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EAN : 9782070361526
185 pages
Gallimard (12/07/1972)
3.88/5   198 notes
Résumé :
Maintenant, il savait tout le prix de Dorothy. Au fond de lui-même, il croyait qu'il avait gardé un pouvoir sur elle et qu'il pouvait la reprendre, si enfin il s'en donnait la peine. Et il ne pouvait pas croire que l'émoi qu'il ressentait ne fût pas communicatif. Elle avait l'air si bon, sur cette photo. Sa bouche répétait ce que disaient les yeux : une tendresse timide. Ses seins frêles disaient encore la même chose, et sa peau qui fuyait sous ses doigts, ses mains... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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torpedo
  12 janvier 2022

Paris. 1931. Après avoir suivi une cure de désintoxication, Alain vit dans une maison de repos, entouré de neurasthéniques. Il n'a jamais travaillé et se procure auprès des femmes l'argent nécessaire pour se procurer de la drogue.
Nous le suivons pendant ses deux derniers jours.
Drieu La Rochelle nous dépeint un être solitaire veule, déçu par le monde qui l'entoure, et qui analyse parfaitement sa tendance à l'autodestruction. Il s'inspire largement de la vie de Jacques Rigaut, un dandy dadaïste. Ce livre a été adapté par Louis Malle en 1963, avec Maurice Ronnet dans le rôle principal.

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YvesParis
  21 mars 2013
De temps en temps, lassé de l'actualité littéraire dont je redoute que ses oeuvres quelque agréable qu'en soit la lecture, ne laisse pas une marque indélébile, je me fais violence pour lire un classique. le mois dernier, c'était Colette. ce mois-ci c'est Drieu la Rochelle. Quelle idée me direz-vous de choisir les auteurs les plus démodés qui soient !
J'avais lu "Gilles" il y a quelques années. Et j'en avais gardé le souvenir d'un interminable pensum. dans ces cas-là, pourquoi diable m'attaquer au "Feu follet" qui a certes l'avantage d'être plus court mais qui est de la même farine. La raison en est peut-être sa récente adaptation au cinéma par un réalisateur norvégien ("Oslo 31 août") cinquante ans après Louis Malle dont l'adaptation avec Maurice Ronet a fait date.
On y sent la fougue d'une vie brûlée par les deux bouts, aimantée par des pulsions suicidaires. le livre est plein d'une énergie débordante. Il rappelle "L'homme pressé" de Paul Morand.
Mais il est écrit dans un style totalement illisible de nos jours. Chaque phrase est définitive, assénée avec une lourdeur pachydermique et un manque affligeant d'humour. Ce court roman (170 pages en format poche seulement) raconte la dernière journée d'un suicidé à travers une série de rencontres. Autant de saynètes lourdement démonstratives où toutes les raisons de s'attacher à la vie sont tour à tour écartés : la fondation d'une famille, l'amour d'une femme, la réalisation d'une oeuvre ...
A masochiste, masochiste et demi, pour le mois prochain j'hésite entre André Maurois et Léon Bloy !
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oiseaulire
  28 mai 2019
Alain est victime d'une impuissance à vivre. Il est resté un enfant qui attend des autres qu'ils lui apportent le bonheur, des jouets, de l'argent, l'amour. Et lorsqu'on les lui présente sur un plateau, il fait une grimace de petit prince blasé. Il n'est doué pour rien et s'en fait un costume de dandy : à la fois arrogant, persifleur et veule, il souffre, et pas en silence. Et puis il se drogue, avec ostentation.
Il n'est pourtant pas si mal entouré, il a une belle gueule, des amis fidèles qui ont bien de la patience avec lui, on se demande pourquoi : on ne l'abandonne pas, on l'invite, on se charge de ce paquet toujours mécontent et persifleur. En pure perte, car il est brisé, définitivement. L'enfance de cet homme a dû être un vide immense, et ce vide-là, rien ne pourra le combler. Et il ne le veut pas non plus ; cela lui ôterait le seul rôle qu'il sache interpréter : celui du héros malheureux.
Les personnages de femmes de Drieu la Rochelle sont assez étranges : on dirait des plantes. Elles ne servent qu'à distribuer de l'argent et à être "clouées" sur un lit, sortes de poupées inarticulées sans véritable humanité. D'ailleurs elles ne sont pas amoureuses, non, "un homme les tient". Cette phrase, répétée à l'envie, résonne lugubrement comme le brame d'un cerf dépité. L'amour serait donc uniquement une affaire d'encadrement et de subordination comme le travail en usine ? De temps à autre fusent des affirmations insolites telles que : "Tu as été un vrai fétichiste comme le sont les femmes et les sauvages". Sans doute est-ce le charme de l'auteur que d'avoir de ces emballements que rien n'étaye, littérature n'est pas démonstration.
Le style est parfois lourd, encombré, maladroit. Mais la seconde moitié du roman est d' une concision et d'une poésie remarquables.
Un moment de lecture intéressant, irritant, émouvant. Pierre Drieu la Rochelle aurait pu être un grand auteur, ses obsessions l'ont entravé. Dommage.
J'ai préféré sur le même thème "Suicide" d'Edouard Levé.
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asdepiet
  01 janvier 2015
Véritable démonstration de style, Pierre Drieu la Rochelle touche ici de sa plume, le nerf. Avec le feu follet, il fait son entrée fracassante dans la sélection très fermée de mes écrivains préférés. Dans un style d'écriture d'un charisme évident, il place le lecteur dans l'étrangeté sombre et obscure de la crise existentiel d'Alain. Inutile d'écrire un roman monumental. le talent est souvent à l'origine de l'abstraction des longueurs inutiles. Drieu la Rochelle traite ici d'un sujet d'une extrême délicatesse en seulement 172 pages. Probablement l'élan du coeur d'un homme qui à quelque chose a dire. Une qualité très rare qui n'anime que les grand auteurs.
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Karenine75
  07 août 2017
Un chef d'oeuvre de l'art français du roman ! Interné dans une clinique pour une désintoxication, Alain s'échappe parfois à Paris retrouver une maitresse, un ami. La nuit, les femmes, l'argent, les drogués, les fêtes galantes des années 1920 devenues odieuses, les dîners en ville, et une obsession : le suicide. Il y a chez lui cette sensation terrible d'avoir atteint quelque chose l'inexprimable et de grossier à partir duquel tout devient atroce et surtout soi-même. Analyses denses et suggestions se succèdent au fil de moins de deux-cents pages pour former un texte bouleversant et magnifique. C'est aussi un éloge indirect de la jouissance de l'instant, de ceux et celles qui confondent la littérature et la vie. Pour moi, c'est une oeuvre absolument essentielle ! Il faut rappeler que Dieu La Rochelle, qui se suicida lui-même, a écrit ce court roman suite à la disparition de son ami, le poète Jacques Rigaut, qui se tira une balle en plein coeur.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
SPQRSPQR   26 décembre 2008
Les drogués sont des mystiques d'une époque matérialiste qui, n'ayant plus la force d'animer les choses et de les sublimer dans le sens du symbole, entreprennent sur elles un travail inverse de réduction et les usent et les rongent jusqu'à atteindre en elles un noyau de néant. On sacrifie à un symbolisme de l'ombre pour contrebattre un fétichisme de soleil qu'on déteste parce qu'il blesse des yeux fatigués.
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sabinasabina   26 mars 2013
Le suicide, c'est le ressource des hommes dont le ressort a été rongé par la rouille, la rouille du quotidien. Ils sont nés pour l'action, mais ils ont retardés l'action; alors l'action revient sur eux en retour de bâton. Le suicide, c'est un acte, l'acte de ceux qui n'ont pu en accomplir d'autres.
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frikikofrikiko   13 mars 2011

Alain regarda Dubourg une dernière fois. Il y avait quelque chose de positif sur ce visage. Incroyable. Il eut encore une velléité.
- Dubourg, sortons ensemble ce soir. Nous téléphonerons à une amie de Lydia qui est assez belle.
Dubourg le regarda, en riant tranquillement.
- Non, ce soir j'écrirai deux ou trois pages sur mes Egyptiens, et je ferai l'amour avec Fanny. Je descends dans son silence comme dans un puits et au fond de ce puits, il y a un énorme soleil qui chauffe la terre.
- Abêtissez-vous.
- Je suis heureux.
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torpedotorpedo   11 janvier 2022
Et, ayant atteint le point abstrait et illusoire de la désintoxication, c'est-à-dire n'absorbant plus du tout de drogue, il avait achevé de prendre conscience de ce que c'était que l'intoxication. Tandis qu'il semblait physiquement séparé de la drogue, tous les effets en demeuraient dans son être. La drogue avait changé la couleur de sa vie, et alors qu'elle semblait partie, cette couleur persistait. Tout ce que la drogue lui laissait de vie maintenant était imprégné de drogue et le ramenait à la drogue. Il ne pouvait faire un geste, prononcer une parole, aller dans un endroit, rencontrer quelqu'un sans qu'une association d'idées le ramenât à la drogue. Tous ses gestes revenaient à celui de se piquer (car il prenait de l'héroïne en solution) ; le son de sa voix même ne pouvait plus faire vibrer en lui que sa fatalité. Il avait été touché par la mort, la drogue c'était la mort. il ne pouvait pas de la mort revenir à la vie. Il ne pouvait que s'enfoncer dans la mort, donc reprendre de la drogue. Tel est le sophisme que la drogue inspire pour se justifier la rechute : je suis perdu, donc je puis me redroguer.
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torpedotorpedo   11 janvier 2022
Enfin, pendant un été où il n'avait pu se baigner, ni demeurer longtemps au grand air, il avait vu en pleine lumière les caractères véritables de la vie des drogués : elle est rangée, casanière, pantouflarde. Une petite existence de rentiers qui, les rideaux tirés, fuient aventures et difficultés. Un train-train de vieilles filles, unies dans une commune dévotion, chastes, aigres, papoteuses, et qui se détournent avec scandale quand on dit du mal de leur religion.
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Videos de Pierre Drieu La Rochelle (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Drieu La Rochelle
Vous nous l'avez réclamé… le libraire Gérard Collard l'a fait !!! Il vous présente sa sélection de livres « coups de coeur » sortis récemment… • • Journal de Edmond et Jules de Goncourt aux éditions Folio Classique https://www.lagriffenoire.com/1094523-romans-journal.html • La Loi des hommes de Wendall Utroi aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/1093339-romans-la-loi-des-hommes.html • Les Yeux d'Ava de Wendall Utroi aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1055214&id_rubrique=25 • La Chambre des dupes de Camille Pascal aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/1087392-romans-la-chambre-des-dupes.html • L'Été des quatre rois de Camille Pascal aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/1010668-romans-l-ete-des-quatre-rois.html • Prendre un enfant par la main de François-Xavier Dillard aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/1092811-romans-prendre-un-enfant-par-la-main.html • La fiancée américaine de Éric Dupont aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/24321-poche-la-fiancee-americaine.html • L'attaque du Calcutta-Darjeeling: Une enquête du capitaine Sam Wyndham de Abir Mukherjee et Fanchita Gonzalez-Batlle aux éditions Folio Policier https://www.lagriffenoire.com/1058224-divers-polar-l-attaque-du-calcutta-darjeeling---une-enquete-du-capitaine-sam-wyndham.html • Les princes de Sambalpur de Abir Mukherjee, Fanchita Gonzalez-Batlle aux éditions Folio Policier https://www.lagriffenoire.com/1094512-romans-les-princes-de-sambalpur---une-enquete-du-capitaine-sam-wyndham.html • Rêveuse bourgeoisie de Pierre Drieu la Rochelle aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/1000074-romans-reveuse-bourgeoisie.html • Une déflagration d'amour: Aimer une enfant, en sauver mille... de Tina Kieffer aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/1089424-poche-une-deflagration-d-amour.html • • • Commandez tous vos livres sur le site officiel de la Griffe Noire lagriffenoire.com • Retrouvez toutes nos vidéos conseils sur notre chaîne Youtube : GriffenoiretvGerardCollard • • Gérard Collard & Jean-Edgar Casel
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