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EAN : 9782253010258
121 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.67/5   667 notes
Résumé :
Blessé par une pierre dissimulée dans une boule de neige, Paul est condamné à garder la chambre le temps de reprendre quelques forces : il ne la quittera plus. C'est encore un enfant, mais délaissé par une mère mélancolique, il est déjà livré à lui-même, gouverné par sa fantaisie et celle de sa sœur Élisabeth ; à eux deux, ils vont transformer leur chambre en scène permanente et y jouer indéfiniment la comédie de l'enfance. Comédie à peine troublée par la mort de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
3,67

sur 667 notes

Cricri124
  15 mai 2016
Un père alcoolique & violent qui les abandonnent, et revient mourir chez eux, une mère malade, et eux, les enfants, ce frère et cette soeur, Paul et Élisabeth, âgé de 13 et 15 ans, livrés à eux-mêmes, qui se replient peu à peu dans un monde imaginaire et développent au fil du temps une relation complexe et exclusive. La chambre est ce lieu fermé au monde extérieur, à celui des adultes, et à la normalité, ou ils se livrent "au jeu". Un endroit à leur mesure, ou ils jouent la grande sérénade de l'amour et de la haine: un spectacle passionnel exacerbé, ponctué de "Je t'aime, moi non plus"; des émotions excessives où complicité, insulte, manipulation, cruauté, innocence, pureté, vénération, y fleurissent pèle mêle. Ils sont rejoints très tôt par Gérard, puis plus tard par Agathe, dont les regards adoratifs, décupleront la créativité. Tant que les rôles de chacun garderont leur immuabilité, l'harmonie se maintiendra. Mais dès que l'un d'entre eux dévira du rôle qui lui est arbitrairement dévolu… alors là, c'est une toute autre histoire.
Récit plein de poésie et de fantaisie sur l'adolescence exaltée qui enflamme l'extraordinaire et étouffe l'ordinaire, c'est aussi un récit dérangeant et oppressant. Nous y observons ces enfants tisser leur monde avec des fils de soie qui se resserrent inexorablement sur eux. Un peu à l'image du cirque de puces imaginaire de John Hammond (alias Richard Attenborough) dans le film Jurassic Park. Pauvre cocoon illusoire. Pauvres marionnettes démantibulées. Impossible cependant de rester sur le pas de la porte. Soit on entre dans la chambre - leur chambre - (au risque de devenir soit même un jouet entre leurs mains), soit on claque la porte et on s'en retourne d'où on vient. Car il n'y a pas de demi mesure avec ce genre d'ouvrage qui prend toute sa dimension dans l'excès: soit on aime, soit on n'aime pas!
Publié en 1929, cela n'en demeure pas moins un récit terriblement intemporel, et difficile à cataloguer d'ailleurs.
Je vous recommande de le lire sur fond de musique classique ou d'opéra. C'est très agréable. La musicalité qui se dégage naturellement de ce récit créée une sorte d'osmose entre les deux. A mon avis, les oeuvres musicales qui le représente le mieux, sont l'opus 64 de "Romeo et Juliette: Danse des Chevaliers" (Serge Prokofiev) & "Danse Macabre" (Camille Saint-Saëns). L'une met plus en exergue une tension addictive, l'autre un envoutement torturé, mais les deux subliment l'émotion dans ses extrêmes : amour et haine, adoration et répulsion, vie et mort...Tout simplement Grandiose! Enfin, ce choix n'est que le reflet de mon interprétation musicale du livre ! Par conséquent, une liste très très loin d'être exhaustive.
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Myriam3
  13 septembre 2014
Que se passe t'il lorsqu'on met deux adolescents de 13 et 15 ans, frère et soeur, dont l'un est fragile, seuls responsables d'eux-mêmes, dans un grand appartement et sans soucis financiers?
Cocteau est un maître quand il s'agit de nous raconter des familles dysfonctionnelles, qui ont leur propre code, leurs lois souterraines. Ainsi, dans cette famille, le père violent disparaît bien vite, la mère se meurt, et Paul, le fils, est cloué au lit par une boule de neige lancée par Dargelos, le camarade d'école qu'il vénère. Elizabeth, la soeur aînée, s'occupe de lui, avec l'aide du docteur, ami de la famille et soutien.
Gérard, orphelin élevé par un oncle très souvent absent, s'immisce dans la relation conflictuelle et passionnée des deux enfants, et bientôt les trois abandonnés se créent un cocon aux lois mystérieuses, dans la grande chambre où ils dorment tous les trois -puis à quatre - et qui renferme tous leurs trésors et évocations de personnes élues comme des sortes d'idoles.
Ici, pas d'histoire d'inceste, comme on pourrait l'imaginer, mais un amour fort né sans doute du besoin vital de se protéger de ces parents absents, nourri par cet isolement dans la chambre dans laquelle on mange n'importe quoi à n'importe quelle heure et dans laquelle on obéit à des rituels secrets. Un amour si fort qu'il en devient maladif, mais chut, je n'en dis pas plus.
Lu une première fois il y a longtemps, je me souviens avoir adoré ce livre et avoir été marqué, tout comme avec Les Parents Terribles, par cette évocation de familles bancales et repliées sur elles-mêmes.
Je viens de le relire, et mon sentiment est un peu plus mitigé. Bien sûr l'histoire est belle, tragique, les enfants purs et cruels, à la Cocteau. Mais cette fois-ci j'ai été gênée par des phrases parfois trop hésitantes, ou foisonnantes, et par cet imparfait omniprésent qui donne la sensation que ce n'est d'abord qu'un résumé et que la vraie histoire est encore à venir.
Ceci dit, tout comme les Parents Terribles et la Machine Infernale, les Enfants Terribles, par des détails en apparence anodins à valeur prophétique - l'écharpe qu'on retrouve dans deux de ces livres - reste longtemps ancré dans la mémoire tel un conte mythique.
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Allantvers
  29 juillet 2015
Malsain, claustrophobique, d'un onirisme tirant sur le gothique, graphiquement très marqué en rouge (le sang, l'écharpe), noir (la chambre, les âmes) et blanc (la neige), grouillant de miasmes de rébellion :
Il n'est finalement pas si étonnant que ce soit ce roman des années 50 qui ait tamponné le plus fortement mes années d'adolescence, tant il encapsule dans les quatre murs de la chambre-refuge que ces gosses occupent comme une citadelle tous les affres de cette délicate période.
J'en garde une image paradoxale, toute subjective et bien affectueuse, d'un roman à la fois intemporel et daté, mais aussi une phrase qui n'a cessé de me suivre tout au long des années :
"Tout ce qu'ils faisaient ne leur appartenait pas en propre : serviteurs d'une loi inflexible, ils le ramenaient à la chambre où se faisait le miel".
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oblo
  27 juin 2015
Paul et Elisabeth sont frère et soeur. Dès le début du roman, Paul tombe malade à la suite d'une bataille de boules de neige. Celui qui a envoyé le projectile est Dargelos, pour qui Paul éprouve une admiration sans borne sans que celui-ci le remarque. Paul est assisté, dans sa maladie, par sa soeur et un de ses camarades, qui l'admire aussi, Gérard, lequel reporte bientôt son affection vers Elisabeth. Un jeu à trois se met bientôt en place entre Paul, Elisabeth et Gérard, et bientôt Agathe, orpheline ramenée par Elisabeth, les rejoint. Dans cet univers clos, les amours touchants et fraternels ont quelque chose de malsain, et tournent au drame.
Les désillusions des personnages entrainent la fin de leur innocence et de leurs adolescences. le huis-clos charmant de la chambre perd vite de ses couleurs et dans l'immobilité apparait bientôt la morbidité. Un roman de tendresse et de violence.
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brigittelascombe
  26 novembre 2011
Frères et soeurs, une maladie d'amour:a écrit le pédopsychiatre Marcel Rufo.
Un thème fort souvent retrouvé en littérature.
Les enfants terribles de Jean Cocteau basé sur l'amour exclusif et impossible qui lie Paul et Elisabeth m'a rapellé La tristesse du cerf-volant de Françoise Mallet-Joris (roman dans lequel Christophe crée un espace clos dont sa soeur Clara et lui sont les personnages) ainsi qu'Ernesto et Jeanne dans La pluie d'été de Marguerite Duras.
Point d'inceste dans Les enfants terribles, mais un même culte voué par la soeur et une relation fusionnante sans pudeur qui, ici, prend de l'ampleur, suite à l'alitement du cadet qu'une méchante boule de neige a terrassé.
Les "Mon chéri" d'Elisabeth-Lisbeth-Lise, la garde-malade dévouée, une fois en passant lorsquelle a peur qu'il meure, sont la plupart du temps des "Dors imbécile", auquel Paul répond parfois par "Je veux que tu restes près de moi" mais presque toujours par "Idiote" ou "sale typesse".
Ces jeux provocateurs qui signeraient une adolescence somme toute banale,s'amplifient après leur retour de la mer, au repos soit-disant bénéfique, car la "vigilance sournoise" s'est doublée d'insultes et de coups tordus.
Plus de repères.Le père a disparu depuis longtemps,la mère depuis peu et seule reste à la barre Mariette "simple comme la simplicité".
"La chambre prend le large" et ouvre la nuit les portes de son théatre dont Gérard dit Girafe, copain des deux terribles, est le seul spectateur.
"Ordure!"
"Le misérable! L'atroce!"
La chambre cocon, utérus, temple morbide dont la vierge prêtresse garde jalousement le trésor, ne risque t-elle pas d'exploser avec l'arrivée d'Agathe,mannequin perturbateur ou d'une deuxième boule empoisonnée plus noire qu'une neigeuse?
Un délire d'amour aussi fort que les liens qui unissent un Paul et une Virginie mais une Virginie faussée dés le départ. Seule la mort fige à jamais les passions.
Ecrit à la manière d'un conte fantastique, Les enfants terribles ont été inspirés à Jean Cocteau par la vie de Jeanne et Jean Bourgoint rencontrés grâce à Christian Bérard qui a réalisé pour lui des décors de théatre.
On retrouve dans cet ouvrage la poésie riche d'un moi sans cesse renouvellé, celui de Jean Cocteau à la fois poète,cinéaste,écrivain,homme de théatre et dessinateur.
Pour les amoureux de Cocteau: Lettres à sa mère (deux volumes) est un pur bonheur!
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   30 janvier 2019
Fantasmagories est un recueil de contes étonnants. Centrés sur le thème de l’enfance, ces quinze histoires courtes dépeignent toute la beauté froide de cette période souvent décrite comme merveilleuse et lumineuse. Loin des clichés, ces nouvelles assument la noirceur de cet âge et les transformations troublantes qui l’accompagnent, ses aspirations et ses cauchemars. Alliant surnaturel et poésie, Marianne Desroziers utilise sa plume pour émouvoir, provoquer, étonner son lectorat en ramenant vers lui sa part d'enfance oubliée.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   16 octobre 2011
Il est de ces maisons, de ces existences, qui stupéfieraient les personnes raisonnables. Elles ne comprendraient pas qu'un désordre qui semble à peine devoir continuer quinze jours puisse tenir plusieurs années. Or ces maisons, ces existences problématiques se maintiennent bel et bien, nombreuses illégales, contre toute attente. Mais, où la raison n'aurait pas tort, c'est que si la force des choses est une force, elle les précipite vers la chute.
Les êtres singuliers et leurs actes associaux sont le charme d'un monde pluriel qui les expulse. On s'angoisse de la vitesse acquise par le cyclone où respirent ces âmes tragiques et légères. Cela débute par des enfantillages; on n'y voit d'abord que des jeux.
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FromtheavenueFromtheavenue   26 juillet 2012
L'élève pâle contourna le groupe et se fraya une route à travers les projectiles.
Il cherchait Dargelos. Il l'aimait.
Cet amour le ravageait d'autant plus qu'il précédait la connaissance de l'amour. C'était un mal vague, intense, contre lequel il n'existe aucun remède, un désir chaste sans sexe et sans but.
Dargelos était le coq du collège. Il goûtait ceux qui le bravaient ou le secondaient. Or, chaque fois que l'élève pâle se trouvait en face des cheveux tordus, des genoux blessés, de la veste aux poches intrigantes, il perdait la tête.
La bataille lui donnait du courage. Il courrait, il rejoindrait Dargelos, il se battrait, le défendrait, lui prouverait de quoi il était capable.
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luis1952luis1952   15 décembre 2012
Elisabeth passa un manteau sur sa nuisette et pieds nus et orteils à l'air s'asseyait , rêveuse, accoudée,une main contre la joue. Paul se balançait sur sa chaise, à peine vêtu. L'un et l'autre mangeaient en silence, comme les saltimbanques d'une roulotte, entre deux représentations. La journée leur pesait. Un courant les entrainait vers la nuit, vers la chambre où ils recommenceraient à vivre.
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copenhaguecopenhague   07 novembre 2008
Surtout il fallait, coûte que coûte, revenir à cette réalité de l'enfance, réalité grave, héroïque, mystérieuse, que d'humbles détails alimentent et dont l'interrogatoire des grandes personnes dérange brutalement la féérie.
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kathykathy   16 octobre 2011
La richesse est une aptitude, la pauvreté de même. Un pauvre qui devient riche étalera une pauvreté luxueuse. Ils étaient si riches qu'aucune richesse n'aurait changé leur vie. La fortune pouvait leur venir en dormant, ils ne s'en apercevraient pas au réveil.
Ils contredisaient le préjugé contre la vie facile, les moeurs faclles et, sans le savoir, mettaient en oeuvre ces "admirables puissances de vie souple et légère gâchée au travail" dont parle un philosophe.
Projets d'avenir, études, places, démarches ne les préoccupaient pas davantage que garder les moutons ne tente un chien de luxe.
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Vidéo de Jean Cocteau
Lecture musicale et dessinée du journal d'un film de Jean Cocteau (extrait) Voix : Sophie Robin Dessin : Laureline Mattiussi Guitare : Sol Hess Le samedi 3 octobre 2020 au cinéma le Margot à Nérac pour les 13e Rencontres Chamand
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