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EAN : 9782080667854
416 pages
Flammarion (15/10/1992)
4.01/5   66 notes
Résumé :
Barbiche grisonnante et regard myope derrière ses besicles : tel apparaît débonnaire et quelque peu compassé, le Zola des manuels de littérature.

Pourtant, ce bourgeois frileux se révèle très tôt comme un boute-feu redoutable. Dès qu'une injustice pointe à l'horizon, il clame son indignation à la face du monde. Ainsi se fait-il l'avocat des causes les plus difficiles, défendant la peinture de Manet aveuglément décriée, stigmatisant les mœurs corrompu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  08 février 2019
Romancier, biographe, historien, Lev Aslanovitch Tarassov, baptisé Henri Troyat à l'âge de 24 ans par les éditions Plon, vous avez l'art de rédiger de passionnantes biographies qui emportent votre lecteur dans un tout autre univers que celui dans lequel il évolue.
Vous parvenez à vous immiscer dans la peau de vos personnages, tantôt femme, tantôt homme, qui prennent vie sous les yeux du lecteur. Nombre de biographes ne parviennent pas, hélas, à insuffler un tel souffle de vie aux personnalités évoquées. Serait-ce vos origines russes qui impriment cette bouffée romanesque, empreinte d'une grande rigueur narrative, à votre plume ? Votre passion se glisse à chaque chapitre, elle contamine, capture votre lecteur qui se laisse enlever avec jubilation.
L' Académie Française a su vous rendre hommage en vous recevant, le 21 mars 1959, en son honorable assemblée. Vous étiez alors âgé de 48 ans. La valeur n'attend pas le nombre des années – Pierre Corneille.

J'ai été subjuguée par le style de cet auteur. L'écriture est fluide, très agréable à lire. Un collégien peut lire Henri Troyat mais attention, c'est un français choisi, de qualité et c'est ce que j'admire chez un auteur, il peut captiver un grand nombre de lecteurs avec une plume aussi sensible et puissante.
Auteur prolifique de biographies, Henri Troyat ne cède jamais à la facilité, c'est un travail de documentation extrèmement précis qu'il entreprend à chaque histoire.
Il expliquait après avoir rédigé une fiction : « Après m'être coltiné pendant des mois avec des personnages imaginaires, après avoir essayé de rendre la fiction plausible et le mensonge émouvant, après avoir sué d'angoisse sur les orientations arbitraires d'une intrigue et maudit cent fois l'excès de liberté qui fait que tout est permis au créateur de mythes, j'éprouve soudain l'envie de reprendre contact avec la réalité, d'obéir à des documents authentiques, de passer du rêve à la vie. Alors j'entre dans une ère paisible et studieuse. Je sens le sol sous mes pieds ».
Emile Zola et Léon Tolstoï sont les grands auteurs de mon adolescence. Sous la plume d'Henri Troyat, je suis entrée de plein pied dans le monde du « naturalisme » et je comprends mieux mon engouement de l'époque et ma passion pour cet auteur. Son premier succès Thérèse Raquin a été pour moi fascinant, c'est le mot, et en même temps source d'angoisses. La description au scalpel de cette période, l'étude sociologique et psychologique de ces protagonistes m'hypnotisait. Je me souviens avoir été déçu par « Au bonheur des Dames » et avoir trouvé le récit fade. A la lecture de cette biographie, je comprends mieux aujourd'hui le sens de ce roman. Henri Troyat raconte très bien tout le travail d'enquête auquel se livrait Emile Zola, sur le terrain, avant d'entamer la rédaction de chacun de ses romans. de ce bourreau de travail, naîtra un monument de la littérature française du 19ème siècle, les «Rougon Macquart » auquel, il consacrera 22 années.
Journaliste polémique, engagé, passionné, il attaque, se révolte, dénonce la politique du second empire, n'hésite pas à se mettre en danger. Il donne des coups mais il en reçoit beaucoup. C'est un homme qui dérange : la société n'apprécie pas trop d'être obligée de regarder la vérité en face. Henri Troyat sait très bien nous faire partager l'hostilité dont ce combattant est l'objet ainsi que la rivalité qui existe entre auteurs. Ce cher Edmond de Goncourt n'aura de cesse de balancer son fiel à l'encontre d'Emile.
Mais Zola est un homme de conviction, il sait aussi s'entourer d'amis qui seront présents dans les grands moments de solitude. Il veut faire passer ses messages et rompre avec le romantisme d'Hugo, attirer les regards sur la misère qui s'étale sous ses yeux. Sans compter qu'il sent une conspiration haineuse qui rassemble les partis cléricaux, conservateurs, militaristes et légitimistes contre les juifs chargés de tous les crimes. Au début, il se contentera de s'opposer et de critiquer Edouard Drumont, il ne verra pas de suite l'odieux traquenard dans lequel est tombé le capitaine Dreyfus.
Tout le récit s'appuie sur l'étude d'une correspondance prolifique échangée avec les écrivains du groupe des « Soirées de Médan ». Nous pénétrons ainsi dans son intimité partagée entre Alexandrine et Jeanne. A l'heure des courriels, comment procèderont nos futurs auteurs.
Mais le point culminant historiquement, émotionnellement, c'est sa révolte lorsqu'il prend conscience de la terrible injustice que vit le capitaine Dreyfus. Au péril de sa liberté voire de sa vie, il va accuser le système politico-militaire, il est évident que ses détracteurs vont se frotter les mains, redoubler de malveillance à son égard. La machine judiciaire l'obligera à l'exil.
Page 396 :
« le 12 juillet 1906, le jugement du conseil de guerre de Rennes « prononcé par erreur » est annulé. Lavé de toute accusation, Dreyfus est réintégré dans l'armée avec le grade de commandant et quelques jours plus tard, au milieu de la Grance Cour de l'Ecole Militaire où a eu lieu sa dégradation, décoré de la Légion d'Honneur devant le front des troupes. de son côté le valeureux Picquart est nommé général de brigade. C'est le triomphe des idées de Zola. Mais il ne l'aura pas vu. Mort quatre ans trop tôt, il laisse cette joie et cette fierté à ses amis, à sa femme, à Jeanne ».

« Il y a un siècle, le 4 juin 1908, Emile Zola rentrait au Panthéon. Armand Fallières, Président de la République et Georges Clémenceau, chef du gouvernement, vinrent s'incliner devant la dépuille du grand écrivain dreyfusard tandis qu'à l'extérieur retentissaient les clameurs des militants nationalistes, hostiles à la cérémonie voulue par les députés » - Bernard Accoyer préface de Zola au Panthéon 1908 – 2008.

J'ai vibré avec Emile Zola, j'ai même été émue aux larmes à la lecture du J'ACCUSE qui lut dans le contexte parfaitement maitrisé par Monsieur TROYAT n'en a que plus de valeur. J'admire Zola du fait qu'il n'a jamais renié ses convictions, c'est un jusqu'au-boutiste devant l'injustice.
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Biblioroz
  26 avril 2022
On est attiré par une biographie parce qu'elle va nous ouvrir la maison d'un écrivain alors que, sorties de cette maison, nous ne connaissons encore que les lignes fébrilement couchées sur du papier et imprimées en aval pour toucher nous autres, les lecteurs avides de rentrer dans des univers construits mots après mots.
Alors que je chemine depuis quelques temps dans le monde mouvementé des Rougon-Macquart, j'ai eu envie de découvrir l'homme, auteur de cette fresque aux ingrédients composites si pimentés.
« Combien de petits garçons, rêvent de pouvoir un jour égaler leur père ! Pour Émile, à l'âge de cinq ans, la chose paraît impossible tant sont grands, à ses yeux, le talent, l'autorité, la générosité et la tendresse de l'ingénieur François Zola. » Hélas, ce petit garçon perdra bien prématurément ce père tant admiré qui s'est battu pour faire valider un projet de canal d'irrigation de la ville d'Aix mais qu'il n'aura pas le temps de voir aboutir. Émile, sa mère et ses grands-parents se retrouvent alors face à des créanciers insistants. À douze ans, boursier, Émile rentre dans un collège austère d'Aix-en-Provence où il fait la connaissance de Paul Cézanne. Brillant, travailleur pour faire oublier sa pauvreté, il remporte des prix et compose des vers tout en s'évadant avec ses amis dans la campagne environnante qui le grise. Mais la misère pousse sa mère à déserter Aix pour tenter de mieux vivre à Paris. Son désarroi est énorme, ses études en pâtissent et il échouera au baccalauréat.
Sa correspondance avec ses amis restés dans le Sud est abondante et Henri Troyat en insère habilement des extraits pour alimenter cette biographie en faisant revivre les instants intimes et les sentiments nourris par Zola à ces moments-là.
Que les débuts des grands auteurs sont laborieux ! Émile ne mange pas à sa faim et va ficeler des livres chez Hachette. Après sa première publication dans un journal, il jubile et voit haut. Il vise les sommets, veut une notoriété rapide et y va au culot auprès de certains journaux en vogue. Il est pour le renouveau, autant en matière de peinture chez ses amis qu'en littérature, et lance ainsi le naturalisme.
Tout en étant payé à la ligne dans un journal Marseillais, il travaille sur Thérèse Raquin. Les premières critiques fusent, faisant état de « littérature putride », ce qui attise finalement les ventes… Audacieux, désireux de se démarquer d'Honoré de Balzac qu'il admire, sa plume et ses propos frappent, choquent.
Dans cette biographie passionnante, Henri Troyat nous offre un ensemble vivant en introduisant de petits détails du quotidien de l'auteur inscrits dans les grandes lignes décisives de sa vie. Les circonstances politiques et sociales lors des publications de Zola occupent une juste place dans la narration pour ne pas l'alourdir ni occulter la situation familiale tout aussi importante dans cette vie plutôt casanière de l'écrivain. Ainsi, on apprend que le premier volume de sa fresque s'est terminé en pleine guerre, les évènements extérieurs viennent bien souvent contrecarrer son travail assidu et fiévreux d'écrivain.
Dans le pavillon des Batignolles, les Rougon-Macquart prennent forme, interrompus par de petits moments de pauses passés dans le jardin autour des rosiers et des salades. Plus tard, ce sera dans sa maison de Médan que la flamme de Zola continuera à courir sur le papier, après son travail de documentation impressionnant auquel il se livrait pour chaque ouvrage. Henri Troyat nous accompagne et nous fait emboîter le pas de l'écrivain vers la bibliothèque et bien souvent sur les lieux des futures intrigues où l'homme scannait, annotait, vivait et enregistrait dans sa mémoire toute l'ambiance, tous les détails nécessaires qui devaient alimenter chaque tome. Des croquis étaient esquissés avec minutie pour retranscrire le réel des scènes à venir.
Rien que cette étude colossale fouillant chaque sujet attire à elle seule le plus grand respect face à cette oeuvre !
J'ai vu comment la presse, la société, les amis, se complaisaient à dénigrer, accuser, dénoncer ses écrits. Une chose est sûre, beaucoup de ses publications échauffaient les esprits. Certains louaient le talent derrière ce qui pouvait être perçu comme une provocation.
Sensible, l'homme avait ses blessures laissées par des querelles de confrères qui sont allés jusqu'à l'accuser de plagiat comme Edmond de Goncourt.
Dans cette biographie, Henri Troyat a su faire courir toute la force d'Émile Zola derrière sa table de travail. On y trouve sa vie simple, un peu pantouflarde, nécessaire à son inspiration, et tout son attachement aux petits compagnons canins qui l'ont toujours accompagné. En ressort aussi sa persévérance à rejeter l'injustice dans l'affaire Dreyfus, un témoignage poignant de la petitesse d'un homme face à la force d'un gouvernement. Sa vie conjugale, avec tardivement un double ménage condamnable, aurait pu déprécier l'homme qu'il était mais même là, il désirait, par dessus tout, rendre heureuses les deux femmes qui ont partagé sa vie brusquement interrompue un jour de septembre 1902.
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Des_potron_minet
  12 mai 2018
Après avoir lu mon premier Zola récemment, La bête humaine, j'ai eu envie de découvrir l'homme. Et par la même occasion la célèbre plume d'Henri Troyat.
Et quelles belles découvertes, j'aime beaucoup aimé le style de Troyat, simple, efficace, les pages s'enchaînent sans détails inutiles. J'ai vraiment apprécié apprendre comment Zola préparait l'écriture de ses romans.
Quant à Zola, l'homme, ambitieux mais dans le bon sens du terme, volontaire et ne supportant pas l'injustice au point de s'investir corps et âme dans l'affaire Dreyffus qui a peut être causé sa mort.
J'ai aimé le fait qu'il reste droit dans ses bottes malgré les critiques et qu'il est réussi à imposer le naturalisme.
Maintenant je veux lire la série de Rougon-Macquart, ces livres qui ont tant fait scandale au moment de leurs sorties.
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luis1952
  31 janvier 2020
Grand amateur des romans d'Emile Zola, ayant lu la série complète des Rougon-Macquart, j'étais ravi de lire la biographie de cet auteur fascinant, écrite par Henri Troyat. L'ouvrage est on ne peux plus complet , faisant chaque fois référence au nombreuses, je dirais centaine de lettres dont des extraits son publiés dans cette biographie.
J'en ai appris beaucoup sur Zola, qui est depuis quelques années maintenant, mon auteur préféré.
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babycomeback44
  16 mars 2016
Une biographie ca ne se critique pas.
Mais cet ouvrage est une lecture fluide, claire et simple. On y apprend pas mal de choses!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   31 janvier 2019
Page 152 - Ebauche de l'Assommoir


Rentré à Paris le 4 octobre 1875, Zola écrit à Paul Alexis : "Dès le lendemain de mon arrivée, j'ai dû me mettre en campagne pour mon roman, chercher un quartier, visiter des ouvriers". Certes, il a connu lui-même des coins pauvres de la capitale, mais les logis minables où il a vécu dans sa jeunesse sont ceux de la bohème estudiantine, non ceux de la population ouvrière, livrée à l'ignorance, à la fatigue et à l'ivrognerie. Déjà, dans Germinie Lacerteux, les Goncourt se sont demandés si "le peuple doit rester sous le coup de l'interdit littéraire". Décidé à relever le gant, Zola parcourt, un carnet à la main, le secteur de la rue de la Goutte-d'Or et de la rue des Poissonniers (bd Barbès). Bourgeois des Batignolles égaré chez les sauvages, il prend des croquis, décrit avec minutie l'aspect des maisons, des boutiques, remarque au passage une femme en cheveux qui boitille, une ceinture rouge autour des reins d'un ouvrier, une envolée de blanchisseuses hors d'un atelier à la vitrine garnie de bonnets de dentelle pendus sur des fils de laiton. Dévoré de curiosité, il entre chez un mastroquet, observe les consommateurs avachis, l'œil terne, la lippe baveuse, hume l'odeur de la vinasse et ressort avec la sensation d'avoir passé toute son existence dans ce lieu de perdition et de veulerie. Il lui faut plus de courage, sans doute, pour s'aventurer dans un lavoir, peuplé de femmes dépoitraillées et suantes qui s'interpellent grossièrement et battent le linge dans un nuage de vapeur. Mais, là aussi, il note tout : les réservoirs de zinc, les baquets d'eau chaude, les barres à égoutter, le prix de l'eau de javel (deux sous le litre) et celui de l'eau de lessive (un sou le seau). Quand il regagne son coquet pavillon des Batignolles, après ces randonnées hallucinantes au pays de la mouise, il se replonge avec un regain d'intérêt dans Le Sublime de Denis Poulot, ouvrage où l'auteur, analysant le sort des travailleurs, préconise la création de syndicats pour s'opposer aux patrons.



Page 157 - En réponse à ses détracteurs :


Pourtant si vous désirez connaître la leçon qui, d'elle-même, sortira de l'Assommoir, je la formulerai à peu près en ces termes : instruisez l'ouvrier pour le moraliser, dégagez le de la misère où il vit, combattez l'entassement et la promiscuité des faubourgs où l'air s'épaissit et s'empeste, surtout empêchez l'ivrognerie qui décime le peuple en tuant l'intelligence et le corps".
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enjie77enjie77   05 février 2019
Chapitre Procès Zola après l'émouvant, le poignant, le courageux "J'ACCUSE"


Il est assisté par l'excellent avocat Fernand Labori et par un groupe de défense qui réunit autour de lui Leblois, Trarieux, Reinach et Mathieu Dreyfus. Labori est secondé par maîtres Joseph Hild et Monira. L'avocat du gérant de l'Aurore, Perrenx, est Albert Clémenceau, le frère de Georges. Ayant reçu l'assignation, Zola s'écrie avec joie : "Poursuivi mes amis ….. je suis poursuivi!...." Puis il écrit au ministre de la guerre qu'il n'est pas dupe de la manigance : "En désespoir de cause, on a décidé de m'imposer une lutte inégale en me ligotant d'avance, pour vous assurer, par des procédés de basoche, la victoire que vous n'attendez pas d'un libre débat".


Le 7 février 1898, c'est un homme pâle et résolu qui monte dans un coupé à deux chevaux pour se rendre au Palais de Justice. Il est accompagné de Maître Labori, d'Albert et de Georges Clémenceau et de l'éditeur Fasquelle. En descendant de voiture, place Dauphine, ils sont accueillis par une foule qui hurle ; " A bas Zola, A bas la crapule, Mort aux juifs!". D'abord suffoqué comme par le choc d'une vague déferlante qui lui arriverait en pleine poitrine, Zola se ressaisit vite. Par quel prodige de volonté ce rat de bibliothèque, ce chétif, cet anxieux parvient-il lorsque l'honneur l'exige, à dominer ses nerfs? Il s'étonne lui-même de son calme tandis que, d'un pied ferme, il gravit l'escalier. Il ne vas pas à un supplice mais à un couronnement.


Dans la salle, le vacarme s'amplifie. Zola gagne le banc des accusés. A travers sont lorgnon, il distingue Jaurès, Rochefort, Gonse, Esterhazy, Raymond Poincaré, de nombreux militaires en uniforme, des avocats assis par terre, les jambes croisées, des journalistes, des comédiens. …. Les femmes sont sur leur trente et un comme pour une première au théâtre. Les hommes ont des visages de justicier. Il y a des curieux perchés sur le rebord des fenêtres.
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enjie77enjie77   30 janvier 2019
Cézanne et Zola au Salon des Refusés - page 60


En se rendant à cette exposition, les deux amis s'attendent à un choc d'où jaillira la révélation. Ils seront comblés. Dès les premiers pas, ils tombent en arrêt devant un grand tableau montrant, dans une clairière trouée de soleil, une femme nue, assise de trois quarts en compagnie de deux hommes aux vêtements modernes. C'est Le déjeuner sur l'herbe de Manet. Il se dégage de cette toile une force, une insolence, et, en même temps, une lumière qui coupent le souffle. Le Salon officiel offre aux visiteurs des images apaisantes qui ont pour titre : Premières caresses, Les dragées du baptême, Un joli coup de fourchette, Les amis de grand'maman….Et voici que soudain éclate sous leurs yeux la splendeur de cette chair indécente entre des vestons sombres. Des groupes murmurants se forment devant le tableau. Les messieurs ricanent, les dames s'indignent, les jeunes filles baissent les paupières. Cézanne et Zola , eux, sont subjugués. Mais pour des raisons différentes. Cézanne découvre, dans la toile de Manet, une nouvelle façon de voir, simple et brutale à la fois, une habile technique permettant d'évoquer l'atmosphère d'un lieu par des oppositions de couleurs. Zola, lui, y décèle une démarche artistique originale, s'attachant à évoquer le réel dans toute sa crudité, sans se soucier des petites répugnances d'une assemblée de snobs. L'un et l'autre se sentent, en quelque sorte, fécondés par cette rude image de la vie. Zola se croit même brusquement appelé à défendre la cause de Manet, à prouver au monde que Manet est un génie, à se joindre, par la plume, au combat de vérité que Manet mène avec son pinceau.
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BibliorozBiblioroz   22 avril 2022
Maintenant, il embrasse d'un regard d'aigle le terrain où il va chasser. Il dresse un premier plan de dix romans se déboîtant l'un de l'autre et portant la triple étiquette du matérialisme, de la physiologie, de l'hérédité, tout cela évoqué sous le règne de Napoléon III. Ce règne, Zola l'exècre pour ses génuflexions devant l'argent, son clinquant, ses préjugés bourgeois, son hypocrisie, sa bigoterie, son intolérance. En situant son œuvre à cette époque qu'il abhorre, il en dénoncera les vices et la stupidité.
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enjie77enjie77   01 février 2019
"En crevant de pauvreté, Gervaise a fait de Zola un homme riche"


Page 170 - Gervaise personnage principale dans l'Assomoir
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Vidéo de Henri Troyat
Découvrez l'émission intégrale ici : https://www.web-tv-culture.com/emission/theresa-revay-la-course-parfaite-53094.html
Depuis vingt ans, Theresa Révay s'est imposé comme un auteur majeur fédérant autour d'elle un public fidèle et enthousiaste, friand de ces romans historiques dans lesquels elle raconte les 50 premières années du XXème siècle. Depuis « Valentine ou le temps des adieux » à « La nuit du premier jour », ce ne sont pas moins de huit titres qui font de Theresa Révay une digne héritière d'Henri Troyat ou de Maurice Druon. Emportés par le vent de l'Histoire, les personnages qu'elle invente nous entrainent aux quatre coins du monde et nous font vivre leur passion, dans des décors et des ambiances parfaitement reconstitués, avec un souffle romanesque qui ne trahit en rien une belle qualité d'écriture. Quant à la précision historique, fruit de recherches de longue haleine qui caractérise le travail de Theresa Révay, elle est reconnue par les spécialistes des périodes dans lesquelles elle place ses intrigues. On ne s'étonnera pas ainsi que la romancière ait reçu le prix Historia en 2014 pour son livre « L'autre rive du Bosphore ». Romancière jusqu'au bout des ongles, Theresa Révay ne s'était jamais aventuré dans la biographie, même si l'envie n'était pas loin. Mais le hasard fait parfois bien les choses. Pour l'écriture de son précédent roman, Theresa Révay côtoie dans ses recherches Nathalie Mathet dont le beau-père n'est autre que François Mathet, le célèbre entraineur hippique. A écouter la jeune femme lui confier des secrets de famille, la romancière se dit qu'il y a là matière à un nouveau livre. Voilà comment nait « La course parfaite » publié chez Tallandier. Né en 1908, engagé dans l'armée française en 1939 en tant qu'officier de cavalerie, assistant impuissant à la débâcle, François Mathet se fait un nom dans le monde des courses. Il a un don particulier pour comprendre les chevaux, les entrainer et leur faire gagner les plus grands prix. Veillant sur les chevaux de l'Aga Kahn ou de la famille Rotschild, il fut aussi celui qui entraina Yves Saint Martin sur la plus haute marche du podium, faisant de lui le plus célèbre jockey français. C'est l'histoire de cet homme discret, taiseux mais passionné et généreux que raconte Theresa Révay, l'histoire d'un homme qui se calque sur celle de son époque et que traversent les grandes personnalités d'alors. Une biographie passionnante qui ravira les passionnés de chevaux et de sports équestres mais aussi tout ceux qui s'intéressent aux destins exceptionnels liés à la grande Histoire. « La course parfaite, François Mathet, portrait du maitre entraineur » de Theresa Révay est publié chez Tallandier.
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