AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Odile Masek (Traducteur)
ISBN : 2070417948
Éditeur : Gallimard (28/02/2002)

Note moyenne : 4/5 (sur 2337 notes)
Résumé :
La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit da... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacMomoxLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (274) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  26 octobre 2013
La Jeune fille à la perle où l'insouciance de l'enfance s'est envolée !
Tracy Chevalier a eu la belle idée de tirer une histoire totalement romanesque qu'elle entend rendre crédible en multipliant les détails, non sur les personnages mais sur leur environnement et d'une façon presque documentaire sur l'époque et les lieux.
Ce roman nous introduit au coeur de la vie des Hollandais au XVIIème siècle. Protestant et ne rechignant pas au travail pour les familles modestes, la rencontre avec Vermeer est un véritable choc culturel pour Griet. Car Griet, la jeune fille à la perle, est bel et bien une enfant propulsée dans un univers agressif, ballotée entre son travail harassant de bonne au service des Vermeer, l'intérêt ambigu du peintre envers elle, la jalousie de sa femme ou encore la possible menace représentée par le mécène du peintre. le roman dépeint magistralement la situation d'une jeune fille enfermée dans un monde aux règles cruelles et aux conventions étouffantes... Car s'il décrit le parcours de Griet chez les Vermeer, il donne également un aperçu réaliste de la Société Hollandaise du XVIIe siècle (à travers une famille paralysée par les codes sociaux et l'emprise du riche mécène de Vermeer). On s'émerveille devant l'énorme travail esthétique qui semble avoir été fait et qui plonge presque le lecteur dans un tableau de Vermeer.
« La jeune fille à la perle » est donc un roman à la fois doux et dur. L'éveil d'un esprit courbé par la corvée s'éjecte miraculeusement des lessives éreintantes dans un temps où l'on ne fait que servir du matin au soir en admirant à la dérobée les contenus amorphes d'une maison terne cernée par les grands froids. Griet, beauté naturelle éteinte mais non consumée s'anime soudainement devant ces ocres et ces bleus qu'un peintre en manque d'inspiration dévoile devant ses yeux jeunes avides de découverte. A travers la peinture deux êtres en sommeil communiquent, ressentent, quittent un monde triste où il ne faut que se reproduire ou frotter les sols en laissant derrière soi une mère délaissée rongée par le rictus et une progéniture abandonnée jalouse livrée à elle-même. Les doigts s'effleurent et les visages se décrispent. Deux personnages isolés par la condition et le désoeuvrement offrent à la postérité une oeuvre contemplative traversant des siècles de lumières et de cendres en alternance. le visage de Griet éblouissant de pâleur se teinte d'une rosée admirablement reconnaissante envers un nouveau monde synonyme de conscience. « La jeune fille à la perle » est en priorité la propagation d'une émotion intense dans une demeure dominée par le silence et l'ennui.
Le roman comporte peu de rebondissements mais une intensité unique, palpable. Il peut rendre plus sensible à l'univers du peintre, car il permet d'aborder la peinture selon un nouveau point de vue qui reflète toute la profondeur de ses toiles. Les non-dits et les actes manqués se succèdent et finissent par tisser la toile qui enserre les personnages. Cette toile, c'est bien sûr, le carcan social d'une Hollande où les moeurs sont strictement contrôlées et où il est impossible d'échapper à sa condition.
Il s'agit réellement d'un roman d'une inégalable pureté, qui nous transporte dans un rêve artistique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          816
dancingbrave
  26 février 2013
Une véritable peinture faite de douceur et de scintillement à l'image des tableaux de Vermeer
Griet, jeune servante vivant à Delft au XVII ème siècle est placée chez le peintre Vermeer ; petit à petit une relation faite de sentiments ténus va s'installer entre le peintre et sa servante.
C'est comme si le seul but de ce roman, de son épaisseur, de sa douceur à travers les images, les sentiments, le temps qui passe - évoqués par les mots, les phrases, le style - n'était que la compréhension pleine du tableau de Vermeer.
Les mots de Tracy Chevalier sont plus que des pinceaux ou des couleurs ; ils sont le glacis, les superpositions de couleurs, l'obscurité, la lumière et l'éclat de la perle.
Jamais, après avoir lu ce livre, je ne pourrai voir ce tableau autrement que comme une oeuvre sublime riche de la vie et de l'âme de Vermeer.
J'ai le sentiment qu'un lecteur qui n'aurait jamais vu le tableau ne pourrait que le reconnaître et instantanément le pénétrer au plus profond.
Ce texte est magique !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7310
gouelan
  24 novembre 2014
Griet , jeune Hollandaise, servante dans la famille du peintre Vermeer, aura l'occasion inespérée d'entrevoir la beauté à travers la peinture. Les couleurs représentent pour elle la vie, la lumière, une manière de fuir son dur labeur quotidien de servante.
Fascinée par son maître, le peintre, elle ne doit pourtant pas se laisser prendre au piège. Sa place n'est pas dans ce monde, elle ne pourra jamais l'atteindre, même si elle démontre des facultés artistiques, si elle comprend la peinture. le peintre en est même étonné : " Je n'aurais pas cru que je pouvais apprendre quelque chose d'une servante. "
Dans cette société du XVII è siècle, elle ne pourra être qu'un pion devant les désirs des grands de ce monde. Elle n'a pas le choix, elle est leur obligée.
Griet ne doit pas se laisser prendre au piège de la beauté de la jeunesse, de la naïveté, de la confiance.
Il faut quelques fois sacrifier ses rêves, au profit d'une vie simple, plutôt que de se brûler les ailes, surtout à l' époque de Griet et dans sa condition sociale. Elle n'a pas la liberté de son choix, il lui restera seulement la nostalgie de ses souvenirs.
Belle écriture nous permettant de pénétrer dans l'univers de ce peintre et de découvrir cette belle personne qu'est Griet, intelligente, sensible et touchante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          702
livr0ns-n0us
  14 juillet 2012
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un aussi bon roman. Je n'ai d'ailleurs pas souvenir d'une telle révélation littéraire depuis La confusion des sentiments de Stefan Zweig, mon livre fétiche (je dis toujours que j'en ai plusieurs mais si je devais n'en choisir qu'un, ce serait celui-ci !). Avec La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier nous propose de pénétrer l'intimité du peintre Johannes Vermeer, né dans les années 1630 aux Pays-Bas. Cet artiste est une énigme qui continue encore de fasciner les historiens puisqu'on dispose de très peu de traces de son quotidien. On lui attribue à peine une quarantaine de tableaux mettant le plus souvent en scène un ou plusieurs personnages en intérieur (probablement son atelier). A son époque, Vermeer n'était pas un de ces génies méconnus ; on sait qu'il bénéficiait d'un certain prestige puisqu'en 1653, la guilde de Saint-Luc l'accepte comme maître-peintre. C'est également l'année de son mariage avec Catharina Bolnes dont il aura quinze enfants (!). Vermeer peignait principalement sur commande (son père fut son premier mécène) mais son rythme très lent ne lui permettaient pas de subvenir aux besoins de sa trop nombreuse famille. Vermeer décède à l'âge de 43 ans, laissant sa femme et ses enfants criblés de dettes. Oublié pendant près d'un siècle, le peintre fut redécouvert grâce à la critique d'art et connu un succès fulgurant. Ses tableaux les plus célèbres tels que "La Laitière", "La jeune fille à la perle" ou la "Vue de Delft" ont inspiré bon nombre d'écrivains et d'artistes. La peinture de Johannes Vermeer est considérée par les critiques comme un miracle de lumière, d'harmonie et de subtilité dans les tons et la composition.
Bien que le roman de Tracy Chevalier soit entièrement fictif, il s'appuie très soigneusement sur les détails que nous connaissons de la vie du peintre. Je nourrissais déjà une fascination et un attachement particulier pour le tableau "La jeune fille à la Perle", couramment surnommée "la Joconde du Nord". J'ai eu l'occasion de l'étudier en cours d'histoire de l'art à de multiples reprises mais je suis toujours aussi séduite par le mystère et la délicatesse qui s'en dégagent. le roman est à l'image du tableau : tout en douceur, en subtilité, plein de pudeur et de retenue. Plus troublant encore, il agit sur moi de la même manière que le chef-d'oeuvre du peintre, en s'imposant subrepticement, presque en me hantant. le plaisir de la lecture n'est pas spectaculaire mais n'en est pas moins saisissant. Tout l'ouvrage est dominé par les sensations, les émotions. La beauté, la tristesse et le pureté se cristallisent au fil des pages pour former une oeuvre pleine de poésie et de raffinement.
La méconnaissance de la vie du peintre a permis une très grande liberté d'imagination à l'auteure mais j'ai l'impression qu'elle a réussi à être fidèle à l'esprit du tableau. Elle propose en tout cas une plongée minutieuse dans le processus créatif et sa sensibilité exacerbée permet de retranscrire toute la magie de la naissance d'un chef-d'oeuvre. Dès les premières lignes, j'ai été saisie par l'urgence d'observer le tableau en même temps que la lecture. Je suis sortie de ce roman émerveillée, un peu étourdie, avec l'envie dévorante de percer à mon tour les secrets de Vermeer... et de lire d'autres romans de Tracy Chevalier.
Lien : http://livr0ns-n0us.blogspot..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          560
Eve-Yeshe
  28 juillet 2016
S'inspirant du célèbre tableau de Vermeer, Tracy Chevalier nous raconte l'histoire de Griet, la jeune fille à la perle, telle qu'elle se l'imagine. On la suit dans la Delft du XVIIe siècle, parcourant les rues dans le froid et la neige, dans cette société où se côtoient sans jamais vraiment se rencontrer les riches catholiques et les protestants pauvres, les uns au service des autres.
Son père, fabriquant de carreaux de faïence peints à la main, étant devenu aveugle après l'explosion d'un four, Griet a été obligée de se faire engager comme domestique. Elle doit tout faire, les lessives à la main, le nettoyage des parquets, se rendre chez le boucher, le poissonnier, de l'aube à la nuit sans jamais se plaindre, sous le regard moqueur des enfants.
Deux mondes que tout oppose, le peintre isolé dans son atelier, tentant de vivre de son art. Sa femme, dont le rôle dans la maison est réduit à la portion congrue et la vie limitée à la procréation, les grossesses se succédant à grande vitesse. Elle n'a même pas droit au rôle d'intendante qui est tenue par sa propre mère, qui dirige tout.
le peintre tient absolument à ce qu'elle reste en dehors de son art : l'un crée, l'autre procrée… Il y a l'atelier d'un côté où personne n'a le droit d'entrer en dehors des modèles et de Griet pour y faire le ménage, époussetant, cirant en prenant bien soin de tout remettre en place pour ne pas nuire à l'élaboration de l'oeuvre en cours.
On voit évoluer la jeune fille, la peinture éveillant sa curiosité alors qu'elle sait très bien qu'elle n'accèdera jamais à ce milieu du fait de sa condition sociale. Cela n'empêche pas que s'installe une relation particulière entre eux, l'art les relie, ils se comprennent sans forcément se parler. Leurs regards se croisent furtivement, leurs mains se frôlent parfois, on devine les émotions…
Les couleurs, l'art, la lumière et la façon dont on l'utilise prennent toute la place dans ce roman qui fait vibrer le lecteur et apporte un éclairage particulier à cette société dure, ces mondes qui restent hermétiquement fermés l'un à l'autre : l'art illumine ce monde dur quasiment sectaire entre riches et pauvres, familles de la haute société mais qui n'ont pas forcément d'argent et le peintre, pour faire vivre sa famille doit se plier aux exigences d'un mécène tout-puissant qui abuse ses privilèges, imposant les thèmes des tableaux.
Tracy Chevalier nous raconte l'histoire d'un tableau et à travers lui, celle de la société hollandaise de l'époque et ses codes rigides. le rythme est lent, le roman nous racontant la vie au quotidien des protagonistes et pourtant je l'ai lu sans pratiquement le lâcher,tant la tension devenait palpable, suivant Griet dans les rues, dans la maison, dans ses gestes répétitifs, dans la préparation des couleurs et dans son éveil à l'art.
Note : 8,2/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          575
Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB   12 avril 2018
Il me regardait comme s'il ne me voyait pas, comme s'il voyait quelqu'un ou quelque chose d'autre. Comme s'il regardait un tableau.
Il étudie la lumière sur mon visage et non pas mon visage lui-même, me dis-je. Voilà toute la différence.
J'aurais pu presque ne pas être là.
Commenter  J’apprécie          41
ManouBManouB   12 avril 2018
Il y eut un long silence.
"Non, c'est vrai, dit-il, mais je refuse de vous représenter en servante.
- Comment alors voulez-vous me représenter, Monsieur ?
- Telle que je vous ai vue la première fois, Griet. Seule."
Il approcha une chaise du chevalet, face à la fenêtre du milieu. Je m'assis. Je savais que ce serait là ma place.
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   12 avril 2018
J’appris que plus les matériaux étaient finement broyés, plus la couleur était intense. A partir de grains rugueux et ternes, la garance devenait une belle poudre rouge vif puis, mélangée à de l’huile de lin, elle se transformait en une peinture étincelante. Préparer ces couleurs tenait de la magie...
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   12 avril 2018
Mon père avait travaillé avec des catholiques, il m'avait dit qu'ils n'étaient pas différents de nous. Qu'ils étaient plutôt moins guindés. Ils aimaient manger, boire, chanter et s'amuser. A l'entendre, on aurait presque pu croire qu'il les enviait.
Commenter  J’apprécie          00
ManouBManouB   12 avril 2018
Je regardais ma mère, elle hocha discrètement la tête.
"Les couleurs jurent parfois quand elles sont côte à côte, Monsieur".
Il fronça les sourcils, de toute évidence il ne s'attendait pas à cette réponse...
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Tracy Chevalier (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tracy Chevalier
Tracy Chevalier - À l'orée du verger .Tracy Chevalier vous présente son ouvrage "À l'orée du verger" aux éditions La Table Ronde. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/tracy-chevalier-oree-verger-9782710377634.html Notes de Musique : Apple Spell by My Bubba and Mi. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : vermeerVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacMomoxLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

la jeune fille à la perle

la jeune Griet est engagée comme servante dans la maison d'un peintre. Lequel ?

Rembrandt
pieter Van Den Bosch
pierre Bruegel
johannes Vermeer

5 questions
201 lecteurs ont répondu
Thème : La Jeune Fille à la perle de Tracy ChevalierCréer un quiz sur ce livre
. .