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EAN : 9782848054131
300 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (26/08/2021)
3.81/5   116 notes
Résumé :
Depuis qu’il a composé le nine one one, le gérant pakistanais de la supérette de Franklin Heights, un quartier au nord de Milwaukee, ne dort plus : ses cauchemars sont habités de visages noirs hurlant « Je ne peux plus respirer ». Jamais il n’aurait dû appeler le numéro d’urgence pour un billet de banque suspect. Mais il est trop tard, et les médias du monde entier ne cessent de lui rappeler la mort effroyable de son client de passage, étouffé par le genou d’un poli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
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Fandol
  18 novembre 2021
Sur l'air de Milwaukee Blues, de Charlie Poole, Louis-Philippe Dalembert m'a embarqué dans cette ville du Wisconsin qu'il connaît bien puisqu'il y a enseigné pendant un an.
Auteur de plusieurs romans dont Avant que les ombres s'effacent (Prix Orange du Livre 2017) et Mur Méditerranée, sans oublier, ce beau recueil de poèmes, Cantique du balbutiement, ouvrages que j'ai eu le plaisir de lire, il était, avec Milwaukee Blues, parmi les quatre finalistes du Prix Goncourt 2021.
Quelques semaines auparavant, j'avais eu la chance de le retrouver aux Correspondances de Manosque pour l'écouter parler de ce livre inspiré du meurtre de Georges Floyd.
Les États-Unis font partie de la vie de cet écrivain, né en Haïti. Non seulement, il y a enseigné mais il y a de la famille et des amis. Comme il l'a dit, c'est un pays que l'on adore détester mais qu'il connaît parfaitement comme le prouve son Milwaukee Blues.
Tout débute dans une supérette où un employé croit bon d'appeler le nine.one.one, numéro d'appel d'urgence, à cause d'un billet de banque douteux remis par un Noir entre quarante et cinquante ans. Nous sommes dans Franklin Heights, quartier pauvre peuplé presque exclusivement de Noirs. Sans délai, la police arrive, plaque l'homme au sol, genou entre ses omoplates. L'homme proteste : « Je ne peux pas respirer ! Je ne peux pas… » et meurt.
Commence alors un récit à plusieurs voix, donnant différents points de vue sur la victime, un certain Emmett. C'est d'abord son institutrice qui reconnaît son ancien élève dont le portrait circule sur les chaînes d'infos avec vidéo à l'appui car l'agression dont il a été victime a, bien sûr, été filmée. Elle se souvient immédiatement qu'Emmett portait le même prénom qu'un adolescent, Emmett Till, assassiné en 1955 par des racistes blancs du sud du pays. Elle n'a pas oublié que ce garçon avait pour meilleurs amis, Autherine et Stokely, que son père, au chômage, était parti vers le sud mais n'était pas revenu et qu'Emmett, passionné de football US - pas le soccer, notre foot à nous -, chantait tout le temps Alabama Blues, de J.B. Lenoir.
Intervient ensuite l'amie d'enfance, Autherine, Authie, même quartier, même âge. Elle parle du big four, les quatre sports majeurs aux USA : football, basket, baseball et hockey, et qu'Emmett est parti à l'université pour devenir pro alors qu'à peine 2 % des jeunes réussissent à obtenir ce statut.
Voici maintenant Stokely, Stoke, le dealer repenti, troisième pièce du trio qui a plongé dans la drogue et a dû purger dix ans de prison. Maintenant, il est médiateur entre les flics, les services sociaux et les jeunes du quartier.
Larry est le coach de l'université où est arrivé le jeune Emmett, plein d'ambition. C'est lui qui détaille le parcours sportif d'un garçon qu'il a pris sous son aile. Il parle des deux accidents subis. Si le premier n'est pas trop grave, le second sera fatal pour la carrière professionnelle espérée.
Très intéressante est Nancy, la fiancée. Elle a réussi à apprivoiser Emmett malgré les regards haineux, dans cette université privée à 90 % blanche. La racialisation et les classes sociales très compartimentées gangrènent un pays où le moindre contrôle policier peut mal tourner ou tout simplement humilier profondément celui qui le subit alors qu'il est parfaitement en règle.
Il y a aussi Angela, l'ex-femme d'Emmett revenu à Milwaukee où il tente de gagner sa vie avec de petits boulots. Authie la présente à Emmett qui a déjà deux filles mais dont la mère l'a largué. Angela reste trois ans avec lui, met une fille au monde et s'en va aussi. Aucune de ces deux femmes ne se manifestera.
La troisième grande partie, intitulée « La Marche », permet de faire connaissance avec Ma Robinson, ex-matonne devenue pasteure, avec Mary-Louise, la mère d'Emmett, avec Marie-Hélène qui vient d'Haïti, et avec Dan, son copain, remarqué pour ses dreadlocks. Cette partie révèle plusieurs surprises. Aussi, je n'en dirai pas plus. Comme il y a une pasteure et une cérémonie religieuse, la religion prend un peu trop d'importance. Petit à petit, je découvre un peu plus les immenses problèmes interraciaux gangrenant ce pays, avec les extrémistes des deux camps, les gens de bonne volonté risquant vite d'être débordés.
De plus, Louis-Philippe Dalembert, dans Milwaukee Blues, m'a fait découvrir des poètes et écrivains haïtiens comme Marie-Vieux Chauvet, Edwige Danticat (Adieu mon frère) ou Jacques Roumain, auteur du poème « Sales nègres » dans Bois d'ébène et de Gouverneurs de la rosée, « l'un des plus grands romans de la langue française ».
Enfin, il y a les chansons avec Bob Dylan, Bob Marley, etc… et des références cinématographiques comme Cry Freedom ou Twelve Years a Slave.
Voilà, vous l'avez compris, j'ai été passionné par cette plongée fort bien documentée dans le quotidien d'une grande ville du midwest des États-Unis. Louis-Philippe Dalembert sait donner une opinion équilibrée et réaliste qui m'a permis de comprendre un peu plus ce pays si présent dans l'actualité et que nous connaissons si mal.
« Si j'écris, c'est que j'aime le risque et je ne veux pas me répéter », nous a confié Louis-Philippe Dalembert, à Manosque et il a parfaitement réussi.

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Kirzy
  28 août 2021
Rentrée littéraire 2021 # 10
« I can't breathe ». Insupportable « I can't breathe ».
Louis-Philippe Dalembert transpose l'histoire de George Floyd de Minneapolis à Milwaukee ( Wisconsin ) avec un double fictionnel Emmett. le prénom n'a pas été choisi au hasard et renvoie à celui d'un adolescent du Mississippi, Emmett Till, enlevé, battu, assassiné pour avoir osé parler à une femme blanche. C'était en 1955.
"Emmett", en hébreux, c'est la "vérité". Et on sent à quel point l'auteur veut transmettre, à travers cette tragédie implacable, une vérité quasi universelle sur la condition afro-américaine aux Etats-Unis. le matériau est périlleux à manier car l'émotion ressentie lors de l'assassinat de George Floyd est encore intacte et peut vite engluer une lecture dans de bons sentiments étouffants ou dans un didactisme scolaire trop appuyé.
Louis-Philippe Dalembert trouve l'équilibre parfait. Pour composer le portrait sensible d'un homme, il construit un roman choral dans lequel s'exprime à tour de rôle des personnages qui ont croisé Emmett, à la première personne : l'épicier qui a appelé la police contre Emmett, hanté par la culpabilité ; son institutrice blanche, pleine de tendresse et d'idéaux ; ces deux amis d'enfance, fidèles et attachants ; le coach sportif qui l'accueille comme un fils à un moment où le football américain aurait pu le sauver ; l'ex-fiancée blanche qui l'a tant aimé ; la mère de sa dernière fille. Tous incarnés avec puissance pour dire le poids de l'Histoire, du racisme, du déterminisme social qui ont fracassé Emmett, né sans père dans un ghetto d'une ville en proie à la désindustrialisation, rêvant de sortir de sa condition par le sport universitaire, puis survivant dans une addition de boulots précaires. Un homme ordinaire, peu sûr de lui, aux rêves brisés. Sorti du lot par la violence policière qui s'est abattue sur lui.
C'est très habile de ne jamais faire parler Emmett mais de construire son portrait par un kaléidoscope de touches indirectes. Cela apporte beaucoup de nuances et de profondeur à ce destin à la fois singulier et partagé, apportant au portrait toute la complexité d'une dimension humaine. Sans manichéisme ni naïveté. Nuances et profondeur que l'on retrouve dans la dernière partie, « La Marche », récit cette fois à la troisième personne des funérailles / hommage à Emmett. le rythme change, s'accélère, se tend car on ne connait pas l'issue de la marche qui se fait le réceptacle des tensions raciales dans le pays.
Et puis il y a ce prêche enflammé de Ma Robinson, la pasteure amie d'Emmett, ces accents à la Martin Luther King, prônant la réconciliation au-delà des conditions sociales et ethniques, prennent aux tripes. Jusqu'à ce superbe épilogue empreint d'idéalisme et d'humanisme, presque utopique, qui fait du bien au coeur. Tous les protagonistes du roman sont devenus nos proches.
Un roman ample et intense à la solennité poignante.
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Jeanfrancoislemoine
  24 septembre 2021
J'avoue avoir dû lire quelques pages avant de me projeter totalement dans ce roman mais l'art de la narration de Louis - Philippe Dalembert a eu raison de mes difficultés passagéres pour finalement m'entraîner à la découverte d'Emmet . Emmet , en fait , on le " connaît " pour avoir suivi son agonie sur un trottoir d'une ville étasunienne , étouffé par le genou d'un policier sans pitié et sous le regard "neutre " , pour ne pas dire indifférent de quelques collègues " normalement " chargés de " faire respecter la paix " mais , en aucun cas , de délivrer la mort . Les images , vous les avez vues . Elles ont tourné " en boucle " sur toutes les chaînes de télévision du monde entier ...Emmet était noir ...ce qui , en soit , est déjà malheureusement encore un crime dans une Amérique qui peine à comprendre combien tous les citoyens , les hommes , les femmes sont égaux face aux droits et aux devoirs dans un pays que l'on cite pourtant souvent comme étant celui de la liberté.
Une bavure ? Trop nombreuses les bavures pour , justement , prendre le nom de " bavure" . Peut- être " racisme " , non ?
Partant de cet événement terriblement ( et justement ...) médiatisé, Dalembert a imaginé la vie d'Emmet en donnant successivement la parole à des personnages qui l'ont côtoyé, l'ont vu se construire , rêver, approcher les étoiles, sombrer pour , finalement reprendre sa place dans le trafic des gens qui , malgré tous leurs efforts , ont bien du mal à émerger dans une société implacable . Emmet, il ne s'adressera jamais à nous , mais , souci d'authenticité sans doute , nous saurons tout de lui jusqu'au drame . de quoi réfléchir...Pourquoi tant de haine ?
La fin du roman est plus " universelle " mettant au premier plan tous ceux qui , en rendant hommage à Emmet , essaieront de lui redonner un honneur et une place qu'eux - mêmes tentent de reconquérir pas à pas , drame après drame ...A ce titre , j'ai personnellement trouvé la fin du roman lumineuse et porteuse d'espoir.La " marche" révèle une " tension extrême " .. . J'espère y avoir entrevu l'espoir d'un respect , certes bien légitime mais encore bien bafoué.
Ce roman nous permet de côtoyer des personnages qui , à n'en point douter , tout au moins pour certains , marqueront les esprits . Je vous suggère une lecture attentive du "Ma Robinson Show " , ça interpelle et ...ça redonne ...
Ce n'est pas un " scoop " , Dalembert est un écrivain de talent , j'en veux pour autre preuve , son excellent " Mur Méditerranée " . Son écriture est très belle , fluide et il sait présenter avec beaucoup de tact des problèmes contemporains , ce qui , soit dit en passant , n'est pas forcément une mince affaire .Son avis est toujours mesuré et il sait " donner à voir " pour que nous , lecteurs et lectrices , devions " nous mouiller " et finalement " prendre parti " . Son travail est , de plus , remarquablement documenté comme l'indique la bibliographie de fin d'ouvrage .
Sa sélection en tant que finaliste du prix Landerneau 2021 est un gage d'une grande qualité. Un livre dont le sérieux du sujet peut rebuter de prime abord ( ce fut mon cas ) mais qui ne peut laisser personne indifférent....
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migdal
  20 octobre 2021
« C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature » affirmait André Gide et cette pensée m'est venue à l'esprit en lisant les deux premières parties de cet ouvrage dont chacun des chapitres donne la parole à un proche d'Emmett, victime d'une « bavure policière ».
Successivement l'institutrice, l'amie d'enfance, le pote (dealer) racontent l'enfance à Franklin, un quartier défavorisé de Milwaukee.
Puis le coach sportif, la fiancée et l'ex compagne témoignent de son adolescence, de son rêve sportif brisé, et des galères de son existence faite de jobs précaires dans une région subissant le transfert de ses industries vers l'Asie.
Cette litanie m'a semblé manquer de cohérence et brosse un portrait contrasté d'Emmett. Ces témoins se répètent, se contredisent, et les vacheries de l'ex sont un véritable coup de poignard dans le dos.
Mais la troisième partie est mémorable. « La marche » révèle Ma Robinson, une évangéliste, ex gardienne de prison, qui organise et préside les funérailles avec le concours de Dan et Marie Hélène.
Le romancier rend hommage à Frantz Fanon et à d'autres intellectuels du tiers-monde et émaille son propos de chants et de poèmes mais quel dommage que l'éditeur massacre l'élégie du cubain Nicolas Guillén (page 246) en oubliant de passer à la ligne à la fin de chaque vers !
Louis-Philippe Dalembert immortalise avec talent le prêche de Ma Robinson … « On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. Ainsi la Bible, quel chef-d'oeuvre ! » répondait Henri Jeanson à Gide.
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Kittiwake
  02 octobre 2021
C'est par souci de probité que le gérant d'une supérette a composé le 911, craignant que le jeune homme qu'il a servi n'ait utilisé un faux billet. Et pourtant l'affaire banale et bénigne aboutit au décès du suspect, étouffé par un policier zélé.
C'est à partir de la tristement célèbre histoire de George Floyd décédé en 2020 à Mineapolis, relayée par tous les médias dans le monde entier, et qui avait réveillé le souvenir d'un autre affaire soixante ans plus tôt, le lynchage d'Emmet Till, que l'auteur a créé cette fiction.
Louis Philippe Dalembert développe l'intrigue en donnant la parole successivement à différents protagonistes : le pakistanais qui a donné, l'alerte, les amis d'Emmet, sa famille et ses professeurs ainsi que ses fiancées, amantes ou ex, tous ceux qui avaient fait un bout de chemin avec lui.
On a ainsi différents éclairages sur ce qui s'est passé, et il apparait clairement que cette mort est profondément injuste et est malheureusement le reflet de ce que vivent aux USA de nos jours les populations africaines-américaines, et mettent en lumière s'il en était besoin que Les Etats-unis ne parviennent toujours pas , loin s'en faut à guérir les séquelles d'un passé esclavagiste.
Passionnant et utile, et sous-tendu par une bande-son superbe.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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critiques presse (3)
LeMonde   22 octobre 2021
Captivante dérive circadienne entre ville et campagne, récit d’une déroute existentielle, Mississippi Driver lâche les chevaux.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   27 août 2021
Le destin tragique d’un gamin des ghettos noirs de Milwaukee, que son talent pour le football américain promettait à un riche avenir. Bouleversant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   24 août 2021
Milwaukee Blues, un roman saisissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   19 octobre 2021
Dans cette lutte longue comme l'humanité, nous subirons à coup sûr des défaites, comme nous en avons déjà subi. Nous en subirons peut-être des plus lourdes. Peut-être même aurons-nous à boire le calice jusqu'à la lie. Au point de nous laisser aller parfois au découragement. D'avoir le moral à plat comme un vieux pneu mille fois rapiécé, où il n’y aurait plus de place même pour une seule rustine. De croire que nous avons reculé de trois pas après avoir avancé de deux. Mais nous saurons nous relever, j'en suis convaincue. Avec l’aide du Très-Haut. Nous saurons puiser au plus profond de nous-mêmes la force nécessaire pour continuer à avancer. Car nous sommes du bon côté de l’Histoire. Qui finira par triompher, qu'on le veuille ou non. Qui finira par triompher, je vous le dis en vérité. Dans cinquante ans. Dans cent ans. Dans mille ans. Peu importe. Le jour viendra, et elle triomphera. Oh yes, Lord. »

Et la révérende entonna d'une voix dont les cordes semblaient en bout de course We Shall Overcome, repris en chœur par l’ensemble vocal et l'assistance, qui se balancèrent main dans la main, les yeux fermés, des larmes ruissellant sur les joues de certains sans qu'ils cherchent à les essuyer.
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Jean-DanielJean-Daniel   09 octobre 2021
JE N'AURAIS JAMAIS DÛ composer ce foutu numéro. Si je pouvais, je supprimerais définitivement le 9 et le 1 du cadran de mon smartphone. Comme un cyclone, ou une inondation, raye du jour au lendemain un village entier de la carte du monde. J’aurais une application spéciale avec un clavier sans ces chiffres. Je suis prêt à la payer un bras, s’il le faut. Cela dit, si c’était possible, ça le serait partout ailleurs, sauf ici. Pour les résidents de ce pays, le « nine-one-one » est une référence incontournable. Un peu à l’image de notre supérette pour les habitants de ce bout de Franklin Heights. Le prolongement naturel des doigts, au moindre pet de travers : une prise de bec entre conjoints, un gosse qui en a marre de ses parents, un passant inconnu qui marche tête baissée ou rase trop les murs, un clochard qui confond une bouche d’incendie avec une pissotière, le type bodybuildé qui a oublié de ramasser la crotte de son caniche... sans évoquer des problèmes beaucoup plus graves, genre le mec bourré ou « cracké » qui tabasse sa gonzesse – parfois, c’est l’inverse, mais c’est plus rare –, avant qu’elle ne se mette à crier sa peine aux oreilles des voisins ; ou le prédateur pervers qui course un enfant en plein jour...
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calypsocalypso   17 octobre 2021
Mais vous avez compris, mieux, vous avez senti du plus profond de vous-mêmes que nous avons besoin de solidarité pour que ça cesse, et vous nous avez tendu la main. Vous avez senti que vous ne serez pas bien si vos voisins ne le sont pas. Que vous ne serez pas en sécurité si vos frères et vos sœurs ne le sont pas. S'ils sont traqués jour et nuit, humiliés, matraqués, exécutés, comme des bêtes sauvages au tournant de la rue. Ce faisant, vous admettez qu'il n'y a qu'une seule et unique communauté. Elle est humaine.
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Jean-DanielJean-Daniel   07 octobre 2021
Lui c'était un baratineur de première. Comment ne pas fondre quand le type, la première fois qu'Authie nous a présentés l'un à l'autre, te regarde comme s'il avait Noami Campbell dans la splendeur de ses trente ans face à lui et te dit : "Bénie soit la mère qui t'a donné le jour, baby" ? Il avait l'air sincère en plus.
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michelekastnermichelekastner   23 septembre 2021
Comme il n'était plus astreint à une hygiène de vie stricte et de longues plages de sommeil, les discussions duraient des nuits entières, à propos de tout et de rien. Pour éviter de le froisser dans ces moments-là, je ne lui rappelais pas que je devais travailler le lendemain. Cela l'aurait renvoyé à sa propre précarité, en plus de laisser entendre que je rompais notre pacte de nous dire les choses, que notre histoire ne m'importait plus. A force de parler de problèmes imaginaires avant même de les vivre, nous sciions, sans nous en rendre compte, la branche sur laquelle notre couple était assis. C'est peut-être ça, la force délétère du système : t'empêcher de vivre ta vie comme tu l'entends ; mais il le fait de façon telle que cela paraisse un choix de ta part.
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Vidéo de Louis-Philippe Dalembert
On n'en finirait plus de faire le tour des livres sortis à l'occasion de la rentrée littéraire, cette semaine la librairie Point Virgule a sélectionné pour vous trois romans particulièrement forts en émotions.
- Milwaukee Blues, Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespierser éditeur, 21€ - Au-delà de la mer, Paul Lynch, Albin Michel, 19,90€ - Le fils de l'homme, Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard, 19€
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