AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Freddy Michalski (Traducteur)
ISBN : 2869307233
Éditeur : Payot et Rivages (30/11/-1)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Fils de bonne famille, Ron, 25 ans, est incarcéré à San Quentin, Californie, pour trafic de stupéfiants. Dans la cour de la prison, il se fait vite remarquer par les milliers de paires d'yeux avides de sa jeunesse et de sa beauté. Mais Earl, un briscard quadragénaire, le prend sous sa protection. Earl est un membre influent de la Fraternité, confrérie de prisonniers protégeant les taulards blancs contre les autres. Pour R... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  11 mai 2019
« Fait trop beau pour rester enfermé, marmonna-t-il, appréciant à sa juste valeur la douleur douce-amère d'encore aspirer à la liberté. »
Descente dans l'univers carcéral de San Quentin. Un excellent roman avec des personnages rugueux, complexes, notamment Earl que j'ai beaucoup aimé dans son rôle paternel vis-à-vis du bleu, qui a dans cette tôle, la malchance d'être jeune, beau et donc bien alléchant. La sympathie qui nait entre Ron et Earl pour devenir amitié constitue le fil conducteur de cette histoire. L'auteur parle de la drogue, du sexe, de l'homosexualité et de la violence qui traverse les cellules. Il explique aussi l'évolution du racisme au travers de l'existence de gangs qui est devenu un classique dans les prisons au fil des années. Il y a aussi tout un pan du roman qui évoque les relations entre détenus et matons, autant de temps dans un monde clos implique évidemment des échanges parfois bons, parfois mauvais. Et toujours cette envie de sortir... Et cette peur qui lui est liée, parce que celui qui est proche de la sortie est aussi un vulnérable en sursis, que ce soit avant l'ouverture de la grille, que ce soit après.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
jeranjou
  08 mai 2014
Une fabrique d'élevage pour animaux féroces… Un zoo de félins et autres prédateurs en tout genre…
Lorsque l'on jette un coup d'oeil au site de Saint Quentin, pas en Yvelines, il est vrai que l'environnement n'a rien d'accueillant :
- Des quartiers plus ou moins fréquentables selon votre race, votre origine ou votre degré de dangerosité…
-Des cages plus ou moins grandes selon votre statut, plus que moins bondées et mal odorantes, et souvent pas très confortables (évitez plus tout le quartier B)…
- de la nourriture tout juste correcte pour les animaux hormis pour quelques privilégiés…
- Un terrain à l'air libre tout de même pour se dégourdir les pattes pour ceux qui peuvent sortir de leur cage…
En clair, un véritable zoo… humain ! Ou, selon les termes d'Edward Bunker, une usine pour animaux (« Animal Factory » dans le titre original).
Ayant lui-même passé sept années dans cette prison de Californie où il faillit devenir fou (il y a vraiment de quoi !), l'auteur propose de faire découvrir le site et ses codes particuliers à la suite de l'arrivée à St Quentin d'un beau jeune homme blond, Ron Decker.
Autant dans notre société, la beauté s'avère être un énorme avantage, autant en prison, elle devient un fardeau qui peut vous attirer les pires ennuis.
En effet, les obsèdes sexuels, maquereaux ou autres brutes épaisses vont essayer de maître la main sur cette marchandise si convoitée, qu'elle soit consentante ou pas.
Pour échapper à ces prédateurs, Ron décide de rejoindre une des bandes de la prison, la Fraternité, confrérie de prisonniers blancs dirigée par un certain Earl, qui protège ses membres contre les autres clans noirs, mexicains ou Chicanos.
Dans cet univers confèrent à la jungle, Ron va-t-il réussir à sortir indemne de ce cauchemar dans lequel il n'était pas préparé et armé à la base ?

Après avoir lu l'excellent « Aucune bête aussi féroce » du même auteur (1) qui nous dépeint la dure réalité de la sortie de prison, ce second opus de la trilogie Bunker décrit au contraire les conditions de détention dantesques des prisonniers dans les années 60 et 70 aux Etats-Unis.
Avec une écriture toujours aussi aiguisée, maîtrisée et sans aucune concession, Edward Bunker nous fait toucher du doigt les relations des détenus entre eux ou avec les membres influents du milieu (surveillants, médecins ou cadres de la prison). En résumé, un univers à la fois fascinant et impitoyable que j'espère ne jamais côtoyer une seule fois dans ma vie, en dehors des livres évidemment.
A découvrir impérativement pour tous ceux qui ne souffrent pas de claustrophobie…
(1) Pour ceux qui ne connaissent pas Bunker, les deux premiers ouvrages de la trilogie consacrée à la « Bête » sont totalement indépendants et peuvent donc se lire dans n'importe quel ordre contrairement à la trilogie Lemaitre ou Larsson par exemple, « La Bête au ventre » (Little Blue Boy) étant le dernier opus de la série que je ne manquerai sous aucun prétexte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310
SagnesSy
  28 janvier 2019
« En quelques semaines, il accumula assez de livres de poche pour en remplir un carton; (…) Ron cessa rapidement d'apprécier la littérature de poubelle; elle ne parvenait pas à lui nouer l'esprit, à la manière de Dostoïevski, Hesse, Camus et Céline, les écrivains préférés d'Earl. Ron s'était toujours persuadé que Jack London n'avait écrit que des livres pour enfants jusqu'à ce qu'Earl vienne lui offrir « le Vagabond des étoiles » et « le Loup des mers ». Il aimait l'écouter parler des livres. Earl changeait alors d'attitude. Il se montrait loquace, en termes grammaticalement justes et précis. Il ne manifestait d'intérêt que pour la littérature comme forme artistique, mais n'aimait pas nécessairement tout ce qui était accepté de fait comme grand. Il n'aimait ni Dickens ni Balzac, et était d'avis que Thomas Wolfe ne devait plus se lire au-delà de vingt et un ans. En trois mois, Ron lut plus qu'il ne l'avait fait de toute son existence. Il sentit son esprit élargir ses horizons, ses perceptions se faire plus précises, car chaque nouveau livre était un prisme qui venait réfléchir la variété infinie des vérités de l'expérience. Certains agissaient comme des télescopes; d'autres, des microscopes. »
« Un livre époustouflant, superbe, terrible. » s'enflamme Bruno Corty en 4° de couverture, et parfois, ça suffit à donner envie. Alors on découvre la plume d'Edward Bunker et on ne referme le roman que des heures après avoir tourné la première page, le coeur tout gonflé d'émotion. Ron s'est fait choper la main dans le sac. Il menait la belle vie, tout jeune encore, dealer, voitures de sport, superbe appartement, n'ayant aucune conscience de mal faire. Il répondait à une demande, c'était du commerce. Il ne faisait de mal à personne, monsieur le juge. Parce qu'il a une bonne tête et est de bonne famille, que sa jeunesse peut lui permettre de prendre la mesure de ses actes et décider de changer, le juge l'envoie en prison pour deux ans, après quoi il le reverra pour décider de sa peine. Alors Ron se retrouve dans la plus terrible des prisons, et va apprendre à la dure ce qu'est le système carcéral américain… Un roman au rythme parfait qui nous parle de l'essence même de l'être humain confronté à la plus brutale des sociétés. Violent et volontiers grossier, cet univers est aussi extrêmement addictif et sa description minutieuse nous le rend (presque) palpable, avec en prime de très beaux personnages. Vraiment superbe !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Fx1
  08 avril 2014
L'oeuvre de Bunker c'est trop peu de livres . Des ouvrages aussi puissants sont tellement rares .... Son propos semble encore une fois largement autobiographique , la question est de savoir qui de Ron le jeune loup qui se retrouve dans le pire péniutencier des USA , ou Earl taulard présent depuis tellement longtemps dérriére les barreaux , est son double littéraire . Cet opus là traite de l'arrivée dans ce monde ou la violence est omiprésente d'un jeune homme qui s'est pris pour un caid de la drogue . Ici pas de romantisme ou d'envolées a la Scarface , mais plutot une charge contre la politique judiciaire américaine qui envoie tout le monde au méme endroit et jette la clé. Les romans de Bunker on une puissance sociologique indéniable , ce qui en fait l'une des plus grandes plumes américaines contemporaines . Ici il n'y a pas de ciel bleu , la copine est une prosituée droguée , le compagnon de cellulle un viel homosexuel gentil , l'éléve du cours ou Ron assiste le professeur est un psychopathe en puissance , et il y a Earl et sa bande , de vieux routiers des prisons méme tout jeunes . La béte dans ce livre c'est l'administration pénitentiaire qui agis à l'aveugle , sans un seul regard humain et qui broie ces hommes qui pour beaucoup d'entre eux n'on pas faient de choses si graves que cela. Un autre ouvrage d'une puissance rare venant d'un homme qui a marqué l'histoire des lettres américaines .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
vdujardin
  06 septembre 2012
Encore une fois, je n'ai pas vu l'adaptation de ce livre au cinéma par Steve Buscemi. J'ai donc découvert le milieu carcéral américain, même si c'était il y a quarante ans, ça reste sans doute d'actualité, vu le peu qui en filtre notamment par des associations des droits de l'homme... Un monde ultra violent, capable en quelques mois de transformer un petit trafiquant de drogue en caïd meurtrier (certes pour défendre sa vie, ou plutôt pour éviter le viol par un autre détenu). Un monde que connaiisait l'auteur, qui avait passé plusieurs en prison. Un portrait sans concession sur la violence des détenus et des gardiens, la peine de mort en filigranne, la haine raciale... sans compter les malades mentaux dont la place n'est pas en prison... Un portrait que nos dirigeants aussi devraient lire, même si nos prisons n'en sont pas encore à cet état de non-droit, certaines n'en sont pas loin, la France n'arrête pas de se faire condamner (sans effet) par la cour européenne des droits de l'homme pour traitements inhumains et dégradants (abus de fouilles au corps, fouilles au corps encore comme moyen de pression, cellules insalubres, etc.), pour les suicides si nombreux, pour moultes dérapages...
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   09 mai 2014
Nous autres, ce qui nous occupe, c'est pas de rester en liberté jusqu'à la fin de nos jours, c'est de savoir combien de temps on pourra tenir entre deux emprisonnements.


Paul, un vieux co-détenu de Ron à la prison de Saint Quentin (toujours pas en Yvelines)
Commenter  J’apprécie          201
jeranjoujeranjou   08 mai 2014
Il avait appris que l'habit ne faisait pas le moine, un mec à l'allure de dur n'était pas forcément dangereux.[...] Qu'est-ce qu'il disait déjà, Earl? :

"Les serpents à sonnette font du bruit mais les cobras frappent en silence"
Commenter  J’apprécie          220
AmbagesAmbages   11 mai 2019
En quelques semaines, il accumula assez de livres de poche pour en remplir un carton ; Earl, qui en avait apporté la plus grande partie, hochait toujours la tête avec un semblant de dédain chaque fois qu'il trouvait Ron plongé dans quelque lecture distrayante et futile. Ron cessa rapidement d'apprécier la littérature de poubelle ; elle ne parvenait pas à lui nouer l'esprit, à la manière de Dostoïevski, Hesse, Camus et Céline, les écrivains préférés d'Earl. Ron s'était toujours persuadé que Jack London n'avait écrit que des livres pour enfants jusqu'à ce qu'Earl vînt lui offrir Le Vagabond des étoiles et Le Loup des mers. Il aimait l'écouter parler des livres. Earl changeait alors d'attitude. Il se montrait loquace, en termes grammaticalement justes et précis. Il ne manifestait d'intérêt que pour la littérature comme forme artistique, mais n'aimait pas nécessairement tout ce qui était accepté de fait comme grand. Il n'aimait ni Dickens ni Balzac, et était d'avis que Thomas Wolfe ne devait plus se lire au-delà de vingt et un ans. En trois mois, Ron lut plus qu'il ne l'avait fait de toute son existence. Il sentit son esprit élargir ses horizons, ses perceptions se faire plus précises, car chaque nouveau livre était un prisme qui venait réfléchir la variété infinie des vérités de l'expérience.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
AmbagesAmbages   07 mai 2019
C'était une étrange amitié que celle-là - l'ancien sous-marinier maître d'équipage qui personnifiait l'Amérique moyenne, et le détenu endurci tellement meurtri et ravagé par la confusion morale qu'il ne croyait plus en rien sinon en la loyauté individuelle.
Commenter  J’apprécie          130
AmbagesAmbages   08 mai 2019
Un mec sort d'ici et il est complètement bousillé. En particulier dans cette prison-ci. Rien à foutre de la réinsertion... c'est un boulot à temps plein rien que de rester en vie.
Commenter  J’apprécie          100
Videos de Edward Bunker (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edward Bunker
Trailer Animal Factory de Steve Buscemi
autres livres classés : univers carcéralVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1684 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre