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EAN : 9782070361496
179 pages
Gallimard (12/07/1972)
3.64/5   303 notes
Résumé :
Yvonne : La tête me tourne, j'ai fait une folie, une folie affreuse. J'ai fait...
Michel : Parle-nous.
Yvonne : Je ne peux pas. Je voudrais. Sauvez-moi ! Sauve-moi, Mik ! Pardonne-moi, Mik. Je vous ai vus ensemble, là-bas, dans le coin. Je me suis dit que je vous gênais, que je dérangeais les autres.
Michel : Maman !
Yvonne : J'ai perdu la tête. Je voulais mourir. Mais je ne veux plus mourir. Je veux vivre. Je veux vivre avec vous !... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Mermed
  09 avril 2022
Les Parents terribles
Je fêtais avec André Malraux, notre décision d'aller libérer le Ritz, autour d'un cocktail
arrivés sur place, après avoir été sur le point d'être fusillés par les hommes d'Hemingway,(1)
nous fîmes la paix avec Ernest grâce à des cocteaux (2).
Mes préférés si l'occasion se présente, que vous le sachiez :
un Old fashioned (un peu de sucre au fond du verre, 2 traits de bitter Angostura, ajouter 1 cl d'eau pétillante, écraser le sucre à l'aide d'un pilon jusqu'à ce qu'il fonde complètement, ajouter 2 glaçons et 3 cl de bourbon, remuer avec une cuillère à mélange pendant 15 secondes. Compléter avec des glaçons et verser le bourbon restant (3 cl).Remuer de nouveau pendant 15 secondes.)
ou un Manhattan (4cl de bourbon, 2 cl de Vermouth rouge, 5 gouttes d'angostura bitter, remuer le tout )
Combien de Manhattan, ou de Old Fashioned m'aurait-il fallu pour oublier la misère de ce vaudeville, aussi pauvre de mots que d'originalité.
Pauvreté accentuée par la qualité des acteurs et de la mise en scène.
1 Samedi 26 Août 1944, un Samedi, nous étions au bar du Ritz , Jean et moi (nos bars habituel étaient bondés : les résistants menés par le général De Gaulle descendaient les Champs Élysées, entourés d'une foule considérable). L'hôtel et le bar avaient été libérés la veille:
'Hemingway armé d'une mitraillette et accompagné d'un groupe de la Résistance française, le 25 août 1944, après quatre longues années d'occupation allemande, précéda de quelques heures l'entrée des Alliés dans Paris et libéra le bar du Ritz, un petit bar (hôtel aussi) de la place Vendôme. Pour être plus précis, la légende dit que Hemingway libéra les caves de l'hôtel. Puis, il y prit une suite* et, dans une brume presque permanente due au cognac et au champagne, il s'apprêta à recevoir amis ou simples visiteurs venus le féliciter. Parmi ceux qui se présentèrent à l'hôtel, il y eut André Malraux, on ne peut plus arrogant. L'écrivain français entra dans le Ritz et y défila avec un peloton de soldats à ses ordres, transformé en parfait colonel chaussé de bottes luisantes de cavalier. On ne peut pas dire qu'il soit allé au Ritz pour féliciter qui que ce soit, et encore moins Hemingway, qui le repéra sur-le-champ et se souvint immédiatement que cet orgueilleux colonel avait pris ses distances, en 1937, avec la guerre civile espagnole pour écrire L'Espoir, le roman que quelques naïfs avaient hissé au rang de chef-d'oeuvre. On vit aussitôt le colonel Malraux se vanter de son peloton de soldats et rire de la poignée d'hommes en guenilles qui étaient aux ordres de Hemingway, le libérateur du bar du Ritz. 'Quel dommage, dit Hemingway à Malraux, que nous n'ayons pas pu profiter de tes fantastiques forces quand nous avons pris Paris.' Et l'un des inconditionnels hommes en guenilles aux ordres de Hemingway murmura à l'oreille de son chef :'Papa, on peut fusiller ce con ?' (Extrait du livre de Enrique Vila-Matas Paris ne finit jamais ; Lui même a trouvé cette anecdote dans les mémoire du chef barman du Ritz. Hemingway racontait cette épisode tel qu'il est relaté ici. Il n'est toutefois pas avéré que tout y soit vrai, en revanche Ernest a réellement bu 51 cocktails dry Martini (qu'il n'a pas payés) et après avoir épargné Malraux, ils ont bu 12 bouteilles de Champagne.)
2 J'avais fait la connaissance de Jean, grâce à l'abbé Mugnier, qui nous avait un jour invité dans son modeste appartement, et depuis nous nous rencontrions au moins une fois par mois, soit chez sa maman, soit chez d'autres relations de l'abbé. J'étais fasciné par la conversation et les merveilleuses intuitions de celui que j'appelais désormais mon ami, et qui m'avait gratifié de ce jeu de mot : un cocktail/ des cocteaux.

J'ai revu les Parents terribles, il y a peu dans l'adaptation et mise en scène de Christophe Perton
avec Muriel Mayette-Holtz, Charles Berling, Maria de Medeiros, Émile Berling, Lola Créton


effleurements livresques, épanchements maltés http://holophernes.over-blog.com © Mermed
Lien : http://holophernes.over-blog..
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JCLDLGR
  14 octobre 2021
Une pièce dont j'ai entendu parler dans un documentaire sur le couple Cocteau-Marais, et qui a lancé Jean Marais !
La lecture d'une pièce oblige à un peu d'imagination sur une possible mise en scène, mais reste une série de dialogues.
Bien écrite mais bavarde, cet drame, qui commence comme une comédie  de boulevard reste ancrée dans son époque, pour ne pas dire datée !
Comme c'est un très vieux livre trouvé dans une boîte à livres, j'ai la pièce en odorama, vieux papier et poussière !!
Le couple Yvonne-Georges me fait penser à mes grands-parents, entre une mère fusionnelle et un père détaché et infidèle, tenant tous les deux des discours enfermés dans des normes bourgeoises de l'époque, même si c'est pour que le fils tente de les dynamiter. La fin est aussi peu crédible que les rebondissements qui la précèdent. Reste sans doute des messages, dont la portée s'est très émoussée avec le temps, et que je n'ai pas été capable de percevoir.
J'ai découvert Cocteau, mais ne suis pas sur qu'il faille le découvrir par cet ouvrage..
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bdelhausse
  03 octobre 2018
Les portes claquent. D'ailleurs Jean Cocteau l'indique en commentaires à l'attention des metteurs en scène.
Les hommes âgés entretiennent des filles qui sortent avec de plus jeunes.
Sur 3 femmes et 2 hommes, Jean Cocteau crée plusieurs ménages à trois où "c'est je t'aime moi non" plus bien souvent. Le fils avec Madeleine et Yvonne (sa mère). La mère avec le fils et Georges (son mari). Le mari avec Madeleine et Yvonne également. Léonie, l'ex de Georges, avec Georges toujours et le fils... Madeleine avec le fils et le père... bref, au premier degré, c'est un véritable lupanar.
Vaudeville?
Pas vraiment. Cela en a l'odeur, la couleur, l'apparence, mais on est bien dans une tragédie. le rire salvateur, les envolées comiques chères à la comédie de boulevard, tout cela s'éloigne rapidement.
Le sujet est grave. L'amour étouffant d'une mère et d'un père pour leur fils, adulte mais infantilisé. C'est universel. Jean Cocteau crée une tension, une atmosphère qui monte progressivement vers le drame absolu, à travers mensonges et duplicité.
Même si la pièce à (fatalement) été écrite par Jean Cocteau en pensant à quelques acteurs dans les divers rôles, dont Jean Marais dans le rôle du fils amoureux, elle reste fort actuelle dans son ensemble. Un classique qui reste tout à fait lisible malgré les années.
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CFARE
  16 septembre 2021
C'est une histoire de famille à l'allure d'un vaudeville dramatique.
Dans cette famille, il y a la tante Léonie qui est l'amoureuse éconduite par Georges qui lui a préféré épouser sa soeur Yvonne. Leur fils, Michel dit Mick, « le petit garçon » de 23 ans adoré de sa maman et de son papa, qui au grand dam de ceux-ci va leur présenter sa dulcinée Madeleine (car comme dirait Jacques Brel : Madeleine Elle est tellement jolie - Elle est tellement tout ça - Elle est toute sa vie ♪♫).
Dans cette pièce de théâtre se côtoient l'ordre et la raison (et quand même aussi une façon de régler ses comptes) de la part d'Yvonne et la déraison égoïste et narcissique des autres.
Pièce écrite en 1938. Maintes fois adaptée, notamment par le septième art. C'est le genre de pièce qui traverse les décennies sans prendre une ride car elle peut se transposer aux générations suivantes, seuls les prénoms prennent une teinte un tantinet surannée. C'est magnifique à lire, et à écouter.
Cette pièce est actuellement jouée au théâtre par Muriel Mayette-Holtz, Charles Berling, Maria de Medeiros, sur une adaptation de Christophe Perton.
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Myriam3
  25 mai 2014
La pièce de théâtre commence sur un drame, et dès les premières répliques, le caractère et le rôle de chacun est donné: Yvonne, la mère fragile et immature, Léo, celle qui est là pour garder l'équilibre de la famille, "Vous perdez la tête... heureusement que je suis là", Georges, le mari, le père, entouré de sa femme inconséquente et de Léo, la vraie figure maternelle, et enfin Michel, le fils adoré, "tu ne vas pas mourir avant d'avoir revu Michel".
Cette famille sans nom est attachante, bouleversante et révoltante tout à la fois, désordonnée, égoïste, passionnée, folle. "Dans une pièce moderne le casse-tête me semble de faire un grand jeu et de rester un peintre fidèle d'une société à la dérive".
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   15 mai 2012
Dans une pièce moderne le casse-tête me semble de faire un grand jeu et de rester un peintre fidèle d'une société à la dérive.
J'ai voulu essayer ici un drame qui soit une comédie et dont le centre même serait un nœud de vaudeville si la marche des scènes et le mécanisme des personnages n'étaient dramatiques.
J'ai beaucoup tenu à peindre une famille capable de se contredire et d'agir avec mystère tout en respectant le volume d'une pièce qui pour frapper sur la scène, doit paraître d'un seul bloc.
Il est plus simple de paraître d'un seul bloc si quelque personnage central ne s'écarte jamais d'un vice ou d'une vertu qu'il possède et si ses comparses ne changent pas non plus leur ligne de bout en bout....
(extrait de la préface I, écrite avec la pièce, et insérée en début de l'édition de poche parue en 1958)
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luis1952luis1952   15 janvier 2013
Yvonne - Michel ! Je t'ai porté dans ton lit jusqu'à onze ans. Après, tu es devenu trop lourd. Tu te pendais à mon cou. Après tu mettais tes pieds nus et tes orteils sur mes sandales, tu me tenais par les épaules et nous marchions ensemble jusqu'à ton lit. Un soir tu t'es moqué de moi parce que je te bordais, et je t'ai prié d'aller te coucher seul !

Michel- Maman ! Laisse-moi monter sur ton lit; j'ôte mes souliers...Ah ! Me fourrer près de toi, mettre mon cou sur ton épaule.
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gillgill   15 mai 2012
"Les parents terribles"
ont été représentés pour la première fois au théâtre des Ambassadeurs, le 14 novembre 1938.
Personnages
Yvonne..................Germaine Dermoz
Léonie...................Gabrielle Dorziat
Madeleine..............Alice Cocéa
Georges.................Marcel André
Michel......................Jean Marais
Décors de Guillaume Monin
A Paris de nos jours
Décors
Acte I : chambre d'Yvonne
Acte II : chez Madeleine
Acte III : chambre d'Yvonne
NOTE
Les chambres seront celles de cette famille en désordre et de Madeleine (le contraire)
Un seul détail obligatoire : les décors, très réalistes, seront construits assez solidement pour que les portes puissent claquer.
Léo (Léonie) répète souvent : "Chez vous, c'est la maison des portes qui claquent".
(présentation de l'édition de poche parue en 1958)
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JulienDjeuksJulienDjeuks   24 juin 2020
Exact. C'est une monstruosité. C'est in-cro-yable, mais c'est comme ça. C'est même un chef-d'oeuvre. Hé, oui. (Il s'approche de la bibliothèque et frappe le dos des livres.) Tous ces messieurs, qui ont écrit des chefs-d'oeuvre, les ont écrits autour d'une petite monstruosité du même modèle. C'est pourquoi ces livres nous intéressent. Il existe, cependant, une différence. Je ne suis pas un héros de tragédie. Je suis un héros de comédie. Ces choses-là plaisent beaucoup, amusent beaucoup. C'est l'habitude. Un aveugle fait pleurer mais un sourd fait rire. Mon rôle fait rire. Pense donc ! Un homme trompé, c'est déjà risible. Un homme de mon âge trompé par un jeune homme, c'est encore bien plus risible. Mais si cet homme est trompé par son fils, le rire éclate ! C'est un chef-d'oeuvre de fou rire. Une farce, une bonne farce. La meilleure de toutes les farces. S'il ne se produisait pas de situations analogues, il n'y aurait pas de pièces. Nous sommes des personnages classiques. Tu n'es pas fière ? À ta place, je le serais. (édition Le Livre de Poche 1962, p. 106)
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genougenou   10 mai 2013
Léo : Le voilà, votre milieu. Vous donneriez n’importe quoi pour qu’Yvonne soit vivante… et pour la torturer après. Non, Michel ; nous, nous sommes des gens de la rue, des gens de la boue, nous sommes faits pour vivre. Ta mère était faite pour être morte. Là où elle est, il n’existe pas de fils, de père, de maîtresse. Il n’y a que l’amour. A présent, elle peut vivre. Elle peut habiter la maison. Elle peut aimer une ombre.
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