AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070358786
272 pages
Éditeur : Gallimard (25/08/2008)
3.61/5   84 notes
Résumé :
" Nous marchons, suivies par la foule, têtes rasées parmi les décombres de l'avenue janvier, de la rue Saint-Hélier dévastée, criblée de béances et d'immeubles en ruine, pendant des semaines c'étaient des gravats enchevêtrés de poutres, de meubles brisés, chambres, cuisines, salles à manger réduites en poussière, éclats de verre, j'imagine que c'était comme ça, tout est déblayé et vide maintenant, je trébuche sur des souvenirs que je n'ai pas, les bombardements ont ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
3,61

sur 84 notes

Melancoly
  13 septembre 2020
Le poids de la faute commise dans les bras de l'ennemi
le poids de l'infamie dans le regard d'autrui
la violente condamnation en place publique, crane rasé et marquage à jamais, croix gammée sur le sein tatouée
une petite fille, née de cet amour interdit, et le malheur doublement perpétué
différents chemins de vie proposés, envisagés, le champ des possible exploré
une histoire palpitante, tout en souffrance ....et espérance.
Commenter  J’apprécie          284
ASAI
  12 août 2020
Encore un très beau roman de Valentine Goby, la talentueuse Valentine Goby.
Ici, elle aborde le sujet des enfants (et de leur mère française) nés de pères allemands sous l'Occupation. On connaît - malheureusement - l'épisode infect de la tonte et des humiliations abjectes subies par ces femmes à la Libération.
L'approche de Valentine Goby est originale, terriblement sensible, majestueusement humaine. En effet, si la première partie du roman se situe pendant l'occupation et rappelle les conditions de vie des paysannes bretonnes faites bonnes à tout faire et pose l'histoire d'amour, la deuxième partie se situe après la guerre et se place du point de vue de l'enfant qui, à l'inverse de tous les autres enfants qui cachaient leur origine, clame, revendique sa naissance et ainsi sa liberté.
Cette quête d'identité et de liberté est lumineuse, l'écriture est magnifique.
Bouleversant.
Commenter  J’apprécie          130
Charybde2
  28 janvier 2014
Musique et amour interdit en France occupée, en 1941, pour modeler l'ensemble de deux vies.
Publié en 2007 chez Gallimard, le quatrième roman de Valentine Goby confirmait, après "La note sensible" en 2002, le pouvoir de la musique sur les vies, et développait avec force une capacité rare à mettre en scène des personnages aux prises avec le malheur que leur impose L Histoire avec un grand H ou un monde qui les englobe et les dépasse, mais qu'il faudra bien élucider.
Paysanne bretonne de quinze ans en 1940, Madeleine fait chaque semaine le trajet en vélo entre sa campagne et Rennes, où elle travaille comme femme de chambre dans le grand hôtel élu comme demeure par les officiers allemands occupants. Elle va vivre une intense histoire d'amour avec l'un d'eux, pianiste virtuose quarantenaire qui lui révèle la puissance de la musique, avant que l'arthrose ne le prive de ses mains géniales et ne l'envoie, désespéré, se faire exécuter par ses compatriotes sur le front de l'Est après un geste final de bravade pacifiste. Enceinte et bientôt mère d'une petite Anna, Madeleine devra affronter à la Libération la vengeance, l'humiliation, la tonte, le tatouage indélébile d'une croix gammée sur le sein, et entamer une fuite perpétuelle, de poste en poste dans toute la France - pourvu que ce soit loin de sa Bretagne natale où les fantômes et l'opprobre sont plus forts pour elle -, tentant de préserver sa fille du mieux qu'elle peut, jusqu'à une éventuelle renaissance, forgée dans le service inlassable à bord d'un paquebot transatlantique, renaissance que Valentine Goby nous trace soigneusement sous forme d'options finales, spéculant sur l'issue de cette vie tôt déchirée.
Sujet poignant, qui s'exposerait à la fois au risque de mièvrerie et à celui de mélodramatisation, s'il n'était ici servi par une écriture nerveuse, dure, coupant dans le malheur avec férocité, exerçant un regard clinique sur les accidents de cette vie, chassant d'abord toute tendresse pour la laisser ré-émerger très patiemment, et tardivement, après avoir saisi et malmené les corps en jeu.
Un roman très attachant qui annonce déjà par bien des aspects la maîtrise et la force décuplée des suivants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
denisarnoud
  11 février 2014
Pendant l'occupation, Madeleine, jeune paysanne, travaille à Rennes dans un hôtel comme femme de chambre. L'Hôtel des Ducs loge les officiers allemands. Un jour arrive Joseph Schimmer un pianiste de talent blessé à la guerre et chargé de divertir les soldats allemands. Il demande à Madeleine de devenir son assistante, sa tourneuse de pages. Madeleine ne connaît pas la musique et Joseph va lui faire découvrir son monde, il va lui faire voir la musique.
le week-end, Madeleine rentre à Moermel, chez ses parents. Ses parents tiennent une épicerie. A la campagne, elle tient de temps en temps compagnie à Bérénice, une simple d'esprit chez qui elle trouve une statue lui ressemblant mais pas complètement avec son nom inscrit dessus. La jeune femme se demande de qui elle est la représentation. Madeleine hait la campagne symbolisée pour elle par le sillon de l'habitude. Ce sillon que l'on suit mais dont il est impossible de sortir. Elle rêve d'une autre vie et notamment de voir la mer
Très vite une relation amoureuse s'engage entre les deux héros. Un amour interdit avec l'occupant. Une très belle scène nous les montre se promenant ensemble dans la ville mais chacun sur son trottoir. Un jour en rentrant à l'hôtel, Madeleine apprend qu'elle doit partir pour Saint Malo pour devenir la tourneuse de page d'une pianiste. On apprend plus tard qu'elle ne reverra pas le pianiste qui ne peut plus jouer suite à des douleurs à la main. Mais Madeleine est enceinte, elle part se cacher dans un couvent. L'histoire s'accélère on retrouve Madeleine à la libération, tondue et objet de la vindicte populaire pour son histoire d'amour interdite.
" Les lames claquent contre ma nuque, mes tympans, mes tempes, coupent ma peau par inadvertance, me pincent , je saigne, rabotent ma tête, ma mère taillait mes hanches, mes seins, mes fesses, me fabriquait un corps cylindre empaqueté sous robe moche. L'homme qui me scalpe maintenant achève de me transformer en moignon"
Valentine Goby nous propose un roman très fort sur la cruauté humaine, l'amour interdit et la recherche d'identité. Un roman magnifiquement écrit ou les descriptions des paysages sont le miroir des sentiments de l'héroïne. le description de la ville de Rennes dévastée à la libération reflétant la propre dévastation de Madeleine. Un roman très fort.
Lien : http://leslecturesduhibou.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
meelly
  16 août 2012
Madeleine est une jeune bretonne de seize ans. Elle partage son quotidien entre son village natal Moermel qu'elle rejoint chaque fin de semaine pour y retrouver ses parents qui tiennent l'épicerie du village ; et Rennes, la capitale bretonne dans laquelle elle travaille comme femme de chambre à l'Hôtel des Ducs. Nous sommes en 1940, et le destin va mettre sur son chemin un officier de la Wehrmarcht, virtuose du piano. Il s'appelle Joseph Schimmer, il va la choisir comme tourneuse de pages. Madeleine ne connaît rien à la musique, mais elle accepte et une relation très forte se noue entre eux. Lorsqu'il la quitte pour partir en tournée, Madeleine a peur qu'il ne revienne pas. Et ses pires craintes vont se faire jour : Joseph ne revient pas, abandonnant Madeleine, et, mais il ne le sait pas, l'enfant qu'elle porte. À la libération il ne fait pas bon avoir « frayé avec l'ennemi » et Madeleine va subir l'humiliation de la tonte sur la place publique. Dès lors, elle n'aura de cesse de fuir avec sa petite fille Anne. À la recherche de sa vraie mère, à la recherche de son identité...
MON AVIS : Ce livre est d'une beauté et d'une violence à couper le souffle. Valentine Goby possède une écriture particulière : ses mots claquent, percutent, incisent. Elle ne nous cache rien des tourments de Madeleine, de ses pensées. le climat des années d'occupation et le Rennes de l'époque (ma ville !) sont particulièrement bien dépeints. Tellement bien, qu'à la lecture de ce récit, je n'ai eu aucun mal à me transposer dans cette histoire et à me demander quel comportement aurait été le mien au cours de cette sombre période.
La violence est partout dans cette histoire, elle est dans les gestes, dans les mots. Elle s'incruste jusque dans l'incarnation même de la petite Anne puisque' elle est pour Madeleine une réminiscence perpétuelle de ce qui est considéré comme un crime par les français de l'époque, plus encore que la croix gammée qui lui a été tatouée sur le sein. Lorsqu'elle voit sa fille, il est impossible pour Madeleine d'oublier qu'elle a commis l'irréparable, l'inavouable : avoir aimé un allemand. L'ambivalence de Madeleine qui aime et déteste à la fois sa fille m'a paru cruelle et bouleversante.
Mais ce que j'ai aimé par-dessus tout dans ce livre c'est qu'il n'y a pas que ce lien de filiation qui unit Madeleine et Anne, il y a aussi cette quête d'identité, obsessionnelle, omniprésente. Valentine Goby, en offrant trois scénarios de fins possibles, propose au lecteur différentes réponses à cette quête, et j'ai trouvé cette ouverture particulièrement intéressante : chaque lecteur peut alors choisir quel point final il souhaite mettre à cette histoire en fonction de ce qu'il est, de ce qu'il a vécu. Un très joli roman à lire pour ne pas oublier.
Lien : http://www.meellylit.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MelancolyMelancoly   12 septembre 2020
Pendant dix ans, dans chaque nouvelle classe, le premier jour, Anne Lanel informera l'institutrice qu'elle voudrait porter le nom d'Anne Schimmer, qu'elle prononcera "chimère", à la française, sans comprendre ce mot dans sa propre langue, et ignorant que, dans l'autre, il signifie "lueur"; Anne Schimmer, du nom de son père allemand, qui n'a pas eu le temps de la reconnaître. Un silence saluera d'abord son audace auréolée d'une blondeur extrême, bouclée jusqu'au bas des reins. Puis elle paiera. Partout, des orphelins de guerre, pupilles de la nation, des enfants de déportés, de Juifs gazés par familles entières. Des tonnes de chagrin et de haine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
MelancolyMelancoly   11 septembre 2020
Après les camps, après moi, on n'osera plus couper les cheveux des garçons, c'est impossible, on laissera leurs poux plutôt que de leur imposer une figure de martyr, ou une gueule de bourreau. Personne ne voudra ressembler à ça, à moi, à cette photographie qui paraîtra dans Ouest-France demain et me fera horreur : ma tête en trois exemplaires, de face, de profil, et de dos, impossible à relier au genre féminin ou masculin. La légende, au dessous, sera reprise dans toute la presse ; "Leçon d'hygiène patriotique."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
VALENTYNEVALENTYNE   28 juillet 2016
Madeleine remonte l’écharpe sur son nez. La voiture les dépasse. La bicyclette tangue à travers la nuée âcre. Des étendues sépia défilent sous le tintement continu de la sonnette. Champs cuivre, ciel jaune, arbres dorés. Sillons. Par un effet d’optique ils pivotent sur leur axe, et tournent comme un disque, semblables aux rayons de la bicyclette, sur cent quatre-vingt degrés.
À cause de ces sillons, il y a eu Anatole. Germain. Frédéric. Les après-midi dans la grange, les récits d’histoires réelles et rêvées, de baisers, de caresses pas permises qui réjouissaient le prêtre dans l’ombre du confessionnal.
….
À cause des milliers de sillons étirés jusqu’à l’horizon.
Sans eux, leur tristesse plate, Madeleine ne se serait pas attachée à Bérénice, la sourde-muette, à son morceau de solitude à l’autre bout de la commune au milieu de ces douze chats. Bérénice ne ressemble à personne. La petite maison qu’elle habite n’est pas une vraie maison. Les murs s’effondrent parmi les ronces, les mauvaises herbes, envahis de lierre, de lichen, de mousse. Une fois par an, la vieille y jette à toute volée des poignée de graines de pavot, qui éclosent d’un coup en fleurs palpitantes et rouges. On la voit souvent assise sur une pierre, au milieu du jardin en friche, les yeux dans les vagues, minérale sous sa blouse grise, sa peau grise, ses cheveux blancs. Les chats se frottent contre elle. Se glissent sous ses coudes, entre ses jambes, s’étirent sur ses genoux. Bérénice vit ici depuis soixante-dix ans. Son père ferrait les chevaux de ferme. On ne lui connait pas de mère, pas de frère, pas de sœur. Elle n’a pas de métier, pas de langue, même des signes, pas d’argent. Plus jeune, elle effrayait les habitants de Moermel, perchée jour et nuit dans les arbres, les mains serrées contre la bouche, hululant comme les oiseaux de proie. On l’appelait la Chouette. Il y a vingt ans son père est mort. Tout de suite, les habitants de Moermel ont nourri Bérénice. Elle trouve devant le portail le fruit de leur superstition : viande, légumes, biscuits selon les jours, des vêtements usagés, des images pieuses. Ils la croient sorcière, à cause des bustes qu’elle sculpte dans la terre et qui portent leurs noms, tracés à la pointe d’un couteau, alors qu’elle n’est jamais entrée dans une école.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Lea25Lea25   28 avril 2013
Pas de bateau à l'horizon, ni gros ni frêle. Sur la mer de Satie, pas un bruit. Pas de cris d'enfants, pas de baigneurs, pas de machines. Le vol souple, solitaire, d'un ou deux oiseaux blancs, comme on en voit sur les cartes postales. On est seul sur le rivage, entre l'eau et le ciel. [..] Le piano n'a pas de frontières.
Commenter  J’apprécie          130
VALENTYNEVALENTYNE   12 août 2016
D’autres bicyclettes convergent vers Moermel, déversées par des routes adjacentes, des gens de la ville avec leurs paniers vides, leurs cabas, leurs vêtements à larges poches où vont s’engouffrer des lapins morts, des légumes, du beurre que les fermiers, à l’intérieur des maisons, évaluent déjà au prix fort. Dans dix minutes Madeleine entrera à l’épicerie. Un carillon clair accompagnera le tremblement de la porte. Sa mère, en écharpe et mitaines, lèvera la tête de son tricot.
– Tiens, tu es là ?
Elle aura fait chauffer la lessiveuse, Madeleine n’aura plus qu’à y jeter son uniforme. La chemise s’affaissera lentement, stagnera un instant à la surface puis, chargée d’eau, se laissera recouvrir par le bouillon laiteux. Madeleine tournera le bâton dans la lessiveuse. Longtemps, jusqu’à ce que sa vue se brouille. Un voile gris comme l’eau de lessive se répandra partout, du sol au plafond et dans les limbes de son cerveau, abolira sa pensée, elle ne sera attachée qu’à ce geste, tourner, jusqu’à ce qu’elle cède à la lourdeur de l’air, comme sa chemise sous le poids de l’eau. Avant cela, le père aura exigé un baiser, elle se sera exécutée le plus gentiment possible. Elle lui remettra l’argent de la semaine, il lui aura réservé la même friandise, un carré de chocolat ou une meringue sableuse. Il faudra préparer le repas. Sa mère nouera son tablier puis, le plus souvent, allumera la TSF. Elle a refusé de livrer la TSF, bien qu’elle ne l’écoute qu’une heure le soir, comme d’autres ont caché leurs vieux fusils de chasse ou mutilé les chevaux réquisitionnés, simplement parce qu’ils sont à eux. Madeleine et la mère pèleront les légumes, invitant Charles Trenet, Tino Rossi, ou Maurice Chevalier dans leur silence. Madeleine en éprouvera un soulagement en même temps qu’une légère déception. Les épluchures seront très fines, on ne gâche rien. Elles s’enrouleront autour des lames, serpentins orange, verts, blancs, presque translucides qu’on laissera aux lapins tout à l’heure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Valentine Goby (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valentine Goby
Une web série originale pour s'immerger dans l'univers intime des créatrices et créateurs de littérature jeunesse.
Avec Valentine Goby, autrice de L'anguille (Thierry Magnier), titre sélectionné pour les Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse - France Télévisions.
La pause Kibookin est une production du Salon du livre et de la presse jeunesse avec le soutien de la Sofia et du Centre Français d'exploitation du droit de Copie.
autres livres classés : seconde guerre mondialeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Une preuve d'amour

Pourquoi les éleves croient-ils que Fantine est une mère horrible ?

Parce que elle se vend au homme
Parce que elle pas sa fille

8 questions
8 lecteurs ont répondu
Thème : Une preuve d'amour de Valentine GobyCréer un quiz sur ce livre

.. ..