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EAN : 9782020685351
480 pages
Éditeur : Seuil (01/10/2004)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 51 notes)
Résumé :
La capitale française a inspiré de nombreux historiens. Pour les plus récents : Jean Favier a écrit Paris, deux mille ans d'histoire ; Pierre Pinon, Paris, biographie d'une capitale et Atlas du Paris haussmannien, ou encore François Loyer, Paris XIXe siècle, l'immeuble et la rue. Cette fois c'est à un chirurgien qu'est revenue la charge d'écrire le carnet intime de Paris. Est-ce la raison pour laquell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Bigmammy
  27 septembre 2011
Depuis la "somme" que constitue, pour les amoureux de Paris, le livre de François Loyer "Paris au XIXème siècle, l'immeuble et la rue", je n'avais jamais rien lu d'aussi passionnant sur la formation de notre ville-capitale, en tant qu'être vivant, progressant, fourmillant.
Ce livre se lit d'abord avec un plan de Paris en main. Il donne une vue verticale et concentrique de l'histoire de Paris : comment cette ville s'est formée à travers les événements historiques dont elle fut le cadre, pourquoi telle rue présente-t-elle cette curieuse courbe, pourquoi telle place nous semble-t-elle artificielle, d'où vient le nom de cette rue, où étaient situées les quelques milliers de barricades du XIXe siècle et pourquoi ? Comment a évolué le tissu urbain en fonction des enceintes successives instituées par le pouvoir politique...ou fiscal, que le nom de Bréa n'a pas été donné à la ravissante rue située en bas de chez moi à cause du peintre du haut pays niçois mais en l'honneur d'un général tué dans des circonstances troubles sur la barricade de la barrière d'Italie en juin 1848, qui étaient ces généraux Négrier ou Duvivier qui sont de minuscules rues donnant dans la rue de Grenelle près de mon ancien bureau.....
La promenade érudite commence au Palais Royal, puis le Marais et la Place des Vosges, les quartiers de l'ancien Paris, ses faubourgs. Nous apprenons pourquoi la rive gauche s'est développée de manière différente, comment les villages situés entre le "mur murant Paris" s'y sont intégrés. Au-delà d'une foule de notations - la ravissante place de Fürstenberg était la cour des écuries de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, la rue d'Assas s'appelait rue de l'Ouest, comment le faubourg Saint Antoine s'est développé à la faveur d'une "niche fiscale" : le roi Louis XIV exemptant de la Maîtrise tous les artisans et gens de métier qui y demeurent, en 1657...L'origine des cortèges bigarrés qui parcourent périodiquement nos grandes artères, réminiscence de la fumeuse descente de la Courtille le mercredi des Cendres...
Savez-vous qui a inventé le système de numérotation des rues ? C'est Choderlos de Laclos (l'auteur des "Liaisons dangereuses") qui le présente en 1787. En fait, c'est un Allemand nommé Marin Kreefelt qui entreprit à ses frais en 1779 un numérotage systématique. Mais nous avons échappé au système voulant que l'on numérotât tous les numéros d'un côté d'une rue de façon continue, pour revenir de la même façon de l'autre côté, les deux immeubles se faisant face portant respectivement le numéro 1 et le dernier numéro de la rue....et que cette façon de distinguer les propriétés fut très mal vue de l'aristocratie qui ne supportait pas que l'hôtel particulier fut "logé à la même enseigne" que la maison bourgeoise ou l'estaminet du coin !
Mais surtout, ce livre nous décrit, récits vécus des écrivains les plus célèbres à l'appui, comment se déroulèrent les journées révolutionnaires qui jalonnent l'histoire mouvementée de Paris au XIXème siècle. Comment moururent sur les barricades archevêque, député, généraux, enfants du peuple, leaders révolutionnaires. Ce qui explique naturellement la nécessité les "percées" haussmanniennes ultérieures, déjà initiées au temps de Rambuteau. Comment imaginer en effet les combats de rues dans le Paris d'aujourd'hui ?
Et là, l'histoire personnelle d'Eric Hazan nous éclaire. José Alvarez dit de lui qu'il est un «résistant chronique, d'une absolue sincérité, qui n'a rien à voir avec ces renégats de 68 qui ont abdiqué, épris de luxe et de confort.» Né à Paris en 1936 d'une mère Palestinienne apatride et d'un père juif né au Caire et libraire puis éditeur d'art reconnu, Eric Hazan devient chirurgien cardio-vasculaire et communiste. Il part exercer au Liban, sous les bombardements, prend ses distances avec le Parti, reprend en 1983 la maison d'édition familiale, puis fonde sa propre maison, La Fabrique, en 1998. C'est un pur, et il écrit bien.
L'invention de Paris a été publié en 2002. Il ne manque pas d'égratigner les "avancées architecturales" du XXème siècle, et je ne suis pas loin de partager son point de vue. Après la clôture du Débat Public sur le Grand Paris et son système - je devrais dire SES systèmes - de transports rapides, c'est une lecture passionnante, éclairante et nécessaire pour mettre en perspective les interactions de la volonté politique et du développement urbain.
Lien : http://www.bigmammy.fr
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Gehenne
  12 avril 2021
L'âme des piétons de Paris sourd de cet hymne à la capitale, enrichi par une vraie tendresse à l'égard de ses habitants les plus modestes. Parmi les multiples livres consacrés à cette cité à nulle autre pareille, celui-ci s'avère inspiré, original et combatif, bien étayé par un travail de recherche minutieux et éclairant et par une profonde culture littéraire. Eric Hazan a conduit son récit avec maestria le long de trois chemins successifs.
Le premier déroule l'histoire de l'évolution (l'invention, joli titre) d'une cité qui s'est construite par cercles concentriques et par... barrières successives (six en huit siècles, celle de Philippe Auguste inaugurant ce système destiné à protéger la ville contre les envahisseurs potentiels) et de part et d'autre de son fleuve-roi, la Seine. L'excellente idée d'Hazan est d'avoir appelé à la rescousse le gratin des Lettres (particulièrement du XIXe siècle, avec Balzac et Hugo en figures de proue) pour décrire la croissance protéiforme de Paris, croissance maintenue à l'intérieur de ces barrières pour conquérir de nouveaux espaces pris sur la campagne environnante et intégrer des villages entiers (Auteuil, La Chapelle, Les Batignolles, Montmartre...) La conquête reste limitée pour une ville de cette taille et se conclura avec sa prise au lasso par l'ultime barrière, le périphérique offert en 1960 au dieu automobile.
Le chemin suivant emprunté par Hazan est plus politique, plus polémique aussi puisqu'il relate le Paris des barricades, lesquelles furent érigées à de nombreuses reprises au cours du XIXe siècle. C'est le Paris rouge, le Paris des petites gens, celui du peuple maltraité par la double lame de l'aristocratie et de la bourgeoisie. Ses représentants eux-mêmes l'ont abandonné à plusieurs reprises. Car à côté des mouvements de 1789, les barricades de 1827, de juillet 1830, de juin 1832, de février 1848, clairement hostiles au pouvoir royal, voici juin 1848 et mai 1871 où cette fois, ce sont bien des républicains au pouvoir qui sont mis en cause par la population parisienne et réagissent avec une extrême violence, et Hazan s'interroge : "Quinet, Arago, comment ces vieux républicains en vinrent-ils à canonner le peuple?". Et comment, sous le regard goguenard et complice des Prussiens, les républicains qui ont succédé à Napoléon III ont-ils pu réprimer si atrocement la Commune ? Des questions qui restent ouvertes et sujettes à nombre d'analyses souvent contradictoires.
Pour alléger son propos, Hazan revient à Balzac (on revient toujours à Balzac !) dans un dernier chemin déambulatoire consacré aux "flâneurs" : "Oh, errer dans Paris ! adorable et délicieuse existence ! Flâner est une science, c'est la gastronomie de l'oeil. Se promener, c'est végéter. Flâner c'est vivre." Comment résister à la philosophie de l'auteur de la "Comédie humaine" dont on croit à tort qu'il restait confiné en robe de chambre dans son bureau alors qu'il aimait à parcourir les rues de Paris, nourrissant ainsi ses romans, et cherchant par ailleurs la meilleure demeure pour accueillir Mme Hanska !
Baudelaire, Apollinaire, Walter Benjamin, Aragon mais aussi Monet, Manet, Atget et Doisneau, tous ont donné de Paris cette magie que verbe pour les uns, images pour les autres ont illustrée avec talent et tendresse. Oui, André Breton a raison : "Il n'y a pas de pas perdus".
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pleasantf
  03 février 2019
Voilà un livre essentiel pour les amoureux de Paris. Je ne m'étendrai pas sur ce qui a été dit dans les critiques déjà publiées mais j'aimerais consacrer mon commentaire sur un aspect qui a piqué ma curiosité et qui n'a pas vraiment été évoqué par mes collègues babeliautes.
Pourquoi ce livre est-il constitué de trois parties d'une longueur inégale et qui, relativement indépendantes les unes des autres, pourraient chacune donner lieu à un livre distinct? L'ouvrage commence par une double approche géographique et historique en cercles concentriques. Eric Hazan consacre sa deuxième partie aux révoltes populaires, essentiellement sur la période allant de l'instauration de la monarchie de Juillet 1830 à la Commune. Et sa dernière partie à la figure des écrivains du XIXème siècle et des photographes des XIXème et XXme siècles qui ont utilisé Paris comme matériau pour leurs créations.
J'ai cherché à comprendre le sens que Eric Hazan donnait à cet assemblage. Paris est l'objet de son livre et Hazan regarde son objet selon trois perspectives différentes. Je crois que ces trois parties se rejoignent sur un point : elles parlent de la ville et de son évolution à travers une vision qui met en avant les phénomènes de rupture tout en montrant que l'histoire est faite à la fois de continuité et de discontinuités. Il y a une continuité dans l'histoire de Paris qui prophétise d'ailleurs la prochaine extension à la proche banlieue. Continuité aussi dans la tentative permanente du pouvoir et des élites d'instaurer un ordre dans la ville et de mettre sous contrôle les classes laborieuses vues comme dangereuses en les poussant vers l'extérieur. Mais l'histoire de la ville est faite de ruptures que celles-ci soient des poussées fiévreuses de croissance spatiale en dehors des limites officielles de la ville, ou des épisodes insurrectionnels, ou des nouvelles façons d'envisager l'art, en l 'occurrence la littérature ou l'art de l'image qu'est la photographie. Paris, organisme vivant, est faite de turbulences régulières, ce qui constitue pour Hazan un motif d'espoir. Je crois que le sous-titre 'il n'y a pas de pas perdus' est un appel à l'optimisme, un appel à ne pas renoncer, un appel à continuer de faire un pas en avant , à bouger.
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maltese
  21 janvier 2012
Non, comme le dit le sous-titre, "il n'y a pas de pas perdus" lorsque l'on parcourt Paris.
Eric Hazan montre une érudition hallucinante dans cet essai qui fait figure de somme en ce qui concerne l'histoire de notre capitale.
Débutant du centre et se dirigeant vers la périphérie, démarche que l'auteur explique au début de l'ouvrage, Eric Hazan parcours la géographie et l'histoire parisienne de manière parallèle. On ne se situe pas ici dans le domaine de l'anecdotique mais bel et bien dans le processus de développement de la ville, au coeur des bouleversements qui ont amené Paris à ce qu'elle est aujourd'hui.
Le lecteur assiste aux nombreux changements physiques au gré d'une plume engagée et que l'on devine nourrie de nombreuses recherches et lectures tout autant que d'une réflexion poussée., notamment sur le plan politique. La deuxième partie, "Paris rouge" (le titre est assez parlant), est ainsi consacrée aux émeutes et révolutions nombreuses qui ont marqué Paris au XIXème siècle.
Un essai d'une haute pertinence, livre d'histoire que se doit de lire tout amoureux de Paris (même si le livre d'Eric Hazan s'avère moins facile d'accès que de nombreux autres écrits plus anecdotiques sur la capitale).
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Rushkoff
  24 décembre 2010
Un livre essentiel sur l'Histoire de Paris. Ceux qui recherchent l'histoire habituelle chez les écrivains Fnac-Style avec anecdotes rigolotes, histoire de la Cour, etc, passez votre chemin: ce livre est conseillé y compris à l'Université comme un classique du genre.
Comme Howard Zinn et son Histoire Populaire des USA, Eric Hazan nous dresse le portrait de ceux dont on ne parle pas ou peu. Il montre la manière dont les Haussmann et autres ont tout fait pour écarter les populations pauvres et agitées de Paris.
Ce livre est juste indispensable.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
PilingPiling   01 août 2008
incipit :
Celui qui traverse le boulevard Beaumarchais et descend vers la rue Amelot sait qu'il quitte le Marais pour le quartier de la Bastille. Celui qui dépasse la statue de Danton et longe le grand mur arrière de l'Ecole de médecine sait qu'il quitte Saint-Germain-des-prés pour entrer au quartier Latin. Souvent les frontières entre les quartiers de Paris sont tracées avec cette précision chirurgicale. Les repères sont tantôt des monuments - la rotonde de la Villette, le lion de Denfert-Rochereau, la porte Saint-Denis -, tantôt des accidents de terrain - la cassure de la colline de Chaillot sur la plaine d'Auteuil, la trouée des routes d'Allemagne et de Flandre entre la Goutte-d'Or et les Buttes-Chaumont -, tantôt encore de grandes artères dont les boulevards de Rochechouart et de Clichy sont un exemple extrême, formant entre Montmartre et la Nouvelle-Athènes une démarcation si tranchée que de part et d'autre ce ne sont pas deux quartiers qui s'observent, mais deux mondes.
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stekasteka   16 juillet 2014
Les divergences sur les limites peuvent être beaucoup plus graves, jusqu’à remettre en question l’identité même du quartier considéré.
Quand on s’éloigne du centre en marchant vers le nord, où commence Montmartre?
L’histoire – les limites du village avant son annexion à Paris – concorde avec le sentiment commun pour répondre qu’on entre à Montmartre en franchissant le tracé de la ligne de métro n°2, dont les stations Barbès-Rochechouart, Anvers, Pigalle, Blanche, Clichy, balisent exactement la courbe de l’ancien mur des Fermiers généraux.
Mais Louis Chevalier, dans Montmartre du plaisir et du crime, ce chef-d’œuvre,
fixe à Montmartre une limite beaucoup plus basse, sur les Grands Boulevards,
si bien qu’il inclut dans le propos du livre la Chaussée-d’Antin, le quartier Saint-Georges, le Casino de Paris et le faubourg Poissonnière.











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SBysSBys   22 juillet 2016
Comme le couteau de Jeannot dont on change tantôt le manche et tantôt la lame mais qui reste toujours le couteau de Jeannot, les rues de Paris, dont les maisons avaient été une par une remplacées au fil du temps, restaient des rues médiévales, tortueuses et sombres.
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GehenneGehenne   04 avril 2021
Dans les années 1950, il y avait encore des raisons d'aller aux Champs-Élysées, un clinquant, un kitsch amusants (..) Mais ajourd'hui, surtout après les aménagements récents, les Champs-Élysées évoquent le secteur duty-free d'un aéroport international décoré dans un style tantôt pseudo-haussmanien et tantôt néo-Bauhaus revu par Jean-Claude Decaux.
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cvd64cvd64   02 février 2018
Depuis l’été 1789 où la Bastille fut détruite et ses pierres transformées en souvenirs – comme on vendra les fragments de béton du mur de Berlin, deux siècles plus tard exactement –, il ne reste plus rien de la muraille de Charles V, de sa courtine, ses chemins de ronde, ses portes-forteresses, ses bastions où l’on se promenait le soir, ses fossés où l’on pêchait à la ligne. Rien de physique s’entend1
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