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ISBN : 2253177547
Éditeur : Le Livre de Poche (23/04/2014)

Note moyenne : 2.88/5 (sur 390 notes)
Résumé :
L'Enveloppe a valu au jeune romancier Nicolas Kolt un succès international et une notoriété dans laquelle il tend à se complaire. C'est en découvrant la véritable identité de son père et en fouillant jusqu'en Russie dans l'histoire de ses ancêtres qu'il a trouvé la trame de son premier livre. Depuis, il peine à fournir un autre best-seller à son éditrice. Trois jours dans un hôtel de luxe sur la côte toscane, en compagnie de la jolie Malvina, devraient l'aider à pre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (109) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  18 septembre 2019
Il y a des romans, quand on les termine, on se demande à quoi ou à qui ils servent. Moi je suis tentée de les placer dans ma corbeille à papier. Ils me donnent l'impression que leurs auteurs les ont écrits simplement pour justifier le fait qu'ils se sont faits écrivains comme d'autres se font boulangers ou médecins, à la différence que ces derniers apportent vraiment quelque chose de plaisant ou d'apaisant aux autres. Un écrivain qui a décidé qu'il vivrait de sa plume et rendrait à son éditeur un livre par an, je trouve ça triste et c'est l'impression que me donne Tatiana de Rosnay que je découvre avec ce roman trouvé dans une boîte à livres publique. Il semblerait que dans ces boîtes échouent les livres qui ont échoué en librairies, ceux que les lecteurs regrettent d'avoir choisis et qu'ils abandonnent pour ne pas avoir à les ranger sur leurs étagères, à côté des livres auxquels ils tiennent, les livres qu'ils ont aimés.
Je ne vois pas à quoi ou à qui sert "A l'encre russe". Je l'ai choisi parmi de vieilles éditions de France Loisir qui côtoyaient des revues déchirées et des tromblons issus des bibliothèques rose et verte, à croire que dans une boîte à livres on vide aussi les coffres du grenier ou les livres hérités de Mémé, aux pages jaunies et au lourd parfum d'enfance et de poussière. Autant dire que je ne savais rien de ce roman, à peine avais-je entendu prononcer le nom de son auteure dans une publicité radiophonique, d'une boîte publique là encore.
Je ne vais pas vous raconter de quoi parle ce roman, il perdrait à vos yeux le peu d'intérêt qu'il contient. Je dévoilerai juste quelques éléments : on y parle d'écriture et d'édition, d'Italie, de Russie et de Paris, et aussi un peu de New York, cela semble en effet indispensable de passer par New York - et d'évoquer le 11 septembre - quand on a le tort d'être le personnage d'un auteur d'aujourd'hui, en tout cas d'un auteur qui souhaite vendre pour vivre de ses ventes.
Ce roman, c'est le portrait de Nicolas Kolt, l'écrivain d'un seul livre à succès qui est clairement un type auquel vous ne pourrez pas vous attacher car c'est un minable, un médiocre, un vaniteux, un salaud et pas de ceux dont on s'éprend, pas d'un salaud à panache, pas d'un Humbert Humbert, non juste un salaud enrichi et rongé d'orgueil, en plus d'être un pervers-narcissique. D'ailleurs, on ne sait pas si Tatiana de Rosnay a envie qu'on aime ou qu'on déteste son anti-héros et pour finir, on n'a pas à se poser la question bien longtemps vu qu'il n'y a aucune émotion entre les pages du roman. Trahisons et mensonges par dizaine, drames indécemment puisés dans les faits divers, déballage outrancier de luxe bling-bling, l'auteure met pourtant le paquet mais non, rien, rien de rien, on ne ressent vraiment rien, ça passe comme de l'eau sur les ailes d'un canard. Pour dire vrai, on s'ennuie à cent sous de l'heure. Pas de relief, pas de couleurs, pas d'odeurs, et pourtant tout se passe sur une île paradisiaque au large de la Toscane. Des personnages féminins multiples dont aucune n'est respectée ou respectable, à croire que ce n'est pas une femme de lettres qui écrit cette histoire. Nicolas est un tombeur, ou plutôt un baiseur, que personnellement je ne juge pas représentatif de son sexe ; il ne peut croiser une femme sans vouloir la "baiser" ou commenter son physique et sa cervelle ; du coup, la masturbation est son lot tri-quotidien et l'auteure ne vous en fera pas perdre une goutte. Pour son malheur comme pour son bonheur, Nicolas est très entouré par la gent féminine, elles sont toutes folles de lui et ne rêvent que de se "faire baiser", pauvres servantes écarlates aussi éphémères que des mouchoirs en papier : éditrices, ex, fiancée, assistantes, serveuses, touristes, la concupiscence de notre (h)éros les salit toutes.
Je disais donc qu'un écrivain qui veut vivre de sa plume aujourd'hui doit vendre et pour ce faire il suit quelques recettes certes éculées mais qui ont fait leurs preuves commercialement parlant, comme on dit dans le métier : du sexe cru et vulgaire pour commencer, à peu près toutes les cinq pages, c'est la base ; puis vient le secret de famille sur les origines douteuses d'un père ou d'une mère, le père est un homme fascinant qui pourrait être agent secret ou armateur, un truc qui a de la gueule, la mère une femme de cinquante ans encore belle et chic, rang de perles en sautoir et d'une fragilité qui dissimule mal une grande force car elle a beaucoup aimé et par conséquent beaucoup souffert... Ensuite, vient le fric, cru et vulgaire, et son cortège de marques et d'emblèmes, ici ce seront les montres et les cigares, Tatiana ne s'est pas trop foulée.
Ça y est, je l'ai dit, voilà l'impression pénible qui m'a accompagnée pendant toute ma lecture : Tatiana ne s'est pas trop foulée. Quand tout semble trop facile, rien n'est passionnant. Un roman sans recherche(s) ni profondeur et dont le vernis de fausse sophistication parisienne laisse apparaître la couche plébéienne d'une littérature de salle d'attente. Un roman de plus sur les rayonnages du Relay. Une nouvelle commande qui réjouira un imprimeur à défaut des lecteurs. Quoique, si ça se vend, il faut bien des volontaires, des âmes candides prises au filet. La facilité, on la trouve dans le style ("mozzarella de buffle" ? Non, un buffle ne donne pas de lait, même un buffle italien. Accusons le traducteur puisque bien qu'étant francophone, Tatiana de Rosnay écrit en anglais, un genre comme un autre, chaque écrivain se doit de cultiver ses petites particularités s'il veut marquer les esprits), comme dans la narration : Nicolas ne part-il pas à Saint-Pétersbourg sur un coup de tête quand tout voyageur lambda ayant la prétention de fouler le sol russe doit d'abord conquérir un visa auprès de l'ambassade ? Ne réussit-il pas ensuite à obtenir en moins de deux jours des autorités civiles russes des informations archivées du temps de l'Union Soviétique ? Je vous épargne d'autres exemples mais l'ensemble manque vraiment de cohérence. Enfin, la cerise sur le gâteau du best-seller en devenir : les clichés. Ils sont là, par dizaines, ces stéréotypes mille fois servis et réchauffés, assaisonnés de lieux communs et de phrases à effets emphatiques ; ils ont le cuir épais et il semble qu'on ne peut s'en lasser. Le dénouement nous épargnera-t-il ou nous donnera-t-il le coup de grâce ? Pas de répit pour les braves qui seront allés jusqu'à tourner la dernière page : la rédemption du bad boy est là, dans un grand simulacre parodique du naufrage du Titanic (sans le romantisme).
Ce roman, je pense ne pas le remettre à sa place dans la boîte à livres publique, elle n'est pas à confondre avec une poubelle publique. Je vais le placer en toute simplicité dans ma corbeille à papier, il fera le bonheur d'un recycleur et, peut-être, qui sait, l'an prochain, d'un imprimeur ?

Challenge ABC 2019 - 2020
Challenge MULTI-DÉFIS 2019
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jeunejane
  01 février 2018
Nicolas Duhamel a écrit un roman qui a remporté un énorme succès.
Parti de son histoire personnelle, à 24 ans, il devait renouveler son passeport et il s'aperçoit qu'en réalité, son père s'appelait Koltchine.
Celui-ci avait disparu au large, Nicolas se lance à sa recherche jusqu'à Saint Petersbourg.
Cette histoire publiée sous la forme d'un roman remporte un vif succès et nous retrouvons le jeune écrivain toujours sous l'euphorie de son triomphe mais bien loin de retrouver de l'inspiration pour créer un deuxième roman.
Dans un palace, on le trouve en compagnie d'une jeune femme très superficielle. Il passe son temps sur Tweeter et sur Facebook pour mesurer l'ampleur de son succès.
On a bien l'impression que la page blanche n'est pas loin bien que le contrat soit signé avec son éditeur.
C'est sans doute une étape vécue par certains écrivains mais c'était bien difficile d'éprouver de l'empathie pour ce jeune monsieur.
Tatiana de Rosnay m'avait habituée à plus de profondeur.
En lisant, je me suis posé la question de savoir si elle- même n'était pas en panne d'inspiration à ce moment de son parcours.
C'est un ouvrage qui se laisse lire mais qui contient beaucoup de plages vides à remplir par des mots.
Je l'avais lu en 2013 à sa sortie et avais rédigé une fiche qui renvoyait à des extraits.
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missmolko1
  31 août 2016
Je prends toujours plaisir à lire un livre de Tatiana de Rosnay et meme si À l'encre russe n'est pas mon préféré de l'auteur, il reste une bonne lecture.
On fait la connaissance de Nicolas Duhamel, un jeune auteur qui vient d'écrire un best-seller et qui peine à écrire un deuxième roman.
"(Les écrivains) règnent sur la littérature comme des rois, comme des empereurs. Dans un royaume où les émotions n'existent pas, où la vérité n'existe pas, où l'histoire n'a pas d'importance. La seule vérité, ce sont les mots sur la page et la façon dont ils prennent vie. C'est pour çà que les écrivains sont orgueilleux. Parce qu'ils sont les seuls à savoir leur donner vie."
Son premier roman portait sur les origines de son père. On fil d'un week-end dans un somptueux hôtel italien, on va découvrir son histoire et la genèse de son premier roman. Ces trois jours vont aussi être désastreux pour Nicolas et sa vie va changer. Il faut dire que Nicolas est devenu avec le succès, un être méprisable, fière, peu disponible pour son entourage. Et pourtant en tant que lecteur, il est difficile de lâcher le roman car on veut connaître la fin.
J'ai beaucoup aimé certains passages notamment sur l'écriture, les écrivains ou le milieu de l'édition :
"Russel Banks, par exemple, n'aimait pas écrire sur son ordinateur, cela endiguait le flot des idées. Il rédigeait le premier jet en suivant un simple fil rouge. Nelson Novezan avouait qu'écrire était une telle torture qu'il lui fallait recourir à l'alcool, à la drogue et au sexe pour tenir le coup, et s'enfermer dans la chambre d'un palace. Magaret Atwood, qui tweetait autant que Nicolas, imprimait ses chapitres et les étalait par terre, en modifiant l'ordre selon ses besoins[...]. Orhan Pamuk écrivait lui aussi à la main, se conformant à un plan structuré dont il ne déviait pas d'un iota. Michael Ontaadje découpait et collait des paragraphes entiers dans d'épais carnets. Kazuo Ishiguro se livrait à des corrections implacables et supprimait parfois jusqu'à cent pages. […] Ernest Hemingway produisait cinq cent mots par jour. Ian McEwan, mille. Tom Wolfe, mille huit cents. Stephen King, deux mille. Il fallait toute une journée à James Joyce pour ne rédiger que quelques rares phrases. Georges Simenon pondait un roman tous les quatre mois et dénichait le nom des personnages dans l'annuaire. […] Amos Oz partait faire un tour à pied pendant quarante-cinq minutes dès six heures du matin puis se mettait au travail. Joyce Carol Oats préférait écrire avant son petit déjeuner. Toni Morisson privilégiait l'aube, pour voir le soleil se lever. John Steinbeck fumait la pipe..."
Il y a juste un seul bémol pour moi, c'est l'introduction de certain fait-divers comme l'affaire DSK ou encore le naufrage du paquebot... Je suis toujours un peu sceptique et me demande comment le roman va vieillir quand tout cela sera oublié.....
Bref c'est un bon moment de lecture, pas à la hauteur de Boomerang ou de Rose mais on retrouve le style de l'auteure avec plaisir.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Jangelis
  29 juin 2015
Comment croire que ce livre a été écrit par l'auteur de "Elle s'appelait Sarah" ? ou même d'autres livres comme Rose ou Boomerang.
Quel ennui ! J'ai persévéré à la fois grâce à l'écriture de Tatiana de Rosnay, qu'on suit facilement, et parce que je pensais sans cesse qu'il allait se passer quelque chose.
Intéressée au départ parce qu'il s'agit d'une histoire de secret de famille, puis dès le début parce que j'aime bien les romans se déroulant dans un hôtel de luxe.
Je ne m'attendais pas à des pages et des pages de description des people, et des états d'âme inintéressants de ce jeune homme odieux d'un bout à l'autre.
Madame de Rosnay semble avoir rassemblé ici en vrac plusieurs sujets qui la touchent de près, ou des actualités qu'on avait suivi : une famille russe, le nom de ses ancêtres, la disparition de son oncle Arnaud, un premier livre à succès planétaire adapté au cinéma, sa difficulté à prouver sa nationalité française lors du changement de loi (j'avais suivi sur les réseaux sociaux cette histoire assez agaçante, il me semblait y avoir là matière à un bon roman de sa part), le naufrage du Concordia ....
Aussi une satire qui aurait pu être intéressante sur l'addiction aux réseaux sociaux.
Mais trop bavarde, trop de répétitions. On a l'impression de ne pas avancer.
Pratiquement pas de personnages sympathiques, le héros est odieux, sa copine inexistante, les comparses peu agréables. Quant à la mère, quand elle se manifeste, c'est pour enfoncer, au lieu d'aider, et elle est encore plus odieuse que son fils.
La seule qu'on aurait envie de croiser un peu plus est sans doute sa guide en Russie.
C'est d'ailleurs le seul passage où j'ai bien accroché, et j'ai eu du plaisir à lire.
Même le passage sur les manies des écrivains, qui aurait dû me plaire, s'avère trop long, une simple énumération, très vite on s'ennuie.
Je suis habituellement plutôt "bon public" pour les romans, surtout ceux faciles, mais là, je regrette, je n'ai vraiment pas réussi.
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BrooklynNoA
  27 juin 2013
En deux mots : succès & secret
En une question : Un nom peut-il tout changer ?

[SPOILERS MINIMUM]
Comment ne pas vous parler de "A l'encre russe" sans vraiment spoiler? personnellement je ne peux pas... Vous voilà prévenus...

"A l'encre russe" de Tatiana de Rosnay n'est pas un livre adapté au cinéma, où tout du moins cela n'est encore prévu pour le moment, mais Tatiana de Rosnay est une de mes auteures coup de coeur pour qui je suis de près chaque sortie... Et puis "A l'encre russe" a une petite saveur en plus, puisque grâce à Twitter j'ai presque suivi sa naissance en directe, découvrant même, ce moment où l'auteure cherche un titre ou demande comment l'on traduirait WTF en français (traduction personnelle : C'est quoi ce bordel? ou version "Nabilla" : Allo quoi?)... Bref un livre qui rien que par son titre laissait entendre que l'encre de l'écrivain allait parler... Un titre au multiple lecture et qui peut aussi ne se comprendre qu'à la toute fin du livre...
Tatiana de Rosnay nous propose ici de découvrir l'histoire de Nicolas, un homme entouré de femme qui a perdu son père à l'âge de 10 ans et qui à l'occasion d'un renouvellement de passeport va découvrir que le père qu'il a toujours cru connaitre avait pour l'état civil eu une autre identité. Un secret de famille qui va lui inspirer son premier livre... Car ce qu'il raconte au départ à ses deux amis comme une blague va prendre vie dans un livre. Un secret de famille qui bouleverse doublement sa vie. Mais c'est aussi ici un joli prétexte de l'auteure pour nous parler de l'illusion du succès et l'effet amplificateur des médias mais aussi aborder le trac de l'écrivain quand il doit s'atteler à son prochain roman...
"A l'encre russe" c'est l'histoire d'un homme qui en pleine gloire de son premier roman se dévoile peu à peu tout au long de 3 jours passés loin de chez lui et surtout loin de son quotidien. C'est surtout l'histoire d'un homme en quête d'identité. La sienne et celle des autres. La sienne et celle de son père. La sienne passée, présente et future...
Un livre plein d'anecdotes, de retour en arrière... Durant 3 jours, le narrateur, ne quitte pas Nicolas et nous montre son quotidien tout en nous immergeant dans sa tête lorsqu'il se remémore certains passages de sa vie passé. On découvre alors doucement de page en page ce qui l'a mené à aujourd'hui, mais surtout à celui qui l'est au fond de lui, au delà de ce qu'il parait être. Car Nicolas en découvrant le secret de sa famille a perdu son identité en même temps que le nom de famille qu'il a trouvé... Nicolas Duhamel est devenu Nicolas Kochine mais il se fait appeler Nicolas Kolt tout en restant au fond, toujours Nicolas Duhamel. Compliqué? Oui je le conçois, mais Tatiana de Rosnay a l'art d'amener les choses subtilement et avec beaucoup d'humour. Et je vous rassure tout de suite son cheminement est beaucoup mieux amené et expliqué que le mien ici...
Un livre donc sur la quête de l'identité où l'auteure s'amuse aussi à alterner ses personnages. Tatiana fait parler un homme qui fait parler une femme. Son héros est un homme qui est lui même écrivain mais qui écrit un roman sur une femme. Il a 27 ans en plein succès, son héroïne est plus âgée les cheveux poivre et sel... Cela vous rappelle quelqu'un? Malin, diaboliquement malin... Tout comme de subtils détails ici et là... Il prénomme son héroïne Margaux, le nom d'un ouragan, marquant bien ainsi ce que ce livre à fait dans sa vie. Mais après un ouragan tout n'est-il dévasté?... Il y a un avant et un après Margaux. Rarement un ouragan n'a été bénéfique… Etonnant ce choix de mot ? pas vraiment... On devine l'auteure derrière qui subtilement nous demande de réfléchir à tout ça...Tout est à reconstruire... Et si Nicolas le réalisait pendant ses 3 jours ?
"A l'encre russe" est un livre savoureux où je note des détails qui me plaisent plus que d'autres : il observe ceux qui l'entourre, physiquement, puis s'amuse à les deviner. Qui ne s'est jamais amusé à ça ? Nicolas a pour premier réflexe lorsqu'il arrive quelque part ou lorsqu'il rencontre quelqu'un de regarder leur montre. Moi c'est les mains... Il collectionne les montres et repère donc dès le premier regard quelle montre est au poignet de l'autre. Quelle marque, quelle modèle. Il faut dire que sa 1ère montre c'est son père lorsqu'il à 10 ans qui la lui offre peu avant de mourir... Mais je n'en dirais pas plus, juste de faire attention aux détails, ils ne sont presque jamais anodins...
Et puis bien sûr, petit plaisir personnel, Tatiana nous raconte que "L'enveloppe" le roman de Nicolas est même adapté au cinéma, que son héroine est incarné par Robin Wright et qu'elle aura même un oscar pour cette adaptation. Tatiana nous décrit aussi le tournage de cette adaptation, que j'ai finalement parfois encore plus envie de lire que de poursuivre ce livre où Nicolas ne parait pas très attachant. Au départ…
Nicolas est un homme imbu de lui même, qui pense que tout le monde le reconnait, sait qui il est... Il est avec une femme qu'il n'aime pas, Malavina, 22 ans, qu'il trompe par sexto avec une autre, Sabina (la quarantaine rencontrée à Berlin), tout en pensant à une autre, qui a 9 ans de plus que lui, Delphine, qu'il a laissé partir il y a 5 ans... Delphine son amour "de galère", son amour qui aimait Nicolas Duhamel... Compliqué à nouveau? mais non ! Tout est si bien amené...
D'ailleurs, seule petite déception des passages de sexe assez cru qui peuvent surprendre. Des passages sans aucune tendresse, seul l'acte et le plaisir personnel de Nicolas compte. Finalement, la vérité crue. Mais qui se comprennent que longtemps après lecture... Subtil...
Comme Tatiana de Rosnay évoque la quête d'identité et le succès, elle évoque aussi à travers son héros l'hyperconnectivité. Nicolas est hyper connecté aux réseaux sociaux mais il est surtout connecté à son image et à ce qu'il renvoie aux autres via les réseaux sociaux. Et donc aussi ce que cela lui renvoi de lui même à lui même... Tout ce qui pourrait écorner son image est repoussé à demain et surtout son second roman qu'il est censé écrire...
Histoire de fuir encore une fois ses responsabilités, il part donc au Gallo Negro, hôtel de luxe au bord de mer. 3 jours déconnecté, pas de réseaux sociaux. le blackberry en off ou presque... Mais au moment où il pensait fuir une situation il va se retrouver plus que jamais confronté à lui même...
Pendant 3 jours Nicolas redevient Nicolas, juste Nicolas sans patronyme... Son entourage ne change pas mais lui profondément...Il se rend compte que finalement ce n'est pas les autres qui ont changés avec le succès mais lui... Et son séjour au Gallo Negro viendra le bousculer dans son quotidien, ses habitudes et ses certitudes. Sa vie quotidienne, ses relations professionnelles, ses amitiés et ses amours... J'ai eu un vrai coup de coeur pour ses deux meilleurs ami(e)s : Francois et Lara.
Un autre vrai coup de coeur aussi pour le souvenir de Nicolas de sa première écriture, de son premier récit...une histoire écrite d'un trait, une page avec ses mots d'enfant et la plume de son père et son encre bleue... Qu'il a repris 14 longues années plus tard pour écrire les premières pages de "l'enveloppe"....
Est ce encore une anecdote de l'auteure prêtée à son personnage principal?
Penser ici à mon grand-père et ses styles plumes…
Car Tatiana de Rosnay ne s'en est jamais caché, ce roman est né d'une de ses mésaventures : le renouvellement de son passeport... Qu'elle fait ici vivre à Nicolas, qui est d'ailleurs le prénom de son mari... Sa vie se mêle à ses personnages, elle seule sait ce qui lui appartient…
Je m'amuse d'ailleurs au fil de ma lecture à noter comment ici et là elle mêle vérité et fiction. C'est son histoire le renouvellement de passeport. L'héroïne du roman de Nicolas est née à Neuilly comme Tatiana. Son oncle s'est noyé en mer, comme le père de Nicolas. Son héroïne Margaux à les cheveux poivre et sel, comme Tatiana, mais elle a 3 ans de plus… Lorsque Nicolas écrit dans une chambre de bonne qu'il loue pour pouvoir écrire et entend ses voisins faire l'amour, c'est aussi une anecdote que Tatiana de Rosnay a raconté dans quelques interviews...
Tatiana de Rosnay s'amuse et m'amuse beaucoup à nous glisser les petits rituels d'écriture de ses amis auteur(e)s lorsque Nicolas cherche l'inspiration et une méthode de travail. Un vrai délice à découvrir...
Astucieuse, elle ne donne qu'une seule petite description de Nicolas page 100, par Anne l'amie éditrice de Delphine qui le décrit lorsque Nicolas repense à sa première rencontre. Et étrangement mon imagination rejoint la fiction...
Chaque personnage du roman à sa propre saveur, important pour l'histoire ou non. Ils amènent toujours un petit truc en plus. Une piste de réflexion pour nous ou pour Nicolas... Un auteur alcoolique, une guide russe, un barman, la soeur de la marié, une journaliste... Chaque personnage offre une nouvelle perception de Nicolas et de ce qu'il est profondément au delà de son nom de famille...
Le personnage de lily m'a fait éclater de rire !
Je note aussi au fil des pages que j'aime le regard ironique, dur et tendre à la fois qu'elle porte sur Nicolas. Elle nous donne le backstage d'un roman. Et porte un regard réaliste et plein d'humour sur le jeu des médias et sur la popularité. Elle évoque aussi subtilement les rapports humains entre Nicolas et ses amis, Nicolas et sa mère, Nicolas et son éditrice... Elle nous rappelle que les liens avec l'autre demande un effort, qu'il n'est pas et qu'il ne doit pas être à sens unique. Prendre le temps de s'intéresser à l'autre demande un effort personnel, sortir de son confort de son égoïsme.
Et puis, à chaque étape de la découverte de l'histoire de Nicolas, il devient de plus en plus touchant, comme un sale gosse qui nous charme sous la carapace... Très touchant lorsque par exemple il tente de contacter son meilleur ami François, il lui dit qu'il lui manque (sincère) mais lui dit que son nouveau livre est presque fini (ment de nouveau).
1 mensonge pour une vérité ? 1 fiction pour une vérité, comme Tatiana ?
En tout cas en 4 phrases bouleversantes Tatiana de Rosnay, nous bouscule et bascule Nicolas dans le présent et la sympathie.
Au terme de ma lecture, je retiens beaucoup de choses et c'est peut-être pour cela que j'ai eu autant de mal à écrire ce billet. "A l'encre russe" évoque les origines, les apparences. Et pose une grande question : changer de nom c'est être un autre ?
Avons nous une identité par le nom que nous avons à la naissance. N'est ce pas par les actes et les faits qui nous détermine? Fou. Un nom vient ici tout remettre en cause. Nicolas nous pousse à la réflexion...
Un livre où l'histoire n'est pas trop dense mais incroyablement subtile. Un livre où l'histoire est dans l'histoire. Un livre sur la quête d'identité les hasards et les coups de pouces inattendues de la vie. Les événements qui nous poussent malgré nous vers notre destin.
Je vais m'arrêter là en espérant que vous aurez vous aussi envie de lire "A l'encre russe" car lire à « l'encre russe » c'est aussi découvrir l'histoire d'un homme qui pourrait être d'un seul coup la vôtre, découvrir le mot APATRIDE et la légende de Victor Noir : au Père Lachaise... J'espère que vous les découvrirez aussi...et surtout je vous souhaite de rencontrer Nicolas Kolt, ou Kochine ou Duhamel...
En bref : Un roman qui fait le point sur le succès et ses dérives. Sur les réseaux sociaux et ses failles. Sur un écrivain et un homme qui ne font qu'un mais qui se sont perdus de vue. Un homme au départ détestable qui redevient peu à peu celui qu'il était. Celui qui l'est au delà des apparences... Un roman qui pousse à réfléchir que la quête de l'identité et sur ce que nous sommes et sur ce qui nous détermine mais surtout comme un secret peut bouleverser une vie. Des vies. Mais aussi comment des événements peut révéler l'autre d'une manière inattendue. Mais "l'encre russe" pousse surtout finalement à l'envie de lire et découvrir un autre livre... "L'enveloppe"
Lien : http://noaetsonmonde.blogspo..
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   07 juin 2013
Véritable geek, l’écrivaine prolonge le trouble de son roman intelligemment mené et plein de surprises en oscillant sans cesse entre réalité et fiction.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   25 mars 2013
Il y est question de secret de famille, d'identité et d'écriture. On y retrouve le talent de l'auteur franco-britannique pour tenir en haleine son lecteur avec un récit divertissant et riche en rebondissements. Rencontre avec l'auteur français le plus lu en Europe et aux Etats-Unis.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   22 mars 2013
Au-delà d'un scénario bien ficelé, elle opère une étonnante mise en abyme de sa gloire soudaine et de sa rançon corrosive. Avec un sens prononcé de l'autodérision, la romancière multiplie les clins d'oeil sur le monde de l'édition et ses requins...
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   09 septembre 2013
« Russel Banks, par exemple, n'aimait pas écrire sur son ordinateur, cela endiguait le flot des idées. Il rédigeait le premier jet en suivant un simple fil rouge. Nelson Novezan avouait qu'écrire était une telle torture qu'il lui fallait recourir à l'alcool, à la drogue et au sexe pour tenir le coup, et s'enfermer dans la chambre d'un palace. Magaret Atwood, qui tweetait autant que Nicolas, imprimait ses chapitres et les étalait par terre, en modifiant l'ordre selon ses besoins(...). Orhan Pamuk écrivait lui aussi à la main, se conformant à un plan structuré dont il ne déviait pas d'un iota. Michael Ontaadje découpait et collait des paragraphes entiers dans d'épais carnets. Kazuo Ishiguro se livrait à des corrections implacables et supprimait parfois jusqu'à cent pages. (…) Ernest Hemingway produisait cinq cent mots par jour. Ian McEwan, mille. Tom Wolfe, mille huit cents. Stephen King, deux mille. Il fallait toute une journée à James Joyce pour ne rédiger que quelques rares phrases. Georges Simenon pondait un roman tous les quatre mois et dénichait le nom des personnages dans l'annuaire. (…) Amos Oz partait faire un tour à pied pendant quarante-cinq minutes dès six heures du matin puis se mettait au travail. Joyce Carol Oats préférait écrire avant son petit déjeuner. Toni Morisson privigégiait l'aube, pour voir le soleil se lever. John Steinbeck fumait la pipe... »
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Gwen21Gwen21   17 septembre 2019
Inévitablement, il se reconnectait, comme un alcoolique se sert un autre verre tout en se haïssant. Il fallait qu'il se débarrasse de cette addiction. Il existait des programmes pour aider les gens comme lui à s'en sortir. Ces temps-ci, tout le monde scrutait ses textos, ses courriels, sa page Facebook, son flux Twitter. Les couples dînaient au restaurant en silence, rivés à leurs téléphones. Même pendant un mariage ou des obsèques, au beau milieu d'un film au cinéma, Nicolas avait surpris des gens sur leurs portables. Ceux qui se refusaient à en avoir restaient pour lui un mystère. Vivaient-ils donc au Moyen Age ? Mais aujourd'hui, alors que son inertie intellectuelle le plongeait dans une angoisse chaque jour plus abyssale, il se demandait si ce n'étaient pas eux qui avaient raison.
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jeunejanejeunejane   01 février 2018
Depuis qu'ils avaient signé le nouveau contrat avec panache, il se reposait sur ses lauriers, s'abandonnait sans limites à l'adulation des fans, se vautrait dans le luxe des premières classes, du champagne qui coulait à flots, des cadeaux somptueux, déployant son sourire pour des photos sur papier glacé ou lors des séances de dédicaces.
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PrunellaLitPrunellaLit   22 mai 2013
- Tu trouves que les écrivains sont vaniteux ?
- Certains, oui.
- Eh bien [...] pourquoi ne le seraient-ils pas ? Ils détiennent les clés du monde, non ? Ils le recréent. Donc ils ont bien le droit d'être vaniteux. Ils règnent sur la littérature comme des rois, comme des empereurs. Dans un royaume où les émotions n'existent pas, où la vérité n'existe pas, où l’histoire n'a pas d'importance. La seule vérité, ce sont les mots sur la page et la façon dont ils prennent vie. C'est pour ça que les écrivains sont orgueilleux. Parce qu'ils sont les seuls à savoir leur donner vie.
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Gwen21Gwen21   19 septembre 2019
Brusquement lui revient l'image d'un enterrement auquel il a assisté l'année dernière. La mère d'un de ses amis. A la fin de la messe, l'ami en question avait lu, la voix brisée, une lettre déchirante adressée à sa mère défunte. Il avait avoué qu'il ne s'était jamais soucié d'elle, qu'il comprenait maintenant, les mères ne sont pas immortelles, elles ne seront pas toujours là pour prendre soin de leurs enfants.
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Vidéo de Tatiana de Rosnay
A l'occasion de la 11ème édition du salon international du livre en format livre de poche Saint-Maur En Poche, la journaliste Jacqueline Pétroz recevait sur la scène de la Griffe Noire les deux auteurs française Alexandra Lapierre et Tatiana de Rosnay pour nous parler de leurs héroïnes...
Manderley for ever de Tatiana de Rosnay aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/39185-divers-litterature-manderley-for-ever.html
Avec toute ma colère de Alexandra Lapierre aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/143624-divers-litterature-avec-toute-ma-colere.html
Fanny Stevenson de Alexandra Lapierre aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21541-poche-fanny-stevenson.html
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