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ISBN : 2070137147
Éditeur : Gallimard (01/03/2012)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Une petite ville d'Algérie, pendant la guerre. Le narrateur a huit ans. Il joue, une après-midi de juin, avec ses camarades dans la cour de la minoterie où son père travaille.

Le chauffeur de l'usine leur propose de les emmener avec lui pour faire un tour dans la montagne où il leur est pourtant interdit d'aller à cause des événements. Inquiet, le jeune narrateur refuse et les laisse partir.

Le soir arrive, ils tardent à revenir. Une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  28 octobre 2012
Avec ce poignant récit autobiographique, Jean-Noël Pancrazi gravit, à 63 ans, la montagne du souvenir.
Un chemin difficile à entreprendre, une ascension pénible mais nécessaire car jamais exprimée, un voyage laborieux au coeur d'une mémoire tourmentée par un épisode traumatisant de l'enfance qui a conditionné toute sa vie d'homme et d'écrivain.
Grain de blé dur, noir, épais, comme ceux que l'on traitait dans la minoterie où travaillait son père, là-bas à Bordj Bou Arréridj, qui a enrayé pendant de nombreuses années les rouages de sa conscience et qu'il lui fallait, à l'aube de la vieillesse, extraire et exorciser.
Né dans une petite ville Algérienne en 1949, il avait huit ans pendant la guerre d'Algérie...pardon, il ne faut pas dire la guerre d'Algérie, il faut dire « Les Evénements »…
Un après-midi calme de juin, les attentats avaient un peu cessé ; presque un temps de paix…Le petit garçon jouait avec ses camarades dans la cour de la minoterie. Ils étaient montés à l'arrière de la camionnette, heureux, confiants, ravis que le chauffeur leur propose d'aller faire un tour là-bas, sur la montagne pourtant interdite, « là où il y avait, croyaient-ils, des ravins pleins de scarabées et de trésors enfouis de guerriers ».
Mais lui, il était resté, il avait refusé la proposition, se contentant de les regarder partir, ses six petits camarades assis sur la plate-forme de la camionnette, et dans la minoterie désertée durant la sieste des ouvriers, seul, il avait attendu, longtemps, très longtemps, jusqu'à ce que le soir tombe et qu'un vent de panique froid et glacé souffle de la montagne Aurès, cette montagne aux cailloux noirs où on les avait retrouvés, tous les six, six petits corps d'enfants égorgés.
Après, il y avait eu les cris, les pleurs, la rage impuissante, les hommes en burnous raflés dans les douars et les exécutions sommaires.
Il y avait eu la déclaration d'Indépendance, l'obligation de départ, la ville qui s'éloignait dans la poussière et les larmes, le retour en France.
Il y avait eu une nouvelle vie menée sans comprendre pour tous ces petits pieds-noirs immigrés malgré eux qui devaient lutter contre la réticence, l'hostilité et la suspicion.
Et pour lui, le narrateur, il y avait eu la culpabilité, le remords de ne pas être parti ce jour-là avec ses camarades, le chagrin lourd de regrets, le sentiment d'avoir failli et la honte d'être l'unique rescapé du drame de son enfance.
Il était temps que l'auteur de « Quartier d'hiver » (Prix Médicis 1990) ou de « Montechristi » dépose ce lourd fardeau qui n'a jamais cessé de peser sur son existence pendant toutes ces années.
Le récit de l'évènement dramatique dont il a été le témoin, enfant, pourrait enfin faire office de baume cicatrisant sur une plaie toujours à vif malgré le temps passé.
Comme un alpiniste, Jean-Noël Pancrazi grimpe à l'assaut de la mémoire, du mal intérieur, de la culpabilité, pour expurger cette conscience douloureuse, mise à mal par ce sentiment attristant que ressentent souvent les rescapés d'une tragédie, la honte d'être encore en vie quand les autres sont morts.
Son écriture est comme un écho à ce passé heurté, pleine de brisures, de cassures et de dénivelés le long de phrases sinueuses, morcelées par la ponctuation (tirets, virgules, points virgules), étirées comme un chemin de croix, belles, saisissantes, superbes de profondeur et de gravité.
Une narration qui ressemble à une escalade, encordée par des phrases escarpées, longues et prégnantes.
Montée dangereuse de la montagne Aurès avec ses virages et ses abîmes, progression instable des dunes de sable dans l'immensité du désert, retour mémoriel au sol originel, à la terre aimée et à jamais perdue, que l'auteur décrit avec cette fibre particulière des êtres de l'exil, une nostalgie dépourvue de rancoeur, une affliction profondément émouvante qui nimbe tout le texte dans une varappe des émotions où s'entremêlent la beauté des paysages et la violence des événements.
« le petit survivant est coupable. Il ne dort plus, il écoute, la nuit, la rumeur des rafles. Et il croit qu'on le hait » dit Jean-Noël Pancrazi au détour de pages éminemment bouleversantes.
Espérons que ce retour dans le passé lui aura permis de trouver l'apaisement du coeur, tout au moins une forme de libération par le pouvoir de l'écrit.
Puissant, fort et âpre, un texte qui roule longtemps dans les coeurs comme les éboulis sur les parois abruptes des montagnes.
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palamede
  09 juin 2018
Récit d'un drame personnel et collectif, La montagne concentre la peur et la douleur d'un enfant de huit ans qui a échappé à la mort atroce de ses camarades. La peur et la douleur des parents de six jeunes garçons qu’on a égorgés ; de ceux dans leurs burnous blancs, arrêtés et exécutés arbitrairement ; de ceux qui ont dû un jour quitter leur pays — pour la France qui n’avait que faire de ces Français d’Algérie.
La montagne avec tous les petits trésors, les scarabées et les milliers de pierre de lune dont il rêvait, est devenue pour Jean-Noël Pancrazi un lieu interdit et maudit. Un motif de culpabilité, pour avoir survécu alors que ses amis ont péri. De l'autre côté de la Méditerranée à la fin d’une guerre atroce, une histoire douloureuse qu'il nous raconte avec pudeur et émotion, au point qu'on en a le coeur longtemps chamboulé.
« ... le clairon sonnait si haut, si longtemps, si loin ; ce n'était pas possible que ce fut le souffle d'un seul homme ... cette sonnerie qui me traversait tout entier, comme s'ils étaient là, tout près, mes camarades, ces petits fantassins, si fiers de partir en expédition, sans même en avoir reçu l'ordre ... »
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oran
  04 juillet 2018
En avant-propos, je souhaiterais rappeler certains commentaires de Camus .
« Les représailles contre les populations civiles et les pratiques de tortures sont des crimes dont nous sommes tous solidaires (…) Ceux qui ne veulent entendre parler de morale devraient comprendre en tout cas que, même pour gagner les guerres, il vaut mieux souffrir certaines injustices que les commettre (…) Lorsque ces pratiques s'appliquent, par exemple, à ceux qui, en Algérie, n'hésitent pas à massacrer l'innocent ni, en d'autres lieux, à torturer ou excuser que l'on torture, ne sont-elles pas aussi des fautes incalculables puisqu'elles risquent de justifier les crimes mêmes que l'on veut combattre (…)
(…) Nous devons condamner avec la même force, et sans précautions de langage, le terrorisme appliqué par le F.L.N. aux civils français comme, d'ailleurs, et dans une proportion plus grande, aux civils arabes. Ce terrorisme est un crime, qu'on ne peut ni excuser ni laisser se développer. » (Mars- avril 1958)
« Oui, l'essentiel est de maintenir, si restreinte soit-elle, la place du dialogue encore possible (…) Les massacres inexcusables des civils français entraînent d'autres destructions aussi stupides, opérées sur la personne et les biens du peuple arabe. On dirait que des fous, enflammés de fureur conscients du mariage forcé dont ils ne peuvent se délivrer, ont décidé d'en faire une étreinte mortelle. Forcés de vivre ensemble, et incapables de s'unir, ils décident au moins de mourir ensemble. Et chacun, par ses excès renforçant les raisons et les excès de l'autre, la tempête de mort qui s'est abattue sur notre pays ne peut que croître jusqu'à la destruction générale (…) (Lettre à un militant algérien – Aziz Kessous- 01/10/1955)
« Chaque mort sépare un peu plus les deux populations ; demain, elles ne s'affronteront plus de part et d'autre d'un fossé, mais au-dessus d'une fosse commune (…) (Trève pour les civils 10/01/1956)
Hélas ces paroles ne furent pas entendues …
Ce tout petit livre de Jean-Noël Pancrazi est un long témoignage douloureux, qui dit l'abominable, l'insoutenable, ce qui ne peut s'oublier.
Une sorte de palimpseste où s'écrit l'histoire individuelle d'une personne, l'Histoire collective de milliers de personnes qui subirent les multiples épreuves causées par cette guerre d'Algérie, enfants, adultes, civils, militaires, quelque soit la communauté à laquelle ils appartenaient.
Un récit poignant, sobre, publié en 2012, un témoignage d'enfant, une épreuve qui marqua à jamais l'homme , qui vient, comme un écho, me percuter car il me renvoie à ce que j'écrivais dans un petit recueil de souvenirs publié et distribué auprès d'un cercle restreint d'intimes, réminiscence d'un incident qui fut, certes moins tragique que cet enlèvement de jeunes enfants qu'on retrouva égorgés dans le massif des Aurès près de Batna. Je vous en livre quelques extraits.
Avec M.D., nous étions parties nous promener dans la colline voisine qui surplombait la mer. C'était un jour magnifique « un jour couleur d'orange, de palme et de feuillage au front »
Nous avions envie de gambader, nous évader pour cueillir les fleurs annonçant le printemps qui s'avançait à grands pas. Parmi les agaves encore tendres et les pistachiers térébinthes d'où s'envolait une odeur résineuse si caractéristique, croissaient mille fleurs (…) Nous étions euphoriques, notre butin parfumé devenait de plus en plus étoffé, mais nous n'avions aucune envie de quitter cet endroit merveilleux (…) Ce jour, la campagne oranaise était bien plus attirante, ce n'était pas une vision idéalisée du paradis céleste, c'était le paradis terrien (…)
Plus de deux heures s'étaient probablement passées quand nous décidâmes de rentrer tranquillement et, arrivées au-bas de la colline, nous reçûmes un accueil mémorable !
Nos parents se précipitèrent vers nous, en criant, hurlant. Ils étaient accompagnés de plusieurs jeunes soldats armés. Une patrouille était, entre temps, partie à notre recherche (…)
Un commando lourdement armé de fellaghas avait été repéré… traversant la colline, il avait peut-être prévu de bivouaquer dans les environs(…)
M.D. et moi n'avions pas eu conscience immédiatement des conséquences terribles , triste euphémisme, si cette rencontre s'était effectivement concrétisée.
Qu'aurions-nous dû endurer comme sévices avant de terminer, probablement la gorge tranchée ou éventrées ?
Nous n'étions pas tout fait des femmes, plus tout à fait des petites filles… Il est facile d'imaginer(…)
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cicou45
  04 octobre 2012
Le narrateur, qui n'est autre que l'auteur, a huit ans à l'époque où se déroule cette histoire. Dans le petit village de Bordj Bou Arréridj en Algérie où il vit avec ses parents, le petit garçon vit dans cette insouciance de cette fin de guerre étant donné que les rafles se font de plus en plus rares. Cependant, un bel après-midi d'été, un chauffeur de bus, leur propose, à lui et ses camarades de classe de les emmener de l'autres côté de la montagne, lieu interdit jusqu'alors. Il est le seul à refuser...ce qui lui sauvera d'ailleurs la vie puisqu'il ne reverra jamais ses amis. Son père, aide-comptable dans une minoterie est le seul à rester tandis qu'il envoie en exil sa femme et son fils en France afin de les protéger car, après les accords d'Evian, l'Algérie n'est plus un leu sûr pour les pieds-noirs. Contraint, le couteau sous la gorge, de s'exiler lui-même peu de temps après, il abandonnera lui aussi ce qu'il considérait comme son chez-lui et sera obligé d'abandonner tout ce qu'il avait tant chéri pendant ces années. Chassé comme un chien par ceux qu'il avait protégé durant la guerre, le père du narrateur ne comprend pas, pas plus d'ailleurs que ces milliers de pieds-noirs que l'on a chassés loin de chez eux.
Un roman, très bien écrit, malgré la longueur des phrases 'c'est le seul reproche que je fais à l'auteur car le lecteur a parfois tendance à perdre un peu le fil), une histoire émouvante et probablement vécue par certains de nos parents ou grands-parents car cela s'est déroulé il y a à peine cinquante ans...
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araucaria
  27 août 2014
Très beau roman autobiographique qui nous conduit de l'Algérie pendant la guerre au retour en France près de Perpignan, puis à Paris et ensuite dans le village de Corse berceau de la famille Pancrazi. La montagne n'est jamais très loin, mais différente de celle qui en Algérie aura marqué à vie le narrateur. Oui car cette montagne d'Algérie est le lieu d'un drame qui à bouleversé Jean-Noël Pancrazi pour la vie. Un livre court, mais un livre fort. Un livre de grande qualité merveilleusement servi par la très belle plume de Jean-Noël Pancrazi.
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critiques presse (1)
Lhumanite   11 juin 2012
Dans la coulée de cette prose subtile la complexité historique devient tangible.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   04 juillet 2018
Je n’avais pas vu arriver le garçon arabe qui rôdait, avec ses sandales cassées, ses genoux pleins de terre et, dans ses yeux, trop de bonté pour céder, se rappeler l’hostilité qu’on lui commandait tout autour (…) en tenant dans ses bras le petit fennec tout chaud, à peine mouillé, qui venait de la montagne, comme s’il avait échappé à tout – aux roues des camions, aux pas des soldats, aux colères de la foule, aux pierres lancées pour rien. On le tenait ensemble quand je descendais de la bicyclette. On aurait dit que c’était la Paix qui l’envoyait vers nous, comme s’il était seul dans le pays à être doux, à ne pas opposer de résistance, à se laisser caresser, emmener sans avoir peur, ne pas se soucier à qui il appartenait. Le garçon était prêt à me le donner ; mais non, c’était lui qui devait l’emporter, il lui tiendrait compagnie, il le garderait tout contre lui si jamais on l’emmenait une nuit dans le camp de Lambèse, dont on devinait déjà les miradors, avec ces autres enfants, les petits yaouleds , loin de leurs pères parqués ailleurs, qui ne savaient pas, parfois, qu’ils avaient été embarqués avec eux dans la rafle du soir, qu’ils avaient été obligés, à un moment, de lâcher leur main, tant c’était rapide, désordonné ; (…)
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araucariaaraucaria   26 août 2014
C'était une après-midi calme de juin - on se serait cru en temps de paix, les attentats avaient cessé depuis quelque temps, on ne parlait plus que d'"incidents" ici ou là, on se méfiait moins, on repartait se promener hors de la ville; mes camarades étaient montés devant moi dans la camionnette de la minoterie; le frère du chauffeur habituel, profitant du désert de la cour de l'usine à deux heures, du repos des ouvriers, de l'absence des contremaîtres, leur proposait de faire un tour, là-bas, dans la montagne qui nous était pourtant interdite, là où il y avait, croyaient-ils, des ravins pleins de scarabées et de trésors enfouis de guerriers; ils étaient si heureux en s'asseyant ensemble sur la plate-forme, n'osaient pas trop rire de peur qu'on ne s'aperçoive de leur départ secret, se moquaient presque de moi, qui avais préféré rester - ils se disaient que j'étais un rêveur plutôt qu'un casse-cou - pour attendre l'employé de la minoterie qui viendrait peut-être me rejoindre, comme d'autres après-midi, au fond de l'entrepôt des grains.
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palamedepalamede   10 juin 2018
... il était un combattant de l’autre bord, au cœur inaccessible ; juste peut-être — au moment où son regard se voilait un peu — cette forme de tristesse qu’avaient parfois les vainqueurs quand ils se demandaient si ça valait la peine d’être allé aussi loin dans la guerre, en sacrifiant même des enfants ; ...
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araucariaaraucaria   27 août 2014
La ville s'éloignait. Je me retournais pour voir la montagne; on ne la distinguait pas vraiment : la vitre arrière était pleine de poussière et de larmes; la montagne était là, pourtant, pendant des kilomètres, même quand on roulait dans une autre plaine, qu'on passait dans une autre région; je la verrais de la mer, du pont du bateau à travers les feux, le halo des derniers incendies des champs, des entrepôts et des maisons qu'on avait préféré détruire en partant, dans l'emportement, la politique de la terre brûlée.
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araucariaaraucaria   26 août 2014
Je passais devant l'église, mais cela me faisait si mal encore - je ne voulais pas me souvenir du jour de la cérémonie, que j'avais enseveli en moi, juste le banc devant moi, la brume de larmes, de peine et de révolte que rien ne pouvait atténuer, transformer en pardon; je n'aimais plus Dieu, je n'allais plus au catéchisme, j'avais mis de côté pour toujours le missel; qu'est-ce-que ça voulait dire, la résurrection, les miracles? Ce Fils qui soit-disant était venu sauver le monde et avait oublié l'Algérie, n'avait pas secouru mes petits camarades qui avaient à peine eu le temps de commettre et de confesser quelques péchés véniels.
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Jean-Noël Pancrazi. Territoires intimes.
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