AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070361526
185 pages
Éditeur : Gallimard (12/07/1972)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Maintenant, il savait tout le prix de Dorothée.
Au fond de lui-même, il croyait qu'il avait gardé un pouvoir sur elle et qu'il pouvait la reprendre, si enfin il s'en donnait la peine. Et il ne pouvait pas croire que l'émoi qu'il ressentait ne fût pas communicatif. Elle avait l'air si bon, sur cette photo. Sa bouche répétait ce que disaient les yeux : une tendresse timide. Ses seins frêles disaient encore la même chose, et sa peau qui fuyait sous ses doigts, s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  21 mars 2013
De temps en temps, lassé de l'actualité littéraire dont je redoute que ses oeuvres quelque agréable qu'en soit la lecture, ne laisse pas une marque indélébile, je me fais violence pour lire un classique. le mois dernier, c'était Colette. ce mois-ci c'est Drieu la Rochelle. Quelle idée me direz-vous de choisir les auteurs les plus démodés qui soient !
J'avais lu "Gilles" il y a quelques années. Et j'en avais gardé le souvenir d'un interminable pensum. dans ces cas-là, pourquoi diable m'attaquer au "Feu follet" qui a certes l'avantage d'être plus court mais qui est de la même farine. La raison en est peut-être sa récente adaptation au cinéma par un réalisateur norvégien ("Oslo 31 août") cinquante ans après Louis Malle dont l'adaptation avec Maurice Ronet a fait date.
On y sent la fougue d'une vie brûlée par les deux bouts, aimantée par des pulsions suicidaires. le livre est plein d'une énergie débordante. Il rappelle "L'homme pressé" de Paul Morand.
Mais il est écrit dans un style totalement illisible de nos jours. Chaque phrase est définitive, assénée avec une lourdeur pachydermique et un manque affligeant d'humour. Ce court roman (170 pages en format poche seulement) raconte la dernière journée d'un suicidé à travers une série de rencontres. Autant de saynètes lourdement démonstratives où toutes les raisons de s'attacher à la vie sont tour à tour écartés : la fondation d'une famille, l'amour d'une femme, la réalisation d'une oeuvre ...
A masochiste, masochiste et demi, pour le mois prochain j'hésite entre André Maurois et Léon Bloy !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          2410
oiseaulire
  28 mai 2019
Alain est victime d'une impuissance à vivre. Il est resté un enfant qui attend des autres qu'ils lui apportent le bonheur, des jouets, de l'argent, l'amour. Et lorsqu'on les lui présente sur un plateau, il fait une grimace de petit prince blasé. Il n'est doué pour rien et s'en fait un costume de dandy : à la fois arrogant, persifleur et veule, il souffre, et pas en silence. Et puis il se drogue, avec ostentation.
Il n'est pourtant pas si mal entouré, il a une belle gueule, des amis fidèles qui ont bien de la patience avec lui, on se demande pourquoi : on ne l'abandonne pas, on l'invite, on se charge de ce paquet toujours mécontent et persifleur. En pure perte, car il est brisé, définitivement. L'enfance de cet homme a dû être un vide immense, et ce vide-là, rien ne pourra le combler. Et il ne le veut pas non plus ; cela lui ôterait le seul rôle qu'il sache interpréter : celui du héros malheureux.
Les personnages de femmes de Drieu la Rochelle sont assez étranges : on dirait des plantes. Elles ne servent qu'à distribuer de l'argent et à être "clouées" sur un lit, sortes de poupées inarticulées sans véritable humanité. D'ailleurs elles ne sont pas amoureuses, non, "un homme les tient". Cette phrase, répétée à l'envie, résonne lugubrement comme le brame d'un cerf dépité. L'amour serait donc uniquement une affaire d'encadrement et de subordination comme le travail en usine ? De temps à autre fusent des affirmations insolites telles que : "Tu as été un vrai fétichiste comme le sont les femmes et les sauvages". Sans doute est-ce le charme de l'auteur que d'avoir de ces emballements que rien n'étaye, littérature n'est pas démonstration.
Le style est parfois lourd, encombré, maladroit. Mais la seconde moitié du roman est d' une concision et d'une poésie remarquables.
Un moment de lecture intéressant, irritant, émouvant. Pierre Drieu la Rochelle aurait pu être un grand auteur, ses obsessions l'ont entravé. Dommage.
J'ai préféré sur le même thème "Suicide" d'Edouard Levé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
asdepiet
  01 janvier 2015
Véritable démonstration de style, Pierre Drieu la Rochelle touche ici de sa plume, le nerf. Avec le feu follet, il fait son entrée fracassante dans la sélection très fermée de mes écrivains préférés. Dans un style d'écriture d'un charisme évident, il place le lecteur dans l'étrangeté sombre et obscure de la crise existentiel d'Alain. Inutile d'écrire un roman monumental. le talent est souvent à l'origine de l'abstraction des longueurs inutiles. Drieu la Rochelle traite ici d'un sujet d'une extrême délicatesse en seulement 172 pages. Probablement l'élan du coeur d'un homme qui à quelque chose a dire. Une qualité très rare qui n'anime que les grand auteurs.
Commenter  J’apprécie          61
Karenine75
  07 août 2017
Un chef d'oeuvre de l'art français du roman ! Interné dans une clinique pour une désintoxication, Alain s'échappe parfois à Paris retrouver une maitresse, un ami. La nuit, les femmes, l'argent, les drogués, les fêtes galantes des années 1920 devenues odieuses, les dîners en ville, et une obsession : le suicide. Il y a chez lui cette sensation terrible d'avoir atteint quelque chose l'inexprimable et de grossier à partir duquel tout devient atroce et surtout soi-même. Analyses denses et suggestions se succèdent au fil de moins de deux-cents pages pour former un texte bouleversant et magnifique. C'est aussi un éloge indirect de la jouissance de l'instant, de ceux et celles qui confondent la littérature et la vie. Pour moi, c'est une oeuvre absolument essentielle ! Il faut rappeler que Dieu La Rochelle, qui se suicida lui-même, a écrit ce court roman suite à la disparition de son ami, le poète Jacques Rigaut, qui se tira une balle en plein coeur.
Commenter  J’apprécie          41
Malice
  10 octobre 2012
Ce roman est loin d'être d'une gaieté folle. C'est un grand livre désespéré, il fut publié en 1931. le film de Louis Malle avec Maurice Ronet a renforcé me semble t-il la popularité de ce livre de 1963, il me semble !
Alain Leroy, qui achève une cure de désintoxication dans la région parisienne dans une maison santé où l'on soigne surtout des neurasthéniques . Les grands thèmes de ce court roman sont l'amour des femmes séduire le plus possible, le désir, trouver le goût de vivre Il est séparé de sa femme, Dorothy, qui est à New York. Il déambule dans Paris, pour faire passer le temps. Il fréquenter des soirées mondaines, revoir des amis du temps où il se droguait. Il se sent seul, l'ennui, le désespoir ...
Plus de goût à la vie, le dégoût, peur de vieillir l'envie dans finir est présent tout au long du roman. Il ne veut pas devenir adulte, être un homme. Mais, je ne pense pas que cela soit une raison suffisante pour mettre fin à sa vie. Je pense et j'en suis convaincue qu'une personne qui se suicide c'est pour des raisons obscures et inexplicable me semble t-il ! Son ami Dubourg rangé, marié des enfants passionné par la vie, passion pour l'Egypte. Essaye de le retenir, il lui montre la beauté de la vie, le soleil .Alain Leroy c'est Jacques Rigaut l'ami de Drieu la Rochelle, dandy Dada. Jacque Rigaut était un grand ami de Mireille Havet entre autre, tous les deux d'immenses toxicomane. Jacques Rigaut s'est suicidé en novembre 1929. Écriture du livre de Drieu est classique d'une grande profondeur. Lui aussi il se suicide en dans la nuit du 15 mars 1945.
Lien : http://livresdemalice.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
SPQRSPQR   26 décembre 2008
Les drogués sont des mystiques d'une époque matérialiste qui, n'ayant plus la force d'animer les choses et de les sublimer dans le sens du symbole, entreprennent sur elles un travail inverse de réduction et les usent et les rongent jusqu'à atteindre en elles un noyau de néant. On sacrifie à un symbolisme de l'ombre pour contrebattre un fétichisme de soleil qu'on déteste parce qu'il blesse des yeux fatigués.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
frikikofrikiko   13 mars 2011

Alain regarda Dubourg une dernière fois. Il y avait quelque chose de positif sur ce visage. Incroyable. Il eut encore une velléité.
- Dubourg, sortons ensemble ce soir. Nous téléphonerons à une amie de Lydia qui est assez belle.
Dubourg le regarda, en riant tranquillement.
- Non, ce soir j'écrirai deux ou trois pages sur mes Egyptiens, et je ferai l'amour avec Fanny. Je descends dans son silence comme dans un puits et au fond de ce puits, il y a un énorme soleil qui chauffe la terre.
- Abêtissez-vous.
- Je suis heureux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
sabinasabina   26 mars 2013
Le suicide, c'est le ressource des hommes dont le ressort a été rongé par la rouille, la rouille du quotidien. Ils sont nés pour l'action, mais ils ont retardés l'action; alors l'action revient sur eux en retour de bâton. Le suicide, c'est un acte, l'acte de ceux qui n'ont pu en accomplir d'autres.
Commenter  J’apprécie          171
oiseaulireoiseaulire   27 mai 2019
Non, lui, Dubourg, était pour cet effort difficile et modeste qui est l'humain, et qui cherche non pas la balance entre ces entités, le corporel et le spirituel, le rêve et l'action, mais le point de fusion où s'anéantissent ces vaines dissociations qui deviennent si aisément perverses. S'il étudiait les dieux anciens, ce n'était point par goût découragé du livresque, pour se dérober dans le passé, mais parce qu'il espérait nourrir de cette étude la recherche accordée aux inflexions de son époque, de cette éternelle sagesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Gwen85Gwen85   29 novembre 2012
La vie n'allait pas assez vite en moi, je l'accélère. La courbe mollissait, je la redresse. Je suis un homme. Je suis maître de ma peau, je le prouve.

Bien calé, la nuque à la pile d'oreillers, les pieds au bois du lit, bien arc-bouté. La poitrine en avant, nue, bien exposée. On sait où l'on a le coeur. Un revolver, c'est solide, c'est en acier. C'est un objet. Se heurter enfin à l'objet.
Commenter  J’apprécie          61

Videos de Pierre Drieu La Rochelle (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Drieu La Rochelle
Oslo, 31 août est un film (2011) dramatique norvégien co-écrit et réalisé par Joachim Trier d'après Le Feu follet de Pierre Drieu La Rochelle.
autres livres classés : suicideVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

la Promesse de l'aube de Romain Gary

En quel lieu Romain Gary a-t-il rédigé ces souvenirs?

Big Sur
Tanger
Bordighera
une île suédoise

10 questions
208 lecteurs ont répondu
Thème : Romain GaryCréer un quiz sur ce livre