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Germaine Beaumont (Traducteur)Leonard Woolf (Éditeur scientifique)
ISBN : 226403050X
Éditeur : 10-18 (19/08/1999)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 49 notes)
Résumé :
" J'ai lu attentivement les vingt-six volumes du Journal de Virginia Woolf et j'en ai extrait, pour ce volume, tout ce qui relève de son travail d'écrivain. J'y ai incorporé en outre trois autres genres d'extraits d'abord les passages dans lesquels elle se sert très nettement de son Journal comme d'un instrument lui permettant d'exercer ou de mettre à l'épreuve l'art d'écrire ; ensuite des passages qui, sans avoir trait directement ou indirectement à son travail, m'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mumuboc
  16 décembre 2018
J'ai découvert assez récemment Virginia Woolf avec Un lieu à soi et depuis je suis très admirative de son écriture, de son univers mais aussi de la femme..... J'ai lu Mrs Dalloway, Vers le phare, Orlando des romans tous très différents, d'une écriture exigeante, précise, ciselée et j'ai encore sur mes étagères des romans à découvrir : Les Années, Nuit et jour ainsi que Je te dois tout le bonheur de ma vie de Carole d'Yvoire, une sorte de biographie du couple Woolf.
Léonard Woolf est à l'origine de la publication de ce journal en 1953 soit 12 ans après son suicide. Elle tenait en effet un journal depuis 1915 jusqu'au 9 Mars 1941 soit 19 jours avant sa mort. Il y est essentiellement noté son travail d'écriture et si on lit Virginia Woolf il est particulièrement intéressant de découvrir, comme par exemple pour Mrs Dalloway ou Vers le Phare, toutes les options qu'elle a envisagées.
Pour qui s'intéresse à l'écriture, au métier d'écrivain, on ne peut être qu'admiratif pour l'acharnement avec lequel elle remet cent fois son travail sur le métier, à chaque moment de ses jours et de ses nuits,  de façon obsédante :
Comme j'aimerais  - je me disais cela pendant la promenade en auto cet après-midi - écrire de nouveau une phrase ! Que c'est merveilleux de la sentir prendre forme et se courber sous mes doigts ! (11 Mars 1935) - (p376)
Le journal commence en Aôut 1918. Elle ne le tient pas toujours régulièrement, suivant son humeur (très changeante), son travail d'écriture et de critique, ses lectures, les voyages qu'elle fait. Certaines années elle ne consigne que peu de choses, parle souvent de ses migraines qui peuvent la terrasser pendant plusieurs jours. Elle souffre en effet de différents maux : migraines, vertiges, manque d'appétit, mais je pense aussi des phases de mélancolie ou d'épuisement qui la terrassent parfois plusieurs jours
Mais comment pourrait-il en être autrement quand on voit l' énergiequ'elle déploie pour arriver au but qu'elle s'est fixée : son esprit est toujours en alerte sur un sujet, un mot, une tournure de phrase, une observation, un sentiment,  la façon de réduire  au maximum pour en extraire la moelle. Quand elle est dans une période de création, son esprit est accaparé par ses personnages : tout est utile à la mise en place de ceux-ci, des lieux, des attitudes, elle les définit très précisément, revient sur un geste, une action jusqu'à trouver le juste équilibre. Elle se sert bien sûr de son imaginaire, mais aussi de ses rêves, de ses rencontres, de ses promenades dans la nature, vitales pour elle.
Quand à mon prochain livre, je vais me retenir de l'écrire jusqu'à ce qu'il s'impose à moi ; jusqu'à ce qu'il soit lourd dans ma tête comme une poire mûre, pendante, pesante, et demande à être cueillie juste avant qu'elle ne tombe. Les Ephémères continuent à me hanter, arrivant comme toujours, sans crier gare, entre le thé et le dîner, pendant que L. fait marcher le gramophone. J'esquisse une page ou deux, puis me contrains à m'arrêter. (p222)
Elle passe pour un même roman par des phases d'euphorie, de découragement, d'indifférence, se promettant à chaque fois que ce sera le dernier mais une fois le livre édité (et parfois même avant) elle a déjà en tête le prochain. C'est une infatigable auteure, une créatrice jamais satisfaite, jamais pleinement heureuse.
Je suis un peu dégoûtée d'Orlando. Je commence à être assez indifférente à ce que pensent les gens. La joie de vivre est dans ce qu'on fait (une fois de plus je cite tout de travers.) Je veux dire que c'est le fait d'écrire et non d'être lue qui me stimule. Et comme je suis incapable d'écrire pendant qu'on me lit, le coeur me manque toujours un peu, et puis je reprends le dessus, mais je ne suis pas aussi heureuse que dans la solitude.(Samedi 27 Octobre 1928) - (p215)
On comprend également la précarité de son travail et ses angoisse. Elle calcule régulièrement :
combien de livres espère-t-elle vendre,
combien vont-ils lui rapporter ses livres,
ce qu'elle fera de cet argent,
l'importance des lieux où elle vit, son attachement à ceux-ci
J'ai particulièrement aimé sa verve, son franc parler quand elle aborde le thème de la littérature mais aussi le regard qu'elle porte sur le monde et la société qui l'entourent et l'avantage du journal intime c'est que l'on peut y déposer toutes ses pensées sans crainte. C'est un objet très personnel et elle s'en sert parfois comme d'un exutoire aux sentiments, à l'impatience, la colère qui l'envahissent. 
J'ai commencé ma lecture il y a plusieurs mois, découvrant quelques pages chaque jour (enfin presque). J'ai trouvé ma lecture passionnante : Virginia Woolf relate avec précision le colossal travail que demande l'écriture, ses exigences. Un roman pouvait lui prendre plusieurs mois voir années sachant qu'elle utilise principalement la plume (et ensuite la machine à écrire), compte les mots, les réduit, les triture. Un premier jet, puis une relecture puis une remise en forme et toujours le doute qui l'assaille : Son livre se vendra-t-il ? Quelles seront les critiques ? Qu'en pense Léonard (dans lequel elle a totalement confiance).
Je voudrais que ce livre contienne : satire, comédie, poésie, narration ; mais quelle forme peut contenir tout cela ? Devrais-je introduire une pièce de théâtre, des lettres, des poèmes ? Je crois que je commence à saisir l'ensemble. Et cela doit finir avec la pression de la vie normale et quotidienne qui continue. Et il faut y faire entrer, mais sans prêcher, des millions d'idées : histoire, politique, féminisme, art, littérature, en bref la somme de tout ce que je sais, sens, méprise, raille, aime, admire, déteste, etc..... (25 Avril 1933) - (p311)
Elle parle également de ses lectures : en Août 1933 elle analyse la forme des romans de Dostoïevski et Tourgueniev,  lit régulièrement Shakespeare (une référence pour elle),  Henry James, Dickens etc..... C'est une auteure mais aussi une dévoreuse de littérature, amoureuse des livres :
Quel immense et fertile plaisir me donnent les livres ! En rentrant, j'en ai trouvé la table toute chargée.  Je les ai tous regardés et renflés. Je n'ai pas pu m'empêcher d'emporter celui-là et de le mettre en perce (?) Je crois que je pourrais vivre heureuse ici et lire jusqu'à la fin des temps. (24 Août 1933) - (p331)
Elle est aussi exigeante avec ses lectures qu'avec son travail d'écrivain, analysant, recherchant la perfection dans l'écriture des autres. Voici ce qu'elle écrit le 23 Juin 1937 de la lecture d'Amour pour Amour de Congreve :
Cela ne vaut rien d'écrire après la lecture d'Amour pour Amour. Un chef-d'oeuvre. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point c'était bon. Et quel stimulant que de relire ces chefs-d'oeuvre ! Cette langue anglaise dure et superbe. Oui. Il faut toujours tenir les classiques à portée de sa main afin d'éviter le facile. (p446)
22 ans de sa vie, de son travail d'écrivain mais aussi son regard sur le monde qui l'entoure et plus particulièrement son inquiétude avec l'arrivée d'Hittler et le début de la deuxième guerre mondiale, avec les bombardements sur l'Angleterre avant de décider de mettre fin à ses jours.
Il y a de nombreuses touches d'humour et la preuve en est, les dernières phrases qu'elle a écrites le 9 Mars 1941 dans son journal :
Et maintenant, je m'aperçois, non sans plaisir, qu'il est sept heures, et que je dois préparer le dîner. Haddock et chair à saucisse. Il est vrai, je crois que l'on acquiert une certaine maîtrise de la saucisse et du haddock en les couchant par écrit. (p574)
Ce journal est un magnifique recueil pour tout passionné(e) de lectures, de littérature, du travail d'écrivain, de la recherche des mots, de la construction d'un récit. C'est également des chroniques sur plus de 20 ans de la vie anglaise, so british, avec ses cottages, son art de vivre, son flegme, ses tea-times etc.... J'ai aimé, beaucoup, cela me confirme mon attirance pour cette auteure et pour la littérature anglaise.

Lien : http://mumudanslebocage.word..
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MarianneDesroziers
  12 juillet 2010
Le journal de Virginia Woolf est un grand livre et ce pour deux raisons au moins. Tout d'abord parce qu'il a une valeur de document : on y voit l'écrivain au travail à travers le récit de ses doutes, ses exaltations, ses peurs, ses failles concernant en premier lieu son activité de romancière mais aussi d'essayiste, de critiques littéraire pour la presse et d'éditrice (elle a fondé avec son mari la Hogarth Press). Ensuite parce qu'il a une valeur littéraire évidente : on y retrouve le style de l'auteur, son humour, son intransigeance, sa cruauté aussi parfois dans la description de son entourage. On peut lire ce journal avant, pendant ou après avoir lu le reste de son oeuvre sans que cela ne nuise aucunement à la lecture.
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isaoubienrien
  24 août 2012
Lorsque l'on est passionnée par la littérature, que l'on écrit un peu, que l'on est une femme un tantinet en lutte contre une domination masculine éprouvée dans l'enfance et que l'on aime à entrer dans un quotidien d'auteur : l'"incontournable et livre de chevet ne peut être que "Le Journal d'un écrivain".
Je le recommande à toutes et à quelques tous, bien sûr !
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   24 octobre 2013
C’est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n’est qu’un plaisir superficiel.
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brigetounbrigetoun   18 novembre 2009
Oui je suis en train de lire ... - La Fontaine Sacrée, à coup sûr le moins indiqué de tous les livres dans ce vacarme .. Que vaut la trame de tous ces fils entrecroisés ? Je ne sais, telle est la réponse... Je remarque seulement que le grand écrivain se reconnaît à son pouvoir de briser impitoyablement ses moules. Pas un des pâles imitateurs de James n'a la force, une fois la phrase dévidée de la rompre. Il possède, lui, quelque suc inné, une présence
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Josepha_AnhJosepha_Anh   11 février 2013
Mais la seule vie qui soit passionnante est la vie imaginaire. Une fois que les roues recommencent à tourner dans ma tête, je n'ai presque plus besoin d'argent ni de robe, ni même d'un buffet, pas plus que d'un lit à Rodmell ou d'un sofa.
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mumubocmumuboc   16 décembre 2018
Cela ne vaut rien d'écrire après la lecture d'Amour pour Amour. Un chef-d'œuvre. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point c'était bon. Et quel stimulant que de relire ces chefs-d'oeuvre ! Cette langue anglaise dure et superbe. Oui. Il faut toujours tenir les classiques à portée de sa main afin d'éviter le facile. (p446)
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mumubocmumuboc   16 décembre 2018
Quand à mon prochain livre, je vais me retenir de l'écrire jusqu'à ce qu'il s'impose à moi ; jusqu'à ce qu'il soit lourd dans ma tête comme une poire mûre, pendante, pesante, et demande à être cueuillie juste avant qu'elle ne tombe. Les Ephémères continuent à me hanter, arrivant comme toujours, sans crier gare, entre le thé et le dîner, pendant que L. fait marcher le gramophone. J'esquisse une page ou deux, puis me contrains à m'arrêter. (p222)
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Videos de Virginia Woolf (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Virginia Woolf
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'"Autoportrait de Paris avec chat", Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ». Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. de Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
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