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ISBN : 2020685353
Éditeur : Seuil (01/10/2004)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 40 notes)
Résumé :
La capitale française a inspiré de nombreux historiens. Pour les plus récents : Jean Favier a écrit Paris, deux mille ans d'histoire ; Pierre Pinon, Paris, biographie d'une capitale et Atlas du Paris haussmannien, ou encore François Loyer, Paris XIXe siècle, l'immeuble et la rue. Cette fois c'est à un chirurgien qu'est revenue la charge d'écrire le carnet intime de Paris. Est-ce la raison pour laquell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bigmammy
  27 septembre 2011
Depuis la "somme" que constitue, pour les amoureux de Paris, le livre de François Loyer "Paris au XIXème siècle, l'immeuble et la rue", je n'avais jamais rien lu d'aussi passionnant sur la formation de notre ville-capitale, en tant qu'être vivant, progressant, fourmillant.
Ce livre se lit d'abord avec un plan de Paris en main. Il donne une vue verticale et concentrique de l'histoire de Paris : comment cette ville s'est formée à travers les événements historiques dont elle fut le cadre, pourquoi telle rue présente-t-elle cette curieuse courbe, pourquoi telle place nous semble-t-elle artificielle, d'où vient le nom de cette rue, où étaient situées les quelques milliers de barricades du XIXe siècle et pourquoi ? Comment a évolué le tissu urbain en fonction des enceintes successives instituées par le pouvoir politique...ou fiscal, que le nom de Bréa n'a pas été donné à la ravissante rue située en bas de chez moi à cause du peintre du haut pays niçois mais en l'honneur d'un général tué dans des circonstances troubles sur la barricade de la barrière d'Italie en juin 1848, qui étaient ces généraux Négrier ou Duvivier qui sont de minuscules rues donnant dans la rue de Grenelle près de mon ancien bureau.....
La promenade érudite commence au Palais Royal, puis le Marais et la Place des Vosges, les quartiers de l'ancien Paris, ses faubourgs. Nous apprenons pourquoi la rive gauche s'est développée de manière différente, comment les villages situés entre le "mur murant Paris" s'y sont intégrés. Au-delà d'une foule de notations - la ravissante place de Fürstenberg était la cour des écuries de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, la rue d'Assas s'appelait rue de l'Ouest, comment le faubourg Saint Antoine s'est développé à la faveur d'une "niche fiscale" : le roi Louis XIV exemptant de la Maîtrise tous les artisans et gens de métier qui y demeurent, en 1657...L'origine des cortèges bigarrés qui parcourent périodiquement nos grandes artères, réminiscence de la fumeuse descente de la Courtille le mercredi des Cendres...
Savez-vous qui a inventé le système de numérotation des rues ? C'est Choderlos de Laclos (l'auteur des "Liaisons dangereuses") qui le présente en 1787. En fait, c'est un Allemand nommé Marin Kreefelt qui entreprit à ses frais en 1779 un numérotage systématique. Mais nous avons échappé au système voulant que l'on numérotât tous les numéros d'un côté d'une rue de façon continue, pour revenir de la même façon de l'autre côté, les deux immeubles se faisant face portant respectivement le numéro 1 et le dernier numéro de la rue....et que cette façon de distinguer les propriétés fut très mal vue de l'aristocratie qui ne supportait pas que l'hôtel particulier fut "logé à la même enseigne" que la maison bourgeoise ou l'estaminet du coin !
Mais surtout, ce livre nous décrit, récits vécus des écrivains les plus célèbres à l'appui, comment se déroulèrent les journées révolutionnaires qui jalonnent l'histoire mouvementée de Paris au XIXème siècle. Comment moururent sur les barricades archevêque, député, généraux, enfants du peuple, leaders révolutionnaires. Ce qui explique naturellement la nécessité les "percées" haussmanniennes ultérieures, déjà initiées au temps de Rambuteau. Comment imaginer en effet les combats de rues dans le Paris d'aujourd'hui ?
Et là, l'histoire personnelle d'Eric Hazan nous éclaire. José Alvarez dit de lui qu'il est un «résistant chronique, d'une absolue sincérité, qui n'a rien à voir avec ces renégats de 68 qui ont abdiqué, épris de luxe et de confort.» Né à Paris en 1936 d'une mère Palestinienne apatride et d'un père juif né au Caire et libraire puis éditeur d'art reconnu, Eric Hazan devient chirurgien cardio-vasculaire et communiste. Il part exercer au Liban, sous les bombardements, prend ses distances avec le Parti, reprend en 1983 la maison d'édition familiale, puis fonde sa propre maison, La Fabrique, en 1998. C'est un pur, et il écrit bien.
L'invention de Paris a été publié en 2002. Il ne manque pas d'égratigner les "avancées architecturales" du XXème siècle, et je ne suis pas loin de partager son point de vue. Après la clôture du Débat Public sur le Grand Paris et son système - je devrais dire SES systèmes - de transports rapides, c'est une lecture passionnante, éclairante et nécessaire pour mettre en perspective les interactions de la volonté politique et du développement urbain.
Lien : http://www.bigmammy.fr
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maltese
  21 janvier 2012
Non, comme le dit le sous-titre, "il n'y a pas de pas perdus" lorsque l'on parcourt Paris.
Eric Hazan montre une érudition hallucinante dans cet essai qui fait figure de somme en ce qui concerne l'histoire de notre capitale.
Débutant du centre et se dirigeant vers la périphérie, démarche que l'auteur explique au début de l'ouvrage, Eric Hazan parcours la géographie et l'histoire parisienne de manière parallèle. On ne se situe pas ici dans le domaine de l'anecdotique mais bel et bien dans le processus de développement de la ville, au coeur des bouleversements qui ont amené Paris à ce qu'elle est aujourd'hui.
Le lecteur assiste aux nombreux changements physiques au gré d'une plume engagée et que l'on devine nourrie de nombreuses recherches et lectures tout autant que d'une réflexion poussée., notamment sur le plan politique. La deuxième partie, "Paris rouge" (le titre est assez parlant), est ainsi consacrée aux émeutes et révolutions nombreuses qui ont marqué Paris au XIXème siècle.
Un essai d'une haute pertinence, livre d'histoire que se doit de lire tout amoureux de Paris (même si le livre d'Eric Hazan s'avère moins facile d'accès que de nombreux autres écrits plus anecdotiques sur la capitale).
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Rushkoff
  24 décembre 2010
Un livre essentiel sur l'Histoire de Paris. Ceux qui recherchent l'histoire habituelle chez les écrivains Fnac-Style avec anecdotes rigolotes, histoire de la Cour, etc, passez votre chemin: ce livre est conseillé y compris à l'Université comme un classique du genre.
Comme Howard Zinn et son Histoire Populaire des USA, Eric Hazan nous dresse le portrait de ceux dont on ne parle pas ou peu. Il montre la manière dont les Haussmann et autres ont tout fait pour écarter les populations pauvres et agitées de Paris.
Ce livre est juste indispensable.
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kpotrapeliouk
  27 novembre 2016
Un livre très érudit, qui décrit Paris en trois temps. D'abord en cercles concentriques en partant de l'Île de la Cité et jusqu'à la petite couronne, ce qui correspond aux différentes époques historiques de l'urbanisation parisienne. Dans un second temps l'auteur nous emmène à la rencontre du Paris Rouge, c'est un très beau chapitre qui traite de la lutte des classes du XIXé siècle à travers le tissu urbain de Paris. J'ai particulièrement apprécié ce chapitre à cause des nombreux faits historiques rapportés par l'auteur qui m'a fait découvrir des personnages dont je ne connaissais le nom que parce que des rues le portent désormais : Delescluze, Baudin, Gambetta, etc. Et puis ce chapitre a une forte tonalité politique, l'auteur explique bien l'opposition géographique des quartiers qui reflète un clivage socio-culturel : quartiers populaires de l'est en opposition aux bastions de la bourgeoisie à l'ouest, nature "explosive" du faubourg Saint-Antoine, etc. Enfin, on part à la découverte des différentes représentations de la capitale, à travers notamment les oeuvres De Balzac et Baudelaire.
J'ai passé d'excellents moments à me balader à la découverte de Paris avec ce bouquin, m'attardant à la terrasse de cafés, traînant dans d'obscurs passages, pour essayer de me familiariser avec cette ville qui m'accueille depuis plusieurs mois (et pour longtemps j'espère).
Merci à l'auteur pour son érudition et sa passion pour L Histoire qu'il arrive si bien à transmettre
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morin
  07 mai 2011
Ce n'est pas encore une critique, juste pour dire que ce livre m'a été offert , par 4 jeunes architectes que j'ai encadrés dans un domaine plus terre à terre que l'architecture (assurance professionnelles architecte) pendant 2 mois, pour me remercier notamment de "ma patience, mon humour, ma bonne humeur, ma gentillesse " ......... dans un monde où il est de bon ton de se plaindre de son travail,de son supérieur hiérarchique, et du stress" c' est rafraichissant et cela fait du bien à une (jeune?) retraitée qui avait repris le chemin du bureau pour eux !!!
bien entendu je lirais ce livre par quartier avant déambuler dans Paris pendant les longues journées de retraite....
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
PilingPiling   01 août 2008
incipit :
Celui qui traverse le boulevard Beaumarchais et descend vers la rue Amelot sait qu'il quitte le Marais pour le quartier de la Bastille. Celui qui dépasse la statue de Danton et longe le grand mur arrière de l'Ecole de médecine sait qu'il quitte Saint-Germain-des-prés pour entrer au quartier Latin. Souvent les frontières entre les quartiers de Paris sont tracées avec cette précision chirurgicale. Les repères sont tantôt des monuments - la rotonde de la Villette, le lion de Denfert-Rochereau, la porte Saint-Denis -, tantôt des accidents de terrain - la cassure de la colline de Chaillot sur la plaine d'Auteuil, la trouée des routes d'Allemagne et de Flandre entre la Goutte-d'Or et les Buttes-Chaumont -, tantôt encore de grandes artères dont les boulevards de Rochechouart et de Clichy sont un exemple extrême, formant entre Montmartre et la Nouvelle-Athènes une démarcation si tranchée que de part et d'autre ce ne sont pas deux quartiers qui s'observent, mais deux mondes.
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stekasteka   16 juillet 2014
Les divergences sur les limites peuvent être beaucoup plus graves, jusqu’à remettre en question l’identité même du quartier considéré.
Quand on s’éloigne du centre en marchant vers le nord, où commence Montmartre?
L’histoire – les limites du village avant son annexion à Paris – concorde avec le sentiment commun pour répondre qu’on entre à Montmartre en franchissant le tracé de la ligne de métro n°2, dont les stations Barbès-Rochechouart, Anvers, Pigalle, Blanche, Clichy, balisent exactement la courbe de l’ancien mur des Fermiers généraux.
Mais Louis Chevalier, dans Montmartre du plaisir et du crime, ce chef-d’œuvre,
fixe à Montmartre une limite beaucoup plus basse, sur les Grands Boulevards,
si bien qu’il inclut dans le propos du livre la Chaussée-d’Antin, le quartier Saint-Georges, le Casino de Paris et le faubourg Poissonnière.











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SBysSBys   22 juillet 2016
Comme le couteau de Jeannot dont on change tantôt le manche et tantôt la lame mais qui reste toujours le couteau de Jeannot, les rues de Paris, dont les maisons avaient été une par une remplacées au fil du temps, restaient des rues médiévales, tortueuses et sombres.
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cvd64cvd64   02 février 2018
Depuis l’été 1789 où la Bastille fut détruite et ses pierres transformées en souvenirs – comme on vendra les fragments de béton du mur de Berlin, deux siècles plus tard exactement –, il ne reste plus rien de la muraille de Charles V, de sa courtine, ses chemins de ronde, ses portes-forteresses, ses bastions où l’on se promenait le soir, ses fossés où l’on pêchait à la ligne. Rien de physique s’entend1
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