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EAN : 9782072733581
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)
4.55/5   10 notes
Résumé :
Ce volume contient la totalité de l'œuvre de Georges Perros ainsi que de nombreux inédits. Elle est ici établie par ordre chronologique pour Papiers collés, Poèmes bleus, Une vie ordinaire, Papiers collés II, Échancrures, L'Ardoise magique et Papiers collés III, et par ordre d'écriture pour les inédits, les textes non repris en volume ou ceux réunis après sa mort.

Attiré par la scène et l'envers du décor, sa première vocation fut le théâtre – une déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Erik35
  07 décembre 2017
FAIRE OEUVRE DANS L'IMPOSSIBILITÉ D'UNE OEUVRE.
Impossible, en quelques lignes bien maladroites, de résumer les seize cents page de cette "somme" nullement assommante et qui permettra au lecteur attentif, souvent passionné, de découvrir ou de redécouvrir cette parole ouverte et offerte, une parole sans tricherie ni faux-semblants, rugueuse parfois, tendre souvent, sans concession assurément !
Que l'on apprécie ces poèmes au rythme chaloupé, d'une construction d'apparence simple, empruntant bien souvent l'octosyllabe, immédiatement lisible, si proche de la crudité d'une existence simple et de la vérité musicale des mots ; qu'on leur préfère ces déroutants mais tellement insinuants Papiers Collés, emprunts d'une pensée du renoncement volontaire, de la difficulté d'écrire malgré l'impossibilité de faire autrement, rédigés au hasard des impressions, des ressentis, de l'urgence au cours d'une vie quasi monacale, cette réclusion recherchée au bout du bout de l'ouest, dans cette petite ville de pêche qu'est Douarnenez ; que l'on cherche une pensée complice, stimulante mais à l'écart de toutes les modes, de toutes les facilités du temps à travers la lecture de ses notes ; que l'on savoure la pertinence des analyses de fin et infatigable grand lecteur qu'il était : on appréciera particulièrement les lignes consacrées à ses maîtres, Jean Grenier, Brice Parain, Jean Paulhan. N'oublions pas le philosophe danois Sören Kierkegaard, le poète et écrivain Paul Valéry, ou encore Jean-Paul Sartre qu'il préférait à Albert Camus. Impossible enfin de citer les innombrables amis écrivains que sa plume précise savait si bien disséquer ; quelle que soit la nature de ses propres préférences, il y a toujours quelque chose à trouver, à recevoir des réflexions, pensées, étincelles rédigées au siècle dernier par cet «homme de parole(s)» ainsi que le surnomme Thierry Gillyboeuf en intitulé de son avant-lire.
Après une longue et belle introduction de Thierry Gillyboeuf, dont il faut ici admirer le travail patient, acharné, méticuleux, pour ainsi dire amoureux et bien certainement passionné - Thierry Gillyboeuf a déjà préfacé plusieurs inédits ou rééditions d'oeuvres, de poèmes et de correspondances du finistérien d'adoption, ainsi qu'une très convaincante monographie aux éditions La Part Commune, sobrement titrée "Georges Perros" -, suit une copieuse bio-bibliographie intelligemment et agréablement illustrée de documents, photographies, annotations diverses. Enfin, le corps de l'ouvrage donne ou redonne à découvrir les textes de Perros, in extenso et par date de publication en revue, en volume ou dans des carnets et cahiers retrouvés et patiemment décryptés par Thierry Gillyboeuf. On y trouvera aussi retranscrites les interventions radiophoniques et autres entretiens de l'auteur des Papiers Collés. Quelques textes non-datés ainsi que des inédits retrouvés tandis que l'ouvrage était déjà presque composé achèvent ce corpus.
On retrouvera enfin un index de personnes et revues citées ainsi qu'une bibliographie complète en annexe.
Voici, pour achever cette inachevable présentation de cette manière de non-oeuvre polymorphe et foisonnante, tellement éloignée, en intention, en réalisation comme en destinée de ce que devient trop souvent la norme en "littérature", ce que Perros voyait venir, où ces textes sont alors d'autant plus importants à lire ou à relire qu'ils peuvent sans doute aucun accompagner toute une vie de lecture et de lecteur, voici, annoncions-nous, les premiers mots de cette savante, cette nourrissante introduction de Thierry Gillyboeuf, qui feront ainsi office de conclusion à la présente présentation générale, maladroite et tellement incomplète :
«Je me suis fait un non» : plus qu'un renoncement, cette phrase dont Perros aurait pu faire sa devise tant elle a servi de colonne vertébrale à sa vie comme à son oeuvre, exprime une cohérence. Il y a chez lui une esthétique du refus, qu semble remonter à son étonnement originel d'être là. Car il fût très tôt hanté par un taciturne goût de vivre, par ce que Miguel de Unamuno appelait "le sentiment tragique de la vie", formule qui résumait, pour Jean Grenier, la condition humaine. Perros n'a cessé d'écrire sa difficulté d'écrire, son impuissance face au roman ou au théâtre, la simplicité pauvre de ses poèmes, la légèreté gratuite de ses notes griffonnées dans ses carnets sous le coup d'une idée qui, tel un poisson, traverse les eaux vives de la pensée avant de disparaître. de ces notes, de ses poèmes, de quelques articles ou préfaces de commande, il ne cherchera pas à composer une oeuvre. il fuit, se déporte pour ne pas totalement se déserter, lui qui se dit «pris dans une fente de liberté exacerbée.»
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La suite - et quelle ! - est a découvrir dans ce dernier envoi de cette belle, indispensable collection Quarto aux éditions Gallimard. Un ouvrage qui fera assurément date, tant par le sérieux de sa composition que par l'incroyable densité de la parole perrossienne. Da viken !*

* Pour toujours, en breton.
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SZRAMOWO
  02 décembre 2017
4ème de couverture
Ce volume contient la totalité de l'oeuvre de Georges Perros ainsi que de nombreux inédits. Elle est ici établie par ordre chronologique pour Papiers collés, Poèmes bleus, Une vie ordinaire, Papiers collés II, Échancrures, L'Ardoise magique et Papiers collés III, et par ordre d'écriture pour les inédits, les textes non repris en volume ou ceux réunis après sa mort.
Attiré par la scène et l'envers du décor, sa première vocation fut le théâtre – une déception. Restent la force des mots, le phrasé. Glissement de l'oral à l'écrit. Sans revenus fixes, il assuma son dénuement volontaire, acharné à noircir ses petits carnets, ses agendas, seulement riche d'une moto.
Ses amis, peu nombreux mais présents, le guidèrent. Gérard Philipe le recommande à Jean Vilar. Son métier? Lecteur pour le T.N .P. Vilar s'est-il amusé autant que nous à lire ses comptes rendus? Ils tiennent en peu de mots : l'intrigue, la meilleure réplique, son jugement. Pas de bavardage, ni de laconisme, c'est impitoyablement drôle – l'élégance de l'humour assassin.
Georges Poulot (1923-1978) devient Georges Perros, l'homme inclassable de la littérature, le lecteur insatiable, le critique avisé, le touche-à-tout. Sa rencontre avec Jean Grenier amorce un tournant. Il consent à lui montrer quelques textes. Grenier les aime, s'empresse de les donner à lire à Paulhan, la N.R.F. les publie. le ton est donné, la pensée entière, vive, l'écriture acérée et précise.
C'est à son corps défendant qu'il réunit et publie Papiers collés – et les ouvrages suivants –, parce que la vie matérielle, avec toute une famille, l'a rattrapé et qu'il faut vivre. Il place si haut la littérature qu'il se juge toujours indigne d'un tel sacerdoce. Loin de Paris, à l'écart de tout «milieu», à Douarnenez, il officie de notes, de lectures, de poèmes. L'homme parle, malgré lui. Et lorsque le verbe le fuit, il dessine, peint, pour retrouver la seule écriture qui vaille : celle du quotidien, ces instants sans importance, l'anecdotique, où se niche l'essentielle vérité. Comment la poésie peut-elle enchanter notre réalité? Comment transcender la douleur? Aimer, se pardonner? Comment vivre?
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anniefrance
  23 novembre 2020
Un pavé de 1600 pages à la typo serrée, j'ai rarement mis autant de temps à lire un bouquin; ce n'est pas un roman mais un recueil des écrits de Georges Perros (Poulot) que je ne connaissais même pas. Gagné à lecteurs.com.
Cela commençait mal: je n'ai rien compris au "lettrisme".
J'ai pris plaisir à lire ses commentaires féroces sur les manuscrits de théâtre: il était "lecteur" pour Jean Vilar.
Je me suis un peu ennuyée avec les articles pour les Dictionnaires, les préfaces etc. Certains textes m'ont plus notamment Gardavu et l'Occupation.
Il parle peu de sa compagne Tania et de ses enfants et pourtant, c'est pour les nourrir qu'il accepte enfin d'être publié!
Il aime ses chiens: Zita, Golo (il écrit un texte sur lui) et Jos qu'il évoquera aussi.
Il aime la Bretagne et s'installe à Douarnenez (voir le beau et long poème Ken Avo). Il porte une grande admiration à r Paul Valéry; quand il était comédien, il s'est lié d'une grande amitié pour Gérard Philip; ses mentors sont entre autres J. Grenier et Paulhan. Il a une grande amitié pour Michel Butor. Sa culture classique est vaste mais il connaît bien aussi ses contemporains. Il préfère Sartre à Camus, l'Homme fatigué. Ses poèmes sont clairs, octosyllabiques, vers libres...ils parlent du quotidien, de la solitude qu'il aime, de la mort qu'il ne craint pas, souhaite même parfois tout en condamnant le suicide.
Il me semble que c'est la poésie que j'ai le plus appréciée
parmi tous ses écrits variés.
Nous partageons l'attrait pour Queneau et le peu d'intérêt pour Sollers et Robbe-Grillet (en toute modestie!)
ps: j'ai découvert que mon beau-père, Yvon Belaval, avait écrit un article sur Perros en 1980 mais je ne le possède pas.
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Henri-l-oiseleur
  06 janvier 2018
Il est peut-être imprudent de qualifier de "complètes" les oeuvres réunies en ce volume, de la simple note marginale au livre construit et publié. Les auteurs ont tout rassemblé en une édition chronologique prudemment intitulée "Oeuvres" (non "Oeuvres complètes"). Ce gros livre réunit les écrits d'un auteur paradoxal, et sa démarche chronologique, critiquée parfois dans la presse (on ne retrouve pas facilement, à croire les critiques, dans le foisonnement des écrits, ce qui a été collecté, mis en forme et publié) - sa forme chronologique permet au lecteur de voyager tout au long d'une vie, mais aussi (et surtout) tout au long d'une vie littéraire, des années 50 à la mort de l'auteur en 1978. Le milieu littéraire y apparaît sous la forme de critiques de livres (exercice auquel l'auteur s'est adonné toute sa vie), d'essais (Sartre, Butor, Paul Valéry). L'époque est celle de l'existentialisme, du Nouveau Roman et de ce qui a suivi. Perros, au rebours de ses contemporains, ne fait pas une grande place à l'actualité politique. Le lecteur, une fois entré dans le livre par cette porte, pourra se familiariser avec la prose ou avec la poésie de Perros, dont je n'ai pas encore une idée précise. Il aura accès à la pensée de l'auteur, formulée sous forme générale, pensées, aphorismes, notes, qui touchent aussi bien la vie quotidienne que la vie intérieure. On peut feuilleter cette vie, en parcourant ce volume de et en choisissant, à sa convenance, le type d'entrée que l'on préfèrera.
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jplegrand2015
  07 avril 2018
Voici un inclassable, un vrai : Georges Perros.
Comédien paniqué par le public, musicien à ses heures, bon dessinateur, poète, lecteur au TNP et surtout lecteur, infatigable lecteur : adepte d' »une lecture considérée comme de l'écriture remise en mouvement ».
Plaçant le sacerdoce de la littérature si haut qu'il se croyait indigne d'être édité (quelques ouvrages firent exception) le voici pourtant – cela l'aurait certainement étonné, peut-être chagriné – publié intégralement dans la toujours intéressante collection Quarto.
Je suis tombé sur ce gros volume par hasard : au sortir des fêtes de fin d'année, il se trouvait sur la table d'une boutique de livres d'occasion, même pas déballé de son cellophane.
Un peu de tout à déguster lentement, en y revenant souvent, histoire de mieux profiter de ce regard aiguisé comme un scalpel, de mieux goûter cette prose souvent décapante.
Perros est un OVNI : quelque part entre Joubert qu'il admire et Sollers qu'il déteste.
Comme Sollers, il a beaucoup pratiqué Céline. Il nous en donne un aperçu saisissant, plus ramassé que Sollers qui ne sait pas toujours se restreindre. « Céline est sans doute le seul écrivain burlesque – un Jarry méchant – de la littérature actuelle. Il écrit comme on respire quand on est en colère sans pour autant perdre l'envie de rire. Enfin, il choisit bien ses titres. Je donne toute sa gouaille , son invention, son rythme – changer ou ajouter un mot est impossible- et l'étrange magie de cette prose exclamée , pour le seul titre :Normance. Il y a dans ces trois syllabes une détresse couleur ébène, veloutée, un je-ne-sais-quoi de fou, de nocturne, d'effrayant, que l'horreur de la réalité ratifie sans l'éluder. Voilà le tour de force ». Voilà du grand art !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   07 décembre 2017
Je suis né dans une mansarde
d'où l'on entendait le matin
des laitiers qui drelin drelin
réveillaient les biberonneuses.

Ici naquit Georges Machin
qui pendant sa vie ne fut rien
et qui continue Il aura
su tromper son monde en donnant
quelques fugitives promesses
mais il lui manquait c'est certain
de quoi faire qu'on le conserve
en boîte d'immortalité.

Prendre l'air était son métier.

[Extrait de "Une vie ordinaire", p 680]
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Erik35Erik35   08 décembre 2017
Site. Pointe du Raz.

Il est bien sûr tentant de penser que la terre finit là, en beauté. Lieu quasiment inhabitable, en raison même de sa beauté qui tire tous ses efforts d'une combinaison de lumière et d'épouvante. L'été, on y vient - l'hiver, on y va. L'été, des guides vous font visiter le lieu, qui n'en demande naturellement pas tant, puisqu'il n'y a rien à montrer, les effrayantes trouées. L'hiver, par grand vent, par tempête, il est comme un bateau accroché à la terre, au continent.
La terre avait du mal à s'emmerrer il y a une complicité, un pacte. La mer toile de fond mortuaire. La mer qui n'a pas semblance d'usure, alors que les hommes passent très fatigués de se recommencer dans le même contexte, entre ces deux pinces, naissance et mort.

[Carnet 1968, p 784-785]
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Erik35Erik35   09 décembre 2017
Oui, je m'aperçois qu'il est souvent question d'amour dans ces notes. Cela ne m'étonne pas. Ce qui m'étonne, c'est qu'il n'en soit pas toujours question. A m'écouter vivre, il me semble que c'est mon seul sujet, mon seul embarras, ma seule terreur. Et peut-être mon seul dépit.

[Notes pour une préface aux "Papiers Collés", p 392]
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Erik35Erik35   06 décembre 2017
Les mots sont des masques que le poète ajuste sur les mille et un visages de la réalité pour qu'elle aille faire la fête sans risque d'être reconnue - et par suite bafouée - par ceux qui s'en croient propriétaires.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   06 janvier 2018
On met du temps pour comprendre que juger un individu, une oeuvre, etc, c'est se vanter soi-même, c'est se donner du poids.

Notes 1, 1953, p. 195
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Vidéo de Georges Perros
VICTOR POUCHET - LA GRANDE AVENTURE - 18 questions sur la vie et la poésie
« le fil c'est peut-être une histoire très simple : tragi-comédie en cinq actes et deux personnages. L'un régulièrement menace de partir. L'autre se contente d'écrire des poèmes, dans l'espoir absurde de l'en empêcher. » Dans le roman-poème La Grande aventure, Victor Pouchet déroule une histoire à la fois bouleversante et légère en vers : une rencontre, des micro-aventures qui prennent des proportions de l'univers, des angoisses cosmiques, chansons tristes et verres de vin. Cette conférence-performance est l'occasion de traverser le livre et l'aventure de son écriture à travers une série de questionnements poétiques (ou presque) qui concerneront entre autres choses l'hypnose, Georges Perros, les récits épiques, Eugène Guillevic, les imprimantes laser avec option wifi, le doute et les chips au vinaigre.
À lire – Victor Pouchet, La grande aventure, Grasset, 2021.
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