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EAN : 9782848052151
Éditeur : Sabine Wespieser (02/03/2017)
3.93/5   227 notes
Résumé :
En guise de prologue à cette fresque conduisant son protagoniste de Lódz, en Pologne, à Portau-Prince, l’auteur rappelle le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de Juifs, leur permettant ainsi d’échapper au nazisme. Avant d’arriver à Port-au-Prince – à la faveur de ce décret – au début de l’automne 1939, le docteur Ruben Schwarzberg, né en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (88) Voir plus Ajouter une critique
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sur 227 notes
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Kirzy
  12 juillet 2018
Le titre est superbe, le sujet, historique, tout autant, offrant au récit une ampleur inouïe : le vote en 1939 par l'Etat haïtien d'un décret-loi octroyant la nationalité, passeport et sauf-conduit à tous Juifs européens en faisant la demande, quelques mois avant que n'éclate la Deuxième Guerre mondiale. Comme si ce pays naît de la révolte d'esclaves avait inscrit dans la chair de son peuple le credo d'égalité et de fraternité.
Le héros, le Dr Schwarzberg, est un de ces Juifs sauvés de la barbarie nazie, devenu haïtien, patriarche de trois générations d'Haïtiens. La venue de sa petite-nièce le confronte à la mémoire de ce passé qu'il a rejeté. S'en suit alors une formidable saga piquée de romanesque : sa naissance à Lodz en Pologne, les pogroms, l'exil à Berlin, la diaspora de sa famille entre les Etats-Unis et le jeune Israël, sa déportation à Buchenwald, son embarquement à bord d'un bateau empli de migrants juifs refoulés de Cuba, Paris et le Bal nègre, et Haïti bien sûr.
Ce roman est un hommage puissant et tendre, plein d'humour et de verve à Haïti, il porte un regard nouveau sur cette île, loin des clichés de misérabiliste, une terre généreuse, d'exil et d'accueil, digne, invoquée par une belle écriture très musicale, souvent lyrique, parfois surécrite mais incontestablement riche.
Il m'a juste manqué de vibrer très fort d'émotion pour ces beaux personnages.
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Erik35
  13 avril 2018
VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT DE CRISTAL.
Ouvrage lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2018.
Il en est de certaines destinées comme de certaines périodes, souvent noires, pour ne pas dire terrifiantes, de notre histoire commune : elles revêtent tous les aspects de l'impossible, de l'improbable, de l'invraisemblable tandis qu'elles sont pourtant grandement vraies. Enfin... presque ! Louis-Philippe Dalembert s'en est d'ailleurs expliqué dans un entretien sur France Culture le 17 Juillet de l'an passé : il n'est pas question d'un livre historique, ni même d'une biographie classique dans Avant que les ombres s'effacent, affaire de liberté revendiquée par l'auteur, que l'historien ne peut avoir à l'égal du romancier. Alors, si presque tout ici prend racine dans le réel - qu'il soit question de personnages, qu'il soit question d'histoire moderne ou d'Haïti, il s'agit bel et bien ici d'un roman, et quel !
Partie avec armes et bagages de leur Pologne natale où certains vents mauvais lui semblait devoir arriver, la famille Schwarzberg connait son premier exode - volontaire même si poussé par les événements - peu après la fin de la première guerre mondiale. Bien que Mme Schwarzberg mère entretienne une étrange histoire d'amour, essentiellement littéraire et fantasmée, d'avec la France (Paris, bien entendu), c'est à Berlin que ces petits juifs ashkénazes d'Europe centrale poseront leurs bagages pour les quelques vingt années à venir. Hélas, les vents mauvais de l'histoire n'ont de cesse de les poursuivre et si, à l'instar sans doute d'une grande partie de leur communauté toute entière, ils ont voulu faire contre mauvaise fortune bon coeur, une certaine forme de cécité inconsciente les atteignant malgré l'annonce de la nuit et du brouillard, avec cette accumulation de lois anti-juives promulguées par le régime nazi, de violences quotidiennes, de déprédations et d'exactions innommables mais peu à peu normalisées par le quotidien, ainsi qu'un certain atavisme lié à ces peuples qui ont toujours souffert, quelle que soit l'époque, quel que soit le pays, d'ostracisme, de ghettoïsation, de pogroms.
Cependant, une certaine nuit de la peur et de la honte d'une nation à l'égard des plus faibles et des plus vilipendés de ses enfants - la fameuse "Nuit de Cristal" - va en quelque sorte réveiller les membres doucettement assoupis de cette famille, laquelle, malgré quelques résistance, va programmer consciencieusement sa fuite, malgré toutes les difficultés qu'on peut imaginer. Ainsi, la tante Ruth, femme au caractère bien trempé, l'athée de la famille, et très engagé dans le sionisme va-t-elle choisir d'aller refaire sa vie en Palestine, et y promouvoir les bases du futur état d'Israël. Toutefois, l'essentiel du clan va se retrouver aux USA - bien que la politique d'immigration d'alors se fut considérablement durcie (ce que l'on a tendance à oublier aujourd'hui), conséquences de la crise de 29 oblige - où la soeur aînée de notre narrateur, le Docteur Ruben Schwartzberg, avait pu s'établir quelques temps avant avec son mari, ceux-ci ayant un permis de travail au titre d'universitaires. Tout aurait pu se dérouler sans anicroche si... notre héros malgré lui, ainsi que son oncle - un peronnage haut en couleur et jamais à cours d'une histoire - , ne s'étaient fait arrêter sur le chemin les ramenant du paquebot où ils venaient de faire leurs adieux aux parents et grands-parents. A la suite de quoi, tout va s'enchaîner à une vitesse folle - avec la mort comme équipière possible - et sans avoir la moindre possibilité d'influer sur le cours des événements : d'abord envoyés au commissariat du quartier, ils vont être expédiés dans le camp, encore récent à ce moment de l'Histoire(1937), de Buchenwald. malgré la dureté de la lutte pour la survie en un tel lieu, la formation de médecin de Ruben va lui permettre de travailler à l'infirmerie (poste tout petit peu moins horrible dans ce pays de l'horreur), où il va rencontrer un personnage stupéfiant se prétendant américain de Chicago (tandis qu'il est en réalité haïtien), Jean-Marcel Nicolas qui va permettre à Ruben et à son oncle de se sortir de ce guêpier mortel, non seulement en lui redonnant espoir mais en permettant à quelques courriers essentiels de sortir de ce camp pourtant presque parfaitement hermétique. Ainsi, grâce à son ancien mentor en médecine, voila le neveu et l'oncle à nouveau libre mais contraints de partir le plus rapidement possible vers d'autres horizons.
Leurs pas, ou plus exactement la mer va les emporter vers les rivages cubains, où l'oncle amerrira de la plus farfelue des façons, tandis que l'infortuné paquebot devra, pour de sombres motifs administrativo-politiques, faire machine arrière avec l'infortuné Ruben. Voilà donc notre "juif errant" débarqué au Havre, dont il découvre l'existence à l'occasion, pour prendre presque aussitôt la direction de la "Ville Lumière" : Paris ! Quoi que relativement échaudé par ce qu'il y découvre - on est très loin du rêve littéraire et poétique que sa chère maman a entretenu au fil des années au sein de cette famille gentiment foutraque -, il va y vivre certains des plus belles heures de son existence, une fois qu'il aura rencontré la communauté haïtienne de la capitale, toujours sur les vifs conseils de celui qui, au bout du compte, lui aura sauvé la vie : ce faux américain mais vrai commensal de Port-au-Prince, Jean-Marcel Nicolas, un homme assurément hors du commun que le futur médecin "nègre-juif" regrettera toute sa vie durant de n'avoir pu sauver de la monstruosité. Mais l'histoire poursuit son oeuvre de destruction et il s'en faudra encore de peu que notre narrateur ne termine une fois de plus dans un camp de rétention, dans un premier temps (on imagine ce qu'eût été la suite si elle avait eu lieu). le narrateur se permettant d'ailleurs une espèce de comparatif aussi truculent que macabre entre l'efficacité carcérale industrielle des allemands opposée au capharnaüm organisationnel des français ! Fort heureusement, le jeune Docteur sera sauvé in-extremis par un diplomate haïtien haut en couleur dont Ruben s'était fait l'ami.
La troisième partie du roman nous conte l'installation du docteur en Haïti : le retour de Cuba du tonton qui va pouvoir y assumer son goût immodéré pour les affaires et trouver enfin une certaine sérénité liée à son homosexualité qu'il ne sera plus obligé de cacher autant que lorsqu'il habitait la vieille Europe ; la rencontre avec sa future épouse dont le tempérament de feu ne le cède en rien à cette tante partie s'installer en Terre Sainte ; et, bon an mal an, "l'haïtisation" du narrateur, reconnu pour être l'un des ces "nègres polychromes" qui constitue cette population caribéenne, devenant par ailleurs une sorte de célébrité locale, un genre de Dr Schweitzer haïtien, vivant de peu et donnant tout à ses malades, à commencer par les plus déshérités, tant sa reconnaissance pour ce pays qui l'a accueilli sans aucun faux semblant, ni contrepartie, ni hypocrisie, tant cette reconnaissance, donc, est immense et lui est impossible à rassasier tout à fait.
Même si nombre des faits relatés ici sont en prise avec L Histoire, la vraie, il s'agit bel et bien d'une oeuvre d'imagination, parfaitement assumée et même revendiquée, que nous donne là Louis-Philippe Dalembert, dans un style d'une grande maîtrise, d'une vigueur vivifiante et d'une justesse jamais mise en défaut, y compris lorsqu'il s'essaye, avec truculence, au parler pointu de l'argot parigot de ces années-là. Les intentions quasi-homériques de l'ensemble, la force de conviction avec laquelle tous ces événements - parfois bouffons, souvent cruels, plus loin drolatiques, ici et là tendre, poétiques et enamourés - nous sont contés constitue l'essence même de cet ouvrage. Superbe déclaration d'amour à un pays, le sien, que l'auteur porte assurément en son coeur où que ce véritable globe-trotteur puisse-t-il se trouver, Dalembert nous donne à découvrir une autre Haïti, très éloignée de cette vision systématiquement tragique, misérabiliste, miséreuse, chaotique, irrémissible que l'on rencontre tant dans les médias que dans nombre d'oeuvres la décrivant. À travers cet espèce de récit confession - c'est un vieux docteur Schwarzberg que nous découvrons vers le mitan du livre, au détour d'un bref chapitre intitulé "répit", et qui conte l'histoire de sa vie et de ses proches à la petite-fille de sa défunte tante Ruth, elle aussi médecin et venue avec l'aide d'urgence envoyée par Israël suite au tremblement de terre qui défigura l'île en 2010 - c'est ainsi un autre portrait de cette terre Caraïbe que l'auteur nous donne à découvrir, à savourer, à aimer. L'ensemble est savoureux, profond dans la légèreté et léger dans la profondeur, il illumine d'un zeste de grâce l'une des pires périodes de l'histoire de notre monde en mettant sous les feux de la rampe ce petit pays trop souvent considéré comme presque rien mais qui eut ce courage un rien bravasse mais tellement noble de déclarer la guerre au Japon dès après Pearl-Harbour, au IIIème Reich dans la foulée, non sans avoir offert, dès 1939, à tous les juifs qui le demandaient, la nationalité haïtienne ipso facto et sans même y avoir jamais mis les pieds afin de les soustraire à l'inhumain des lois génocidaires ! Un livre qui, malgré les thèmes et la période abordée, apporte une véritable bouffée d'air frais dans ce flots quasi ininterrompu de textes consacrés à cette période fantastiquement monstrueuse, avec ces personnages et ces destins qui débutent comme certains romans d'un Joseph Roth ou d'un Leo Perutz, qui se poursuit comme si l'on se trouvait chez Mac Orlan avec son Paris de l'entre-deux guerre, peut-être aussi un hommage au Paris est une fête d'Ernest Hemingway (Paris, ce sont peut-être ses visiteurs étrangers qui en parlent le mieux...), pour terminer du côté de certains auteurs sud-américains (plus que spécifiquement antillais, nous semble-t-il), baroque, enthousiaste, amoureux, fantasque et délicatement décalé.
Alors, si un certain souffle épique ou lyrique manque peut-être à l'ensemble pour que ce très bon livre - n'en doutons point - puisse être un réel chef-d'oeuvre, si l'on y sent un professionnalisme parfois presque trop roué pour être humble, un rien trop calculé dans l'art - absolument indéniable au demeurant - de conter de Louis-Philippe Dalembert, il n'en demeure pas moins un très beau titre, grave et gai, sombre et optimiste qui portera le lecteur tant à la réflexion sur notre temps, nos civilisations, qu'au seul et sincère plaisir de se laisser embarquer quelques paires d'heures pour des ailleurs captivants, chatoyants et extraordinaires !
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Jeanfrancoislemoine
  07 juillet 2018
L'auteur nous le dit,il a pris certaines libertés avec L Histoire.Et bien j'annonce la couleur,"il a très bien fait",d'après moi qui ne suis pas expert en la matière .
Et pourtant,on va tout de même en apprendre des choses dans ce roman.
Le personnage principal,il est juif,passe son enfance en Pologne,son adolescence en Allemagne et....vous y êtes, bien sûr ,la Diaspora,les camps d'extermination....Je vous sens réticents .Ca,on connait,c'est terrible,on va lire des atrocités, encore...Non,attendez,c'est l'idée mais c'est autre chose vraiment.
Bon,je reprends.Les atrocités arrivent mais,une partie de la famille a le temps de fuir avant le déferlement de haine et de violence.Alors,me direz vous ,c'est tout?Non car Ruben,le héros et son oncle Joe restent et,sur le chemin du retour ,ils....oula! Mais vous êtes trop curieux. Ce que je peux vous dire,c'est que vous allez suivre la route de Ruben et elle est parsemée d'embûches.
Des ennemis,il y en a,les états et leurs dirigeants,la police française de l'époque ,si caricaturale qu'on comprend mieux son rôle à venir, stupide,ridicule,bornée, antisémite,illettrée,peu cultivée .(attention,c'est celle qui est décrite pour les besoins de l'intrigue et sans doute loin de la réalité ,de nombreux flics ont eu des attitudes remarquables en ces temps troublés ),les Etats Unis et leur protectionnisme,bref....pas simple.
Heureusement,il y aura des aides,Johnny,madame Faubert,Roussan et bien d'autres dont une certaine femme de diplomate qui jouera un rôle déterminant dans l'éducation du timide Ruben,mais,bon,vous verrez tout cela par vous même .Et puis,il y a Haïti et les haïtiens et là ,que du bonheur,De la solidarité, de la générosité ,de la fierté ,de la joie de vivre,des traditions.
C'est du reste là- bas que l'on retrouvera Ruben au crépuscule de sa vie.Ruben qui y reçoit la petite fille de sa soeur et qui lui raconte cette histoire,son histoire qui,je n'en doute pas saura vous transporter.On tremble,on s'interroge,on est touché mais on rit aussi dans ce roman qui m'a beaucoup plu.
Et si je n'étais pas retraité, je dirais que mes lectures de vacances démarrent très fort,mais moi,les vacances,je ne sais plus ce que c'est,alors.....
Je vous souhaite un bon moment en compagnie de Ruben....et de bonnes vacances.
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domisylzen
  18 octobre 2017
Né en Pologne en 1913 le jeune Ruben s'établit avec sa famille, de confession juive, à Berlin. Au cours des années suivantes l'antisémitisme monte en puissance. La nuit du pogrom de 1938, son père est lui seront sauvés par l'ambassadeur d'Haïti. Arrêté début 39 il sera interné dans le camp de Buchenwald. Après diverses péripéties et aller et retour entre Europe et Amérique il sera accueilli par la jeune république d'Haïti qui vient d'établir une loi naturalisant tous les Juifs qui en font la demande.
Un roman au style léger pour traiter d'une période trouble de l'humanité. Un héros qui se retrouve au coeur de situations extravagantes, un auteur avec une imagination débordante et vous aurez un livre original et passionnant. Tout de même quelques longueurs nuisent au rythme du récit.
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MELANYA
  21 novembre 2021
Petit livre (par sa taille) mais costaud par son texte très dense. Il est trompeur en effet, avec ses 294 pages car, finalement, c'est une saga que l'on découvre dans « Avant que les ombres s'effacent » de l'écrivain haïtien, Louis-Philippe Dalembert (né à Port-au-Prince en 1962). Un roman à succès : Prix France Bleu Page des libraires (2017) – Lauréat 2017 du Prix Orange du Livre : vainqueur ! - « le roman élu par des libraires, des écrivains et des lecteurs. »
Dans son livre (j'aurais presque pu recopier la quatrième de couverture tellement elle est longue, explicite et hop, ma critique aurait été faite. ) Mais non, je n'aurais pas osé.
Ce livre est dédié « A la mémoire de Arnold Israël, qui fut à sa façon un père de substitution, gardien titulaire de mon enfance caraïbe.
Aux centaines de familles juives qui ont trouvé refuge à Haïti avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aux réfugiés d'hier et d'aujourd'hui. »
C'est un aspect que l'on ignore (je pense), de la Seconde Guerre mondiale. Ce roman nous raconte la vie de Ruben Schwartzberg, le héros principal. Il est né en Pologne – enfant, il a été réfugié à Berlin où il a effectué des études de médecine. Il a du tout laisser pour suivre sa famille à cause des pogroms antijuifs suivant les ordres d'Hitler (1938). C'est la "Nuit de cristal" (« (Kristallnacht ».) Mais divergences d'opinions dans la famille : la tante Ruth préfère partir en Palestine – le beau-frère de Ruben a obtenu un poste de professeur à Columbia – Salomé (soeur de Ruben), va à New York avec ses parents et sa grand-mère. Qui reste-t-il en Allemagne ? : Ruben (25 ans) et son once Joe.
Puis toute une suite de péripéties : prison à Buchenwald – traversée de l'Atlantique mais le navire le Saint-Louis est refoulé partout et retour en Europe – prison en France (Argenteuil) – et … un séjour enchanteur à Paris avant se repartir à Haïti, dite « terre d'accueil. »
Dans le fond, n'est-ce pas Haïti l'autre héros de ce roman ? Cette terre est dévastée par les séismes – son passé est rebelle – un présent chaotique et une économie corrompue – la misère se trouve partout – le mélange des populations a été l'occasion d'une certaine joie de vivre, malgré tout avec une certaine tolérance pour les autres cultures, ce qui fait d'elle « une terre promise » pour les victimes du génocide.
Un grand côté Historique (oui avec un grand H), tellement ignoré mais révélé par Louis-Philippe Dalembert avec ce titre mélancolique : « Avant que les ombres s'effacent. » Il a ainsi fait en sorte de les faire revenir en les sortant de l'oubli dans lequel elles étaient tombées.
Et un prix bien mérité pour cette grande fresque où l'on trouve bien de la tendresse et de l'humour, ma!gré la noirceur de certains fait. Et l'auteur reconnait avoir pris certaines libertés dans des évocations.
N'empêche… 👍

Lien : https://www.babelio.com/monp..
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critiques presse (2)
LePoint   02 juillet 2017
Un roman à la fois grave et drôle qui raconte la participation haïtienne à la Seconde Guerre mondiale.
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint   11 avril 2017
Un roman captivant.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   21 novembre 2021
Longtemps, le Dr Schwarzberg choisirait de taire cet endroit sur lequel tant de choses seraient racontées, filmées, écrites, peintes, chantées, sculptées, sans épuiser pour autant l'étendue des abominations qui y furent perpétrées, à l'instar d'un cadavre qui n'en finirait pas de livrer ses vérités sur les mille et une manières dont la chair vivante avait été souillée. Son naturel de taiseux ne ressentit pas le besoin d'ajouter sa parole au trop-plein de mots qui tomberaient, par la suite, de partout et de nulle part pour tenter de dire l'ignoble. Au-delà de l'horreur, ce qui le marquerait le plus, ce fut d'avoir trouvé, au moment où il s'y attendait le moins, une parcelle d'humanité dans ce lieu, comme un bourgeon en fleur au mitan d'un champ de bataille. Un clin d’œil de la vie, là où des hommes donnaient avec jubilation la mort à d'autres hommes.
+ Lire la suite
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MELANYAMELANYA   21 novembre 2021
Il n'avait rien contre Le Havre, dont il entendait parler pour la première fois de sa vie. La faute d'ailleurs aux français, qui, à l'étranger, n'ont que Paris à la bouche.
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MELANYAMELANYA   21 novembre 2021
Le passé d'un individu, c'est comme son ombre, on le porte toujours avec soi. Parfois il disparaît. (Silence.) Parfois il revient. (De nouveau, le silence.) Des fois, on le cherche, et il ne vient pas. Et un jour, il surgit alors qu'on ne l'attend pas. (Silence prolongé.) Pareil à un esprit farceur. Il faut apprendre à vivre avec, à s'en servir au mieux pour avancer.
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MELANYAMELANYA   21 novembre 2021
La conception d’une classification hiérarchique des races humaines, qui est une des créations doctrinales des temps modernes (…), sera sans doue, un jour, la plus grande preuve de l’imperfection de l’esprit humain.
Anténor Firmin (De l’égalité des races humaines)
Epigraphe
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MELANYAMELANYA   21 novembre 2021
A force, les deux hommes avaient perdu un peu de leur tendre complicité. Enfant et même adolescent, oncle Joe représentait un personnage de légende pour son neveu, à l'égal des pirates sortis de l'imagination de Salomé, et dont il attendait les retours avec impatience.
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