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EAN : 9782080271532
736 pages
Flammarion (07/01/2022)
3.88/5   173 notes
Résumé :
La publication du roman de Michel Houllebecq aura lieu officiellement le 7 janvier. Dès le 30 décembre, pourtant, commencent à paraitre sur des sites européens, espagnols, suisses ou encore italiens, des comptes rendus du livre déjà annoncé comme l'événement littéraire de l'année 2022.
Il faut dire que le récit ménage de nombreuses surprises, comme celle de l'apparition d'un avatar réaliste de Bruno Le Maire dont le personnage principal du roman est l'un de s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 173 notes

Christophe_bj
  14 janvier 2022
Nous sommes en 2027, quelques mois avant l'élection présidentielle. Paul Raison, inspecteur du Trésor de 47 ans, travaille au Cabinet du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Juge (clone de Bruno le Maire), dont il est très proche. le père de Paul, Edouard, un ancien de la DGSI, a eu un très grave AVC dont l'issue sera probablement fatale. Avec la femme de Paul, Prudence, il ne se passe plus rien : ce sont deux étrangers qui cohabitent dans un splendide duplex sur le parc de Bercy. Paul a une soeur bigote mais au fond très humaine, Anne-Cécile, qui est mariée à un notaire au chômage, tous deux habitant Arras et votant RN, et un frère, Aurélien, qui travaille comme restaurateur d'oeuvres d'art au Ministère de la Culture et est marié à un dragon, la perfide Indy , personnage le plus négatif du roman (et qui m'a beaucoup fait rire). La campagne présidentielle se déroule sur fond d'attentats terroristes très bizarres, qui, du moins au début, ne font pas de mort ; on ne voit pas très bien qui en est à l'origine ni ce qu'ils revendiquent. ● Je trouve ce roman extrêmement réussi, à tel point que je me demande si le battage médiatique qui est fait autour ne le dessert pas, si l'éditeur n'aurait pas mieux fait de compter davantage sur ses qualités intrinsèques pour obtenir le succès. ● C'est un roman d'une grande richesse, qui entremêle à la fois plusieurs genres et plusieurs thématiques. En effet, on y retrouve, entre autres, le genre de la chronique familiale avec la famille Raison, dont tous les membres ont droit à de superbes portraits, la plupart du temps en action. Houellebecq est un maître dans l'art de caractériser les personnages : une fois croisés dans le roman, on ne risque pas de les oublier. Mais il y a aussi une composante thriller d'espionnage avec les attentats et leur décryptage. Et bien entendu Houellebecq demeure un analyste de la société. Son roman d'anticipation lui permet de porter un jugement sur notre société actuelle, d'autant que ce livre paraît, comme l'histoire qu'il raconte, au début d'une campagne présidentielle. La dimension philosophique est également loin d'être absente de ce roman protéiforme et l'on retrouve le regard désenchanté, mais pas désespéré, sur la vie (et sur la mort) de l'auteur. ● S'agissant des thématiques abordées, on ne peut pas toutes les citer, tant elles foisonnent : la vie politique française, la fin de vie, le déclin (de la personne, de la société), la médecine, le couple, les enfants, l'amour, le sexe, la magie blanche… Par exemple, n'a-t-on pas ici une belle définition de l'amour : « Est il vrai qu'on ne change pas, même physiquement, pour des yeux aimants, que des yeux aimants sont capables d'annihiler les conditions normales de la perception ? Est il vrai que la première image qu'on a laissée dans les yeux de l'aimée se superpose toujours, éternellement, à ce qu'on est devenu ? » Et là, dans le rapprochement des deux citations suivantes, une belle approche de la condition humaine : « [T]oute vie, songeait il, est plus ou moins une fin de vie. » – « Ce qu'il ne supportait pas, il s'en était rendu compte avec inquiétude, c'était l'impermanence en elle-même ; c'était l'idée qu'une chose, quelle qu'elle soit, se termine ; ce qu'il ne supportait pas, ce n'était rien d'autre qu'une des conditions essentielles de la vie. » ● J'ai aussi trouvé que le style de Houellebecq était meilleur que dans les autres livres que j'ai lus de lui ; d'habitude je le trouve un peu plat. Ici il a gagné à la fois en musicalité et en précision. ● J'ai lu et entendu que dans ce livre on trouvait un Houellebecq apaisé, et je suis assez d'accord avec cette affirmation, même si certains passages, par exemple sur la Révolution française, sur Rousseau ou sur Joseph de Maistre, sont concoctés pour faire réagir (ou encore le délicieux passage sur l'émission « C Politique » ! (voir mes citations)). Il n'en reste pas moins que le sentiment que donne l'ensemble du roman est celui d'un désenchantement apaisé, avec lequel une vie est somme toute possible. ● Deux bémols cependant : d'une part les nombreux rêves dont l'auteur parsème son récit. Je n'aime pas du tout lire les rêves des personnages, ils me paraissent toujours ennuyeux car ils nous font sortir de l'histoire ; je n'ai pas trouvé ce qu'en l'occurrence ils apportaient au roman, je n'ai pas non plus cherché à approfondir le lien qu'ils pouvaient avoir avec l'histoire. ● D'autre part, Houellebecq termine son livre en remerciant notamment les médecins qui lui sont venus en aide. Or je trouve que c'est dans ce domaine que la vraisemblance est la plus fragile. En bref (je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher l'histoire), ça ne se passe pas comme Houellebecq le raconte. ● Il n'en reste pas moins qu'on a affaire ici à un grand roman, qui associe – chose rare – la qualité littéraire au plaisir de lecture qu'on y prend : c'est à la fois une oeuvre magnifique et un page-turner qu'on dévore. Une très grande réussite.
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SZRAMOWO
  31 décembre 2021
730 pages de rêves. Un simili thriller politique genre méditation plus métaphysique que transcendantale. Une fois de plus le « génie littéraire français » se joue de nos questions angoissantes d'homme blanc engoncé, qui dans un costume trois pièces Hugo Boss, qui dans un chino soldé chez Bexley, magasin du boulevard Henri IV, qui dans un modèle 501 de Levis, braguette à boutons, moins pratique pour pisser, qui dans un polo Ralph Lauren manches longues. La liste n'est pas exhaustive, j'oubliais les fumeurs de Marlboro, contrebande espagnole remontée par des Fast Tracks, revendue trois fois son prix d'achat sur les boulevards.
Comment ce diable d'auteur sait-il que j'angoisse en 2027, façon 2022, avec un Zemmour tonitruant qui s'invite dans le débat comme un Judas honteux, le Pen qui dévisse façon cruciforme, Pécresse en belle-fille adorée des mères françaises, Macron égal à lui-même et une gauche en capilotade comme le nez et les joues d'Athanase Georgevitch le héros de Gaston Leroux dans Rouletabille chez le tsar, après l'éclatement de la bombe.
Je suis Paul Raison, 47 ans, haut fonctionnaire au ministère de l'économie et des finances, et mon père, Edouard, ancien agent secret est en train de mourir, alors que des attentats se déploient sur le territoire, ceci n'ayant rien à voir avec cela sauf pour l'homme blanc que je décris dans le premier paragraphe de cette chronique…
Ma femme, Prudence, ressemble à s'y tromper à Carrie-Anne Moss, l'actrice qui joue Trinity dans Matrix. Elle pourrait être une mère idéale pour les enfants que je désire mais je ne me résous pas à lui en faire un, non par conviction rousseauiste (je parle de Sandrine, pas de Jean-Jacques, vous l'aurez compris…) mais par simple angoisse plus qu'existentielle.
J'ai tout pour être heureux, Bruno (oui le vrai, mon patron) va se présenter au poste suprême dans la hiérarchie politique française et devrait m'emmener à l'Elysée dans ses valises…
Autrefois, il m'est arrivé de prier en l'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Bercy, quai oblige, et je me repais toujours des paysages du Beaujolais et de leur production vieille de décennies sinon de siècles, malgré la farce annuelle du troisième jeudi de novembre qui sacrifie au désir de nouveauté des populations du monde entier.
Si vous êtes en train de lire « Certains lundis de la toute fin novembre, ou du début décembre, surtout lorsqu'on est célibataire, on a la sensation d'être dans le couloir de la mort. » vous n'êtes ni au bout de vos peines, ni au bout de vos surprises, vous avez la chance, heureux élus de l'aristocratie littéraire et journalistique, de commencer à vivre la vie de Paul Raison qui pour les lecteurs plébeïens verra le jour le 7 janvier…
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gill
  15 janvier 2022
Est-ce d'avoir été en thalasso avec Gégé que Michel Houellebecq s'est senti assez en forme pour jeter un pavé de 730 pages hors la mare de la dernière rentrée littéraire ?
Toute l'oeuvre précédant ce livre n'aurait elle été qu'une splendide ébauche où un écrivain nerveux et batailleur se préparait à livrer, avec "Anéantir" la meilleure de sa littérature, et aurait choisi pour cela une édition presque luxueuse ?
Michel Houellebecq nous a offert son livre de Noël, avec dedans, tradition oblige, son petit réveillon obligé ...
Dans "Anéantir", on retrouve le meilleur de Houellebecq : une écriture racée, une puissance d'analyse et de retranscription sans pareille, mais cette fois sans provocations inutiles.
Alors bien sûr, dès le début du récit, un ministre est guillotiné ... un ministre de papier derrière lequel on reconnaît sans peine un véritable homme politique de l'échiquier national d'aujourd'hui.
En guise d'insolence, une illustration de l'instrument a même été insérée dans le récit !
Bien sûr de sexualité, il est encore question mais les descriptions pornographiques qui alourdissaient les récits d'hier ont cédé la place à de vraies moments de vie de couples.
Michel Houellebecq n'a d'ailleurs ici rien cédé sur le fond, mais semble avoir aménagé la forme pour être mieux compris.
Le récit, moins polémique dans ses contours, est captivant, limpide et foisonnant.
Gros-Jean comme devant seront tous les hypocrites qui y attendaient la provocation entre deux mots pour pousser des cris d'orfraie effarouchée !
Le récit entremêle judicieusement un thriller d'anticipation à la vie quotidienne de quelques personnages.
Michel Houellebecq y analyse aussi efficacement, mais plus finement qu'à son accoutumée, les travers de notre société.
L'action nous projette, un quinquennat plus avant, à la veille d'élections présidentielles.
Je pose 4 et je retiens 1, l'actuel président ne sera pas candidat.
Et la bataille électorale est quelque peu troublée par d'intrigantes vidéos sur internet, et par de mystérieux attentats ...
Michel Houellebecq a, semble-t-il décidé de prendre de soin de ses personnages.
L'on sent même de sa part un vif attachement pour certains d'entre eux qui ne sont plus présentés comme des losers intégraux mais comme des humains heurtés par la vie.
Les personnages féminins sont clairement plus soignés, et moins malmenés qu'à l'accoutumée.
Ceux de Maryse et de Madeleine sont notamment deux splendides portraits de femmes.
Ce qui ajoute au récit une sensibilité et une humanité jusque-là masquées dans ses ouvrages précédents par la provocation et l'outrance.
Mais la réflexion et l'analyse de Michel Houellebecq n'en ont pour autant rien perdu de leur force et de leur justesse.
Les attaques, plus finement menées, n'en sont pas moins féroces.
Le récit est rythmé par les rêves de Paul Raison.
"Anéantir" s'impose d'ores et déjà comme un livre important, un livre qui compte dans la littérature d'aujourd'hui.
Et, presque toute polémique mise de côté, Michel Houellebecq y fait, plus que jamais, la démonstration de son talent de grand écrivain ...

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Benjamin_F
  30 décembre 2021
Alors que Sérotonine, le précédent Michel Houellebecq, était particulièrement décevant – absence de vision, incapacité à comprendre l'époque, et complaintes fatigantes du mâle blanc occidental – Anéantir s'avère dense, ambitieux et complexe, même si le propos reste parfois difficile à saisir.
Le roman se déroule en 2027, à la veille des élections présidentielles, et débute comme un cyber thriller, particulièrement excitant, avec plein de bonnes idées – des images et des photos insérées dans le texte, une maîtrise des enjeux technologiques actuels –, avant de nous plonger dans le quotidien de Paul Raison – conseillé spécial de Bruno Juge, le ministre de l'Économie – et de sa famille.
L'anticipation permet moins de prédire le futur que de créer une réalité alternative où l'on peut étudier la société sous un autre angle, libéré des contingences de l'actualité – le Covid, Zemmour – et de la réalité du monde – la crise écologique, MeToo... Houellebecq ne cherche pas dans ce nouveau roman à être « un fin observateur de la société française » et encore moins de comprendre notre époque. On pourrait même dire qu'il évite volontairement la confrontation avec cette dernière pour suivre sereinement des personnages confrontés au vide de l'existence et à la mort.
La charge contre le capitalisme trouve ici son aboutissement. Après la défaite vient la résignation. Face à l'absurdité du monde moderne, il ne reste aux personnages qu'à se refermer sur eux-mêmes, en faisant du couple, de la famille et de la lecture, les seuls fondements, le seul refuge. En synthèse, il s'agit de remplacer l'individualisme économique par un individualisme social. Un individualisme intime même.
Comme souvent chez Houellebecq, les personnages, médiocres et lâches, tentent de trouver leur voie dans une époque cynique et une France gangrénée par le capitalisme. Ils sont successivement touchants et odieux, se livrent à des compromis gênants. Veule, Paul apprécie son beau-frère raciste, ne reproche pas à sa femme son absence d'engagement citoyen. Il se laisse porter. Au point de donner l'impression d'une complaisance avec la bêtise, celle de ses compatriotes et la sienne. Alors qu'il se revendique comme progressiste, Paul ponctue ses réflexions de « en particulier chez les femmes » et défend la supériorité du couple homosexuel. Sur la question des femmes, le roman réalise néanmoins un revirement stimulant en érigeant Prudence, la femme de Paul, âgée de cinquante ans, comme un modèle d'attractivité sexuelle – un pied de nez à Yann Moix et son incapacité « à aimer une femme de 50 ans ». Malheureusement, les femmes restent, volontairement ou involontairement, cantonnées à un rôle : celle qui nourrit, celle qui apaise, celle qui fait jouir, celle qui dicte dans l'ombre la conduite de l'homme.
Une fois de plus, il est difficile de savoir où Houellebecq veut en venir, s'il endosse les réflexions de ses personnages, s'il se moque d'eux ou s'il les observe froidement. On ne sait jamais où s'arrête la description froide et où commence la provocation volontaire. La vision passéiste et nihiliste de Houellebecq, poignante au moment de la lecture, par sa description du désabusement, continue d'agacer par sa défense du monde d'avant, celui d'avant les ravages du capitalisme, qui est aussi celui du règne du bon père de famille à qui tout était dû. Quelle est la part du penser et de l'instinctif ? Les scènes de rêves sont à l'image du livre. On ne peut pas déterminer si elles sont dénuées de sens, strictement guidées par l'instant de l'écriture, ou si elles sont méthodiquement élaborées recelant d'indices cachés.
Rien n'est univoque. Les seuls positionnements que l'on peut acter restent l'anticapitalisme et la lutte contre l'euthanasie – il est intéressant de noter que Houellebecq, qui fait preuve d'un pessimisme total, mise pourtant sur l'idée que les personnes en état végétatif vivent de manière apaisée, dans un quasi-rêve permanent.
Houellebecq défend l'idée que le « grand public » détient la raison politique et la vérité culturelle – idée qui se concrétise moins dans un éloge du populisme que dans une valorisation de la littérature de genre, polar et SF en tête. le livre lui-même revendique ce souhait de toucher le plus grand nombre. Sa construction, son style et son propos en font probablement son roman le plus facile d'accès. Une approche cohérente avec sa croyance dans la nécessité de généraliser pour pouvoir théoriser. Anéantir est un livre à la fois consensuel – tout le monde se retrouvera dans certains passages – et détestable – chacun trouvera des phrases qui lui donneront envie de fermer le livre, à commencer par un discours dégueulasse sur les migrants d'un décideur politique.
Néanmoins, Anéantir est aussi le livre de l'apaisement. Les protagonistes ont peu d'occasions de faire le mal ou le bien, mais, et c'est nouveau, quand ils le peuvent ils sont plutôt enclins à faire le bien. La misanthropie originelle de l'auteur fait place à une bienveillance molle. Il y a comme une réconciliation avec l'existence. D'ailleurs, pour la première fois, un personnage religieux – Cécile, la soeur de Paul – n'est pas moqué, mais admiré pour son engagement.
C'est aussi et surtout un roman bourré de pistes de réflexions et de digressions passionnantes, sur la manière dont l'occident a rendu la mort et la maladie obscènes, sur la place de la fiction dans l'acceptation du quotidien, ou encore sur ce qu'il appelle « la vie sur le côté ».
Michel Houellebecq reste le grand écrivain de l'attraction / répulsion.
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Verdure35
  16 janvier 2022
Aucune majuscule sur la première de couverture, histoire de contrebalancer le chic de cette édition de choc. M. Houellebecq s'offre sa petite édition personnelle de la Pléiade, ses anciens titres prendront bientôt le même chemin, le sens du marketing peut rimer avec talent ceci dit!
Ce roman foisonnant touche à tout notre univers actuel, la vie, l'amour, le travail, le terrorisme,la politique ,l'écologie et j'en passe, le tout pimenté des obsessions houellebecquiennes et je dirais "heureusement".
Cette histoire" touche à tout"est racontée par Paul, le proche d'un ministre qui s'appelle Bruno, ça ne s'invente pas et nous sommes en 2027, le Président a fait 2 mandats, espère louer l'Elysée à un pitre de télévision pour mieux s'y réinstaller 5 ans plus tard, en se méfiant quand même des aspirations de Bruno.
L'auteur
a ses têtes comme on dit, et c'est toujours amusant surtout si on pense la même chose.
La maladie, la médecine, la haute technologie ont une grande part de réflexion dans ce roman, son attention pour les personnes âgées, seules ou malades est touchante.
Bien sûr, les couples qui vont mal, le sexe, sont toujours présents, et tant d'autres sujets qui démontrent ,fatalistes, que ce monde est au bord du chaos.
Je relève une phrase qui résume l'idéologie qui commence à s'imposer aussi en France :
"Beaucoup de gens aujourd'hui étaient devenus très cons:c'était un phénomène contemporain frappant, indiscutable ." du pur Houellebecq.
Ce qui a changé peut-être un peu sa vision du monde c'est que seul en Irlande avec son chien et un ciel tourmenté , était plus rude que maintenant, marié et peut-être heureux.
Quant aux rêves racontés plusieurs fois, peut-être a t-il consulté un oniromancien et que ces pages sont précieuses pour le roman , je ne sais.
Pas une once d'ennui pendant la lecture de ces 700p.
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critiques presse (17)
Lexpress   17 janvier 2022
A l'intérieur, un roman qui démarre agréablement, avec un peu de suspense, mais bientôt s'enlise, par paresse du style et de l'intrigue. Houellebecq ne surprend plus et donne l'impression de se citer en permanence avec des phrases d'un pessimisme convenu [...].
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   15 janvier 2022
A l'intérieur, un roman qui démarre agréablement, avec un peu de suspense, mais bientôt s'enlise, par paresse du style et de l'intrigue. Houellebecq ne surprend plus et donne l'impression de se citer en permanence avec des phrases d'un pessimisme convenu.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesInrocks   13 janvier 2022
Anéantir est le livre le plus politique de Houellebecq, directement situé dans les arcanes du pouvoir. C’est aussi un drôle de livre, sorte de collage hétéroclite de plusieurs textes […]. Le tout sans cesse traversé par la situation politique de la France, du mois de décembre jusqu’à l’élection présidentielle au printemps.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeDevoir   09 janvier 2022
Une plongée dans les arcanes politiques doublée d'un chassé-croisé familial sur la condition humaine.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeFigaro   08 janvier 2022
L’auteur français le plus lu à l’étranger signe un roman virtuose sur un monde au bord du chaos.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   07 janvier 2022
Ambitieux et complexe, entrecroisant les genres, les styles et les thématiques, le nouveau roman de l’écrivain français propose une expérience immersive dans un monde contemporain confus, éparpillé et creusé d’antagonismes.
Lire la critique sur le site : Telerama
SudOuestPresse   07 janvier 2022
Anéantir est surtout un grand roman sur les questions de santé, de médecine et de fin de vie. Le Covid a-t-il été vaincu en 2027, ou n’est-ce plus qu’un virus dont on ne parle jamais, comme la grippe ? Le mot n’apparaît pas une seule fois. Le narrateur, positionné en surplomb, est travaillé par la question de la mort dans nos sociétés occidentales. Et Houellebecq y plaide une fois de plus contre l’euthanasie.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
LesInrocks   07 janvier 2022
Anéantir est le livre le plus politique de Houellebecq, directement situé dans les arcanes du pouvoir. C’est aussi un drôle de livre, sorte de collage hétéroclite de plusieurs textes, qui commence comme un roman d’espionnage, avec une enquête sur de mystérieuses vidéos envahissant le Net dont la dernière montre la décapitation (fictive) de Bruno Juge, puis mute en saga familiale, à travers la famille de Paul réunie autour du père, Édouard, victime d’un AVC.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LesInrocks   07 janvier 2022
Que l’écrivain soit réactionnaire, ce n’est pas nouveau, mais les remarques dont il émaillait jusque-là ses romans étaient désespérées, nihilistes, sombres, souvent justes, et très drôles. Ici, elles sont seulement amères, beaufs, excluantes, voire haineuses.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Culturebox   06 janvier 2022
L'amour est omniprésent dans ce nouveau roman. L'écrivain avait déjà amorcé cette tendance dans Sérotonine, il la creuse, comme si l'âge avançant, il s'était mis à croire en l'amour. Un autre personnage entre en scène dans ce roman : la mort, ce qui paraît plus naturel, l'âge avançant. Ce sujet, dont Michel Houellebecq se saisit sans cynisme, donne à ce nouveau roman parmi ses plus belles et bouleversantes pages, sous l'angle de la fin de vie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro   06 janvier 2022
L’écrivain français le plus connu dans le monde revient avec un huitième roman, à paraître le 7 janvier. Une somme crépusculaire de plus de 700 pages sur les maux de notre société.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaTribuneDeGeneve   06 janvier 2022
Cette longue fiction ne devrait pas manquer de susciter exégèses et débats politiques.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
LaTribuneDeGeneve   06 janvier 2022
Le narrateur, positionné en surplomb, est travaillé par la question de la mort dans nos sociétés occidentales: comment nous la repoussons, comment nous vivons celle de nos proches, comment nous appréhendons ce qui viendra après elle. Houellebecq y plaide une nouvelle fois contre l’euthanasie.
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
RevueTransfuge   06 janvier 2022
Mais Houellebecq répète, provoque, déborde, ratiocine et l’on applaudit. C’est ainsi. Il signe de grands romans souffreteux, mais il les réussit mieux que d’autres, qui font de petits romans bien portants.
Lire la critique sur le site : RevueTransfuge
Bibliobs   06 janvier 2022
« Anéantir », le roman de Houellebecq, le plus politisé, le plus catholique et... le plus raté.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   06 janvier 2022
En librairie le 7 janvier, le nouveau roman de Michel Houellebecq dresse le tableau d’une société vide de spiritualité, qui rejette la faiblesse et la vieillesse.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Culturebox   06 janvier 2022
Michel Houellebecq a un sens de l'observation, un souci du détail, et une forme de rigueur, d'honnêteté dans l'écriture, sans fioritures, sans "frime", qui, au-delà de tout ce qu'il peut raconter, nous touche, et nous éclaire, en nous offrant comme il le dit lui-même, parlant de la fonction des livres, "une alternative au monde".
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
DelivriumDelivrium   21 janvier 2022
À cet instant il songea que leur voyage au Portugal, l’été dernier, aurait été leur dernier voyage ; ils avaient l’intention d’aller en Écosse l’été suivant, c’était un des autres pays que son père avait envie de revoir, qu’il avait aimés. Ce voyage n’aurait pas lieu, et en voyant Madeleine qui rangeait les objets dans le coffre, en pensant à la vie brisée de Madeleine, il fut envahi par un flot de compassion si violent qu’il dut se détourner pour s’empêcher de pleurer.
+ Lire la suite
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Palindrome1881Palindrome1881   21 janvier 2022
Si Dieu existait vraiment, comme le pensait Cécile, il aurait pu donner davantage d'indications sur ses vues, Dieu était un très mauvais communicant, un tel degré d'amateurisme n'aurait pas été admis, dans un cadre professionnel.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   18 janvier 2022
[Le héros, qui vient d'apprendre qu'il est atteint du cancer, s'achète des livres à la Fnac sur la question.]

ll compléta ses achats par un petit livre d'un certain David Servan-Schreiber, apparemment constitué de conseils psychologiques destinés aux cancéreux. Ce n'était pas un très bon choix, il s'en rendit compte d'emblée : très imprégné de pensée positive, l'auteur insistait sur la nécessité de maintenir des moments agréables, des bons petits repas entre amis, accompagnés de vins de pays consommés avec modération et ponctués de fous rires, il allait même jusqu'à faire l'éloge des blagues belges ; tout cela lui donnait plutôt envie de se coucher et de mourir, surtout les fous rires, à vrai dire ça faisait pas mal de temps déjà que cet éloge des vins de pays et des fous rires lui sortait par les yeux, enfin ce n'était pas un livre pour lui.

p. 645
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   16 janvier 2022
La nuit était presque tombée lorsqu'il se gara devant le centre hospitalier, et le premier couloir dans lequel il s'engagea était mal éclairé, les plafonniers devaient être en panne. En tournant à la première intersection sur la droite, il se retrouva face à face avec une vieille femme qui avançait dans sa direction en poussant un déambulateur. Elle avait au moins quatre-vingts ans, ses longs cheveux gris, en désordre, flottaient sur ses épaules, et elle était entièrement nue à l'exception d'une couche souillée, de la merde avait coulé sur sa jambe droite. Au moment où il s'arrêtait, hésitant sur la conduite à tenir, il fut doublé par une infirmière qui avançait à vive allure en poussant un chariot de médicaments. Il n'eut même pas le temps de lui faire un signe, de toute façon elle avait forcément vu la femme, mais elle la croisa sans ralentir son allure. (...) Près de l'entrée principale, un infirmier ou un brancardier, il n'arrivait pas à les distinguer, était enfoncé dans un fauteuil, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone portable. "Vous avez vu, il y a quelqu'un ..." dit-il en se sentant complètement idiot. L'autre ne répondit rien, ses doigts continuaient à pianoter sur l'écran tactile, qui émettait de temps en temps un "Plop" léger, ça devait être un jeu vidéo. "Il ne faudrait pas faire quelque chose ?" insista Paul. "J'attends le collègue" répondit l'autre avec agacement, ce qui mettait un terme à la conversation.

p. 228
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koalaskoalas   16 janvier 2022
il se sentait comme une boite de bière écrasée sous les pieds d'un hooligan britannique, ou comme un beefsteak abandonné dans le compartiment légumes d'un réfrigérateur bas de gamme, enfin il ne se sentait pas très bien.
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