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ISBN : 2070770222
Éditeur : Gallimard (15/02/2004)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 30 notes)
Résumé :

" Un jour, ils sont là. Un jour, sans aucun souci de l'heure. On ne sait pas d'où ils viennent, ni pourquoi ni comment ils sont entrés. Ils entrent toujours ainsi, à l'improviste et par effraction. Et cela sans faire de bruit, sans dégâts apparents. Ils ont une stupéfiante discrétion de passe-muraille. Ils : les personnages. " En vingt-cinq tableaux et deux nouvelles, Sylvie Germain évoque cette zone obscure o&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  25 octobre 2018
"Etre seule avec le livre non encore écrit, c'est être encore dans le premier sommeil de l'humanité. C'est ça.
C'est aussi être seule avec l'écriture encore en friche. C'est essayer de ne pas en mourir. C'est être seule dans un abri pendant la guerre. Mais sans prière, sans Dieu, sans pensée aucune. - Marguerite Duras "(p.89)
Je poursuis mes promenades buissonnières à travers cette très captivante collection , "L'Un et l'Autre"... dont ce texte très percutant de Sylvie germain sur la création littéraire. Cet ensemble de réflexions, d'interrogations, de ressentis personnels à cette romancière, sur la construction d'une fiction, l'élaboration de tel ou tel personnage...La Lecture, l'Ecriture et ses mystères... Un ouvrage très dense, construit en brefs chapitres et in-fine, d'une courte nouvelle mettant en scène un écrivain en lutte avec la naissance et l'apparition de tel ou tel personnage, lui apportant tourments ou plénitude..!!
"Car tout lecteur qui remarque un personnage, trouvant en lui matière à émotions, à rêverie ou à réflexions, lui refait don d'un peu de vie, si infime soit ce peu. Les personnages n'habitent qu'n apparence dans les
livres qui les ont délivrés de leurs limbes, ils n'aspirent qu'à s'en aller déambuler en tous sens, à transhumer d'un imaginaire à un autre, à visiter beaucoup de pays mentaux. Ils n'appartiennent pas à leur seul auteur,
mais à une communauté.
Ils n'appartiennent à personne. Ils attendent juste la chance d'être lus, pour exister davantage, et toujours autrement. "(p. 31)
Sylvie Germain nous parle de la création littéraire, de poésie, de la complexité de la Fiction, de l'imaginaire, richesses irrationnelles indomptables. Je n'ai pas lu chronologiquement ce livre mais en piochant
selon l'humeur, tel ou tel chapitre...en prenant le temps de savourer, d'assimiler les interrogations d'une romancière, décortiquant son univers et son travail d'"Ecrivant "; En alternant avec d'autres lectures. Elle nous parle aussi des auteurs qui l'interpellent et la touchent, dont Simone Weil, avec "La Pesanteur et la grâce", entre autres !
Cette fois, il me faut rapporter ce livre à la médiathèque , le rendre aux autres lecteurs !!...
"Le romancier, lorsqu'il écrit sous la pression intérieure d'un personnage lui réclamant sa part de mots, sa part de vie, s'aventure à fond dans ce double mouvement d'écriture/lecture aussi opposé que complémentaire, et qui le rend aussi passif qu'inventif. C'est pourquoi il ne peut "bien" lire
(entendre, comprendre, interpréter) ce que semble vouloir dire le personnage qui le taraude qu'en écrivant : c'est le geste d'écrire, fût-ce à tâtons sur une feuille d'une blancheur à première vue stérile,
décourageante, voir écoeurante, qui dispense progressivement au romancier (mais à un rythme souvent discontinu) un peu de clarté, des brins de sens, lui ouvre des pistes. le geste d'écrire est toujours geste
de délivrance." (p. 37)
Une vraie pépite à lire, et relire... nous éclairant très finement sur le travail si subtil et difficile à cerner du "Romancier"... tout en ajoutant des analyses sur la Lecture, sur la participation active et agissante de tout lecteur , qui a aussi sa part de 'transformation" du texte!
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Piatka
  03 décembre 2015
« Nous sommes des personnages…nous voulons une vie textuelle !
Nous sommes des personnages…nous voulons chair et esprit ! »
Une manif de personnages en quête d'existence littéraire, c'est un peu ce que m'inspirent les vingt-cinq déambulations proposées par ce court essai autour des personnages. Ils s'imposent sans raison apparente, prennent racine dans la fiction, et du magma créatif passe à la réalité écrite, puis lue.
Imaginez un peu le rififi dans la cervelle d'un écrivain face à la page blanche ou l'écran vierge. Désarroi, amertume, exaltation, euphorie, tout se mélange au coeur de la création ; car d'où viennent-ils finalement, comment s'incarnent-ils tous ces héros qui peuplent le monde si particulier de la littérature ?
C'est ce qu'en 120 pages, Sylvie Germain décortique avec humour et références à l'appui, d'un ton direct et très personnel à la fois, livrant des fragments de sa vérité face à l'écriture.
J'ai trouvé cet ouvrage passionnant, d'autant plus qu'il est illustré pour conclure par deux « esquisses en marge » très originales, deux exemples de la difficile capture du personnage par l'écrivain qui doit réussir à « donner une carnation aux mots ».
Tout sauf une gestation évidente, mais quel talent pour nous y associer, nous les lecteurs !
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si-bemol
  27 novembre 2018
Les personnages sont un élément essentiel de la construction romanesque, et la réussite d'une oeuvre – ou son échec – dépend pour partie des qualités de leur élaboration.
Mais qui sont-ils ces êtres fantomatiques ? de quels lieux mystérieux du songe, de la mémoire, de la conscience ou de l'imaginaire sont-elles natives, ces créatures de papier ? Serait-il possible qu'ils aient, ces personnages, une vie propre, indépendante de la volonté de l'écrivain à qui, tout à coup, ils s'imposent au travers de la magie de l'écriture qui les amène à la vie ? Et que viennent-ils nous révéler de nous-mêmes, écrivains ou simples lecteurs, ces personnages qui « naissent d'un rapt commis là-bas, aux confins de notre imaginaire où, furtivement, dérivent des rêves en archipel, des éclats de souvenirs et des bribes de pensée. Et (qui) savent des choses dont nous ne savons rien » ?
Dans ce très bel essai d'une centaine de pages, Sylvain Germain explore – par le biais de la thématique des personnages de la fiction – tout l'espace de la création littéraire, de l'imagination créatrice et du travail de l'écriture. C'est intelligent, c'est passionnant, c'est – comme toujours avec cet écrivain – superbement écrit, inspiré, érudit et puissant. Et c'est un réel bonheur de lecture. Je me suis régalée !
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andras
  03 décembre 2018
« A peine né à notre conscience, chaque personnage souhaite naître de nouveau, – autrement. Il veut naître au langage, s'y déployer, y respirer.S'y exprimer. Il veut avoir une vie textuelle. Doué d'une patience minérale, ce mendiant silencieux attend de recevoir une aumône qu'il estime lui être due. »
Ce court extrait qui figure dans les premières pages du livre nous donne une idée de la force poétique qu'y déploie Sylvie Germain. Tout au long de court essai, elle essaiera, forte de son expérience de romancière, de nous initier aux mystères du geste d'écrire. Qu'est-ce au fond que "faire vivre des personnages" ? de quelle chair sont-ils fait ? Quel rapport entretiennent-ils avec l'auteur et avec le lecteur ? Alchimie singulière que nous fait découvrir l'auteure avec un talent rare, à la frontière entre philosophie et poésie. A la fin du livre, deux courtes nouvelles viendront donner une incarnation aux aphorismes de l'essai. Superbe !
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Unecomete
  30 mars 2012
"Un jour ils sont là. Un jour, sans aucun souci de l'heure.
On ne sait pas d'où ils viennent, ni pourquoi ni comment ils sont entrés. Ils entrent toujours ainsi, à l'improviste et par effraction. Et cela sans faire de bruit, sans dégâts apparents. Ils ont une stupéfiante discrétion de passe-muraille.
Ils : les personnages".
C'est par ces mots que commence cet essai de Sylvie Germain. On pourrait discuter le terme d'essai, mais ce texte est de toute façon difficilement qualifiable. Essai, réflexion poétique, recueil de fragments sur le processus de création avec comme clef de voûte le personnage... ou tout ça à la fois. Ce n'est pas très important.
Ce qui l'est, en revanche, c'est le choc que j'ai reçu en le lisant. Je ne vous mens pas. Je me suis dit des choses comme« cette Sylvie Germain est une grande... elle a tout compris... », tout capté de ceux qu'elle appelle « les suppliants muets », (comme dans la tragédie grecque, le suppliant est celui qui vient, envoie des signes. le personnage aussi. Il ne dit rien. Se manifeste en silence ), « dormeurs clandestins » qui sommeillent dans nos têtes, émergent de nos songes pour réclamer de vivre par l'écriture...
« [Le personnage] veut naître au langage, s'y déployer, y respirer. S'y exprimer» écrit Sylvie Germain. C'est vrai et c'est magnifique.
J'écris. Modestement mais j'écris. Et je trouve passionnant de créer un personnage, de le sentir monter en soi tout doucement, silhouette floue qui devient corps... Il est d'abord de dos,« avance masqué », plein de promesse et du bonheur d'écrire à venir... mais ce n'est pas si simple. ça fait souvent mal. Celui qui écrit est maso, on le sait bien. Il recommencera malgré la douleur.
Le personnage est le meilleur ami de l'écrivain mais aussi son pire ennemi.
il se dérobe, s'échappe, et s'il consent à se laisser saisir, c'est pour obliger l'écrivain à se remettre en question. Eh non, il ne sera pas celui qu'il aurait dû être. Tout le contraire peut-être. Il bouscule nos certitudes et notre façon d'écrire. La création d'un personnage est fluctuante, incertaine.
Elle est magique.
Elle dit tout cela, Sylvie Germain, dans une langue d'une grande beauté. Elle dit tout de la joie d'écrire et de la souffrance de la plume tarie, de l'amour et de la colère qu'on peut ressentir envers ce « fort rebelle » qui nous intime l'ordre de fouiller en nous, en profondeur, pour le faire naître. le personnage nous force à nous découvrir. Ecrivons et voyons ce qui se passe... Pour lui et pour nous.
Je trouve ça palpitant. Une expérience à nulle autre pareille.
Il faut lire ce merveilleux petit ouvrage, exigeant parfois, mais indispensable pour toute personne aimant l'écriture, ou simplement intéressé par le travail de création. Cerise sur le gâteau, Sylvie Germain illustre et conclut son propos par deux très belles nouvelles.
Vraiment un régal.
"Il y a de la douceur dans la visite impromptue d'un personnage - celle de la possibilité d'une histoire à découvrir, d'une surprise, donc.
Il a y éveil de la curiosité, relance du désir de se colleter avec son propre imaginaire, avec sa langue. Il y a de la jubilation dans la perspective de partir, ou de repartir à l'aventure dans les géographies aussi vastes qu'accidentées du langage. Il y a quelque chose de l'émoi et de l'allégresse au tout début d'une rencontre amoureuse. On ne sait pas où l'on va, mais on a une folle envie d'y foncer.
Il y a une obscure volupté dans ce jeu de séduction. le personnage ne s'offre t-il pas en nourriture? Tiens, mange !"Mange mon image, croque la promesse littéraire que je suis, déguste les mots exquis dont je suis imprégné, savoure le sens dont je suis chargé..." semble traîtreusement suggérer le personnage.
Et puis, c'est aussi un formidable soulagement (...) On entrevoit quelques beaux jours d'encre devant soi. Alors on avale avec avidité le personnage qui s'avance masqué en promesse de jouissance d'écriture."
Lien : http://bgarnis.canalblog.com/
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   29 novembre 2015
Tout romancier sait bien que les personnages sont doués d'une étrange autonomie, qu'ils sont des mendiants fantasques, et que leur désobéissance chronique n'est pas un simple caprice mais qu'elle obéit à des "lois" aussi obscures et dynamiques que celles qui régissent toute personnalité. Tout romancier sait qu'il n'est pas "le maître dans la maison" de son imaginaire, maison foutraque ouverte à tous les vents de l'inconscient, sujette à des flux et des reflux d'images, à des séismes, à des feux, à des éclipses.
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fanfanouche24fanfanouche24   24 octobre 2018
Nous écririons donc toujours à partir d'une faille, à la fois intime et commune à tous les humains; intime et anonyme.
Et même dans les sociétés où l'écriture n'a pas cours, on procède à une tra-duction de cette fissure secrète (...) selon des codes d'inscription propres à chaque communauté, on s'ingénie, de génération en génération, à "capter" cette fêlure enfouie au plus obscur du corps humain(...)
Dans ces société, la peau humaine tient lieu de toile, de papier, d'écriteau, et aussi de surface à graver. on l'orne de peintures, de signes, on l'enlumine de tatouages, on y sculpte des scarifications, des mouchetures, on y enchasse des éclats de pierre, d'os ou de métal, on en ôte des lamelles, des lambeaux, en l'excisant. Chaque corps offre à lire sa peau nue, calligraphiée- sa peau-parchemin-, et cette lecture est autant visuelle que tactile (...) (p. 52-53)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 octobre 2018
Car tout lecteur qui remarque un personnage, trouvant en lui matière à émotions, à rêverie ou à réflexions, lui refait don d'un peu de vie, si infime soit ce peu. Les personnages n'habitent qu'n apparence dans les livres qui les ont délivrés de leurs limbes, ils n'aspirent qu'à s'en aller déambuler en tous sens, à transhumer d'un imaginaire à un autre, à visiter beaucoup de pays mentaux. Ils n'appartiennent pas à leur seul auteur, mais à une communauté.

Ils n'appartiennent à personne. Ils attendent juste la chance d'être lus, pour exister davantage, et toujours autrement. (p. 31)
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fanfanouche24fanfanouche24   25 octobre 2018
Le romancier, lorsqu'il écrit sous la pression intérieure d'un personnage lui réclamant sa part de mots, sa part de vie, s'aventure à fond dans ce double mouvement d'écriture/lecture aussi opposé que complémentaire, et qui le rend aussi passif qu'inventif. C'est pourquoi il ne peut "bien" lire (entendre, comprendre, interpréter) ce que semble vouloir dire le personnage qui le taraude qu'en écrivant : c'est le geste d'écrire, fût-ce à tâtons sur une feuille d'une blancheur à première vue stérile, décourageante, voir écoeurante, qui dispense progressivement au romancier (mais à un rythme souvent discontinu) un peu de clarté, des brins de sens, lui ouvre des pistes. Le geste d'écrire est toujours geste de délivrance. (p. 37)
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fanfanouche24fanfanouche24   30 septembre 2018
Personne, ou presque, ne peut affirmer qu'il sait lire juste. La pesanteur qui nous leste tous est telle qu'elle opacifie notre regard de taies, le balise d'œillères. il faudrait s'être délivré de toute vélléité de jugement pour parvenir à lire les autres avec justesse, et ainsi leur rendre justice.

Le romancier n'échappe pas aux lois de la pesanteur, néanmoins il doit tenter de les tenir à distance, de jouer avec elles avec agilité afin de ne pas enfermer dans un carcan ses personnages qui s'offrent comme des chances de vivifier sa capacité de lecture des autres, de la vie, en se laissant surprendre, bousculer au besoin. (p. 35)
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Videos de Sylvie Germain (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvie Germain
La peur de l'échec vous paralyse et vous empêche d'avancer ? Un peu de courage ! C'est dans "Le vent reprend ses tours" de Sylvie Germain que l'on en puise, comme nous le prouvent Héloïse Goy et Tatiana Lenté, autrices du livre "Bibliothérapie" paru aux éditions Hachette Pratique.
En savoir plus sur "Bibliothérapie : 500 livres qui réenchantent la vie" ? http://bit.ly/Bibliotherapie-500-livres
>Littérature : généralités>Biographie littéraire>Textes présentant des caractères particuliers (148)
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