AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2878271211
Éditeur : Rackham (15/01/2010)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Palestine est le récit du voyage entrepris par Joe Sacco pendant l’hiver 1991-92 dans les Territoires palestiniens occupés par Israël, durant la première Intifada (1987-1993). L’auteur s’est plusieurs fois exprimé sur les motivations de ce voyage : ses doutes sur la politique des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël après la guerre et l’invasion du Liban en 1980 et les massacres dans les champs de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila ; l’irritation qu’il éprouvait fac... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Giraud_mm
  26 juillet 2019
Avec Palestine, Joe Sacco a créé la bande dessinée de reportage, à l'issue d'un voyage de plusieurs mois, en 1992, en Israël et en Palestine.
Le dessin est sombre mais réaliste.
Les textes sont sans concession, à la fois sur ce que l'auteur voit et ce qu'il ressent.
En arrière-plan, on ressent un parti pris pro-palestinien (ou anti "pourquoi il est de bon ton de défendre la cause israélienne"), mais sans concession avec les dérives des tenants de la cause palestinienne.
Même si le sujet m'est cher, et la façon de le traiter a priori plutôt sympathique, j'ai eu un peu de mal à lire cette BD : des dessins un peu trop noirs ? un texte un peu trop lourd ? Ce n'est pas la cause qui est en jeu, plutôt la façon dont elle est traitée...
Une BD utile, pour qui sait la lire...
Commenter  J’apprécie          360
Alcapone
  08 janvier 2014
Cet album rassemble les 9 tomes de la série Palestine intialement publiés par l'éditeur américain Fantagraphics entre 1993 et 1995. La première Intifada (1987-1993) fait rage lorsque Joe Sacco met les pieds en territoire occupé de Palestine en 1992. Agacé puis lassé par le point de vue dominant de la presse américaine sur le conflit israelo-palestinien, le dessinateur qui sera sacré figure de proue de la BD reportage grâce à cette série de bande-dessinées, entreprend un voyage de deux mois et demi en Palestine pour rendre compte par lui-même de la situation. Assumant avec aplomb et honnêteté son parti pris, Joe Sacco entend donner un son de cloche différent sur l'occupation israelienne en Palestine. Ne déclare t-il pas avec pertinence que : "Ce livre, bien que son contenu puisse paraître tempéré en regard de la violence d'aujourd'hui et de la tournure dramatique des événements, touche à l'essence de cette occupation. Ce n'est pas un travail objectif, si on entend par objectivité cette approche américaine qui consiste à laisser s'exprimer chaque camp sans se préoccuper que la réalité soit tronquée. Mon idée n'était pas de faire un livre objectif mais un livre honnête." (Joe Sacco, Quelques réflexions sur la Palestine, 2007). Cette série qui devait au départ compter six volumes, se compose de neuf tomes organisés autour de diverses thématiques : le Caire, la prison d'Ansar III, la camp de réfugiés de Jabalia, le droit des femmes, le port du hihab, "pression modérée", Ramallah, Naplouse, les handicapés... toutes les personnes rencontrées ou interrogées par Joe Sacco ont pour point commun des parents blessés, traumatisés, emprisonnés, abattus. Parfois dépité et exténué, le journaliste enchaîne les entretiens qui finissent par tous se ressembler. Les récits concordent. Les fait relatés accablants. La rancoeur est tenace et les haines exacerbées. Que vient chercher Sacco, lui demandent certains témoins. Racontera t-il au monde leur malheur ? A quoi bon sensibiliser l'opinion publique ? Quand la communauté internationale se décidera t-elle à agir ? A chaque personne interrogée, chaque question posée, Joe Sacco se heurte à autant d'interrogations auxquelles il n'a malheureusement ni réponses, ni solutions...
On entend souvent dire que Palestine est l'une des plus belles réussites de Joe Sacco. Je confirme : cette série, considérée comme pionière en matière de BD reportage, a valu au journaliste la reconnaissance de ses pairs, ce qui n'est pas peu dire compte tenu de l'époque où Palestine a été publié pour la première fois. de toutes les oeuvres que j'ai pu lire de Joe Sacco, je dois reconnaître que cette bande-dessinée qui a permis à l'auteur de faire ses premières armes, dégage une spontanéité et une naïveté particulièrement touchantes. Il part en Palestine en conquérant. Il en veut pour son argent. Il poursuit le scoop qui va faire sa notoriété. Il tient le sujet de son futur chef d'oeuvre. Avec humour mais aussi humilité, Joe Sacco fait découvrir un envers du décor méconnu de la Palestine. Pourtant ses espérances s'étiolent au fur et à mesure que son voyage avance. Entre arnaques, mensonges et sollicitations en tous genres, Joe Sacco évolue dans un environnement hostile : la misère, le malheur et la rancoeur des gens, les camps délabrés, les témoins insistants et la rigueur de l'hiver, finissent par venir à bout de son enthousiasme. La fin de son voyage prend des allures de marathon. Les arrestations intempestives ou les jets de pierres qui menacent en permanence colons ou palestiniens rendent compte d'une tension omniprésente que l'auteur restitue tantôt avec emphase, tantôt avec lucidité.
Notons par exemple ce long passage que je trouve d'une émouvante sincérité et qui fait de Palestine une oeuvre très personnelle dont j'apprécie particulièrement la teneur : "Je cligne des yeux, photographie mentalement la scène en me disant : ça va me faire de sacrées pages dans la BD - une séquence étrange avec une voiture ballotée sous une pluie torrentielle, Sameh qui essaie par dessus son épaule de percer l'obscurité, triturant les vitesses pour nous dégager des allées inondées, et moi, à côté, au comble du bonheur... J'y suis tu comprends, j'ai fait des centaines de kilomètres en avion, en bus, en taxi, pour arriver précisément ici : Jabalia, l'incontournable camp de réfugiés de la bande de Gaza, le point de départ de l'Intifada, le Disneyland de l'ordure et de la misère... Et me voilà, moi le peintre des misères palestiniennes, le putain de dessinateur aventurier qui n'a pas changé de fringues depuis des jours, qui a enjambé quelques rats morts et tremblé dans le froid, qui a déconné avec les gamins et acquiésé calmement à leurs terribles récits... Dans la voiture, je me pince pour y croire, pris de vertige dans le noir, devant les flots et les vents furieux, pensant, "vas-y bébé, balance la sauce, je peux encaisser." Mais je garde la vitre bien fermée..." (p. 206). Grâce à Palestine, Joe Sacco touche vraiment à l'excellence. Avec le temps, ce génie des premiers temps a peu à peu cédé à un professionnalisme plus maîtrisé mais moins séduisant. Pour ma part, si vous ne deviez lire qu'une seule oeuvre de Joe Sacco, optez pour cette grandiose série à la fois pour sa créativité artistique et ce certain regard porté sur la Palestine...
A lire également Gorazde ou Gaza 1956, en marge de l'histoire, du même auteur.
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Chri
  21 mars 2015
Les orages s'abbatent sur les villes palestiniennes à l'allure de bidonville sous couvre-feu israélien. le jour se lève sur un véritable bourbier surpeuplé. Il faut vraiment avoir envie de venir ici. L'auteur américain de cette bd-reportage est décidé à montrer cette réalité à ses compatriotes et au monde.
Reçu chaleureusement dans les familles palestiniennes, il écoute et retranscrit les récits. Les plus anciens évoquent le moment où ils ont été chassés de chez eux. Les autres évoquent le combat quotidien pour vivre qui implique aussi le combat quotidien contre l'occupant israélien : caillassage de la police, cocktail Molotof, combats de rue, blessés et morts par balles, arrestations, torture (dite "pression modéree"), emprisonnement. le scénario est très répétitif. La police et l'armée gagnent. Les colons poursuivent la colonisation.
Les dessins à la fois réalistes et naïfs dans le style comics soulignent la simplicité des gens et accentuent ainsi le contraste avec la complexité de la situation : d'un côté Israël imposé aux paslestiniens par la parole de Dieu soutenue par les britanniques en 1917, et mise en oeuvre par une dynamique sioniste radicale. de l'autre côté les palestiniens révoltés qui s'organisent sous différentes bannières nationalistes et fondamentalistes.
Aucune de ces doctrines n'a la moindre chance d'aboutir.
Les témoignages des femmes palestiniennes sont les plus révélateurs du fondamentalisme : une femme reconnait que l'oppression de la femme par l'homme est un problème qui réclame sa solution par le retour stricte au Coran. Deux jolies palestiniennes expriment leur culpabilité de ne pas croire suffisamment en l'islam. Une autre rappelle toutefois que les femmes non voilées se font caillasser dans la rue par des membres du Hamas...
De retour à Tel Aviv le mot de la fin est laissé à une femme israëlienne réprouvant la colonisation mais fatiguée d'être rendue coupable de tous les malheurs des palestiniens.
Non vraiment la fin de ce conflit ne peut venir que d'un acte de foi non religieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
SpaceshipGraphics
  29 mai 2013
S'il fallait trouver une définition à la BD-journalisme, Confucius avec son « Une image vaut mille mots » nous a déjà mâché le travail. Palestine de Joe Sacco n'y fait pas exception.
En 1992, Joe Sacco, irrité par la vision occidentale du conflit israélo-palestinien, décide de partir en Palestine parce qu'il dit s'être senti obligé. Prenant petit à petit conscience de la souffrance des Palestiniens mais aussi d'un Israël pas si innocent qu'on voudrait le faire croire, il avait le sentiment de devoir faire quelque chose. Joe Sacco est né à Malte mais ses parents ont très vite déménagé en Australie, puis à Los Angeles. Il étudiera le journalisme à l'université mais abandonne assez vite l'idée de travailler dans la presse traditionnelle. Il raccroche donc à la BD, "la passion d'une vie", et déménage à Berlin pour y travailler. C'est là-bas que son idée de parler de la Palestine via le média de la bande dessinée va germer et que finalement, il décide que la meilleure façon d'en parler et d'aller sur place.
Dans sa méthodologie, Joe Sacco est très proche de Art Spiegelman. Tous deux font de la BD-journalisme, Spiegelman interview son père pour raconter l'oppression du peuple juif et les camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale, Joe Sacco lui parcourt les territoires occupés, rencontres des Palestiniens, vit autour d'eux, avec eux pour rendre compte d'une réalité enterrée derrière des journaux télévisés. Dans ce titre, "Palestine", l'auteur dit déjà beaucoup de choses. Ici, il s'agit bien (pratiquement) d'un seul point de vue. Comme il l'explique à la fois dans le récit mais aussi dans une série de (très bons!) documents précédant la bd, il estime que le point de vue israélien est parfaitement représenté dans les médias nord-américains.
Pourtant, l'histoire parle très peu de politique. Si les noms de partis ou personnalité sont évoqués régulièrement, jamais Joe Sacco ne donne une vraie dimension politique à sa bd. Exit propagandes (des deux côtés), discours et autres endoctrinements. Ce qui l'intéresse, ce sont les gens. Au fur et à mesure de l'histoire, on découvre le quotidien de ces oubliés. Les récits se suivent et se ressemblent souvent mais après tout, les souffrances, elles, ne s'arrêtent pas!. Les Palestiniens vivent dans la terreur et la haine, chaque famille a son lot d'injustices où tortures, justice à deux vitesses et violence démesurée se croisent régulièrement. Condamnés bien souvent à des vies misérables et pauvres, ils subissent la colonisation armée de leurs terres. Joe Sacco s'immerge totalement, il n'hésite pas à visiter les zones "sensibles", il côtoie souvent malgré lui des situations de panique en pleine rue. Pédagogique et instructif, ce livre nous en apprend plus que 10 ans de journaux télévisés. Bien sûr, ce que nous raconte l'auteur a déjà 20 ans, et pourtant, le conflit ne faiblit pas.
Première "vraie" BD de Sacco, cela se ressent particulièrement au début où le style "cartoon" est parfois trop caricatural, mais moins par la suite. L'histoire manque également de fil conducteur. Les interviews et lieux s'enchainent sans vrai raccord, mais Sacco se rattrape largement sur sa mise en scène avec des contre-plongées ou encore une déstructuration des cases (même si parfois un peu trop brouillonnes).
Joe Sacco ne se contentera pas de ce reportage. Il va aussi écrire et dessiner Gaza 1956, en marge de l'histoire, qui finira certainement rapidement dans ma bibliothèque. Mais il voyagera dans d'autres pays également. En Bosnie alors que la guerre touche presque à sa fin, dans son pays d'origine, à Malte, où les immigrants africains sont vu d'un très mauvais oeil par la population locale. Dernièrement, il a illustré Jours de destruction Jours de révolte avec les textes de Chris Hedges.
Lien : http://blog.spaceshipgraphic..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
gaudusky
  01 mars 2011
Engagé, édifiant
Commenter  J’apprécie          40
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AlcaponeAlcapone   08 janvier 2014
"Je cligne des yeux, photographie mentalement la scène en me disant : ça va me faire de sacrées pages dans la BD - une séquence étrange avec une voiture ballotée sous une pluie torrentielle, Sameh qui essaie par dessus son épaule de percer l'obscurité, triturant les vitesses pour nous dégager des allées inondées, et moi, à côté, au comble du bonheur... J'y suis tu comprends, j'ai fait des centaines de kilomètres en avion, en bus, en taxi, pour arriver précisément ici : Jabalia, l'incontournable camp de réfugiés de la bande de Gaza, le point de départ de l'Intifada, le Disneyland de l'ordure et de la misère... Et me voilà, moi le peintre des misères palestiniennes, le putain de dessinateur aventurier qui n'a pas changé de fringues depuis des jours, qui a enjambé quelques rats morts et tremblé dans le froid, qui a déconné avec les gamins et acquiésé calmement à leurs terribles récits... Dans la voiture, je me pince pour y croire, pris de vertige dans le noir, devant les flots et les vents furieux, pensant, "vas-y bébé, balance la sauce, je peux encaisser." Mais je garde la vitre bien fermée..." (p. 206)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
ChriChri   02 mars 2015
3 citations pour la mise en place du drame palestinien, la Bd "Palestine" raconte la suite : on est en 1993, c'est insupportable.
Dieu (Josué 1.3)
Chaque arpent de terre foulé par ton pied, je te l'ai donné comme je l'ai promis à Moïse. Du désert et du Liban jusqu'à la grande rivière, l'Euphrate, tout le pays des Hittites au, etc...
Lord Balfour, 1917
A tort ou à raison, pour le meilleur ou pour le pire, les besoins et les espoirs du mouvement sioniste, enraciné dans une longue tradition sont d'une importance plus profonde et capitale que les désirs ou les préjudices des 700 000 arabes qui habitent aujourd'hui cette antique contrée.
Golda Meir, 1969
Ce n'est pas comme s'il existait un peuple palestinien qui se considérait lui-même comme un peuple palestinien, que nous étions venus et que nous l'avions chassé de leur pays. Ils n'existent pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Joe Sacco (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Sacco
Le 17 mai prochain, Joe Sacco revient chez Futuropolis avec But I like it, un album hilarant dédié au rock dans tous ses états. Backstage avec les Stones ou affalés dans un canapé, Enfants du rock, régalez-vous !
>Histoire du Moyen-Orient>Histoire de l'est méditerranéen>Histoire de Palestine, Israël (48)
autres livres classés : israëlVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1746 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre