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EAN : 9782253142768
189 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1997)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 74 notes)
Résumé :

La cause est entendue : crime passionnel. Charles Alavoine, respectable médecin de La Roche-sur-Yon, assassin de Martine Englebert, sa maîtresse, est en prison. Mais au-delà du verdict, il reste la vérité humaine... Dans cette longue lettre au juge, peu après sa condamnation, Alavoine retrace les étapes du chemin qui l'a conduit au meurtre : l'autorité possessive d'une mère qui a décidé de ses études et de son mariage, puis d'une seconde femme, qui à son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
ventrebleu
  28 juin 2020
Une histoire d'amour qui finit mal. Oui, et on le sait d'avance, puisque le meurtrier en est le narrateur et qu'il confie son histoire en s'adressant au juge qui instruisit le procès et pour lequel il éprouve un profond respect.
Pourquoi un homme, un médecin, a priori calme et bien élevé, en vient-il à tuer la femme qu'il aime? C'est la question à laquelle tente de répondre Simenon. Cette réponse n'est pas simple. Est-ce la jalousie? Pas vraiment. la frustration? L'appel du vide? le désir d'absolu? Peut-être est-ce un peu tout cela qui pousse un homme à battre sa femme puis à l'étrangler. Simenon se refuse de juger. Mais vous, oui, vous, comment jugerez-vous cet homme-là? Lui accorderez-vous les circonstances atténuantes que lui-même se refuse?
Un roman qu'il faut bien qualifier de sordide, si même dans la seconde qui suit vous lui accordez les cinq étoiles qu'il mérite et que, sans la moindre hésitation, vous en recommandez la lecture sur le site Babélio.
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Bellonzo
  17 décembre 2013
L'oeuvre est si vaste qu'il est difficile d'être catégorique mais Lettre à mon juge pourrait être l'un des romans les plus profonds, les plus graves de Simenon. L'un des plus désespérants aussi. de sa geôle le médecin assassin de sa maîtresse écrit longuement à son juge. Très longuement et très "plombement". La province française des années cinquante (ici vendéenne mais peu importe), Dieu sait si nous l'avons lue chez Simenon, tapie et racornie derrière le gâteau du dimanche et le bridge du mardi soir des notables. A nous faire peur, et pour longtemps. La descente aux enfers du Docteur Alavoine, père alcoolique suicidé, mère tout à son dévouement, marié, deux enfants, veuf, remarié, cabinet de campagne, puis un peu plus huppé, labeur incessant, bonheur néant, ne pouvait qu'être inéluctable depuis qu'en gare de de Nantes, en un de ces lieux carrefours des détresses qu'affectionnait tant Simenon, il avait rencontré Martine.
Publié en 1947 Lettre à mon juge est un roman glaçant et empoisonnant, qui distille son venin et sa hargne, sa misanthropie à l'intérieur même d'une carrière médicale honnête. La tempête sous le crâne de Charles Alavoine, balayée de faux semblants et de tristes certitudes, l'emporte au plus loin du drame, près de Martine, pourtant comme une soeur de malheur et qu'un amour réciproque ne sauvera pas de la folie brutale et meurtrière. Plus de soixante ans après sa parution Lettre à mon juge demeure un objet romanesque contondant, certes à sa place dans le carcan simenonien, mais qui relègue les pourtant très "humaines" enquêtes de Maigret au rang de faits divers ordinaires, comme si quoi que ce soit de la vie d'un homme pouvait l'être, ordinaire. On comprend bien que le film d'Henri Verneuil le fruit défendu où Fernandel tenait le rôle, ne pouvait qu'être très affadi, voire défiguré, pour que le célèbre comique accepte d'endosser un peu la défroque de Charles Alavoine. On comprend mieux encore l'écrivain totalement majeur qu'est Georges Simenon.
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Polars_urbains
  20 juin 2018
Lettre à mon juge est la longue confession (un des rares romans de Simenon à la première personne) du docteur Alavoine, condamné pour le meurtre de sa maîtresse, au juge d'instruction Cornéliau (ennemi intime de Maigret par ailleurs) expliquant avec une précision étonnante comment un homme somme toute plutôt ordinaire bascule un jour dans une autre vie et subit ce que le sociologue Bernard Lahire appelle une « rupture de trajectoire ». Thème que l'on retrouve par exemple dans L'homme qui regardait passer les trains, Maigret et le clochard ou Maigret et l'homme du banc.
Homme d'origine modeste, Charles Alavoine réussit sa médecine et grimpe dans l'échelle sociale, ce qui ne l'empêche pas de ressentir un immense sentiment de malaise. Car cet homme soumis, à sa mère d'abord, à sa seconde épouse ensuite, s'est laissé installer par lâcheté et par vanité dans une vie qui ne le satisfait finalement pas. Et la réussite et la reconnaissance débouchent soudain sur un sentiment de vide : « Je continuais à accomplir les gestes de tous les jours. Je n'étais pas malheureux, ne croyez pas cela. Mais j'avais l'impression de m'agiter à vide. ». C'est sa rencontre avec Martine, une femme de mauvaise vie qui cache de nombreuses blessures et qui deviendra sa maitresse, qui lui permettra enfin de quitter un milieu auquel il n'a finalement jamais souhaité appartenir pour repartir à zéro, pour se « déclasser » en quelques sorte. Pour se perdre aussi, jusqu'au drame final.
Ce qui pourrait n'être qu'une banale histoire de « ménage à trois » aborde plusieurs thèmes récurrents chez Simenon : le décalage social (un médecin issu d'un milieu modeste peine à se situer dans une société d'héritiers, ou comment la « première génération montante » ne s'est pas encore intégrée à une bourgeoisie plus ancienne) ; la difficulté de vivre avec une épouse qui domine socialement et culturellement son mari et vit son mariage comme un déclassement (Alavoine écrit que son sourire est empreint d'une « ironique condescendance » ; la jalousie, surtout sexuelle (cf. Les vacances de Maigret) ; le besoin de communiquer (« Mon juge, Je voudrais qu'un homme, un seul, me comprenne. Et j'aimerais que ce soit vous. ») ; le procès d'assises considéré comme un spectacle de la justice ne voulant pas voir ce qui importe dans un crime. Cela donne un des romans les plus graves et les plus sombres de Simenon, un livre dont on ne sort pas tout à fait indemne.
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Herve-Lionel
  21 janvier 2015
N°857 – Janvier 2 015
LETTRE A MON JUGEGeorges Simenon – Éditions Rencontre.
L'envie m'est venue de lire ce texte à la suite de l'écoute un peu hasardeuse, à la radio, de l'intervention du comédien Robert Benoît à qui Georges Simenon avait, quelques mois avant sa mort, donné gratuitement la possibilité d'adapter ce roman à la scène sous forme de monologue. Cette adaptation a été donnée en 2008 au théâtre du Lucernaire. Il s'agit d'un roman épistolaire écrit en 1947 quand il rencontre celle qui deviendra sa seconde épouse et dont il tombe fou amoureux.
Tout d'abord le narrateur s'adresse au juge en lui disant « Mon juge » comme on aurait dit « mon ami ». Cette forme de « familiarité » annonce sans doute le dénouement puisqu'il choisit de confier au magistrat ce qu'il n'a pas dit auparavant alors que tout est décidé pour lui. C'est aussi une manière de refuser l'opprobre d'une exécution. Ce roman n'est pas un polar. Il n'est pas besoin d'un commissaire Maigret pour dénouer les fils d'une énigme compliquée. Charles a avoué avoir tué sa maîtresse et qui plus est s'est mal défendu, un peu comme s'il recherchait sa mort. C'est certes un drame passionnel qu'à l'époque les tribunaux acquittaient lorsque le mari trompé tuait son épouse adultère. Ici, tel n'est pas le cas et Charles tue Martine par jalousie à cause des hommes qu'elle a connus avant lui. Son geste est d'autant plus inexplicable qu'il vit avec elle une vie apparemment sans histoire. Tout cela semble se passer dans sa tête mais il réclame à son juge de n'être pas considéré comme un fou, même s'il voyait dans cette Martine une femme double dont la personnalité et la vie antérieure l'obsédaient au point qu'il ne puisse pas les supporter. Ainsi, en tuant sa maîtresse, il tuait celle qui avait vécu avant lui. Autant dire que cette femme, trop maquillée, trop aguicheuse peut-être dans sa vie d'avant lui l'agaçait. Même si la question qui peut être posée est «  peut-on tuer par amour ? », même si pour un homme, être le premier dans la vie intime d'une femme est un fantasme, cela excuse-t-il le meurtre de cette dernière ? l'avocat a dû avoir du mal à défendre ce client, même s'il insiste sur le fait que la mort l'a serré vraiment de très près, celle de son père d'abord, suicidé, celle de sa première femme ensuite et ce n'est sans doute pas sans raison qu'il choisit la sienne. Il aurait pu plaider l'importance du hasard ou du poids de la solitude, de celui de la vie qu'il ne supportait plus sans Martine même si son existence antérieure où il n'était pas était pour lui insupportable... Charles est un faible, ballotté par les femmes mais c'est aussi, à l'exemple de ses propres parents, un être excessif, outrageusement possessif. Sa profession de médecin, à l'instigation de sa mère, vise surtout à le faire sortir de sa situation de fils de paysan, il devient ainsi notable, quelqu'un d'important qui peut ainsi avoir des exigences. Pourtant la mariage ne lui réussit guère, sa première femme meurt et la deuxième se révèle aussi autoritaire que sa mère. Il n'y a qu'une véritable femme dans sa vie, Martine, même s'il lui est arrivé de tromper ses épouses successives avec d'autres femmes, ce ne furent que des toquades, des opportunités qu'il n'a pas voulu laisser passer, rien de plus. Cette soudaine ingérence de l'amour-passion dans la vie de Charles qui ne l'avait guère connu auparavant a été à la fois une révélation et une révolution mais sa jalousie a précipité son geste meurtrier. Tels sont les arguments qui ont dû se bousculer dans la tête des jurés dont je n'aurais sans doute pas voulu faire partie.
Simenon ce n'est pas qu'un auteur de romans policiers. Quand il choisit comme ici de faire dans le drame psychologique, il est bien meilleur et son style est toujours aussi agréable à lire.
©Hervé GAUTIER – Janvier 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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franksinatra
  11 août 2020
Avec le personnage de Maigret, Georges Simenon se hisse sans difficulté parmi les très grands du roman policier. Il peut converser sans honte en buvant une tasse de thé avec Agatha et Phyllis ou en fumant sa pipe assis dans un chesterfield avec Raymond, Dashiell, Mickey ou Ross au paradis des auteurs de Romans Policiers (et que tous ceux qui y sont et que je n'ai pas cité ne m'en veuillent pas...). Mais il a aussi les clés du paradis des Ecrivains tout simplement. Attention ! que personne ne s'y méprenne : je ne dis pas que le roman policier est un sous-genre littéraire avec tout ce que cela peut avoir de péjoratif dans le terme. Mais tout simplement comme le disait André Gide : "Simenon est un grand romancier, le plus grand peut-être et le plus vraiment romancier que nous ayons en littérature française aujourd'hui."
Et "Lettre à mon juge" en apporte la preuve indubitable. Ici point n'est besoin de Maigret. Jugé et condamné pour un crime passionnel, le docteur Charles Alavoine développe, dans une longue missive adressée au juge d'instruction qu'il a côtoyé à de nombreuses reprises dans son bureau lors de l'enquête, les motifs qui l'ont poussé à étrangler la femme qu'il aimait. Il réfute le terme de passionnel qui sous-tend un esprit troublé et ne veut être tenu ni pour fou, ni pour irresponsable. Il revendique au contraire la préméditation, comme si une profonde réflexion l'avait conduit à n'envisager la délivrance aussi de bien de la victime que de lui-même que sous cette forme irrévocable et irrémédiable qu'est la mort.
En cent vingt pages seulement, Georges Simenon creuse, avec une précision chirurgicale et un style dépouillé, direct fait de phrases courtes et simples, les tréfonds de l'âme humaine et les travers de la société provinciale bourgeoise. Il nous montre comment un homme faible et soumis d'abord à sa mère, qui a supporté un homme alcoolique et coureur, et qui a voulu en faire un médecin pour s'élever dans l'échelle sociale, puis à sa seconde femme qu'il a épousé sans amour et qui régente la totalité de sa vie, va se transformer et se libérer des carcans qui rendent son existence morne et sans attrait, lorsqu'il trouve l'amour, le vrai, le seul, l'unique en la personne de Martine, un être perdu et meurtri au plus profond de sa chair et de son âme. La recherche éperdue du bonheur par le couple qui repart à zéro dans une banlieue parisienne populaire ne résistera pas à la jalousie maladive de Charles, amant possessif, violent puis criminel.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ventrebleuventrebleu   16 juin 2020
Nous n'avons pas parlé d'amour. Nous n'en parlions pas encore. Nous étions deux chiens mouillés et harassés par la grisaille d'un compartiment de seconde classe, à sept heures et demie du matin, en décembre, alors que le jour, faute de soleil possible, tardait à se lever.
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volubilaevolubilae   24 juin 2019
C'était un de ces soirs glauques, avec un ciel d'un blanc uni, à l'heure où l'herbe devient d'un vert sombre et où chaque brin se découpe, frissonnant dans l'immensité, comme sur les toiles des vieux maîtres flamands.
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kathykathy   13 août 2011
Si l'on me demandait aujourd'hui à quoi on reconnaît l'amour, si je devais établir un diagnostic de l'amour, je dirais : " D'abord le besoin de présence".
Je dis bien un besoin, aussi nécessaire, aussi absolu, aussi vital qu'un besoin physique.
La soif de s'expliquer soi et d'expliquer l'autre, car on est tellement émerveillé, voyez-vous, on a tellement conscience d'un miracle, on a tellement peur de perdre cette chose qu'on n'avait jamais espérée, que le sort ne vous devait pas, qu'il vous a peut-être donnée par distraction, qu'à toute heure on éprouve le besoin de se rassurer et, pour se rassurer, de comprendre.
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kathykathy   13 août 2011
Je ne vous dirai pas que ce sont les meilleurs qui boivent, mais que ce sont ceux, à tout le moins, qui ont entrevu quelque chose, quelque chose qu'ils ne pouvaient pas atteindre, quelque chose dont le désir leur faisait mal jusqu'au ventre, quelque chose, peut être, que nous fixions, mon père et moi, ce soir où nous étions assis tous les deux au pied de la meule, les prunelles reflétant le ciel sans couleur.
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kathykathy   13 août 2011
Le Poker-Bar? Moi-même il m'est arrivé de regarder ses lumières crémeuses avec nostalgie et d'avoir envie d'en devenir un des piliers.
Avoir un rond de lumière où se réfugier, comprenez-vous? Où se réfugier tout en étant soi-même, parmi des gens qui vous laissent croire que vous êtes quelqu'un.
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Videos de Georges Simenon (113) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Simenon
Georges Simenon : La neige était sale (1950 / France Culture). Photographie : Portrait de Georges Simenon (1909-1989) au Château d'Echandens, 02/1963. • Crédits : Leemage - AFP. 1ère diffusion sur la Chaîne Nationale le 27 novembre 1950. Adaptation de Frédéric Dard. Réalisation : Pierre-Christian Renard et Raymond Rouleau. Musique originale de Jean Wiener. En 1950, la Chaîne Nationale proposait une adaptation théâtrale et radiophonique de “La Neige était sale”, un roman de Georges Simenon adapté par Frédéric Dard. Durant l’occupation allemande, en France, on suit le parcours de Frank Friedmaier. Ce jeune homme vit dans une oisiveté dorée, chez sa mère, tenancière de bordel. Il côtoie les filles de la maison et des voyous, parmi lesquels un certain Fred Kromer. Seule lueur, sa voisine Sissy Holtz qui persiste à l'aimer malgré sa déchéance qui semble inéluctable... Interprétation : Yves Brainville, Jean Brochard, Danièle Delorme, Daniel Gélin, Françoise Lugagne, Jane Marken, Pierre Marteville, André Numès Fils, Gérard Oury, Jacqueline Roman, Raymond Rouleau, Blanche Sylvain et André Valmy.
Source : France Culture
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