ville située à proximité de la nouvelle frontière italo-slovène. En cet automne 1992 les conflits armés s'intensifient sur le territoire de la proche Yougoslavie. Olga enrage de voir des innocents fuir le grand massacre des Balkans et traverser dans leur exode sa belle région du Carso tant de fois éprouvée elle aussi durant ce XXe siècle.
Cette dame octogénaire se sait condamnée à brève échéance. Depuis peu, elle consigne avec régularité sur le papier ses états d'âme mais aussi son parcours de vie jusqu'à ses secrets les plus enfouis.
Douze ans auparavant, Olga a perdu sa fille unique Ilaria dans un accident de voiture. Depuis ce jour tragique, elle élève seule sa petite-fille qui n'a pas connu son papa. Cette dernière, aujourd'hui âgée de seize ans, vient de commencer une année d'études aux USA.
Comment ne pas se faire du souci pour la jeune fille rebelle dont le caractère bien affirmé rappelle celui d'Ilaria ? Sans doute lui écrit-elle pour conjurer le sort qui frappe avec constance la famille, pour contrecarrer le malheur qui suit la ligne féminine et se transmet de mère en fille.
Sa propre mère au caractère intransigeant n'a pas été heureuse, sa fille Ilaria avant son accident broyait du noir, elle-même a vécu de nombreuses années empêtrée dans le conformisme d'un milieu bourgeois, prisonnière de la tyrannie des apparences.
Soulagée d'avoir mis son coeur à nu, d'avoir prodigué un dernier petit conseil, Olga a maintenant l'âme en paix. Cependant elle se garde bien d'expédier aux Etats-Unis une seule des quinze longues lettres, sa petite-fille les découvrira toutes ensemble à son retour.
Ce roman épistolaire de Susanna Tamaro, dans lequel la nature est omniprésente, s'adresse à un large public et rencontre depuis sa parution en 1994 un succès mérité. Petit par le format, il fait partie de ces livres dont la relecture n'est en rien rébarbative mais au contraire apaisante.
« Va où ton coeur te porte » est un formidable message d'amour d'une grand-mère libérée, un passage de témoin entre le siècle finissant et le prochain en devenir, une sorte de testament avec pour leitmotiv : « la conscience sereine d'exister ».
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Eve-Yeshe
12 avril 2013
j'ai dévoré ce livre avec enthousiasme car c'est une belle histoire: une femme âgée décide de raconter sa vie à sa petite fille qui vit loin d'elle et dont elle veut se rapprocher. Elle le fait sous la forme de lettre, elle exprime l'indicible avec pudeur, ses chagrins, la mort de sa fille, son mariage arrangé qui ne la rend pas heureuse, et son lourd secret : son infidélité. elle a vécu une belle histoire d'amour avec cet homme qui la fascinait, l'unique amour de sa vie en fait.
c'est très bien écrit, il y a une grande sensibilité.
Une très belle histoire que j'ai du plaisir à partager.
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araucaria
26 août 2015
Ce livre, ce sont les confessions émouvantes qu'une grand-mère fait à sa petite-fille en tenant un journal. C'est un roman d'une grande sensibilité qui ne peut qu'interpeler le lecteur tant les mots employés sonnent juste. Pas de pathos, simplement une émotion pudique. Une auteure que je ne connaissais pas et que je viens de découvrir avec bonheur.
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frandj
21 avril 2014
Olga, grand-mère octogénaire guettée par la mort, écrit a sa petite-fille, une "ado" tête dure qu'elle a élevée et qui est partie pour un an en Amérique. En fait, elle n'enverra pas ces lettres, elle les laissera en évidence chez elle, en espérant leur destinataire les lira après sa mort.
On peut d'abord penser que le roman va se centrer sur les relations (devenues très difficiles) entre elles deux - mais non. On découvre vite la fille unique de la narratrice, Iliona, morte tragiquement alors qu'elle était encore jeune: celle-ci aussi ne s'entendait pas du tout avec Olga; elle était devenue une révoltée parlant un jargon "gauchiste", puis elle avait commencé une psychanalyse avec un "gourou" douteux sans jamais arriver à trouver sa place dans la société. Mais, finalement, c'est surtout sa propre vie que la narratrice examine dans ses lettres. Issue d'une famille bourgeoise où la seule exigence était de respecter les "bonnes manières" et scolarisée chez des bonnes soeurs très culpabilisantes, la jeune Olga a été vite obligée d'étouffer en elle tout ce qui faisait sa personnalité. Elle s'est mariée assez tardivement, sans vraie envie, avec Augusto: un homme plus âgé qu'elle, gentil et ennuyeux, qui n'a pris femme que pour suivre les conventions sociales. Olga sombre donc peu a peu dans la dépression. Pour s'en guérir, elle va faire une cure thermale dans une ville d'eaux où elle rencontre Ernesto, qui lui révèle ce que peut être une relation amoureuse. Un soir, au lieu de lui dire qu'elle voudrait mourir dans cet état de bonheur, elle lui demande "Je veux un enfant". C'est ainsi qu'a été conçue Iliona. Les deux amants, tous deux mariés, n'osent pas rompre leur lien conjugal, et la paternité est assumée par Augusto. Ironie de la vie: Iliona adulte, recherchant frénétiquement les responsables de son mal-être, a accusé pendant des années son "père", alors qu'il s'est contente de fermer les yeux sur l'adultère ! Après la mort d'Ernesto, Olga continue son existence médiocre, sans aucune joie de vivre. Devenue veuve et en butte avec des difficultés de relations croissantes avec sa fille, elle se "bricole" une philosophie de la vie, capable de la soutenir dans ses épreuves. Elle apprend à se méfier des solutions toutes prêtes et à faire confiance seulement à ce que lui dit son coeur, autrement dit à se (un peu) faire confiance.
Le titre du livre m'avait paru plutôt niais. Craignant que ce soit un roman de gare, j'ai hésité à l'ouvrir. L'ayant achevé, je dois dire que la lecture de ce roman est courte et ne m'a pas semblée inutile. Dans ses lettres, la narratrice soulève quelques-uns des grands problèmes de la vie des hommes et des femmes, mais elle le fait avec simplicité, sur un mode mineur, sans éclat ni malice, mais avec une certaine justesse. Pour prendre un seul exemple: c'est avec une calme lucidité qu'elle évoque ses parents (qui lui ont pourtant fait bien du mal !); revenant sur son enfance, elle note avec justesse: "Je détestais ma mère (...) et pourtant j'étais en train de devenir exactement comme elle".
Olga ne cache pas ses faiblesses et ses contradictions. Elle reconnait tristement que "Ernesto rayonnait et [qu'elle] reflétait sa lumière. Lui disparu, tout était redevenu opaque". Son ton est souvent mélancolique, méditatif, sentencieux, parfois plaintif - il m'a d'ailleurs irrité dans plusieurs passages. On peut dire que ce texte est la confession d'une femme simple, qui a eu le malheur d'être pendant son existence une "perdante"; elle a presque constamment subi à contre-coeur ses expériences de vie; après bien des désillusions, elle a tenté de "sauver les meubles". N'était-ce pas autrefois - et même aujourd'hui - le destin de beaucoup d'hommes et (peut-être surtout) de femmes ?
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Puszi
04 juin 2014
J'ai découvert ce livre lors d'un groupe littéraire où il était présenté par une bibliothécaire. Elle en a parlé de manière tellement enthousiaste que j'ai eu envie de me plonger dedans et je n'ai pas regretté.
Quel beau message adressé par une grand-mère à sa petite fille qu'elle a élevée suite au décès accidentel de sa fille.
Je me suis retrouvée dans tous ces bons moments partagés entre une grand-mère et sa petite fille.
Ce témoignage prend la forme de quinze lettres que la grand-mère écrit à sa petite fille partie poursuivre ses études aux US et qu'elle ne lui enverra pas. Elle le sait depuis le début de l'écriture. Cette dernière les trouvera après sa mort qu'elle pense imminente.
La grand-mère alterne des réflexions sur sa vie actuelle avec ses forces qui déclinent, des souvenirs de sa propre enfance, de son mariage, de la naissance de sa fille Ilaria, les difficultés liées à son adolescence ainsi que des souvenirs plus récents de la vie quotidienne avec sa petite fille.
Ce n'est que vers la fin du roman que l'on apprend et que l'on comprend ce qui a marqué la vie de la grand-mère.
Très beau texte très touchant que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. J'espère me remémorer longtemps certaines phrases très justes car je les trouve empruntes d'une grande sagesse.
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Citations & extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
OlivinloveOlivinlove21 mai 2017
L'idée du destin nous vient avec l'âge. Lorsqu'on a le tien, généralement on n'y pense pas, tout ce qui y arrive nous apparaît comme le fruit de notre propre volonté. Tu te sens comme un ouvrier qui, pierre par pierre, construit devant lui la route qu'il devra parcourir. C'est seulement à distance, bien plus loin, que tu t'aperçois que la route est déjà construite, un autre l'a tracée pour toi et tu n'as plus qu'à continuer. On fait habituellement cette découverte vers quarante ans, on commence alors à sentir que les choses ne dépendent pas uniquement de soi. Moment dangereux, au cours duquel il n'est pas rare de glisser dans un fatalisme étriqué. Pour voir le destin dans toute sa réalité, tu dois laisser passer encore quelques années. Vers soixante ans, quand la route derrière toi est plus longue que celle qui te reste, tu vois quelque chose que tu n'avais jamais vu avant : le chemin que tu as parcouru n'était pas rectiligne mais plein de carrefours, à chaque pas il y avait une flèche qui t'indiquait une direction différente ; de là partait un sentier, de là un chemin herbeux qui se perdait dans les bois.
Certaines de ces déviations, tu les as prises sans t'en apercevoir, d'autres, tu ne les as même pas vues ; celles que tu as négligées, tu ne sais pas où elles t'auraient conduite, dans un endroit meilleur ou pire ; tu ne le sais pas mais tu éprouves quand même des regrets. Tu aurais pu faire telle chose et tu ne l'as pas faite, tu es revenue sur tes pas au lieu d'avancer. Tu te souviens du jeu de l'oie? La vie avance à peu près de la même façon.
Dans les carrefours de ta route, tu rencontres les autres vies ; les connaître ou ne pas les connaître, les vivre à fond ou les négliger ne dépend que du choix que tu fais en un instant : même si tu l'ignores, ta vie et celle de tes proches se jouent souvent ainsi, quand tu choisis de tourner ou de continuer tout droit.
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OlivinloveOlivinlove21 mai 2017
Mais pour être fort il faut s'aimer soi-même ; pour s'aimer soi-même, il faut se connaître en profondeur, savoir tout de soi, même les choses les plus cachées, les plus difficiles à accepter. Comment peut-on accomplir un tel processus alors que la vie, avec tout son bruit, nous tire en avant? Seuls peuvent le faire, dès le début, ceux qui sont dotés de qualités exceptionnelles. Au commun des mortels, aux gens comme moi, il ne reste que le destin des branches et des bouteilles en plastique. Quelqu'un - ou le vent - te jette soudain dans le courant d'un fleuve ; grâce à la matière dont tu es fait, tu flottes au lieu de couler ; cela te semble déjà une victoire et, tout de suite, tu glisses bien vite dans la direction où le courant te porte ; de temps en temps, à cause d'un amas de racines ou d'une pierre, tu es contraint à une halte ; tu restes là, un peu ballotté par l'eau, puis l'eau monte et tu te dégages, tu avances encore ; quand le courant est faible tu flottes à la surface, quand il est violent tu es submergé ; tu ne sais pas où tu vas et tu ne te l'es jamais demandé ; dans les passages les plus calmes, tu arrives à voir le paysage, les bords, les buissons ; plus que les détails, tu vois les formes, le type de couleur, tu vas trop vite pour voir autre chose ; puis, avec le temps et les kilomètres, les bords sont moins hauts, le fleuve s'élargit, il y a encore un talus mais pas pour longtemps. Tu te demandes alors : "Je vais où?" et au même instant, la mer s'ouvre devant toi.
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OlivinloveOlivinlove21 mai 2017
Ilaria, me disais-je, ressemble à un paysan qui, après avoir semé dans son potager et vu sortir les premières pousses, est saisi par la crainte qu'il puisse arriver quelque chose. Alors, pour les protéger des intempéries, il achète une belle toile de plastique résistant à l'eau et l'installe au-dessus ; pour éloigner les aphidiens et les larves, il les arrose abondamment d'insecticide.
Son travail ne connaît pas de trêve, jour et nuit, sans arrêt, il pense à son potager et à la meilleure façon de le protéger. Puis un matin, en soulevant la toile, il a la mauvaise surprise de trouver toutes ses plantes pourries, mortes. S'il les avait laissées pousser librement, quelques-unes seraient mortes quand même, mais d'autres auraient survécu. A côté de celles qu'il avait planées, d'autres, poussées par le vent et les insectes, auraient grandi, certaines auraient été des mauvaises herbes et il les aurait arrachées, mais d'autres, peut-être, seraient devenues des fleurs et leurs couleurs auraient égayé la monotonie du potager. Tu comprends? Ainsi vont les choses, il faut de la générosité dans la vie : cultiver son petit caractère sans rien voir de ce qui vous entoure, cela signifie respirer encore mais être déjà mort.
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OlivinloveOlivinlove21 mai 2017
Tu sais quoi? Je vais t'apprendre quelque chose que je sais faire et toi non, comme ça quand je n'y serai plus tu le feras et tu te souviendras de moi.
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OlivinloveOlivinlove21 mai 2017
Tu te rappelles quand je t'apprenais à préparer les crêpes? Quand tu les fais sauter en l'air, te disais-je, tu dois penser à tout, sauf à les faire retomber bien droites dans la poêle. Si tu te concentres sur leur vol, tu peux être sûre qu'elles retomberont en tas ou qu'elles s'écrabouilleront directement sur la cuisinière. C'est drôle, mais c'est justement la distraction qui nous fait parvenir au centre des choses, à leur coeur.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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