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EAN : 9782070426737
120 pages
Gallimard (02/01/2003)
3.61/5   114 notes
Résumé :
Quoi qu'il puisse arriver, Jonas, peintre au talent reconnu, croit en sa bonne étoile — jamais elle ne cessera de l'aider et de le guider. Pourtant la vie, ses proches, ses amis, ses disciples l'acculent peu à peu à la stérilité artistique…
Un ingénieur français, en mission au Brésil, est confronté aux superstitions et au mysticisme des indigènes. Mais l'amitié qu'il éprouve pour l'un d'entre eux aura raison de son scepticisme.
Deux magnifiques nouvell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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sabine59
  09 avril 2018
Deux nouvelles extraites de " L'exil et le royaume" qui m'ont bien plu et m'incitent à lire le recueil complet...
La première est ma préférée. Quel singulier personnage, cet artiste, Jonas! Depuis toujours, il s'en remet à sa bonne étoile et laisse passer le temps, dans une sorte d'indifférence heureuse, de fatalisme déconcertant. Les réflexions faites sur le monde artistique, avec ses disciples en tous genres, qui savent mieux que vous juger de vos oeuvres, ses faux amis qui viennent vous voir ou plutot vous déranger tant que vous avez du succès, est fort bien rendu, sur un ton cruel et léger qui m'a personnellement ravie. La fin est assez inattendue...
La deuxième se déroule au Brésil et on pourrait la présenter en disant simplement que la rationalité peut parfois s'imprégner de superstitions... J'y ai surtout goûté les descriptions puissantes et poétiques du fleuve et les portraits hauts en couleurs des personnages.
Une intrusion rapide mais intéressante dans les nouvelles de l'auteur, où il se révèle également brillant. A découvrir!
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Rouletabille
  01 juillet 2013
J'ai toujours autant de difficulté à me laisser séduire par les nouvelles. Même le merveilleux Albert Camus peine à me convaincre dans cette exercice. Jonas montre l'ascension, le succès puis le déclin d'un artiste peintre. J'ai eût l'impression d'assister à la reproduction de la théorie du cycle de vie des produits ! D'abord Jonas se découvre un talent facile pour la peinture, phase de développement, puis sans grand effort il parvient à se faire une place, phase de pénétration du marché et avec le bouche à oreille son atelier devient une référence qui compte, phase de croissance, alors tout le monde se précipite à cet atelier pour faire parti du cercle de l'artiste, phase de maturité, puis toute cet agitation va finir par le perturber notre artiste, l'inspiration sera brisée par toutes les sollicitations auxquelles il doit faire face, phase de déclin.
On peut aussi voir ce texte comme une critique de l'excès de travail, Jonas est tellement absorbé par sa tache qu'il délaisse sa femme et il finira par s'enfermer dans un espace minuscule jusqu'à l'épuisement...
La pierre qui pousse évoque le thème des traditions, de l'intégration à d'autres cultures. Ce texte m'a fait ni chaud ni froid, de toute façon tout ce qui touche de près ou de loin à une religion me passe par dessus la tête !
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mimifasola
  07 septembre 2013
Ce sont deux nouvelles à lire absolument:
D'abord "Jonas ou l'artiste au travail" ; l'histoire d'un peintre talentueux mais qui croit un peu "beaucoup" à sa bonne étoile, mais cela ne durera pas!!!!
Ensuite, il y a "la pierre qui pousse"; qui raconte l'histoire d'un ingénieur français en mission en Brésil et qui plonge en plein uses et coutumes (trop bizarre à son goût).
Ma préférée reste de loin la première nouvelle (qui parle de sentiments et de relations compliquées d'amour et de loyauté), mais la deuxième est aussi riche en découverte. J'ai ADORE.
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JeffreyLeePierre
  01 novembre 2020
Deux nouvelles composent ce court livre.
La première, Jonas ou l'artiste au travail, m'a fait penser à l'Ecume des jours : un amour dans un appartement qui rétrécit (là, c'est parce qu'il se remplit de gens, la famille qui s'agrandit et les nombreux visiteurs), des notations vachardes sur la petite société artistique parisienne... En faisant de son protagoniste un peintre plutôt qu'un écrivain, Camus a pu se lâcher sur ce que lui inspirait le petit monde (éventuellement germanopratin, d'où encore Vian) qui gravitait autour des artistes ayant réussi et qu'il décrit comme une nuée de parasites. Au point de contribuer largement à assécher lesdits artistes, situation apparemment plutôt autobiographique pour Camus au moment où il écrit ses nouvelles. A dire vrai, à part cet aspect, je n'ai pas bien compris où allait cette nouvelle.
Je préfère largement la seconde, La pierre qui pousse, une sorte d'Etranger qui finit bien. D'abord, le protagoniste l'est réellement, étranger, puisque c'est un ingénieur français qui va construire un ouvrage au Brésil. Ensuite, il se promène dans l'histoire avec ce même détachement, cette même conscience de l'absurde de l'existence. Mais peu à peu, il se rapproche de la société des hommes (en fait pour parvenir jusqu'à une femme), et finit par s'y faire admettre. Ajoutez à cela des "impressions du Brésil", Sertao et Amazonie, petite société des notables et peuple, candomblé et religion officielle, et le tout fait une nouvelle très dense. Et aussi très prenante pour qui a aimé cette sensation d'absurde et le détachement de l'Etranger.
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MissSherlock
  18 août 2012
Ce petit livre regroupe deux nouvelles de Camus : Jonas ou l'artiste au travail et La pierre qui pousse :
Dans Jonas ou l'artiste au travail, Albert Camus se penche sur la solitude de l'artiste. "Ses" disciples, qui flattent d'abord son ego et l'obligent à donner le meilleur de lui-même finissent par envahir son espace et l'empêchent de travailler. Jonas devient un artiste stérile et terriblement seul qui se questionne à perdre la raison.
Dans La pierre qui pousse, un ingénieur en mission au Brésil fait naufrage et tente de retrouver un sens à son existence. Il se retrouve confronté aux croyances des Indigènes qui le choquent et le bousculent dans son scepticisme.
Ces deux nouvelles qui s'achèvent sur l'incertitude reprennent les thèmes chers à Albert Camus. Il questionne le lecteur sur le sens qu'un individu peut donner à sa vie et développe sa réflexion dans un style solaire très agréable à lire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   21 décembre 2013
Oui. Tout le monde est gentil avec moi. - Non, dit Rateau. Méfie-toi. Ils ne sont pas tous bons. - Qui ? - Tes amis peintres, par exemple. - Je sais, dit Jonas. Mais beaucoup d'artistes sont comme ça. Ils ne sont pas sûrs d'exister, même les plus grands. Alors, ils cherchent des preuves, ils jugent, ils condamnent. ça les fortifie, c'est un commencement d'existence. Ils sont seuls!
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JeffreyLeePierreJeffreyLeePierre   01 novembre 2020
Premier éditeur de France, le père de Jonas était d'avis que le livre, plus que jamais, et en raison même de la crise de la culture, était l'avenir. "L'histoire montre, disait-il, que moins on lit et plus on achète de livres." Partant, il ne lisait que rarement les manuscrits qu'on lui soumettait, ne se décidait à les publier que sur la personnalité de l'auteur ou l'actualité de son sujet (de ce point de vue, le seul sujet actuel étant le sexe, l'éditeur avait fini par se spécialiser) et s'occupait seulement de trouver des présentations curieuses et de la publicité gratuite.
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AunryzAunryz   08 décembre 2020
Les disciples avaient d'ailleurs un autre mérite : ils obligeaient Jonas à une plus grande rigueur envers lui-même. Ils le mettaient si haut dans leurs discours, et particulièrement en ce qui concernait sa conscience et sa force de travail, qu'après cela aucune faiblesse ne lui était plus permise. Il perdit ainsi sa vieille habitude de croquer un bout de sucre ou de chocolat quand il avait terminé un passage difficile, et avant de se remettre au travail. Dans la solitude, malgré tout, il eût cédé clandestinement à cette faiblesse. Mais il fut aidé dans ce progrès moral par la présence presque constante de ses disciples et amis devant lesquels il se trouvait un peu gêné de grignoter du chocolat et dont il ne pouvait d'ailleurs, pour une si petite manie, interrompre l'intéressante conversation.
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AudMgtAudMgt   15 février 2022
"Il avait découvert que l'alcool lui donnait la même exaltation que les journées de grand travail, au temps où il pensait à son tableau avec cette tendresse et cette chaleur qu'il n'avait ressentie que devant ces enfants... il retrouvait en lui cette émotion poignante qui le faisait à la fois maître et serviteur du monde."
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Cielo1984Cielo1984   05 août 2013
La nouvelle organisation n'apporta que des satisfactions à Jonas. Il put, en effet, s'isoler assez souvent pour répondre aux nombreuses lettres qu'il recevait maintenant et que sa courtoisie ne pouvait laisser sans réponse. Les unes concernaient l'art de Jonas, les autres, de beaucoup les plus nombreuses, la personne du correspondant, soit qu'il voulût être encourage dans sa vocation de peintre, soit qu'il eût à demander un conseil ou une aide financière.
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