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EAN : 9782749168517
240 pages
Éditeur : Le Cherche midi (19/08/2021)
3.59/5   16 notes
Résumé :
En 1929, Friedrich Murnau, l’un des plus grands cinéastes au monde, abandonne le confort d’Hollywood pour rallier, à bord d’un petit voilier, les Marquises d’abord puis Tahiti et Bora-Bora. C’est là qu’il réalise Tabou, « le plus beau film du plus grand auteur de films », selon Éric Rohmer.
Mais ce chef-d’œuvre incomparable est maudit. Son tournage sera marqué par les drames et les catastrophes. Et Murnau, comme basculant dans son propre film, mourra tragique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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tristantristan
  16 octobre 2021
Qu'il est malaisé de rédiger un commentaire sur ce roman, finaliste d'un prix littéraire et, donc, apprécié dans les hautes sphères!
Il semble évident qu'un travail d'écriture monumental est derrière ces quelques 240 pages. Mais, je ressens, comme chez Mario Vargas Llosa, face à cette écriture chirurgicale, glacée, un ennui et même un malaise.
Malaise accentué par la personnalité particulière de F.W. Murnau.
A aucun moment, je n'ai pu "entrer" dans l'ouvrage: les descriptions -répétitives- d'endroits paradisiaques, tout comme le déroulé de l'histoire, banale au demeurant: un gars égoïste, doué, porte la jouissance de "sa" liberté absolue comme un étendard jusqu'à ce qu'il soit - naturellement- stoppé, non par une M.S.T. mais par des évènements peut-être naturels suite à une succession de violations de règles, notamment civilisationnelles dont il se prétend par ailleurs être l'ardent défenseur.
Car le rendu de ce document manque cruellement de souffle, de coeur et de magie. Ce ressenti personnel ne constitue, évidemment qu'une simple opinion.
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KrisPy
  05 octobre 2021
J'ai adoré me plonger dans l'histoire envoutante de Nicolas Chemla, qui, avec son Murnau des Ténèbres, m'a emporté loin, très loin au sud de l'Océan Pacifique, sur Tahiti et ses iles ensorceleuses.
Pourtant, l'histoire contée n'est ni idyllique ni paradisiaque, mais elle est intense et palpitante : le tournage du dernier film de Friedrich Wilhelm Murnau, Tabou, en 1931.
Le grand Murnau, celui de Nosferatu et de Metropolis, en avait assez du ronron des studios hollywoodiens et des producteurs aux dents longues, et il avait décidé de tourner son prochain film hors des sentiers battus, il voulait filmer « la lumière », la vraie, celle des iles sauvages et sensuelles de Polynésie, là où, avant lui, avait été Gauguin pour la trouver, cette lumière, et cette vie, nonchalante et magnifique, côtoyant et accueillant la mort comme la vie, avec une égale disposition. de là aussi, venait cette beauté et cette candeur à nulle autre pareille, celle des habitants de ces iles, et leur passé chargé de symboles, avait pour Murnau un attrait irrésistible : tout était en place pour créer son chef-d'oeuvre, il ne restait qu'à tourner. Enfin presque…
L'auteur, Nicolas Chemla, se rend donc à Tahiti sur les traces de Murnau, et nous confie ce récit au travers d'un homme étrange, « le gardien », personnage sans âge qui accueille Chemla au seuil de l'ancienne cabane de Murnau. Ce gardien va raconter ce qu'il a vécu aux côtés du maitre, durant ces mois de tournage étrange, où, tour à tour, la malédiction et l'enchantement mèneront la danse.
C'est hypnotique, c'est diablement intéressant, c'est dépaysant, et on apprend des tas de choses sur Murnau. C'était intense cette lecture. J'ai adoré.
Merci beaucoup aux éditions Cobra du Cherche Midi, et à Babelio pour leur envoi, ils m'ont donné envie de lire d'autres livres de Nicolas Chemla.
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isa-vp
  23 août 2021
Entre les jeux d'ombre et de lumière du cinéma de Murnau et la fragile frontière qui sépare le monde des morts de celui des vivants dans la culture polynésienne, il n'y a qu'un pas.
Grand précurseur du cinéma muet du début du XXème siècle et réalisateur des terrifiants Nosferatu et Faust, Murnau est un génie de l'image qui a su magnifier les effets de lumière et régaler les cinéphiles.
Saturé des frasques d'Hollywwod, il décide de tout quitter pour partir aux Iles Marquises, sur les traces de Gauguin, de Loti et de Melville.
Après le succès du film ethnographique Nanouk l'Esquimau de son ami Robert Flaherty, précurseur du film documentaire, ils se lancent tous les deux dans la réalisation d'un grand film, à la fois romance et témoignage, avec pour cadre la vie dans ces îles de Mers du Sud.
Nicolas Chemla nous raconte ce périple de près d'un an qui commence par un épique voyage en bateau et s'achève par le fameux ultime film de Murnau, Taboo, sorti en 1931.
Au-delà du récit de voyage, ce roman nous plonge dans une allégorie visuelle des paysages enchanteurs polynésiens, où la magie et les croyances se mêlent à la vie quotidienne d'un peuple de pêcheurs de perles. D'ancestrales coutumes font cohabiter les vivants et les morts, et Murnau, totalement subjugué par la perfection des lieux, brave les tabous dans une insouciante indifférence.
Un récit littéraire et poétique, raconté par un vieux domestique du cinéaste, dernier témoin de ce périple, qui nous transporte avec force dans ces magnifiques îles des Mers du Sud.
La vision très artistique de ce voyage au bout du monde, noie un peu dans les images et les sensations, le récit lui-même qui n'en demeure pas moins passionnant.
Une découverte surprenante et envoûtante.
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Toile_livresque
  09 octobre 2021
D'abord, je remercie chaleureusement les éditions du cherche midi et Babelio de m'avoir envoyé ce petit bijou dans ma boite aux lettres. Cette lecture s'inscrit dans le cadre de l'opération masse critique de Babelio. J'ai donc sélectionné ce livre, bien que je n'avais jamais lu un roman de cette maison d'édition, n'avait jamais entendu parler de cette collection, ne connaissait absolument pas Friedrich Murnau, ni l'auteur Nicolas Chemla et ne m'intéresse que très peu au cinéma. Mais alors pourquoi l'avoir choisi ? le résumé tout simplement ! A sa lecture, il nous promet un "récit d'aventures, [un] conte fantastique et [une] méditation philosophique. À la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction", rien que ça. Mais ce n'est pas tout, on nous promet une plume "à la beauté envoûtante". Je me suis tout simplement dit si le résumé nous conte la vérité, il ne peut être que fantastique. Est-ce le cas ?
L'histoire se situe dans un contexte particulier, le tournage du dernier film de Murnau dans les années 1930 touché alors par une malédiction sur les îles idylliques des marquises, de Tahiti et Bora Bora. Mythes ou réalité ? Impossible de le savoir. L'auteur entretien tout du long de ce roman le côté fantastique que procurent les paysages merveilleux des îles au sud du pacifique et la réalité du tournage du film tabou. Tout du long, on ne sait pas si les faits décrits sont vrais, si les pensées ont été pensées, si les actes ont été commis. le lecteur est perdu dans ce réel imaginaire. le film a réellement été tourné et les drames véritablement vécus, mais le reste est-il fiction ou réalité ? Autre le côté fantasmagorique, ce livre pousse le lecteur dans une réflexion extrêmement profonde. Il met le doigt sur de simples évidences. La société moderne est critiquée. L'auteur nous ramène à l'essentiel avec les descriptions de paysages fantastiques et la description des coutumes locales que l'on sent très bien étudiés. Un retour à la nature et au tout.
Ce livre a pour thème le cinéma oui, mais pas le cinéma avec les plateaux les acteurs, les actions, les coupés, ... mais le cinéma en tant que Art. le 7ème art selon Murnau. Avec cette lecture, on plonge dans l'oeuvre décrite comme une peinture mouvante. Il est question de couleur, de lumière, de celle qui crée le mouvement, de l'ombre en tant que lumière et du vide qui remplit l'espace. Mais aussi de l'art de capturer les images, le mouvement, la beauté, la vie, la musique, les moments de communion et toujours l'ombre, la lumière, la matière et le vide. En plongeant dans ce livre, on plonge dans une toile d'un artiste-peintre. On vit sa construction jusqu'au dernier coup de pinceau.
On comprend avec Murnau des ténèbres toute la dimension artistique du cinéma que je ne verrai décidément plus jamais pareil.
Pour finir, l'auteur a couché sur le papier des phrases magnifiques. Il utilise un langage soutenu non pas pour la forme, mais pour le style pour mieux accompagner et transmettre la dimension artistique. Les paysages sont embellis, les ombres d'autant plus effrayantes ou lumineuses par les mots.
Alors si vous voulez la réponse à la question : est-ce que le résumé est vrai ? La réponse est oui.
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LivresseDeLire
  27 septembre 2021
Je remercie les éditions Le Cherche Midi et Babelio pour l'envoi de ce livre dans le cadre de la Masse Critique de septembre 2021.
Nicolas Chemla signe ici un superbe hommage au cinéma muet expressionniste du début du XXème siècle, mais aussi à l'art en général (la littérature, avec des références à Loti, Stevenson… ; la peinture, notamment Gauguin mais pas que…), à la folie créatrice et l'inspiration des artistes. le tout dans un style très cinématographique qui fait apparaître sous nos yeux ébahis de lecteur les images du film comme si nous étions devant notre petit écran.
Je tiens particulièrement à souligner le travail éditorial des éditions Le Cherche Midi, vraiment très recherché et en accord avec le thème du roman, chaque partie du récit, découpé en 4, étant figurée comme le compte à rebours qui s'affichait au début des films en noir et blanc : »3 », « 2 », « 1 », « 0 ».
Pour en revenir au roman, celui-ci fait aussi la part belle aux iles Marquises où se déroule l'essentiel de l'histoire, à ses paysages paradisiaques, magnifiquement décrits, avec beaucoup de poésie, à la culture maorie, ses croyances et ses légendes, et à l'artisanat local.
J'ai aussi aimé les nombreuses réflexions égrenées au fil du récit selon laquelle le réel progrès ne serait peut-être pas à chercher dans la modernité, le confort et l'opulence des sociétés occidentales mais plutôt dans le respect des traditions et de la nature : « Ce feu que l'Occident a volé à ses dieux, et qui l'a mené en droite ligne aux canons, à la folie des locomotives et des lumières aveuglantes de la ville, les Polynésiens l'ont reçu de la terre, et ils l'ont chéri, et ils n'en ont pas tiré la mort ni la destruction, ni la domination ou l'exploitation ».
Malgré cela, je n'ai pas complètement été emportée par ce roman comme j'aurais aimé l'être. Docu-fiction, conte fantastique et philosophique, récit onirique ? Nicolas Chemla navigue entre les genres et flirte avec les frontières de la réalité et de la fiction, et je me suis souvent demandée si ce que je lisais était réel, rêvé ou fantasmé. A commencer par les personnages eux-mêmes, qui m'ont semblé inconsistants, vaporeux, presque sans existence réelle, m'empêchant de m'attacher à eux, et je dirais même plus, de m'intéresser à eux et à leur sort. Si bien qu'à un moment donné du récit, je me suis aperçue que la suite des aventures de cette équipe de tournage m'importait peu, voire pas du tout. Malgré toute la beauté de l'écriture, ce n'est pas un roman qui me marquera longtemps encore après l'avoir refermé.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
tristantristantristantristan   14 octobre 2021
Un visage aux traits encore juvéniles et déjà virils, comme rêvés par un peintre classique obsédé de rectitude: le front, large et droit, les sourcils marqués, le nez bien aligné, les narines rondes, en proportion de ses lèvres charnues, le menton volontaire, légèrement retroussé. Et, au-dessus de ses pommettes larges et hautes, des yeux de biche, rieurs et noirs, qui auraient pu être ceux d'une femme. Immédiatement, Murnau sut qu'il tenait là son premier rôle. Mehao, c'était son nom, embarqua avec nous quelques jours plus tard et ne nous quitta plus jusqu'à la fin... Murnau aimait les hommes, vous savez...
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tristantristantristantristan   15 octobre 2021
Les jeunes hommes vigoureux, aux corps olympiens, plongeaient en virevoltant et ressortaient de l'eau en riant, tenant dans leurs mains des poissons étincelants, tandis que d'autres, comme si c'était un jeu, sautaient entre les vagues, d'une roche à l'autre, un harpon tendu au-dessus de la tête, comme les lanceurs de javelot des stades antiques, et pêchaient avec élégance et précision. L'un d'eux jaillit de l'écume en tenant un gigantesque poulpe ruisselant de lumière, qu'il brandit comme un trophée vers le soleil. A la force de ses bras noueux, il en arracha un des longs tentacules qu'il dévora cru, avec un sourire hilare et repu.
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tristantristantristantristan   15 octobre 2021
Le cinéma, c'est 24 images par seconde. Et entre chaque image, 24 fois une ligne d'ombre. Blanc, noir, lumière, ombre. 24 fois par seconde. C'est ce clignotement, ce scintillement dans le noir qui prend origine dans la camera oscura, la chambre noire, qui recrée l'illusion de la vie qui est proprement luciférien - lucifer, en latin, qui est porteur de lumière, n'est-ce pas une manière de décrire le projecteur, dans les salles obscures, d'où jaillit la lumière des simulacres- les fantômes diaboliques de nos rêves les plus inavouables?
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tristantristantristantristan   14 octobre 2021
Murnau exultait: il avait enfin la certitude qu'il parviendrait à ses fins - recréer le paradis. D'avant la corruption par les forces inéluctables de la civilisation.
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isa-vpisa-vp   22 août 2021
- nous avions tellement rêvé, à la lecture des grands récits fantastiques de nos prédécesseurs, nous avions tellement rêvé l'aventure que le monde se trouvait sommé d'en être à la hauteur.
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Videos de Nicolas Chemla (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Chemla
Nicolas Chemla vous présente son ouvrage "Murnau des ténèbres" aux éditions Cherche Midi. Rentrée littéraire automne 2021.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2546786/nicolas-chemla-murnau-des-tenebres
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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