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ISBN : 2020551306
Éditeur : Seuil (12/06/2002)

Note moyenne : 2.67/5 (sur 181 notes)
Résumé :
"Je suis entrée dans la vie sexuelle adulte comme, petite fille, je m'engouffrais dans le tunnel du train fantôme, à l'aveugle, pour le plaisir d'être ballottée et saisie au hasard", déclare la narratrice. En quatre chapitres – le nombre, l'espace, l'espace replié et détails, soit la multiplication des aventures, d'une partouze à l'autre, les relations à l'emporte-pièce, les lieux et le corps appréci&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  17 novembre 2012
Malgré le titre explicite, ceux qui s'attendent à une histoire érotique dans la plus pure tradition du genre seront cruellement déçu : on parle dans ce livre de sexualité certes, mais pas pour titiller les sens des lecteurs. Catherine Millet nous livre sa vie sexuelle de manière brute, avec tous les détails : où, quand, dans quelle position et avec combien de personnes.
Si Catherine Millet a eu enfant le désir de devenir religieuse et missionnaire, sa vie d'adulte prend une toute autre direction, expérimentant en quelques semaines le sexe à deux, puis à quatre, jusqu'à enchaîner des rapports avec des dizaines d'homme différent le même soir.
Elle ne correspond cependant à aucune des images qu'on pourrait se faire d'elle : elle n'est pas séductrice, ses partenaires lui présentent d'autres hommes, qu'elle accepte sans discuter ; pas de quête effrénée pour le plaisir non plus, puisqu'elle reconnaît n'avoir « découvert » qu'après la trentaine que le plaisir était un des buts principaux du sexe. Il semble qu'elle ait découvert la sexualité de groupe naturellement, sans se poser de question, avec une indifférence qui laisse pantois.
Au final, ce livre offre une vision du sexe démystifié et désacralisé. Surprenant et totalement à l'encontre du courant actuel, qui théorise et psychanalyse le moindre mouvement du petit doigt.
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Titania
  27 avril 2015
Je suis tombée par hasard sur "l'enfer" d'une bibliothèque, en revanche je n'ai pas fait avec cet essai une bonne pioche...enfin ça dépend...j'ai trouvé cette description minutieuse des pratiques sexuelles de l'auteure...parisienne, marquée par le diktat d'une époque. Elle a absolument tout essayé, comme si l'objectif de la sexualité, c'était l'accumulation dans un temps très court, du maximum d'expériences, comme une fuite en avant, la peur de la mort. Ce récit pour nous expliquer son cheminement vers une sorte de libération, s'inscrit dans un milieu artistique très "Saint Germain des prés", ses partenaires multiples ne sont rien d'autre que des objets déshumanisés , des parties de corps sans visages, puis certains noms reviennent plus que d'autres, preuve quand même d'une forme d'attachement, d'amitié, une communion physique et intellectuelle, avec quelques uns. Jamais elle ne parle d'amour, elle avoue même une forme d'indifférence. C'est en reconnectant cette vie de femme un peu étonnante, avec son enfance, qu'elle nous permet de comprendre ce parcours singulier avec ses excès . Elle a mis du temps pour accéder à une certaine connaissance d'elle même : Désir, plaisir, donner, mais surtout recevoir, la relation intime comme un échange avec un peu de douceur, rien n'est évident pour elle ...Ce récit remarquablement bien écrit procède toutefois de tous les standards de l'autobiographie, c'est une reconstruction, un regard focalisé sur un aspect du passé, mais aussi un témoignage audacieux sur la sexualité d'une femme sans jugement moral, et rien que pour cela, cette liberté de ton, et la qualité de l'écriture, c'est un bon moment de lecture.
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Colchik
  13 septembre 2017
Il est difficile de mener une réflexion autonome sur un ouvrage qui a tant défrayé la chronique. Faut-il approuver, ou réprouver ?… ce sont en ces termes que s'est posé bien souvent le débat. S'agit-il d'un acte de courage d'une femme qui livre au public le côté le plus intime de sa personnalité ou d'une impudeur ultime dans un parcours sulfureux ?
Le sujet même du livre, son champ très restreint à la vie sexuelle de Catherine M., amène le lecteur – tous les lecteurs- à aborder le texte sous l'angle de la morale ou de l'absence de morale. Quand est-il du jugement littéraire ? Est-il possible avec un tel sujet ?
Le sujet donc : Les expériences sexuelles d'une journaliste et critique d'une revue prestigieuse de l'art contemporain. Nous retombons sur l'écueil inévitable : est-ce un sujet de livre ou un récit cathartique, relève-t-il de la thérapie, du narcissisme ou de la créativité ?
Tout sujet comporte dans son traitement par l'écrivain une part de narcissisme et le besoin d'aborder des questions ou des thèmes qui relèvent de son expérience personnelle et/ou de ses manques. Mais, son traitement ne peut se résoudre à cela. Nul ne reprochera à Flaubert ou à Simone de Beauvoir d'avoir parlé dans leurs romans de leur vie parce qu'ils parlaient aussi de la vie en général, de leur époque et de l'évolution des valeurs et des comportements dans la société où ils vivaient. le récit de Catherine Millet ne parle que de la singularité sexuelle de son auteur et nous renvoie à un style de vie particulier, à un itinéraire personnel choisi. Finalement, la vie de Soeur Emmanuelle et les turpitudes de Lady Diana, pour prendre deux destins singuliers aux antipodes l'un de l'autre (la pauvreté et la jet-set) s'appuient sur le même principe : conter un parcours hors norme qui n'a d'intérêt que sa valeur de fascination sur le public.
Qu'en est-il de l'intention de l'auteur ? Dans sa préface, Catherine Millet dit s'adresser aux femmes, à toutes ces femmes dont elle a fui en permanence les conversations vaines sur le corps et la sexualité. Elle avait choisi, une fois pour toutes, le camp des hommes et de la retenue et se détournait avec répugnance de l'impudeur féminine. Serait enfin arrivé le moment de parler à ses semblables et d'opérer vis-à-vis d'elles un geste de réconciliation. Mais il ne s'agit pas de leur parler à elles, plutôt de leur parler d'elle, la rebelle, qui n'a pas suivi la voie de ses soeurs. Elle comptabilise ses expériences avec la rigueur de l'entomologiste et la sécheresse de l'expert, sans s'inquiéter de ces femmes qui la lisent en se demandant de quoi elle peut bien leur parler. En lisant son récit, on est confronté à un phénomène connu de tous, celui de la personne qui, de retour de vacances, inflige à son entourage les plus menus détails de son équipée.
La franchise est patente. Catherine Millet avouant n'avoir jamais rien caché de sa vie à son entourage (hormis ses parents), l'intention de ne rien omettre perd un peu de son sel. Notre monde judéo-chrétien accepte la repentance avec plus d'indulgence quand l'âme est torturée. La vérité s'arrache toujours ; quand elle se donne de si bonne grâce, elle en perd tout mérite. Mais peut-on en lui en faire le reproche ? Elle n'agit pas pour l'édification des consciences, ou l'apaisement de la sienne, sans doute pour l'affirmation de sa liberté pleine et entière.
Le livre est bien écrit, entend-on. Il faut se méfier d'un jugement qui s'appuie sur le fait que la crudité des termes est régulièrement compensée par leur équivalent scientifique. le style n'est pas le vocabulaire et Catherine M. n'en manque pas. le style est ce qui fait entrer un récit dans une autre dimension, le rêve, le fantasme, l‘épouvante. Ici, nous restons les deux pieds plantés devant une cloison où est percé le trou du voyeur. Nous jetons un coup d'oeil sur des scènes qui, sans nous émouvoir, nous ennuient déjà.
La construction thématique est-elle originale ? le nombre, l'espace… le thème est là pour donner un ordonnancement et une hauteur aux souvenirs éparpillés. Soit. Mais l'arrière des camionnettes et le fond des canapés arrivent difficilement à élever le regard qui s'appesantit sur des objets on ne peut plus terrestres.
Je ne trouve pas que le livre de Catherine Millet soit une création littéraire. Il relève du succès de librairie. Ce n'est pas une manifestation de créativité de publier un tel récit, ni même une audace (je pense à Henry Miller qui renverse les tables d'un élan charnel assez incontrôlable). Je ne pense pas à une provocation – je me trompe, peut-être – , ou encore à une sorte de performance (chère à l'art contemporain) mais au besoin de revenir sur une existence dont le vertige ne peut se détacher de l'image de Narcisse se contemplant dans son reflet.
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LiliGalipette
  06 juin 2015
Sans tabou ni fausse pudeur, l'auteure raconte sa sexualité, ses expériences, ses plaisirs et ses fantasmes. Elle réfléchit également aux notions d'espace, d'intimité, de temps. Voilà un texte qui ne se résume pas et qu'il ne faut pas chercher à analyser. Ce n'est pas une compilation de scènes de sexe, pas non plus un tableau de chasse, encore moins un texte érotique même si certains passages sont plutôt émoustillants.
C'est le récit d'une femme libre, qui connaît son désir et sa féminité et qui n'a pas peur de les vivre. Je ne suis nullement tentée d'expérimenter la sexualité de Catherine Millet mais, si les fantasmes restent par essence personnels et qu'il est bien difficile de les cerner, ce texte est étonnamment frais, vivifiant et libérateur.
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brigittelascombe
  18 juin 2011
L'experte.
Fallait oser! Déballer sa vie sexuelle comme ça, tout cru, à des inconnus et faire traduire ses élucubrations en 33 langues me laisse pantoise. Comme quoi le sexe décuple...les ventes et dure longtemps, longtemps sur les rayons des libraires.
Cru, donc, salace aussi, pornographique sans doute. J'ai surtout vu cette téléréalité, voyeuse que je suis, comme un rapport de police scientifique, 'L'experte' irait bien comme titre, une experte au regard froid, passionnée de détails plus que de plaisir.
Quatre parties. le nombre. L'espace. L'espace replié.Détails.
La directrice d'Art press, l'auteur de 'Dali et moi', comme dans tout livre d'art désire étudier la façon dont l'artiste se met en scène dans sa propre oeuvre. Tiens, nous dit elle, comme Pollock qui s'insére sur sa toile. Elle sépare le sujet de son auteur et se photographie elle même à différents moments de sa vie, dans différentes positions et avec différents partenaires, puis combine les images.
Vus sous cet angle, les autoportraits passent. Ce qui passe moins c'est qu'elle dise avoir réalisé ce reportage pour les femmes car son 'art' est plus avilissant que plaisant et flatteur.
Mais il faut de tout pour faire un monde pas vrai?
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   16 novembre 2012
Je suis toujours profondément admiratrice du temps suspendu dans lequel vivent les baiseurs et qui retient ma sympathie. Il peut s'être passé dix ans, que dis-je vingt ans et plus encore, depuis qu'ils ont joui avec une femme, ils vous en parlent, ou s'adressent à elle, comme si c'était hier. Leur plaisir est une fleur vivace qui ne connaît pas les saisons. Elle s'épanouit dans une serre qui isole des contingences extérieures et qui fait qu'ils voient toujours de la même façon le corps qu'ils ont tenu contre eux, celui-ci serait-il flétri ou rigidifié dans une robe de bure.
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LuniverLuniver   15 novembre 2012
Je n'ai pas été très étonnée lorsque des critiques hostiles à mon livre ont été exprimées par des gens dont on peut croire, pourtant, qu'ils ont eux-mêmes une sexualité relativement affranchie. Ceux-ci doivent trouver leur plaisir dans la transgression, donc avoir besoin de maintenir des tabous, notamment dans la parole, pour continuer de jouir en cachette. N'ayant jamais attribué au sexe une valeur sacrée, je n'ai jamais éprouvé le besoin de l'enfermement dans un tabernacle comme le font finalement ceux qui me reprochent de faire tomber tout mystère.
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HekahmHekahm   23 août 2015
Ceux qui obéissent à des principes moraux sont sans doute mieux armés pour affronter les manifestations de la jalousie que ceux que leur philosophie libertine laisse désemparés face à des explosions passionnelles.
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LuniverLuniver   16 novembre 2012
La chaude-pisse m'avait baptisée ; par la suite, pendant des années, j'ai vécu dans la hantise de ce cisaillement qui toutefois ne m'apparaissait pas être plus qu'une sorte de marque distinctive, la fatalité partagée de ceux qui baisent beaucoup.
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SBysSBys   16 août 2014
On se croit dans une pièce close jusqu'à ce qu'une paroi coulisse découvrant une enfilade d'autres pièces, et si l'on avance, d'autres parois s'ouvrent et se referment et si les pièces sont nombreuses, les manières de passer de l'une à l'autre sont incalculables.
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Videos de Catherine Millet (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Millet
Dans La Grande Librairie du 11 septembre 2008 :
Catherine Millet pour Jour de souffrance (Flammarion) Patrice Pluyette pour La Traversée du Mozambique par temps calme (Seuil) Olivier Rolin pour Un chasseur de lions (Seuil) Tristan Garcia pour La Meilleure Part des hommes (Gallimard)
François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
Retrouvez toutes les informations sur les invités et leur actualité sur notre site : http://www.france5.fr/la-grande-librairie https://www.facebook.com/pages/La-Grande-Librairie/512305502130115 https://twitter.com/GrandeLibrairie Et réagissez en direct pendant l?émission avec le hashtag #LGLf5.
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