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EAN : 9782266322713
360 pages
Pocket (24/03/2022)
  Existe en édition audio
4.09/5   1307 notes
Résumé :
"L'homme venait de me déposer dans un décor de rêve, dont je n'aurais même pas soupçonné l'existence. L'hôtel en lui-même était imposant, majestueux ; les pierres, les grands volets, les immenses platanes tout autour de la cour, la fontaine couverte de mousse qui lui conférait un aspect féerique. Je ne tiendrais pas deux jours, je n'étais pas à ma place. Devais-je fuir immédiatement, retrouver ma vie d'errance dont je connaissais les codes, où je savais comment surv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (248) Voir plus Ajouter une critique
4,09

sur 1307 notes

Yvan_T
  28 avril 2021
« La Datcha » invite à suivre les pas d'Hermine, une jeune femme sans repères, cabossée par la vie, abandonnée dès l'enfance, qui croise par hasard la route de Jo, tenancier d'un hôtel provençal. Une vieille ferme restaurée, rebaptisée « La Datcha », où les vacanciers viennent certes se ressourcer, mais où elle va non seulement trouver un endroit où poser ses valises, mais également une véritable famille d'accueil…
« La Datcha » c'est une auteure qui a l'intelligence d'effectuer un bond de vingt ans après le premier chapitre, dévoilant une héroïne mariée, mère de deux enfants et véritable pilier de l'établissement qui la accueilli. Entretenant le mystère au fil des pages, Agnès Martin-Lugand effectue ensuite de nombreux allers-retours dans le temps, levant non seulement le voile sur les évènements qui se sont déroulés durant ces vingt ans, mais révélant également des secrets enfouis bien plus profondément, datant d'avant son arrivée à la Datcha !
« La Datcha » c'est un lieu charmant où j'ai adoré séjourner. Un hôtel à l'ambiance familiale dont je suis immédiatement tombé sous le charme. Un endroit qui sera même parvenu à me faire danser sur de la musique tsigane, mais où j'aurai tout de même pris du poids à force d'y manger de succulentes ravioles au pesto. C'est donc bel et bien lire qui me fait grossir !
« La Datcha » c'est une brochette de personnages attachants, voire inoubliables. Une véritable famille qui vous accueille les bras ouverts. de Hermine, jeune femme blessée en pleine reconstruction, à Jo et Macha, les propriétaires qui ont su insuffler de la magie à l'endroit, en passant par leur fils Vassili ou Charly, le cuistot de l'hôtel.
« La Datcha » c'est la plume immersive d'Agnès Martin-Lugand, qui donne véritablement vie à ce havre de paix où il fait tellement bon de passer un peu de temps. Une narration débordante d'humanité qui vous lie aux personnages et vous invite à partager leurs émotions, le tout en abordant des thèmes sensibles tels que l'amour, l'abandon, la filiation et le deuil.
Comment ne pas vous recommander un roman dont la playlist sur Spotify débute par un titre de Janis Joplin et qui se referme avec le regret de quitter non seulement des personnages attachants, mais surtout un endroit qui continue de faire rêver après l'avoir abandonné : La Datcha !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Iboo
  10 juin 2021
Ayant déjà été grugée par ces nouvelles auteures qui pondent, chaque année, un best-seller - best-sellers tous calqués sur le même schéma bien plan-plan, à l'écriture plus que moyenne et dont l'histoire insipide est téléphonée dès les premières pages - je nourris une méfiance certaine à leur égard et n'aurais, de moi-même, pas acquis ce livre.
Seulement voilà... Amélie, ma petite infirmière avec qui j'entretiens des liens amicaux, a tout lu de cette auteure (dont, personnellement, j'ignorais jusqu'au nom) et elle a littéralement adoré ce bouquin qu'elle m'a conseillé avec enthousiasme.
Moi qui, en raison de mon âge, suis libérée de toutes les contraintes familiales et professionnelles, jouissant de tout mon temps, j'aurais jugé parfaitement déplacé de me la jouer pédante envers Amélie.
Amélie, maman de deux jeunes enfants, commençant son taf d'IDE dès 7h00 le matin jusqu'à 20h00, voire 21h00, rentre chez elle harassée, n'a guère le temps de lire et surtout pas de se retourner le cerveau après des journées moralement bien éprouvantes.
Elle sait ma passion de la lecture et, très touchée de la confiance qu'elle me faisait en partageant librement avec moi son engouement pour ce roman, j'ai donc acquis ce livre sans hésiter.
Bon... même s'il est certain que, dans moins d'un mois, j'aurais tout oublié de cette Datcha, sa lecture n'a pas été le calvaire auquel je m'attendais en mémoire de deux ou trois critiques assassines que j'ai publiées par le passé sur des ouvrages du même type.
Certes, une redondance assez pesante sur les exigences du travail dans l'hôtellerie-restauration : les saisons, les horaires, l'absence de vie privée... Vivant depuis quarante-cinq années dans une région touristique en bord de mer, j'ai longtemps exercé dans ce secteur d'activité et connais tout ça par coeur. Par conséquent, lire, relire et re-relire, les mêmes situations, dans les mêmes termes, durant les deux-tiers du bouquin était un tantinet gavant pour ce qui me concerne.
Néanmoins, les caractères des personnages et leur histoire sortaient des sentiers habituellement battus par ce genre de roman et n'ont pas manqué de m'intéresser, je l'admets.
Je conclurais en confirmant ce sentiment qui est le mien depuis toujours : il existe, en ce bas monde, des livres pour tous et pour chacun et nul n'est mandaté pour porter un jugement de valeur sur nos goûts en la matière ni sur le plaisir, ou non, qu'on en retire.
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NicCarca
  15 mai 2021
Agnes Martin-Lugand s'est distinguée grâce à son livre Les gens heureux lisent et boivent du café, sortit via l'auto-édition considéré parfois à tort ou à raison comme une voix de garage dans le milieu du livre. L'autrice a une petite dizaine de livres à son actif et les critiques sont plutôt dithyrambiques. Michel Lafont, édition classique donc, publie La Datcha. C'est le premier ouvrage de AML que je lis.

Pour la forme. le livre fait environ 340 pages, est raconté à la première personne en strict narration interne, c'est à dire que l'on vit l'histoire à travers les yeux et les pensées du protagoniste. Ici il s'agit d'une femme, Hermine. le choix est pertinent dans le sens ou ces thématiques abordés sont traités avec nettement plus d'intimité et d'immersion que si l'autrice avait opté pour la troisième personne.
L'originalité réside dans le saut dans le temps entre le prologue et le début réel du roman. Hermine passe de 21 ans à 41 ans et on oscille donc entre des moments à l'instant T, le présent, à des évènements antérieurs via l'utilisation de « mini flash-back ». Si le recours à ce procédé n'est pas un problème en soi, il est toujours très intéressant, voir essentiel, d'avoir accès à des moments clés du passé d'un ou plusieurs personnages, sa mise en pratique n'est pas particulièrement bien gérée. Car son utilisation répétée, et parfois vraiment exagérée, donne vite le tournis et rend le tout très artificiel.
le phénomène est amplifié de par l'utilisation à outrance de la technique du « on dit » à défaut du « on montre ». On nous dit que X personnage est courageux alors qu'on pourrait montrer, le courage du même personnage lorsqu'il prend part à une rixe ou il se retrouverait à deux contre cinq. Ce n'est qu'un exemple. le problème avec cet outil du « on dit » est que nous n'avons que la parole du narrateur et qu'à défaut d'avoir assisté et vécu une scène dans laquelle la bravoure d'un personnage est démontrée, on se retrouve avec une information bien fade et il est très difficile de parcourir un voyage aux côtés des protagonistes.
Comme si ça ne suffisait pas la gestion de la tension et du suspens laisse aussi à désirer. L'histoire s'arrête parfois soudainement par un saut de ligne et un nouveau paragraphe, pour nous expliquer via le « on dit » pourquoi un tel agit de cette façon dans le bloc de texte précédent. Un peu comme une biographie sortit de nulle part mais qu'on se doit de lire pour pouvoir découvrir la suite et, comme dit plus haut, l'information fournit n'est pas assez consistante pour reconnaître la pertinence de cet aparté. Les « mini flash-back » disparaissent à environ la moitié du livre. Leur interventions abusives et soudaines brise l'immersion et entretient la tension de façon si mécanique qu'on perçoit très vite les rouages (en coulisse) de cette technique. Un peu comme les cliffhanger sans intérêt qui n'ont en tout et pour tout que le rôle de passer au chapitre suivant.
Une autre facilité est prise par l'auteure dans le chapitre 3 ou on passe soudainement à une narration externe, omnisciente, à la troisième personne. Si encore le livre était scindé par un partage des deux points de vue, forme hybride, pourquoi pas. Mais c'est le seul passage du livre qui se trouve dans ce cas. Là ou on aurait pu en apprendre plus sur les personnages qui sont évoqués via des dialogues, par exemple, on nous sert un bloc de texte très indigeste. À croire que l'autrice a fait un copié collé de ses fiches personnages et, hop, ça fait un chapitre.
La plume est simple et modeste. Pas besoin d'un style ampoulé avec des structures de phrases complexes pour rendre une lecture passionnante et émouvante. Mais ici aussi ça coince. Les répétitions sont légions que cela soit dans les mots ou les expressions. Il doit y avoir une bonne cinquantaine de « Je pris une grande inspiration pour me donner du courage » sur 340 pages. le calcul est simple. le vocabulaire est également très pauvre. Les verbes être, avoir et faire pullulent. Il me semble que La Datcha est le neuvième livre de AML. Il n'est pas déraisonnable de s'attendre à un peu plus sophistiqué que cela.
On note également que l'autrice prend souvent la liberté de faire un résumé d'une conversation à la fin d'un dialogue. Dans le cas ou le lecteur n'est pas assez attentif ou simplement idiot ? Ce n'est pas très agréable mais ça a le mérite de faire du remplissage.
En bref si aux premiers abords le roman peut se montrer original par sa forme il n'en est rien. C'est bancale, d'où les raccourcis narratifs qui sautent de plus en plus aux yeux au fil de la lecture.

Pour le fond. Hermine vit de façon marginal depuis plusieurs années. Elle se réfugie dans la chaleur d'un bistrot quelconque ou elle fait la connaissance d'un homme qui lui offre un travail dans l'hôtel qu'il tient avec sa femme. L'héroïne accepte et se retrouve donc à La Datcha. C'est le prologue. Et ça ne commence pas vraiment sur les chapeaux de roues. Car si on peut comprendre « l'instinct de survie » qui la pousse à entrer dans ce troquet (elle est fatiguée et frigorifiée) on est droit d'attendre un peu plus de méfiance vis à vis de cet inconnu qui l'emploi de but en blanc d'autant plus que ses années dans la rue ont probablement dut aiguiser sa vigilance. Mais non. Elle va même jusqu'à somnoler pendant le trajet. En l'espace de quelques pages on nous sert le coup de l'instinct, (elle rentre dans le bistrot) du coup du sort (une proposition d'emploi qui tombe du ciel) et de l'intuition (elle sent qu'elle peut faire confiance à cet homme). Mais bon, il faut bien amorcer l'histoire, alors soit.
Vingt ans plus tard le tenancier de l'hôtel, Jo, décède. Ce qui sème un trouble et un vide au sein de la Datcha, lui et sa femme constituaient le poumon et l'essence du lieu. Depuis son arrivée Hermine est passée de femme de chambre à la direction et la gestion à mesure que les propriétaires vieillissaient. Ils lui ont légué leurs savoirs, leurs valeurs. Ce sont ses parents de substitution. le protagoniste est d'ailleurs elle même mère de deux enfants, séparée de son conjoint mais avec qui elle reste en bon terme. Toute la question va donc être de savoir et découvrir la gestion de ce deuil et ce que l'avenir réserve à l'emblématique lieu connu et prisé dans toute la région mais aussi au delà.
La Datcha tient une place presque aussi importante que l'héroïne. Dès la fin du prologue, en en quatrième de couverture d'ailleurs, c'est décrit comme « majestueux, imposant, féerique ». Et il faudra se contenter de ça. Car même si on imagine sans mal la disposition des différentes pièces de l'hôtel les descriptions sont minimalistes, générales et passe partout. Très peu d'éléments, voir aucune, ne distingue La Datcha comme un lieu particulièrement atypique. Les couleurs sont absentes, les perceptions via la vue, l'odorat et le toucher sont dérisoires, tout comme l'atmosphère générale. de la même façon la région, le Lubéron, est transcrite de façon très sommaire : il y a du soleil, des montagnes ici et là et les insectes grésillent. Point. La Datcha dispose d'un restaurant géré par un cuisinier hors pairs. Pourtant la gastronomie local n'est pas mise en avant, il faut se contenter des ravioles au pesto qu'il sert à Hermine tout au long du livre. Seul un passage oblige le chef à varier sa carte. En somme on nous dit que le lieu est un petit bout de paradis mais dans les faits, ici ou ailleurs, l'histoire se serait dérouler de la même façon. le titre du livre porte le nom de l'hôtel. Mais c'est à peu près tout ce qui le caractérise.
Hermine tient donc depuis des années les rennes de la Datcha et est très efficace dans son travail. Elle a le soutient de l'ensemble de l'équipe et est reconnue par ses paires. Elle se décrit elle même comme une personne forte, combative et déterminée. Elle travaille très dure mais a toujours du temps à accorder à ses enfants. Ça c'est ce « qu'on dit ». Car dans les faits elle ne s'exprime qu'à travers les larmes ou la colère. Un rien suscite instantanément l'un ou l'autre peu importe si son interlocuteur a des questions légitimes ou saugrenues. D'ailleurs la plupart des personnages ne sont animés que par la joie, du coup ils sourient, rigolent, ou la colère, ils hurlent. C'est à peu près l'éventail de réactions générale. C'est très binaire. La tristesse et la fureur d'Hermine se manifestent autant avec les autres qu'avec elle même. Si on peut se montrer indulgent, au début, étant donné qu'elle vient quand même de perdre son père (symbolique) elle réagit exactement de la même façon au fur et à mesure des situations auxquelles elle est confrontées.
Pourtant au vue de son parcours, surtout professionnel, elle est tout de même à la tête d'un hôtel important, on imagine aisément le rythme effréné de la profession, les imprévus, les comportements des clients, etc, on peut s'attendre à ce que cela ait eut un effet formateur sur sa personne. Pour faire ce métier mieux vaut avoir les reins solides et une maîtrisé de soi assez développée. Mais elle ne fait que pleurer pendant 340 pages. du coup, arrivé à la centième page, on finit par lui retire le bénéfice du doute et on la perçoit telle qu'elle est : enfantine et immature. Pis, elle se montre très irresponsable et peu professionnelle. La disparition de Jo éveille des questions sur la suite des évènements, que va t-il se passer ? La Datcha va t-elle être rachetée ? Les employés misent à la porte ? À aucun moment elle ne se soucis de leurs avenirs, de ces gens qu'elle prétend aimé comme sa famille mais pour qui elle ne prend aucune initiative responsabilisantes pour répondre à leurs craintes. Elle ne s'y intéresse vraiment que lorsque ça la concerne directement.
Ce suivi de ses émoi est de plus en plus dérangeants lorsqu'on nous sert un flash-back de dernière minute pour nous expliquer pourquoi elle se comporte de cette façon. Sauf qu'au énième ça ne prend plus et cela sonne plus comme une excuse qu'un simple tenant et aboutissant. Là encore c'est une facilité prise par l'auteure pour tout simplement attendrir le lecteur. Mais le lecteur n'est pas dupe. À force on est même plus compatissant.Le plus consternant est que ses enfants, Alex et Romy, sont nettement plus matures et sages que leurs propres mère.
Les autres personnages sont sans saveurs et ne sont là que pour remplir un rôle scénaristique et narratif. Ici encore c'est très mécanique. Charles le meilleur ami cuistot et ses éternels ravioles au pesto, sa femme qui ne sert strictement à rien dans l'histoire et qui est là probablement pour faire en sorte que le type ne tombe pas dans le cliché du meilleur ami gay, un ami de la famille, Gaby, bougon et bon vivant qui endosse la responsabilité de Hermine à croire que seul un homme peut régler les problèmes de la succession. Samuel, le père des enfants, plein de bonnes attentions mais qui passe pour un vilain petit canard rancunier et médisant alors que Hermine l'est tout autant. Et enfin Vassily, soit le retour du fils prodige qui tient le destin de tout le monde entre ses mains.
Au delà des personnages l'intrique peine à démarrer et s'étale sur des pages et des pages entières dans une succession de péripéties sans intérêts ou on est forcé d'assister aux failles du livre d'un point de vu structurel, à des caractères creux, des émotions qui changent subitement d'un paragraphe à l'autre frisant parfois la schizophrénie, particulièrement chez Hermine. On nous dit tout et son contraire, les rares actions des personnages trahissent leurs prétendues psychologies. C'est épuisant. le roman a clairement cent pages de trop.
Impossible de rentrer plus en détails pour éclairer les propos cités plus haut sans faire de spoilers, ou rendre cet avis interminable. Alors pour faire court :

La relation entre Hermine Jo et Macha. Ce n'est pas de l'amour c'est de la lâcheté. Ils ne se soucient ni l'un ni l'autre de leur fille adoptive et sa place dans La Datcha.
Hermine et Samuel. Tout sonne faux, Hermine est tellement immature qu'on se demande comment ils ont pu rester en bon terme pendant deux ans et comment Samuel a pu prendre la décision de faire des enfant avec une telle inconsciente.

Hermine et Vassily. Fuis moi je te suis. Un pas en avant dix en arrière. Amour impossible. Mais aucune explication pour justifier de leurs attirances mutuelles. On se demande vraiment pourquoi ils s'aiment. Vassily est le stéréotype de l'homme fort et puissant mais son parcours scolaire et personnel est si chaotique qu'on se demande comment il peut être à la tête d'un complexe hôtelier international. le personnage est complètement incohérent. Il claque des doigt et Hermine obéit. Consternant.

La fin. Un petit demonus ex machina puis un deus ex machina et le tour est joué. le tout plâtré avec un monologue de Vassily qui s'étale sur un chapitre entier. On retrouve les traditionnels amitié/fratrie brisé, amour triangulaire etc. Vu et utilisé jusqu'à la corde. Personne ne pleur sauf Hermine qui chiale pour la 137e fois. le lecteur est pris pour un idiot. Impossible d'avoir accès à des informations pour mettre sur la piste de la vérité.

Pour aller plus loin. Donc bien évidement que non je ne recommande pas la lecture de la Datcha. J'ai perdu six heures à lire un roman bancal, bâclé, aux personnages qui laissent indifférent ou qui agacent très clairement. Aussi je ne comprend pas les critiquent qui encensent ce livre. Je ne regrette cependant pas d'avoir passé deux heures à écrire cet avis. Si ça peut éclairer quelqu'un qui hésite c'est toujours ça de pris.
Dans la même thématique (deuil et amour impossible/perdu) et pour élever un peu le niveau, je recommande Poussière d'homme de David Lelait. Tout simplement bouleversant.
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Sourisetdeslivres
  30 mars 2021
Bienvenue à la Datcha
Je ne savais rien de ce livre avant de le commencer juste son titre.
Je n'ai rien voulu lire.
Je voulais ouvrir ce nouveau roman et laisser Agnès me conter son histoire.
C'est étrange, car je n'ai jamais rencontré l'auteure ; (c'est un rêve, même si je ne sais pas si je pourrais aligner 2 mots
intelligibles), mais j'ai immédiatement entendu sa voix quand j'ai lu la première page.
Une voix que j'ai imaginée depuis 2013.
Une voix que j'ai toujours écoutée même quand j'adhérais moins à ce qu'elle avait à me raconter.
Ici, à la Datcha, je me suis laissée totalement porter par sa voix.
Je l'ai laissée m'emmener visiter la datcha et ses propriétaires.
Je ne peux pas expliquer ce lien que j'ai avec ses livres, je ne cherche même pas à l'expliquer, mais tous me parlent.
Tous touchent de près ou de loin à quelque chose que j'ai vécu, que j'ai connu.
Agnès Martin-Lugand a touché une fois de plus à une blessure, à une faille pourtant bien cachée de mon enfance.
Ses livres, certains plus que d'autres sont comme écrits pour moi.
Ce n'est pas la seule auteure à avoir ce pouvoir sur moi. (Tu verras tout bientôt de qui d'autres je parle)
Revenons au livre, on va suivre Hermine. L'héroïne de ce livre. On lit son arrivée à la datcha lors du 1er chapitre puis on bascule 20 ans plus tard.
Tu restes un bon moment dans le même flou, dans la même inquiétude, dans la même incertitude qu'Hermine concernant son avenir et celui des personnes chères à son coeur.
Les réponses aux questions pourraient ébranler toute sa vie.
Son stress, sa tristesse je les ai pris de plein fouet.
Évidemment, je ne te dirai pas de quoi il s'agit ni même ce qu'est la datcha à part un lieu.
« Doucha moya »
Je peux juste te dire qu'il est question de deuil, de liens plus forts que ceux du sang, de la peur de l'abandon, d'amour parental, des coups très durs de la vie.
De la signification d'un foyer quand on a pour toute possession qu'un sac à dos. de chanson tsigane, d'enfants et de personnes âgées
Du temps qui passe trop vite ; sans qu'on ait eu le temps de se préparer, de volonté et d'amour à toute épreuve.
De loyauté. de vivre pleinement ses émotions et ses ressentis pour ne pas se laisser ronger par les remords, les regrets ou de la négativité. Il parle aussi de main tendue et du destin qui te remet des clés entre tes mains.
Il te parle des racines celles ancrées profondément et celles qui peine à pousser par peur de se retrouver arrachées.
Les racines que l'on crée et celles que l'on a toujours eues, mais qu'on a étendues à d'autres.
Les racines que tu déploies au fil du temps.
Les racines de la datcha si tu décides de lire ce livre
Agnès Martin-Lugand laisse planer le suspens, elle entretient le mystère autour de son héroïne.
Elle te parle de l'amour qui fait du bien, qui soigne, qui répare et qui fait grandir.
L'amour qui blesse et l'amour qui se tait pour protéger.
L'amour qu'on comprend sans les mots et celui qui se dit chaque jour.
Celui qui fait peur, car il s'approche dangereusement du mur érigé et celui qui fait exploser les murailles dressées.
Quand j'ai ouvert la Datcha ; le temps s'est arrêté.
Rien n'aurait pu me déconcentrer, grâce au talent incroyable de conteuse de l'auteure, je me suis laissée porter hors du temps ; me laissant bercer par les mots d'Hermine, la gamine.
Ce livre a parlé à la petite fille qui est en moi, à l'adolescente, à la femme et à la mère, à la gamine ; ce livre a posé un regard bienveillant sur chacune d'elle et l'a apaisée.
Ce roman lui a susurré que tout ira bien, j'ai fermé la dernière page, j'ai serré le livre contre mon coeur et enfin les yeux mouillés, j'ai relevé la tête.
Je lève la tête, je vois Macha toujours élégante dans sa robe bleu — marine, un chignon bas, son port de tête altier.
Elle lève le bras, elle me fait signe et me signifie par là que ce n'est pas un au revoir.
Qu'elle restera auprès de moi !
Je la vois à bord de sa Méhari, les mèches folles au vent de sa voiture décapotée sillonnant ces routes qu'elle connaît par coeur.
Je vois sur l'allée de platane Hermine me sourire depuis le perron de la datcha.
Je tourne la tête et je vois le moulin, les cyprès et les oliviers. Les vignes et les champs à perte de vue.
J'observe au nord, le Ventoux et les monts du Vaucluse ; au sud le Luberon.
« Va, Goloubka, va. »
En faisant ce geste de fermer le livre, car je viens de terminer le récit, je ressens ce sentiment, une fois plus, d'être orpheline, qu'on m'enlève une part de moi, une part d'eux.
Qu'une part de moi est restée auprès d'eux, mais je sais aussi que je les reverrai comme je revois souvent Diane, Reine, Hortense ; Véra ; Iris ; Yael et Ava ; toutes sont là ; surtout Diane et Reine que je n'ai jamais vraiment réussi à oublier. Hermine et Macha viennent de les rejoindre.
J'ai tant aimé la sérénité des lieux, j'ai été apaisée par ses murs et ses micocouliers, la balancelle de Mâcha et ses lauriers.
J'écoute Jo fredonner « la belle vie », Macha parle au téléphone en russe, j'entends le rire tonitruant de Gaby. Je perçois la timidité de Charly et ses ravioles que je rêve de goûter dans sa cuisine avec Jo et la gamine.
J'ai levé la tête vers le soleil, je n'étais plus chez moi, mais là-bas.
J'ai offert mon visage au ciel, regardé vers la cime des arbres, ces micocouliers de Provence.
J'ai senti le soleil sur ma peau.
J'ai enregistré chaque détail de chaque pierre avant de dire au revoir, car ce n'est pas un adieu à la datcha.
Le village de Goult, les murs de la datcha, sa bibliothèque, sa terrasse, ces terres de Provence sont imprégnés en moi.
Je sais que la Datcha sera là pour m'accueillir quand j'en aurai besoin comme Reine se tient toujours sur les remparts de Saint Malo m'attendant un jour, comme Diane est assise et m'attend pour boire ce café depuis tant d'années.
Je te confie les clés de la Datcha à toi qui me lis et qui ne connais pas encore ce livre.
Je te fais confiance ; tu sauras prendre soin de ce roman et de ces personnages.
Je t'écris cet avis avec mon émotion, mon coeur, mon âme et mes larmes.
Je te donne ces mots ; tu en feras ce que tu veux.

Lien : https://unesourisetdeslivres..
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Fabienne1809_Des_livres_dans_mon_coeur
  21 avril 2021
❤ Coup de coeur ❤
Ma chronique en vidéo : https://youtu.be/6NZ1Jx48stc
Ce dernier roman d' Agnès Martin-Lugand est un nouveau coup de coeur pour moi. C'est presqu'une habitude avec chaque roman de cette auteure. Et pourtant, à chaque fois, je me dis que je vais examiner de plus près les mécanismes qui font que l'auteure parvient à rendre ses personnages attachants ainsi que ce qui est mis en place pour faire naître en moi des émotions intenses. Eh bien, c'est encore raté cette fois. L'auteure m'a touchée en plein coeur d'emblée et entraînée dans la tourmente que vivent ses personnages sans que je puisse en comprendre les ficelles.
Hermine, le personnage principal, est une jeune fille abîmée par les abandons qui ont émaillé son parcours de vie. Elle a un petit air de sauvageonne lorsque Jo la rencontre. Il est un peu ours, mais elle n'a vraiment rien à perdre.
La datcha, qui donne son titre au livre, est l'endroit qu'Hermine va découvrir, dans lequel elle va s'investir, au risque de tout perdre. C'est un endroit qui a une âme et dont j'ai l'impression d'avoir l'image dans la tête. J'ai l'impression de voir briller la veilleuse allumée chaque soir dans le hall…
Comme dans ses précédents romans, l'auteure crée des personnages tous plus attachants les uns que les autres et pourtant si différents (Macha, Jo, Charly…) .
Macha est d'origine russe. Elle est particulièrement bienveillante et donne des petits noms affectueux en langue russe. En tant que lectrice, je me suis sentie comme personnellement dorlotée par cette femme sublime.
Vous pensez sans doute que j'ai dévoré ce livre en une après-midi. Eh bien non, j'ai voulu passer plusieurs soirées en compagnie d'Hermine… Et vous savez, si Agnès Martin-Lugand me lisait ou voyait la vidéo que j'ai consacrée à ce livre, eh bien, je lui suggérerais d'écrire un roman sur les 21 premières années de la vie d'Hermine, dont on sait finalement très peu de choses !
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critiques presse (3)
LeParisienPresse   12 juillet 2021
Très joli récit sur les blessures de l’enfance, le deuil, la reconstruction.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Actualitte   29 mars 2021
Dans son dernier roman, La Datcha, Agnès Martin-Lugand nous emporte dans le Lubéron, au cœur d’un hôtel tenu par Macha et Jo. Un couple exceptionnel, qui accueille Hermine, jeune femme abandonnée par sa mère, et perdue. Une main tendue, il n’en faut souvent pas plus…
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   17 février 2021
Selon la maison d'édition, ce neuvième roman de Martin-Lugand est particulièrement marqué par l'espoir...
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
DETHYREPatriciaDETHYREPatricia   03 juillet 2022
Il ne me répondit pas, mais entrelaça nos mains et nous dirigea au centre de la piste. On nous fit place et nos musiciens nous lancèrent dans un morceau que je connaissais par cœur, ils le savaient. Je suspectai Macha de leur avoir demandé d'attendre le bon moment pour le jouer. Je chantai à m'époumoner, je chantai les mots d'une langue qui n'était pas la mienne, mais que Macha m'avait traduits. Je chantai des mots qui racontaient l'histoire d'un peuple qui n'était pas le mien. Je chantai des mots de souffrance, d'espoir. Après, je ne touchai plus terre, Samuel me fit perdre pied ; son endurance à me faire danser n'avait pas de limite. Vite, très vite, les larmes déferlèrent sur mes joues, je n'arrêtai pas de danser pour autant, Samuel ne ralentit pas la cadence. M'étourdir. Evacuer. Vivre. Je noyai mon chagrin en m'épuisant dans les bras du père de mes enfants, de cet homme que j'avais aimé, je pleurais dans les larmes, la sueur, les rires, les vapeurs d'alcool, ma tristesse d'avoir perdu le père que je n'avais pas eu. Samuel m'observait guettant le moment où je dirais stop. Il n'était pas près d'arriver.
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PapyrusdunilPapyrusdunil   11 avril 2021
J’inspirai profondément devant la porte fermée de la bibliothèque. Je connaissais chaque recoin de cette pièce. J’y avais lu tellement de livres grâce à Macha, la littérature russe surtout, si chère à son cœur. Combien de fois Jo m’y avait-il trouvée endormie sur le canapé au petit matin ? Le grincement des gonds signala mon arrivée, sans susciter la moindre réaction. J’avançai silencieusement, irrésistiblement attirée par eux, bouleversée par leur dernier tête-à-tête. Macha, assise sur une chaise peu confortable à côté de son Jo, caressait tendrement le cercueil. Elle lui chantait à voix basse des mots d’amour en russe, lui susurrant encore et encore Doucha moya, mon âme.
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ADAMSYADAMSY   24 juillet 2021
Jamais ma mère ne m'appelait par mon prénom. Je n'avais jamais cessé de l'attendre. Je l'avais cherchée après avoir quitté le foyer à mes dix-huit ans, elle avait disparu dans la nature, elle s'était évaporée, comme si elle n'avait jamais existé. En revanche, la petite fille, elle, n'avait jamais disparu, elle restait bien cachée au fond de moi. L'adolescente, puis la femme que j'étais devenue, avait scellé un pacte avec la petite fille pour qu'elle reste silencieuse. Le départ de Macha me prouvait qu'elle ne se tairait jamais, qu'elle me rappellerait toujours que ma mère était partie, m'avait laissée seule sans elle.
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LeslecturesdeLilyLeslecturesdeLily   25 mars 2021
Un soir Jo vint chercher Macha qui préparait le dîner pour eux et le vieux paysan, il l'attrapa par la main, et l'entraîna à l'extérieur, il lui fit remonter toute l'allée, lui mit les mains sur les yeux et la positionna face au panneau qu'il avait fait forger en secret par un ferronnier du coin. Quand Macha recouvra la vue, elle lut "La Datcha". Macha avait sa maison, dans sa langue maternelle, dans sa culture, La Datcha pouvait être la maison de tous ceux qui se présenteraient à sa porte.
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CGOCGO   01 juin 2021
C'est vraiment le roman parfait pour juste se délasser : facile à lire, un peu d'intrigue pour donner l'envie de continuer même si en fait tout est prévisible dès les premiers chapitres. En fait je pense que je ne m'attendais pas du tout à cela suite à quelques critiques lues çà et là. J'attendais quelque chose de plus charpenté tant dans l'histoire que dans le style.
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On n'est pas couché Laurent Ruquier avec Natacha Polony et Aymeric Caron Retrouvez les meilleurs moments de l'émission culte des samedis soirs de France 2 : entretiens toujours plus vifs et mordants, révélations, clashs !
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