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Marc de Gouvenain (Traducteur)Lena Grumbach (Traducteur)
EAN : 9782742766635
247 pages
Éditeur : Actes Sud (01/03/2007)
3.06/5   9 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Actes Sud, Terres d'aventure - 11/1988)


"Et nous avons marché. Le brouillard, boudeur, ne voulait pas se lever, mais il résonnait de trompettes, de cornes et de tambours, et nous avons fini par rencontrer une procession quittant un mariage ou un enterrement, nous avons marché le long des rizières, à travers des forêts hérissées de termitières et peuplées de geais bleus, et au bout de quelques heures ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
mesrives
  14 novembre 2016
Avec Partir en hiver: Inde-Népal, récit (traduit par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach) Goran Tunström (1930-2000)  tente d'écrire un Livre du Dehors, sorte de journal comme il l'explique, qui traduirait les observations, les impressions du moment comme les miroirs d'une époque avec ses bruits et ses conversations.
Ainsi un automne de la fin des années 70, alors qu'il se trouve sur l'île de Koster en Suède dans sa résidence secondaire, son génie créatif en mode pause, il ressent le besoin de se ressourcer: l'entreprise d'un nouveau voyage lui semble être le moment venu.
Il décide alors de partir pour l'Inde avec sa compagne, Lena Cronqvist et leur fils Linus, âgé de huit ans.
Traversant d'abord le Penjab (le pays des cinq fleuves) à vélo, ils y rencontrent un personnage qui leur ouvrira les portes de l'Inde: Harkisan Surjeet SINGH, vice-président de la Confédération paysanne indienne, membre du Parlement et du Bureau politique du communisme indien.
Après le Penjab, Delhi, le Népal, l'Inde du Sud et le Rajasthan et au gré des rencontres Göran Tunström cueille des tranches de vie et d'histoire indienne, agrémentées d'anecdotes de ces voyages antérieurs (Mexique, Maroc,...) et d'événements personnels passés alors que sa compagne Lena croque des portraits et des scènes de vie dans son carnet.
Il en résulte malgré une approche tiers-mondiste  du pays nous montrant l'engagement politique de l'auteur, de magnifiques tableaux de l'Inde rurale, empreint d'une prose poétique comparable à celle de son compatriote et contemporain Tomas Tranströmer (1931-2015) mais aussi un tour d'horizon des problèmes qui rongent la société indienne (conditions des femmes, de certaines castes, éducation...)
 Göran Tunström nous dévoile dans ce texte quelques secrets de son processus créatif et les sources de son inspiration : la nécessité de partir afin de constituer un stock d'impressions qui lui permettront au retour de redécouvrir ses paysages intimes et familiers qui avant le départ lui paraissent usés et, surtout, nourrir ses prochaines productions.
"Dans ce merveilleux livre d'André Breton qu'est Nadja - qui le lit encore aujourd'hui? - Il y avait cette phrase soulignée en rouge que je fis mienne quand j'étais au lycée: LA BEAUTE SERA CONVULSIVE OU NE SERA PAS. Il parlait de la Surprise, des Chocs comme condition de la création.
A lire pour retrouver ses yeux d'enfant et s'émerveiller devant le Vivant et devenir "Des observateurs de craquements".
"Pour pouvoir voir plus et mieux, il faut que je voie autre chose. Quand on exprime ce genre de pensées à haute voix, à quelqu'un avec qui on partage la vie, alors les paroles sont en fait celle-ci:"Je crois qu'on devrrait s'en aller quelque part cet hiver."
Une invitation que je vous recommande de suivre.
De mon côté, après la lecture de ce dépaysant et chaleureux récit, je vais continuer d'approfondir l'univers de cet auteur, notamment à travers l' un de ses plus célèbres romans, L'Oratorio de Noël.

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Barcarole
  11 juillet 2021
On ne peut que se laisser porter par le récit du voyage en hiver de G. Tunström, un récit à la fois spontané et poétique. J'ai dû, pour apprécier ce livre, oublier qu'il y a des bons auteurs indiens qui, de l'intérieur, savent parler de l'Inde. Ce livre n'a rien à voir.
J'aime me laisser bercer par ce périple que me raconte l'auteur, qui était accompagné de sa femme Lena qui croque les portraits au hasard de leurs rencontres, et de leur fils Linus. C'est comme s'il était là, présent, à côté de moi, qu'il me racontait son voyage.
Je suis charmée par ses descriptions d'oiseaux à hautes pattes ou à grand bec, par ce rhinocéros à l'air féroce qui n'a rien à voir avec lui d'un zoo, ou par son recueillement devant une antilope. Tunström n'hésite pas à faire sans vergogne quelques digressions, et m'emmène tout d'un coup en Égypte, puis plus tard, il se souvient qu'en Grèce… digressions qui apportent une lecture paisible, tranquille, on a tout son temps, et il reprend le fil de la conversation : un peintre qu'il a rencontré, tel ou tel auteur qu'il a lu…, ils lui ont dit que..., ainsi il nous raconte les histoires qu'on lui a raconté…
Au hasard de son parcours, il décrit les visites des uns chez les autres, les rencontres, pendant que sa femme dessine, ici ou là, il parle aussi de politique, rencontre beaucoup de « camarades ».
L'Inde de Tunström c'est le regard porté, de l'extérieur, vers le continent indien.
Un p'tit moment serein.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   12 novembre 2016
Elles sont là impatientes, avec leurs enfants cueillis comme des fraises sauvages, restent immobiles dans la lumière du matin. De plus en plus de gens sortent de l'ombre brune en forme de demi-cercle dans laquelle ils coupaient le riz. Ceux qui ont déjà commencé à fouetter les gerbes contre les fûts d'essence pour que les grains de riz s'accumulent en une pyramide de plus en plus grosse, ils arrivent. Ils sourient comme eux seuls savent sourire, ceux qui vivent le travail en commun. Ils touchent les cheveux de l'enfant blond qui se dérobe.
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mesrivesmesrives   10 novembre 2016
L'oiseau imperceptible sur une branche de saule qui s'avance au-dessus du canal, dans une pluie de regards distraits. Quelque chose de brun-rouge et ébouriffé, un long bec aux couleurs de feuilles. Puis il grimpe en l'air et devient visible: dans le battement sur place de ses ailes il scintille au-dessus de la surface de leau, comme fait de turquoise, d'or et de rubis - il plonge, remonte et s'en va en scintillant.
Quel est cet oiseau?
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ivredelivresivredelivres   29 janvier 2011
L'artiste offre du thé au jasmin et des pommes. Une simple branche d'amandier en fleurs dans un verre. La propreté du plancher, les traits nets de son visage, le frôlement délicat de ses mains, la langue qui effleure le monde sans égratigner ni blesser. Au bout d'un long moment seulement, nous remarquons qu'il pleut toujours dehors car, ici, à l'intérieur, tout est lumière. La distance entre la branche en fleurs et l'odeur du thé donne de la lumière. La distance entre la pomme dans sa main et l'éclat de son vêtement rouge. La simplicité. Il est un lama tibétain, assis très immobile et qui sourit
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ivredelivresivredelivres   29 janvier 2011
Le voyage vertigineux en bus est fort honorable, certes, mais la vitre d’une fenêtre vous sépare, laisse vos sens en jachère. A ces lois de la vie qui jamais encore ne furent écrites devrait être ajouté, pour tout adulte, un an de marche à pied en pays étranger. En tant qu’exercice d’attention, de confiance, de tolérance.
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ivredelivresivredelivres   29 janvier 2011
Je n’ai jamais cessé d’être fasciné par ce qui se cache sous les visages de tous les jours. Quels royaumes ! Quelle lumière ! Nous ne sommes jamais ce que nous semblons être
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