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ISBN : 2080667858
Éditeur : Flammarion (15/10/1992)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Barbiche grisonnante et regard myope derrière ses besicles : tel apparaît débonnaire et quelque peu compassé, le Zola des manuels de littérature.

Pourtant, ce bourgeois frileux se révèle très tôt comme un boute-feu redoutable. Dès qu'une injustice pointe à l'horizon, il clame son indignation à la face du monde. Ainsi se fait-il l'avocat des causes les plus difficiles, défendant la peinture de Manet aveuglément décriée, stigmatisant les mœurs corrompu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  08 février 2019
Romancier, biographe, historien, Lev Aslanovitch Tarassov, baptisé Henri Troyat à l'âge de 24 ans par les éditions Plon, vous avez l'art de rédiger de passionnantes biographies qui emportent votre lecteur dans un tout autre univers que celui dans lequel il évolue.
Vous parvenez à vous immiscer dans la peau de vos personnages, tantôt femme, tantôt homme, qui prennent vie sous les yeux du lecteur. Nombre de biographes ne parviennent pas, hélas, à insuffler un tel souffle de vie aux personnalités évoquées. Serait-ce vos origines russes qui impriment cette bouffée romanesque, empreinte d'une grande rigueur narrative, à votre plume ? Votre passion se glisse à chaque chapitre, elle contamine, capture votre lecteur qui se laisse enlever avec jubilation.
L' Académie Française a su vous rendre hommage en vous recevant, le 21 mars 1959, en son honorable assemblée. Vous étiez alors âgé de 48 ans. La valeur n'attend pas le nombre des années – Pierre Corneille.

J'ai été subjuguée par le style de cet auteur. L'écriture est fluide, très agréable à lire. Un collégien peut lire Henri Troyat mais attention, c'est un français choisi, de qualité et c'est ce que j'admire chez un auteur, il peut captiver un grand nombre de lecteurs avec une plume aussi sensible et puissante.
Auteur prolifique de biographies, Henri Troyat ne cède jamais à la facilité, c'est un travail de documentation extrèmement précis qu'il entreprend à chaque histoire.
Il expliquait après avoir rédigé une fiction : « Après m'être coltiné pendant des mois avec des personnages imaginaires, après avoir essayé de rendre la fiction plausible et le mensonge émouvant, après avoir sué d'angoisse sur les orientations arbitraires d'une intrigue et maudit cent fois l'excès de liberté qui fait que tout est permis au créateur de mythes, j'éprouve soudain l'envie de reprendre contact avec la réalité, d'obéir à des documents authentiques, de passer du rêve à la vie. Alors j'entre dans une ère paisible et studieuse. Je sens le sol sous mes pieds ».
Emile Zola et Léon Tolstoï sont les grands auteurs de mon adolescence. Sous la plume d'Henri Troyat, je suis entrée de plein pied dans le monde du « naturalisme » et je comprends mieux mon engouement de l'époque et ma passion pour cet auteur. Son premier succès Thérèse Raquin a été pour moi fascinant, c'est le mot, et en même temps source d'angoisses. La description au scalpel de cette période, l'étude sociologique et psychologique de ces protagonistes m'hypnotisait. Je me souviens avoir été déçu par « Au bonheur des Dames » et avoir trouvé le récit fade. A la lecture de cette biographie, je comprends mieux aujourd'hui le sens de ce roman. Henri Troyat raconte très bien tout le travail d'enquête auquel se livrait Emile Zola, sur le terrain, avant d'entamer la rédaction de chacun de ses romans. de ce bourreau de travail, naîtra un monument de la littérature française du 19ème siècle, les «Rougon Macquart » auquel, il consacrera 22 années.
Journaliste polémique, engagé, passionné, il attaque, se révolte, dénonce la politique du second empire, n'hésite pas à se mettre en danger. Il donne des coups mais il en reçoit beaucoup. C'est un homme qui dérange : la société n'apprécie pas trop d'être obligée de regarder la vérité en face. Henri Troyat sait très bien nous faire partager l'hostilité dont ce combattant est l'objet ainsi que la rivalité qui existe entre auteurs. Ce cher Edmond de Goncourt n'aura de cesse de balancer son fiel à l'encontre d'Emile.
Mais Zola est un homme de conviction, il sait aussi s'entourer d'amis qui seront présents dans les grands moments de solitude. Il veut faire passer ses messages et rompre avec le romantisme d'Hugo, attirer les regards sur la misère qui s'étale sous ses yeux. Sans compter qu'il sent une conspiration haineuse qui rassemble les partis cléricaux, conservateurs, militaristes et légitimistes contre les juifs chargés de tous les crimes. Au début, il se contentera de s'opposer et de critiquer Edouard Drumont, il ne verra pas de suite l'odieux traquenard dans lequel est tombé le capitaine Dreyfus.
Tout le récit s'appuie sur l'étude d'une correspondance prolifique échangée avec les écrivains du groupe des « Soirées de Médan ». Nous pénétrons ainsi dans son intimité partagée entre Alexandrine et Jeanne. A l'heure des courriels, comment procèderont nos futurs auteurs.
Mais le point culminant historiquement, émotionnellement, c'est sa révolte lorsqu'il prend conscience de la terrible injustice que vit le capitaine Dreyfus. Au péril de sa liberté voire de sa vie, il va accuser le système politico-militaire, il est évident que ses détracteurs vont se frotter les mains, redoubler de malveillance à son égard. La machine judiciaire l'obligera à l'exil.
Page 396 :
« le 12 juillet 1906, le jugement du conseil de guerre de Rennes « prononcé par erreur » est annulé. Lavé de toute accusation, Dreyfus est réintégré dans l'armée avec le grade de commandant et quelques jours plus tard, au milieu de la Grance Cour de l'Ecole Militaire où a eu lieu sa dégradation, décoré de la Légion d'Honneur devant le front des troupes. de son côté le valeureux Picquart est nommé général de brigade. C'est le triomphe des idées de Zola. Mais il ne l'aura pas vu. Mort quatre ans trop tôt, il laisse cette joie et cette fierté à ses amis, à sa femme, à Jeanne ».

« Il y a un siècle, le 4 juin 1908, Emile Zola rentrait au Panthéon. Armand Fallières, Président de la République et Georges Clémenceau, chef du gouvernement, vinrent s'incliner devant la dépuille du grand écrivain dreyfusard tandis qu'à l'extérieur retentissaient les clameurs des militants nationalistes, hostiles à la cérémonie voulue par les députés » - Bernard Accoyer préface de Zola au Panthéon 1908 – 2008.

J'ai vibré avec Emile Zola, j'ai même été émue aux larmes à la lecture du J'ACCUSE qui lut dans le contexte parfaitement maitrisé par Monsieur TROYAT n'en a que plus de valeur. J'admire Zola du fait qu'il n'a jamais renié ses convictions, c'est un jusqu'au-boutiste devant l'injustice.
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Des_livres_et_des_mousses
  12 mai 2018
Après avoir lu mon premier Zola récemment, La bête humaine, j'ai eu envie de découvrir l'homme. Et par la même occasion la célèbre plume d'Henri Troyat.
Et quelles belles découvertes, j'aime beaucoup aimé le style de Troyat, simple, efficace, les pages s'enchaînent sans détails inutiles. J'ai vraiment apprécié apprendre comment Zola préparait l'écriture de ses romans.
Quant à Zola, l'homme, ambitieux mais dans le bon sens du terme, volontaire et ne supportant pas l'injustice au point de s'investir corps et âme dans l'affaire Dreyffus qui a peut être causé sa mort.
J'ai aimé le fait qu'il reste droit dans ses bottes malgré les critiques et qu'il est réussi à imposer le naturalisme.
Maintenant je veux lire la série de Rougon-Macquart, ces livres qui ont tant fait scandale au moment de leurs sorties.
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babycomeback44
  16 mars 2016
Une biographie ca ne se critique pas.
Mais cet ouvrage est une lecture fluide, claire et simple. On y apprend pas mal de choses!
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lili09
  14 septembre 2015
Zola, sa vie, son oeuvre... Un homme de son temps mais au combien moderne. Un homme de conviction, d'honneur, qui a refusé de laisser ses idées et ses concepts de côté pour plaire à la majorité. Un maitre qui voulait simplement rester celui qu'il était.
Déjà fan de ses oeuvres, je suis tombée amoureuse de la vie de cet homme où fragilité et difficulté ont été les pièces maitresses de son talent et de sa grandeur.
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AntoineRives
  27 mars 2013
En long, en large et en travers.
Vous aimez lire les classiques, mais pour une raison ou une autre vous n'êtes pas en forme, déprimé, une maladie sérieuse..., peu importe la raison.
Dans ce cas il faut éviter Zola, Hugo,(longueur et analyses entre les lignes de son récit) les écrivains Russes,c'est bon, voir très bon,mais pour décrire que truc crève la dalle, ou que X est malade, ça prend des plombes, 10,20,30 pages, sur 500, 600,ou plus, avec des pavés aussi lourds et mornes, il y a plusieurs risques pour la santé:
Se casser un pied si une de ces briques tombent, s'endormir sans préavis,et mourir de chagrin, ces livres sont à se flinguer.
Ce billet n"est pas du second degré, j'ai essayé, Zola, Hugo et autres, j'ai héroiquement tenu dix pages avec beaucoup d'efforts, pour autant cela ne remet aucunement en cause le talent de ces auteurs.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   31 janvier 2019
Page 152 - Ebauche de l'Assommoir


Rentré à Paris le 4 octobre 1875, Zola écrit à Paul Alexis : "Dès le lendemain de mon arrivée, j'ai dû me mettre en campagne pour mon roman, chercher un quartier, visiter des ouvriers". Certes, il a connu lui-même des coins pauvres de la capitale, mais les logis minables où il a vécu dans sa jeunesse sont ceux de la bohème estudiantine, non ceux de la population ouvrière, livrée à l'ignorance, à la fatigue et à l'ivrognerie. Déjà, dans Germinie Lacerteux, les Goncourt se sont demandés si "le peuple doit rester sous le coup de l'interdit littéraire". Décidé à relever le gant, Zola parcourt, un carnet à la main, le secteur de la rue de la Goutte-d'Or et de la rue des Poissonniers (bd Barbès). Bourgeois des Batignolles égaré chez les sauvages, il prend des croquis, décrit avec minutie l'aspect des maisons, des boutiques, remarque au passage une femme en cheveux qui boitille, une ceinture rouge autour des reins d'un ouvrier, une envolée de blanchisseuses hors d'un atelier à la vitrine garnie de bonnets de dentelle pendus sur des fils de laiton. Dévoré de curiosité, il entre chez un mastroquet, observe les consommateurs avachis, l'œil terne, la lippe baveuse, hume l'odeur de la vinasse et ressort avec la sensation d'avoir passé toute son existence dans ce lieu de perdition et de veulerie. Il lui faut plus de courage, sans doute, pour s'aventurer dans un lavoir, peuplé de femmes dépoitraillées et suantes qui s'interpellent grossièrement et battent le linge dans un nuage de vapeur. Mais, là aussi, il note tout : les réservoirs de zinc, les baquets d'eau chaude, les barres à égoutter, le prix de l'eau de javel (deux sous le litre) et celui de l'eau de lessive (un sou le seau). Quand il regagne son coquet pavillon des Batignolles, après ces randonnées hallucinantes au pays de la mouise, il se replonge avec un regain d'intérêt dans Le Sublime de Denis Poulot, ouvrage où l'auteur, analysant le sort des travailleurs, préconise la création de syndicats pour s'opposer aux patrons.



Page 157 - En réponse à ses détracteurs :


Pourtant si vous désirez connaître la leçon qui, d'elle-même, sortira de l'Assommoir, je la formulerai à peu près en ces termes : instruisez l'ouvrier pour le moraliser, dégagez le de la misère où il vit, combattez l'entassement et la promiscuité des faubourgs où l'air s'épaissit et s'empeste, surtout empêchez l'ivrognerie qui décime le peuple en tuant l'intelligence et le corps".
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enjie77enjie77   05 février 2019
Chapitre Procès Zola après l'émouvant, le poignant, le courageux "J'ACCUSE"


Il est assisté par l'excellent avocat Fernand Labori et par un groupe de défense qui réunit autour de lui Leblois, Trarieux, Reinach et Mathieu Dreyfus. Labori est secondé par maîtres Joseph Hild et Monira. L'avocat du gérant de l'Aurore, Perrenx, est Albert Clémenceau, le frère de Georges. Ayant reçu l'assignation, Zola s'écrie avec joie : "Poursuivi mes amis ….. je suis poursuivi!...." Puis il écrit au ministre de la guerre qu'il n'est pas dupe de la manigance : "En désespoir de cause, on a décidé de m'imposer une lutte inégale en me ligotant d'avance, pour vous assurer, par des procédés de basoche, la victoire que vous n'attendez pas d'un libre débat".


Le 7 février 1898, c'est un homme pâle et résolu qui monte dans un coupé à deux chevaux pour se rendre au Palais de Justice. Il est accompagné de Maître Labori, d'Albert et de Georges Clémenceau et de l'éditeur Fasquelle. En descendant de voiture, place Dauphine, ils sont accueillis par une foule qui hurle ; " A bas Zola, A bas la crapule, Mort aux juifs!". D'abord suffoqué comme par le choc d'une vague déferlante qui lui arriverait en pleine poitrine, Zola se ressaisit vite. Par quel prodige de volonté ce rat de bibliothèque, ce chétif, cet anxieux parvient-il lorsque l'honneur l'exige, à dominer ses nerfs? Il s'étonne lui-même de son calme tandis que, d'un pied ferme, il gravit l'escalier. Il ne vas pas à un supplice mais à un couronnement.


Dans la salle, le vacarme s'amplifie. Zola gagne le banc des accusés. A travers sont lorgnon, il distingue Jaurès, Rochefort, Gonse, Esterhazy, Raymond Poincaré, de nombreux militaires en uniforme, des avocats assis par terre, les jambes croisées, des journalistes, des comédiens. …. Les femmes sont sur leur trente et un comme pour une première au théâtre. Les hommes ont des visages de justicier. Il y a des curieux perchés sur le rebord des fenêtres.
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enjie77enjie77   30 janvier 2019
Cézanne et Zola au Salon des Refusés - page 60


En se rendant à cette exposition, les deux amis s'attendent à un choc d'où jaillira la révélation. Ils seront comblés. Dès les premiers pas, ils tombent en arrêt devant un grand tableau montrant, dans une clairière trouée de soleil, une femme nue, assise de trois quarts en compagnie de deux hommes aux vêtements modernes. C'est Le déjeuner sur l'herbe de Manet. Il se dégage de cette toile une force, une insolence, et, en même temps, une lumière qui coupent le souffle. Le Salon officiel offre aux visiteurs des images apaisantes qui ont pour titre : Premières caresses, Les dragées du baptême, Un joli coup de fourchette, Les amis de grand'maman….Et voici que soudain éclate sous leurs yeux la splendeur de cette chair indécente entre des vestons sombres. Des groupes murmurants se forment devant le tableau. Les messieurs ricanent, les dames s'indignent, les jeunes filles baissent les paupières. Cézanne et Zola , eux, sont subjugués. Mais pour des raisons différentes. Cézanne découvre, dans la toile de Manet, une nouvelle façon de voir, simple et brutale à la fois, une habile technique permettant d'évoquer l'atmosphère d'un lieu par des oppositions de couleurs. Zola, lui, y décèle une démarche artistique originale, s'attachant à évoquer le réel dans toute sa crudité, sans se soucier des petites répugnances d'une assemblée de snobs. L'un et l'autre se sentent, en quelque sorte, fécondés par cette rude image de la vie. Zola se croit même brusquement appelé à défendre la cause de Manet, à prouver au monde que Manet est un génie, à se joindre, par la plume, au combat de vérité que Manet mène avec son pinceau.
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scaalaire68scaalaire68   28 février 2017
Fier de son amitié, il se rend chez lui chaque dimanche après-midi, pendant les séjours de Flaubert à Paris. Dans le clair appartement, dont les fenêtres donnent sur le parc Monceau, il rencontre Edmond de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet et Ivan Tourgueniev, qui forment avec lui le « groupe des cinq ». De dix ans plus jeune que Zola, Maupassant n'est encore à ses yeux qu'un garçon avantageux, vaguement poète, qui gratte du papier dans une administration, s'envoie en l'air avec des filles, fait du canotage et sert de factotum à Flaubert auquel le lie une tendresse quasi filiale.
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enjie77enjie77   01 février 2019
"En crevant de pauvreté, Gervaise a fait de Zola un homme riche"


Page 170 - Gervaise personnage principale dans l'Assomoir
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