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EAN : 9782259181228
1620 pages
Éditeur : Plon (24/08/2005)
4.49/5   578 notes
Résumé :
Les Rois maudits est une suite romanesque historique écrite par Maurice Druon avec une équipe de collaborateurs, entre 1955 et 1977, basée sur la légende inventée par le chroniqueur italien Paolo Emilio selon laquelle le dernier grand maître du Temple Jacques de Molay aurait lancé une malédiction sur le bûcher à l'encontre du roi de France Philippe IV le Bel, du pape Clément V, de Guillaume de Nogaret[1] et de leurs héritiers et descendants pendant treize génération... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
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boudicca
  26 novembre 2014
Écrite dans les années 50 par Maurice Druon, la saga historique « Les Rois maudits » connaît encore aujourd'hui un succès retentissant, et on comprend sans mal pourquoi. En sept volumes, l'auteur retrace tout un pan de l'histoire de France, celle de la chute de la dynastie des Capétiens qui exerçaient le pouvoir dans le royaume depuis le Xe siècle et le règne d'Hugues Capet. Une disparition imputée par beaucoup à la malédiction lancée par le grand maître de l'ordre des templiers, Jacques de Molay, brûlé vif en 1314 après le démantèlement de son ordre. Pendant près de trois siècles les rois de France s'étaient jusque là succédés de père en fils sur le trône pour une durée généralement assez longue. A partir de la mort de Philippe le Bel, responsable de la disparition des Templiers, les rois se succèderont à une vitesse alarmante tandis que se posera à trois reprises le problème de l'absence d'un héritier mâle à la mort du père. Accéderont ainsi à la royauté, pour un temps généralement assez bref, trois rois en l'espace de seulement huit ans : Louis X le Hutin, Philippe V le Long et Charles IV le Bel, les trois fils de Philippe IV avec lesquels s'éteint la dynastie des capétiens directs. La couronne échoie alors à une autre branche, celle des Valois, dont l'accession au trône ne sera pas sans poser d'autres difficultés.
Difficile, une fois cette impressionnante saga refermée, de lister par le détail toutes les qualités du travail effectuée par Maurice Druon tant celles-ci sont nombreuses. On peut évidemment tout d'abord saluer l'exceptionnel travail de documentation de l'auteur qui nous livre ici une masse d'informations absolument stupéfiante, non seulement sur la dynastie des rois de France, mais aussi et surtout sur ce que pouvait être la vie au XIVe siècle. Au moyen de petites anecdotes croustillantes ou de notes de bas de pages très élaborées, Maurice Druon brosse un portrait incroyablement réaliste de l'Europe du Moyen Age. Mode vestimentaire, moeurs, croyances, pratiques médicales..., tout est traité avec un égal souci de véracité qui ne peut que susciter l'admiration du lecteur. Car au-delà des problèmes de succession qui secouèrent la France au début du XIVe, l'auteur n'hésite également pas à nous dévoiler ce qu'il se passe hors des frontières du royaume. le lecteur aura par exemple l'occasion de découvrir les dessous de l'élection de plusieurs papes (qui se déroulait alors à Avignon, et non à Rome) ainsi que d'en apprendre davantage sur les bouleversements qui secouèrent à la même époque la cour d'Angleterre (la querelle entre le roi Édouard II et son épouse française, la révolte des barons anglais menée par le charismatique Mortimer...).
Mais là-où réside à mon sens une grande partie de l'intérêt de cette saga c'est avant tout dans l'habilité de l'auteur à mélanger la petite et la grande histoire. Outre le sujet de la succession au trône de France, Maurice Druon se focalise ainsi sur deux autres événements dont on se rend compte qu'ils ont, chacun à leur manière, de lourdes répercussions pour le royaume. le premier est la lutte acharnée pour la possession du comté d'Artois opposant la redoutable Mahaut et son tumultueux neveu Robert, la seconde, l'histoire d'amour entre un jeune et séduisant banquier lombard et une fille de petite noblesse. Trois histoires qui s'entremêle et qui fournissent l'occasion à l'auteur de nous livrer une analyse très lucide et très pertinente sur les rouages du pouvoir et les caprices du destin et du hasard. Les romans de Maurice Druon permettent également au lecteur de se faire une idée très précise du genre de roi qu'étaient chacun de ceux qui se sont succédés à cette époque. On ressent ainsi sans mal toute l'admiration qu'il porte à des rois sages et réformateurs tels que Philippe le Bel ou Philippe V, de même que l'on remarque aisément le regard dédaigneux avec lequel il regarde Louis X, Philippe VI ou encore Jean II, incompréhensiblement surnommé « Le Bon ». le tout est porté par une plume elle aussi remarquable. On passe rapidement outre le registre très soutenu employé par l'auteur et la profusion de termes techniques propres au Moyen Age pour se laisser porter par le récit passionnant qui nous est livré.
Un mot, pour terminer cette longue critique, sur la place occupée dans la saga par les personnages féminins. Contrairement à ce que les clichés qui perdurent sur le Moyen Age laissent à penser, Maurice Druon accorde une place de premier plan aux femmes, qu'elles soient de basse ou de haute extraction. Si certaines, à l'image de Marie de Cresay, se voient accorder un rôle bien supérieur à leurs attentes et ne se révèlent être finalement que les jouets du destin, d'autres, en revanche, parviennent à influer sur les événements de façon beaucoup plus contrôlée, et parfois beaucoup plus funeste. On peut notamment citée la belle Béatrice d'Hirson, âme damnée de Mahaut possédant de nombreuses accointances avec la sorcellerie et qui se révélera une manipulatrice hors-paire, mais aussi les nombreuses reines qui eurent, de façon plus ou moins marquée, une certaine influence sur leur royal époux, bénéfique (Clémence de Hongrie sur Louis X) ou non (Jeanne la Boiteuse sur Philippe de Valois). Parmi toutes les femmes évoquées dans la saga, trois marquent à mon sens durablement le lecteur : la redoutable Mahaut d'Artois, l'une des rares femmes exerçant un réel pouvoir et qui ne reculera devant rien pour continuer à l'exercer ; la non moins déterminée Isabelle, surnommée la louve de France, dont on assiste à la ruine puis à l'ascension ; et enfin Marguerite de Bourgogne, la fameuse « reine étranglée », inconsciente adolescente qui découvrira à ses dépends que l'adultère se paye fort cher lorsqu'on est princesse de France.
Avec « Les rois maudits » Maurice Druon nous offre une fresque exceptionnelle retraçant toute une période charnière pour l'histoire de France dont on découvre les coulisses dans les moindres détails. Guère surprenant que la saga ait autant inspirée, que ce soit au cinéma ou dans la littérature (« Le trône de fer » en est à mon sens un parfait exemple). Un véritable chef d'oeuvre qui se dévore avec avidité !
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mfrance
  08 février 2016
Si l'histoire de France était toujours contée avec autant de verve, nul doute qu'aucun enfant ne renâclerait à apprendre sa leçon !
Certes Maurice Druon a romancé la chose, mais il s'appuie sur des bases historiques indiscutables, a effectué de nombreuses recherches avec une équipe d'historiens et s'il lui arrive de broder quelque peu, voire inventer, nous n'allons point chicaner, car, et c'est le plus important, à aucun moment il ne dénature les faits. Bien au contraire, il les éclaire, non pas en assénant doctement un cours magistral, mais en faisant exister tous ses personnages dont le comportement obtus, l'aveuglement ou la bêtise ont mené inexorablement la France vers la guerre de cent ans !
Les rois maudits se dévorent comme un excellent roman d'aventures ! mais il est tellement plus que cela. Il nous plonge au coeur du Moyen-Age, en cette trouble période du début du XIVème siècle, qui en moins de 15 ans, de 1314 à 1328 va voir la mort de quatre rois de France, et pire, laisser le trône de France, sans héritier mâle (du jamais vu) et ouvrir la porte à une incroyable querelle de succession, au cours de laquelle le roi d'Angleterre (en tant que petit-fils de Philippe le Bel, par sa mère la reine Isabelle d'Angleterre) va revendiquer la couronne de France pour lui-même.
La mort des trois fils de Philippe le Bel, signe la fin des capétiens directs. Or, s'il n'y avait plus d'enfant mâle, il y avait une petite fille à qui le trône aurait dû revenir, la fille de Louis X ! mais, il n'était pas question de laisser le trône à une femelle, évidemment incapable de tenir les rênes d'un royaume ! On alla donc déterrer une très vieille loi franque, dite loi salique, pour empêcher l'héritière de faire valoir ses droits.
Repoussant dédaigneusement la revendication de l'Anglois, les pairs du royaume vont ouvrir la porte au règne des Valois, issus du frère de Philippe le Bel et offrir à la France un des rois les plus crétins de son histoire. Tellement stupide, ce Philippe VI de Valois, que par ses erreurs stratégiques (batailles perdues de l'Ecluse et De Crécy), il va mettre la France à genoux et à la botte de l'Angleterre dès le début de la guerre de Cent ans !
Maurice Druon a, entre autres qualités, donné chair et vie aux multiples personnages qui émaillent son récit. Tous, du plus au moins important, ont une réelle épaisseur psychologique. On les voit s'activer dans leur environnement familier et ce n'est pas un des moindres mérites de l'auteur, que de parvenir, grâce à une évocation très vivante de la vie quotidienne au Moyen-Age, qu'il s'agisse d'environnement, de nourriture, d'habillement et d'occupations habituelles, qu'il s'agisse aussi de pratiques bancaires, médicales ou de la manière de gouverner, à nous les rendre si proches de nous, si familiers.
Mentions particulières à Robert d'Artois et sa tante Mahaut (Mahaut la gueuse comme la nomme si gentiment son neveu).
Tous deux sont des personnages de première importance dans la saga ! En effet, Mahaut d'Artois a hérité l'Artois de son père, ce que conteste son neveu Robert, au nom de la fameuse loi salique, invoquée pour interdire aux femmes l'accès aux plus hautes fonctions de l'état.
Tous deux vont se livrer une guerre sans merci qui va finalement conduire le fougueux Robert, ce géant botté de rouge, à l'appétit d'ogre, au verbe haut, obnubilé par le désir de possession de "son" Artois à offrir ses services au roi d'Angleterre et le conforter dans son idée d'envahir la France !
Si l'histoire de France était toujours contée avec autant de verve, disais-je au début de cette chronique, il est bien évident que tout un chacun, aurait actuellement une mémoire sans faille de notre passé .....
A lire et relire sans se lasser !
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rabanne
  13 décembre 2015
Une extraordinaire fresque sociale, politique et religieuse dans l'Europe du Moyen âge d'après 1300.
Jacques de Molay, dernier maître de l'Ordre (des Templiers) jette l'anathème, depuis le bûcher sur lequel il agonise, sur la papauté, Philippe IV le Bel et sa descendance.
En effet, la dynastie des Capétiens prendra fin dans l'anarchie et un bain de sang. Les trahisons, les adultères, les mésalliances et les procès instaureront un climat de méfiance et de terreur.
La France ne pourra pas échapper à son destin, à savoir l'entrée dans une longue et sanglante lutte de pouvoir : la Guerre de Cent ans...
Maurice Druon a écrit un très bon roman historique, basé sur une recherche solide et des sources fiables.
Passionnée d'histoire, médiévale en particulier (spécialisation pendant mes études), j'ai dévoré les 7 tomes des Rois Maudits, avant d'acheter la version intégrale et de les relire avec délectation !
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patricelucquiaud
  27 septembre 2019
Cette oeuvre littéraire, au delà de sa dimension fleuve, telle une extraordinaire saga, présente l'avantage de réunir le roman et L Histoire. Tout est à la fois inventé et fidèle à la réalité historique... la fiction au service de l'Histoire c'est ici, un grand tour de force tenu par un collectif d'auteurs et d'historiens contributeurs sous la conduite de Maurice Druon auteur en chef, mis en écriture entre 1955 et 1977.

Tout part de cette malédiction du dernier grand maître du Temple Jacques de Molay alors sur le bûcher au moment où il rend son âme à Dieu : « Pape Clément… chevalier Guillaume de Nogaret… roi Philippe… avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment !… Maudits ! Maudits ! vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !… »
Terrifiantes paroles qu'on attribue à la légende… Mais ne faut-il pas, en certaines occasions, faire résonner L Histoire quand on sait qu'elle fut constituée d'événements hors du commun et dont le déroulement, l'enchaînement des faits encore plus redoutables et catastrophiques que ce que l'on imagine ordinairement

L'oeuvre complète comprend 7 livres* et je viens de finir la lecture du quatrième... Une sacrée plongée dans les intrigues du pouvoir, virulentes en ce début de XIVe siècle... La succession du roi de fer Philippe IV le Bel s'amorce à sa mort en 1314 et là s'inscrivent déjà les effets de la malédiction du Grand Maître. Si Philippe IV était un monarque puissant et d'une intelligence raffinée, au regard froid et fascinant, son héritier direct, l'aîné de ses fils, Louis X dit le Hutin, est un souverain faible sans envergure magistralement cocufié, s'emportant aisément, bougrement capricieux et de santé fragile... Ce sont les comtes autour de lui, ses oncles, qui l'influencent politiquement et la situation du royaume devient vite désastreuse, le peuple est encore plus malheureux que sous le précédent règne.
Vengeance, jugements sommaires, exécutions émaillées de tortures infâmes, empoisonnements, tous les ingrédients de l'horreur et de l'abject sont décrits avec un réalisme qui glace. Motivations, agissements sont aussi présentés dans le détail. Les caractères passés à la loupe nous font entrevoir chez chaque personnage, tantôt l'humanité dans ce qu'elle a de noble, tantôt la bestialité dans ce qu'elle comporte de terrifiant et de profondément avilissant.

Appréciant vivement l'écriture et la force du récit, j'émets toutefois cette réserve tenant à la psychologie induisant les menées de chaque personnage en ce sens qu'elle semble trop proche de nos manières de penser d'agir et réagir actuelles ; cette histoire est envisagée avec la mentalité propre à notre époque, telle que relèvent, analysent, interprètent, actes et événements, les hommes et les femmes de nos XXe et XXIe siècle... Les personnages en lice de ce bas Moyen Âge, cogitent comme des quidams de notre temps présent... même s'ils sont doués d'une vive intelligence, décrits comme tels, ils apparaissent très contemporains lorsqu'ils s'expriment et agissent.
Mais le machiavélisme date de ce temps et même de bien d'autres temps avant cela... alors, je dois reconnaître que la nature humaine, que ce soit à 7 siècles de nous en revenant dans le passé, est toujours et communément identique au tissu humain des gens d'aujourd'hui, lorsqu'elle se confronte à elle-même pour assouvir ou juguler ses passions.

L'autre attrait de cette fresque historique qui nous conduit de la fin du règne de Philippe IV le Bel à la guerre de 100 ans, tient aux annotations circonstancielles que l'auteur fait figurer à la fin de chaque livre. Un enseignement riche et utile pour bien comprendre les moeurs et les pratiques politiques de cette époque qui marque la fin de la féodalité et l'avènement de la bourgeoisie. La soumission d'homme à homme est déjà remise en cause, contestée. Il faudra néanmoins encore presque 5 siècles pour que ces droits seigneuriaux soient remis en cause puis abolis. Il en demeure que c'est Philippe IV le Bel qui, par sa politique et son inflexible volonté, parachève et impose, sous son règne, la notion d'État attribué au royaume de France (A cette époque, le plus important et influent en Europe)

13 générations ! Diantre !... cela nous mène bien au-delà de la guerre de Cent ans … quand on sait ce qui a suivi, les guerres de religions entres autres sinistres et funestes batailles et tueries. Considérant la génération à un ensemble de 30 années, cela nous mène approximativement à la fin du règne de Louis XIV ; à la grandeur et au faste de son règne succédera la décadence jusqu'à l'avènement de la Révolution et le rejet de la monarchie à la fin du XVIIIe siècle...
Jacques de Molay aurait-il eu cette vision grandiose du déclin des dynasties royales et de l'instrument religieux, cette Église institutionnelle et papale toute puissante qui les adombre, au profit d'un réveil vers La lumière citoyenne, envisageant les droits des hommes qui naissent libres et égaux ?

Et puisque nous parlons chiffre considérons ces dates :

1314 – 1431... Ces deux dates aux chiffres identiques peuvent avoir une portée fortement symbolique puisqu'elles correspondent, pour la première, à l'année où fut mis au bûcher, Jacques de Molay le grand Maître du Temple (18 Mars 1314), et pour la seconde, l'année où Jeanne d'Arc fut brûlée vive sur la place du Marché à Rouen ( 30 Mai 1431) après avoir en partie chassé les Anglais hors de France et fait couronner Charles VII monarque légitime de cette nation.
Fait aussi remarquable, Jacques de Molay est né le 16 Mars 1244 le jour même où 200 Parfaits, membres du mouvement Cathare, périssaient sur le bûcher à Montségur...
Le feu, entre fer et foudre, par trois fois, a servi d'ultime épreuve à des êtres exceptionnels !...

1314 : L'inflexibilité du roi de Fer Philippe IV, condamne le Grand Maître du Temple au feu du bûcher où, avant de mourir, Jacques de Molay invoque les foudres du ciel …
1431 : La tendance s'inverse, pour Jeanne d'Arc, tout est parti des Voix du Ciel, elle a revêtu le fer de l'armure pour affermir le trône du roi qu'elle a servi et fait couronner à Reims comme Charles le Septième... et pourtant, à cette date, la Pucelle d'Orléans, jugée relaps, est condamnée elle aussi, au feu du bûcher.

Enfin, de 1314, quand nous comptons : 1 + 3 + 1 + 4, nous obtenons : 9
de même pour 1431, effectuant le calcul : 1 + 4 + 3 + 1, nous avons : 9
En valeur symbolique 9 est le chiffre de l'accomplissement ou de la résolution, prélude au renouveau, à l'avènement d'une ère nouvelle, d'une réorientation, présentant un axe nouveau à l'évolution...

La légende et L Histoire ne sont jamais éloignées l'une de l'autre, elles se fécondent mutuellement et nous enrichissent des hauts faits de l'humanité qu'ensemble, alors, elles pérennisent.


Notes :
* les sept tomes des Rois Maudits sont ainsi titrés :

I
Le Roi de fer
II
La reine étranglée
III
Les poisons de la couronne
IV
La loi des mâles
V
La louve de France
VI
Le lis et le lion
VII
Quand un roi perd la France
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ABEDFranck
  23 janvier 2020
FRANCK ABED DARTOIS
Les Editions Plon ont eu l'excellente idée de publier l'intégrale des Rois maudits. Cette saga littéraire à la française, qui prend sa source dans la merveilleuse et fascinante histoire de France, a conquis de nombreux lecteurs à travers le monde. Personne ne doute que cette histoire ravira encore longtemps les passionnés de littérature, d'histoire et de la période médiévale.
Cette édition collector est préfacée par George R.R. Martin, l'auteur - mondialement connu - de la série fantastique Game Of Thrones. Les deux créations littéraires ont par ailleurs donné naissance à de formidables productions audiovisuelles que nous avons beaucoup appréciées. En effet, nous pensons à la mini-série française en six épisodes de 102 minutes Les Rois maudits, réalisée par Claude Barma en 1972 d'après l'adaptation de Marcel Jullian. Nous mentionnons également la série télévisée américaine médiéval-fantastique intitulée Game of Thrones ou le Trône de fer, titre français de l'oeuvre romanesque dont elle est adaptée, créée par David Benioff et D. B. Weiss. Elle reprend les écrits de Martin en huit saisons et soixante-treize épisodes. Elle connaît un succès mondial unanime et mérité, nonobstant un final très décevant bien loin d'être à la hauteur du reste de la série.
Il nous faut maintenant présenter Maurice Druon. Il est né à Paris en avril 1918 alors que la Première Guerre Mondiale touche à sa fin. Pendant le deuxième conflit qui frappe l'Europe dans les années 40, il rejoint Londres et les Forces Françaises Libres. Comme chacun sait, il est le co-auteur avec Joseph Kessel du Chant des Partisans. Il reçoit le Prix Goncourt pour Les Grandes Familles. Il est élu en 1966 à l'Académie française dont il devient le Secrétaire perpétuel. Il démissionnera en 1999, après avoir reçu en 1996 le prix Monaco pour l'ensemble de son oeuvre. Il décède le 14 avril 2009 à Paris. Druon laisse derrière lui une oeuvre dense et magistrale.
Le fait que Martin soit le préfacier de ce fascinant ouvrage ne relève pas du hasard. Ce dernier écrit : « Au fil des ans, plusieurs critiques ont décrit ma série de romans de fantasy le Trône de Fer comme de la fiction historique, narrant donc des événements jamais arrivés, assaisonnée d'une couche de sorcellerie et relevée d'une pincée de dragons. » Cette analyse est pour lui « un compliment, ayant toujours considéré la fiction historique et la fantasy comme secrètement soeurs - deux genres séparés à la naissance ». Il ajoute avec intérêt que sa série « puise dans les deux traditions, et bien que je me sois incontestablement inspiré de Tolkien, Vance, Howard, et d'autres auteurs de fantasy qui m'ont précédé, le Trône de Fer et sa suite ont également été influencés par l'oeuvre de grands romanciers historiques tels que Thomas B.Costain, Mika Waltari, Howard Pyle… et Maurice Druon ».
Martin nous dit de Druon que c'est « un écrivain français exceptionnel qui nous a donné Les Rois maudits, série composée de sept excellents romans retraçant la chute des rois capétiens et les débuts de la guerre de Cent ans ». En réalité, elle a duré 116 ans (1337-1453), mais les historiens ont retenu cette appellation plus marquante. A lire la préface et les différents entretiens de Martin évoquant Druon, nous découvrons le profond et l'immense respect que lui inspire l'académicien français. Dans son article intitulé Mon héros : Maurice Druon, il confesse volontiers le propos suivant : « Je regrette de n'avoir jamais eu la chance de serrer la main de Druon. Les Rois maudits sont le Game Of Thrones original. »
Martin, non sans rire, estime que « les Stark et les Lannister n'ont rien à envier aux Capets et aux Plantagenêts ». Il poursuit son raisonnement de cette manière : « Dans Les Rois maudits, il y a tout, rois de fer, reines étranglées, combats, trahisons, mensonges et luxure, tromperie, rivalités familiales, malédictions des Templiers, bébés échangés à la naissance, louves, péchés et épées, chute d'une grande dynastie… le tout (enfin, presque) tiré directement des pages de l'histoire. » Il a bien raison d'apporter une légère nuance, car même si Les Rois maudits s'appuient sur l'Histoire, il ne faut pas considérer cette oeuvre comme un ouvrage historique de référence au sens universitaire du terme.
La force de Druon, au-delà de ses immenses connaissances et de son talent d'écriture, repose sur sa capacité à bâtir des histoires sur des zones d'ombre de l'Histoire. Cela lui permet de donner force et consistance à son récit, car les scénarios qu'il a commis sont à chaque fois extrêmement plausibles. Certes, Maurice Druon a romancé des événements mais, insistons sur ce point, il les a établis sur de solides bases documentaires. L'ensemble se révèle à la fois inventé et plutôt fidèle à la réalité historique, malgré quelques libertés forcément prises quand on cherche à composer un roman historique.
Nous pouvons dire que, sous la plume de Druon, la fiction se met au service de l'Histoire. le personnage de Guccio Baglioni - un banquier siennois créé pour l'occasion - a vraiment retenu tout notre intérêt parmi une galerie de personnages réels ou inventés toujours hauts en couleurs. Ce banquier, travaillant pour une compagnie lombarde, côtoie les puissants de son époque tout en constatant leurs bassesses et leurs turpitudes sans jamais y succomber, ses pensées étant tournées vers son amour Marie de Cressay.
Druon, en sept volumes, nous retrace avec un récit passionnant et plein de rebondissements tout un pan de l'histoire de France : la chute de la dynastie capétienne qui exerçait le pouvoir dans le royaume depuis le Xe siècle. Prenons le soin de rappeler que certains historiens qualifient cette période de « miracle capétien ». En effet, de 987 à 1316, se succèdent à la tête du royaume de France les douze premiers descendants en ligne directe d'Hugues Capet. Pourtant, suite à la malédiction de Molay, aucun des trois fils de Philippe IV ne peut donner un mâle à la couronne de France qui s'enfonce alors dans une crise majeure…
A l'évidence, le cadre historique est introduit par un prologue extrêmement bien rédigé : « Au début du quatorzième siècle, Philippe IV, roi d'une beauté légendaire, régnait sur la France en maître absolu. Il avait vaincu l'orgueil guerrier des grands barons, vaincu les Flamands révoltés, vaincu l'Anglais en Aquitaine, vaincu même la Papauté qu'il avait installée de force en Avignon. Les Parlements étaient à ses ordres et les conciles à sa solde. »
Philippe IV avait trois fils majeurs qui étaient censés lui assurer une nombreuse descendance et « sa fille était mariée au roi Edouard II d'Angleterre. Il comptait aussi six autres rois parmi ses vassaux et le réseau de ses alliances s'étendait jusqu'à la Russie. » Tout semblait aller dans le bon sens pour le petit-fils de Saint Louis, même si « un seul pouvoir avait osé lui tenir tête : l'Ordre souverain des chevaliers du Temple. Cette colossale organisation, à la fois militaire, religieuse et financière, devant aux croisades, dont elle était issue, sa gloire et sa richesse. »
Nous trouvons intéressant que ce prologue soit introduit par cette citation d'Edmond et Jules de Goncourt, très révélatrice sur la nature et l'essence de l'histoire : « L'histoire est un roman qui a été. » Comme souvent, il suffit d'un grain de sable pour enrayer la plus prodigieuse des mécaniques. le prologue précise que « l'indépendance des Templiers inquiétait Philippe le Bel, en même temps que leurs biens immenses excitaient sa convoitise. Il monta contre eux le plus vaste procès dont l'Histoire ait gardé le souvenir, puisque ce procès pesa sur quinze mille inculpés. Toutes les infamies y furent perpétrées, et il dura sept ans. C'est au terme de cette septième année que commence notre récit. ».
En définitive, deux grains de sable ébranlent le royaume des lys : ce fameux procès et les adultères des belles-filles de Philippe… de ces tristes et sombres affaires naissent des conflits de succession, des questions autour de la Loi salique, des manoeuvres financières et d'autres procès interminables. Il y aura aussi des morts, du poison, des manipulations, des mensonges et enfin, cette guerre terrible qui provoquera le chaos, la mort et la résurrection du royaume de France.
Nous avons réellement apprécié cette fresque historique, politique, sociale voire religieuse se déroulant au début de notre XIVe siècle. La France semble à son apogée mais une malédiction la frappe en plein coeur. Elle est prononcée sur le bûcher par Jacques de Molay : « Pape Clément !… Chevalier Guillaume !… Roi Philippe !… Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste jugement ! Maudits ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! » Druon nous conte avec brio les multiples conséquences de cette damnation templière qui ébranlera nombre de familles…
Le récit nous plonge littéralement au coeur de l'histoire royale et des nombreuses intrigues qui les marquent. Ainsi, de Philippe le Bel à sa fille Isabelle, surnommée par Druon la Louve de France, des multiples dauphins aux banquiers lombards, en passant par la Comtesse Mahaut et Robert d'Artois - la tante et le neveu se détestent car les deux revendiquent la possession des mêmes terres - nous suivons des terribles confrontations entre des personnages de pouvoir, forts, parfois retors et ambigus mais qui ne reculent devant presque rien pour obtenir gain de cause.
Martin exprime parfaitement une pensée que nous approuvons sans aucune retenue. Nous lui laissons donc la conclusion : « Que vous soyez mordu d'histoire ou fan de fantasy, l'épopée de Druon vous tiendra en haleine. »

Franck ABED
Lien : http://franckabed.unblog.fr/..
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critiques presse (1)
Actualitte   22 juin 2020
J’ai ouvert cette nouvelle édition qui a été publiée chez Plon, sur un papier quasiment aussi fin qu’un papier bible et je ne l’ai plus lâché. Un peu plus de 1 300 pages de magouilles délicieusement palpitantes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   25 février 2020
Il s’agissait de l’institution d’une Sainte Pénitencerie, sorte de chancellerie du péché qui délivrerait les bulles d’absolution moyennant des taxes d’enregistrement perçues au profit du Saint-Siège. Les prêtres estropiés pourraient obtenir quittance à raison de quelques livres par doigt manquant, le double pour un œil perdu, autant pour l’absence d’une ou deux génitoires. Celui qui se serait amputé lui-même de sa virilité devrait payer un prix plus fort. Des malfaçons ou accidents physiques, Duèze passait aux irrégularités morales. Les bâtards qui avaient caché leur situation de naissance en recevant les ordres, les clercs qui avaient pris la tonsure bien qu’étant mariés, ceux qui se mariaient secrètement après l’ordination, ceux qui vivaient non mariés en ménage de femme, ceux qui étaient bigames, ou incestueux, ou sodomites, tous étaient imposés proportionnellement à leur faute. Les nonnes qui auraient paillardé avec plusieurs hommes au-dedans comme au-dehors de leur couvent seraient soumises à une réhabilitation particulièrement coûteuse.*
- Si l’institution de cette pénitencerie, déclara Duèze, ne fait pas rentrer deux cent mille livres la première année, je veux bien…
Il allait dire « je veux bien être brûlé » mais s’arrêta à temps.

* L’Eglise romaine n’a jamais, comme ses adversaires l’ont souvent prétendu, vendu d’absolution. Mais elle a, ce qui est tout différent, fait payer aux coupables le prix des bulles qui leur étaient délivrées pour attester qu’ils avaient reçu l’absolution de leur faute.
Ces bulles étaient nécessaires lorsque, le délit ou le crime ayant été publics, il fallait fournir preuve d’avoir été absous pour être de nouveau admis aux sacrements.
Le même principe était appliqué en droit civil pour les lettres de grâce et de rémission accordées par le roi et dont l’inscription aux registres donnait lieu à la perception d’une taxe. La coutume en remontait aux Francs, avant même leur conversion au christianisme.
Jacques Duèze (Jean XXII), par son livre des taxes et par l’institution de la Sainte Pénitencerie, devait codifier et généraliser cet usage pour l’Eglise, dont il restaura de sorte les finances.
Les membres du clergé n’étaient pas les seuls astreints à ces bulles ; des taxes étaient également prévues pour les laïcs. Les tarifs étaient calculés en « gros », monnaie qui valait environ six livres.
Ainsi le parricide, le fratricide ou le meurtre d’un parent, entre laïcs, étaient taxés entre cinq et sept gros, de même que l’inceste, le viol d’une vierge, ou le vol d’objets sacrés. Le mari qui avait battu sa femme ou l’avait fait avorter était astreint à verser six gros, et sept si l’épouse avait eu les cheveux arrachés. La plus forte amende, soit vingt-sept gros, frappait la falsification des lettres apostoliques, c’est-à-dire la signature du pape.
Les taux montèrent avec le temps, parallèlement à la dévaluation de la monnaie.
Mais encore une fois, il ne s’agissait pas de l’achat de l’absolution ; il s’agissait d’un droit d’enregistrement pour la fourniture de preuves authentiques.
Les innombrables pamphlets consacrés à cette question et qui circulèrent à partir de la Réforme, pour discréditer l’Eglise romaine, se sont tous appuyés sur cette confusion volontaire. [Notes historiques]
[La Loi des mâles]
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boudiccaboudicca   24 septembre 2014
 Il est des villes plus fortes que les siècles ; le temps ne les change pas. Les dominations s'y succèdent ; les civilisations s'y déposent comme des alluvions ;mais elles conservent à travers les âges leur caractère, leur parfum propre, leur rythme et leur rumeur qui les distinguent de toutes les autres cités de la terre. Naples, de toujours, fut de ces villes-là.
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laulauttelaulautte   04 mars 2020
Certes, un prince qui meurt est plus pauvre homme que le plus pauvre serf de son royaume. Car le pauvre serf n'a pas à mourir en public ; sa femme et ses enfants peuvent le leurrer sur l’imminence du départ ; on ne l'entoure pas d'un apparat qui lui signifie sa disparition ; on n'exige pas de lui qu'il dresse, in extremis, constat de sa propre fin. Or, c'était bien cela qu'ils réclamaient, tous ces hauts personnages assemblés. Un testament,, qu'est-ce d'autre que l'aveu qu'on fait soi-même de son décès ? Une pièce destinée à l'avenir des autres... Son notaire particulier attendait, l'encrier fixé au bord de la planche à écrire, le vélin et la plume prêts. Allons ! il fallait commencer... ou plutôt achever. Le plus pénible n'était pas tant l'effort d'esprit que l'effort de renoncement... Un testament, cela débutait comme une prière...
[La Louve de France]
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laulauttelaulautte   28 février 2020
« Sont-ils tous à ma semblance, criminels s’ils en avaient l’occasion, innocents seulement d’apparence, et prêts à se servir du mal pour accomplir leur ambition ? Pourtant, lorsque j’étais à Lyon, je n’avais que des vœux de justice. Est-ce bien sûr ?... La nature humaine est-elle si détestable, ou bien est-ce la royauté qui nous rend ainsi ? Est-ce le tribut que l’on paye à régner, que de se découvrir à tel point impur et souillé ?... Pourquoi Dieu nous a-t-il faits mortels, puisque c’est la mort qui nous rend détestables, par la peur que nous en avons comme par l’usage que nous en faisons ?... On va peut-être tenter de me tuer cette nuit. »
[La Loi des mâles]
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laulauttelaulautte   29 février 2020
Une avance trop aisée est presque aussi épuisante, pour une troupe, qu’une retraite. Faute de trouver devant soi une résistance qui permît de s’arrêter, fût-ce une journée, et de reprendre haleine, l’armée de France marchait, marchait, sans relâche, depuis plus de trois semaines, depuis vingt-cinq jours exactement. Le grand ost, bannières, armures, goujats, archers, chariots, forges, cuisines, et puis les marchands et les bordeliers à la suite, s’étirait que plus d’une lieue. Les chevaux blessaient au garrot, et il ne se passait pas de quart d’heure que l’un ne se déferrât. Beaucoup de chevaliers avaient dû renoncer à porter leurs cuirasses, qui, la chaleur aidant, leur provoquaient plaies et furoncles aux jointures. La piétaille traînait ses lourds souliers cloutés. En plus, les belles prunes noires d’Agen, qui semblaient mûres sur les arbres, avaient purgé avec violence les soldats assoiffés et chapardeurs ; on en voyait qui quittaient la colonne à tout instant pour aller baisser leurs chausses le long du chemin.
[La Louve de France]
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Vidéo de Maurice Druon
Retrouver l'émission ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-nuit-du-premier-jour-52411.html
Après deux titres contemporains, Theresa Révay a choisi le roman historique dont elle est devenue l'une des meilleures représentantes. Avec « Valentine ou le temps des adieux » en 2002, les lecteurs découvrent alors une jeune auteur dont le travail d'écriture, le romanesque des situations, la psychologie des personnages et le cadre historique n'est pas sans rappeler Henri Troyat, Maurice Druon ou Françoise Chandernagor. Pour ma part, j'aime à dire que Theresa Révay peut être considérée comme la petite cousine de Ken Follett !
Après la révolution bolchevique dans « La louve blanche », l'Angleterre des années 20 dans « Dernier été à Mayfair », le Berlin de 1945 dans « Tous les rêves du monde » ou la fin de l'empire ottoman dans « L'autre rive du Bosphire », Theresa Révay n'a pas son égale pour nous faire voyager dans le temps et dans le monde. Par un sens de l'intrigue parfaitement construit, elle sait inventer des destins romanesques aux prises avec la grande histoire, sans rien sacrifier à la qualité de l'écriture.
Voici le 10ème roman de Theresa Révay, « La nuit du premier jour ». Nous sommes à Lyon à la toute fin du XIXème siècle, où Blanche s'étiole dans la bourgeoisie locale des soyeux, auprès de son mari Victor. de ce mariage arrangé sont nés deux enfants, Oriane et Aurélien que chérit leur mère. Et pourtant, par amour pour Salim, venu de son Orient natal pour affaires avec les soyeux, Blanche va tout quitter.
Au-delà de cette intrigue romanesque et des rebondissements liés à des secrets de famille bien enfouis, Theresa Révay nous entraine dans un formidable tourbillon de sentiments et de larmes, au coeur du premier conflit mondial mais aussi dans le soleil de la Syrie et du Liban, où le sang va couler également. Face à une Europe qui se déchire, à l'autre bout de la Méditerranée, Blanche va devoir affronter la révolte arabe face à l'empire Ottoman de Jamel Pacha.
Magnifique portrait de femme luttant par amour, pour ses enfants comme pour l'homme de son coeur, le nouveau roman de Theresa Révay est une grande fresque qui résonne avec notre époque contemporaine et nous offre un magnifique moment de lecture.
« La nuit du premier jour » de Theresa Révay est publié chez Albin Michel.
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