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ISBN : 284990435X
Éditeur : Editions des Equateurs (04/02/2016)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Un récit de voyage magnifique sur les traces de Napoléon et du Colonel Chabert à Eylau. Qu'est-ce que la victoire ? Qu'est-ce que la défaite ? Comme Napoléon a pris conscience de sa vulnérabilité et de ses limites lors de cette sanglante bataille d'Eylau, Jean-Paul Kauffmann a laissé une part de lui-même au "royaume des ombres". Eylau c'est la rencontre paroxystique de l'Histoire et de la géographie. Une bataille napoléonienne qui a lieu le 8 février 1807 contre l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
brumaire
  15 février 2017
J'ai aimé le dernier livre de Jean-Paul Kauffmann. L'embarras à écrire une critique un tant soit peu intelligente sur le sujet n'en est que plus certain. Dans quelle case déposer ce livre ? Reportage ? Histoire napoléonienne ? Voyage ? essai moral et politique ? la requête est vaine ; ce livre n'entre pas dans une catégorie spécifique, comme son auteur . le journaliste Kauffmann est frère des Tesson, Rolin,Chatwin,Lacarrière, leur propos n'est pas uniquement d'étonner le pékin avec des enfilades de kilomètres parcourus comme un peu les Poussin l'avaient fait dans Africa Trek (au demeurant extraordinaire odyssée), leur propos c'est aussi de convoquer l'histoire. Géographie ET histoire, le couple infernal qu'affectionne Regis Debray pour expliquer le monde. Et aussi littérature. Car Kauffmann comme les autres est cultivé. Sylvain Tesson nous abreuve du journal de Jünger et Jean-Paul Kauffmann est un exégète du Colonel Chabert. N'y voyez aucune malice ; c'est bien l'ancien colonel de cavalerie présumé mort à Eylau , le héros De Balzac qui va servir de fil rouge à ce livre.
Tout commence en février ...1807. Eylau une bataille, un carnage ; victoire pour les français mais aussi revendiquée comme telle par les russes. En 2007 pour les commémorations de la bataille Jean-Paul Kauffmann et sa famille rejoignent Kaliningrad distante de quarante kilomètres du champ de bataille. Kaliningrad c'est l'ancienne Koeningsberg, la ville prussienne de Kant annexée par les russes en 1945. Staline a expulsé les allemands et les a remplacé par une population majoritairement slave. C'est l'outre-mer de la Russie sauf qu'ici ce qui sépare l'enclave (l'oblast) de la mère- patrie c'est de la terre. Enclavée entre la Lituanie et la Pologne ce ne peut-être qu'un territoire outre-terre. Et nous voilà revenu au colonel Chabert, revenu lui aussi d'outre-terre pour demander des comptes neuf ans après. Et pendant que nous y sommes l'auteur ne serait-il pas lui aussi revenu d'un "outre-terre" ? car la blessure est là, toujours présente : les trois ans de captivité passées au Liban dans les années 1980.
Vous avez compris que ce livre est à lire sur plusieurs niveaux. Les quêtes de Jean-Paul sont à la fois historiques et tout à fait personnelles. D'où aussi un aspect rhapsodique dans la succession des chapitres. D'une savante digression sur la cavalerie napoléonienne on passe à un séjour à La Bastide-Murat (village natal de Murat), puis a une relation aigre-douce avec un "fâcheux" : un français qui a fait le voyage pour les commémorations . Tout cela soupoudré de considérations bienvenues sur la ville de Kaliningrad. Et toujours comme leitmotiv le colonel Chabert, le tableau de Jean-Baptiste Gros (Napoléon 1er sur le champ de bataille d'Eylau-Le Louvre) dont Kauffmann a scruté chaque détail, et aussi ce foutu clocher qu'on voit dans le tableau et dans lequel l'auteur aimerait tant monter pour embrasser tout le champ de bataille. Et dans lequel il ne montera pas. L'église luthérienne désaffectée qui le porte est une enclave privée. Elle fait partie d'un conglomérat qui fabrique des vitrines réfrigérées. Ainsi se termine abruptement (il nous en a tellement parlé de ce clocher qu'on pense qu'il va y a aller malgré les gardes et l'aspect vétuste ! ), un des meilleurs livres lus depuis un semestre.
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ivredelivres
  06 mars 2016
J'avais déjà activement participé à la retraite de Russie avec Sylvain Tesson aussi ai-je décidé de prolonger l'expérience et me voilà partie sur le champ de bataille d'Eylau avec Jean-Paul Kauffmann pour guide.
Il a une famille qui l'aime cet homme, jusqu'à accepter de partir en plein hiver à Eylau, enfin pardon plutôt à Kaliningrad, enfin ce qui autrefois s'appelait Königsberg, faut dire que sur ces terres là rien n'est simple.
Notre auteur qui a beaucoup lu sur la bataille d'Eylau, une bataille un peu inverse à la Bérézina, nous en avons fait une victoire alors que ce qui fut la plus grande charge de cavalerie de l'histoire derrière le plumet de Murat, elle fut tellement terrible que pour la première fois on utilisa le mot de boucherie.
JP Kauffmann est un rien obsédé par les lieux, il s'y est déjà rendu, il faut dire que ce territoire est bizarrement coincé entre Pologne et Lituanie mais qu'il est Russe !
En 2007 les russes ont décidé de fêter leur victoire avec reconstitution et tout le tralala, comme c'est aussi la nôtre de victoire la famille Kauffmann au grand complet fait le voyage.
C'est l'hiver, le confort des hôtels ...c'est pas tout à fait ça, mais la guide est sympa et c'est l'occasion de croiser des personnages que l'on croirait sortis d'un roman.
L'auteur fait vite notre éducation historique avec moults rappels : les poèmes de Victor Hugo, oui oui il n'a pas écrit que Waterloo, les mémoires du Capitaine Coignet et celles de Bagration le général russe, puis bien sûr une grosse touche De Balzac. La famille râle un peu mais finit par se prendre au jeu, et JP Kauffmann lui jubile, cherche, veut tout voir, veut entrer partout, se faire un point de vue, comprendre ce qui se passa ce jour du 8 février 1807 où Napoléon faillit perdre la bataille qu'il fit ensuite immortalisée par le peintre de l'empire : Antoine-Jean Gros.
Pas facile car comme le dit l'auteur « Malgré toutes les phosphorescences du souvenir et les ensorcellements de la littérature, l'articulation entre le passé et le présent restera toujours une illusion » mais il s'acharne jusqu'à tenter de monter dans le clocher de l'église que l'on voit sur le tableau de la bataille.

Cette balade hivernale m'a plu mais disons le mieux vaut ne pas être rebuté par le brouillard, le givre, la neige. Je ne suis pas fan des batailles mais ici JP Kauffmann fait entendre sa petite musique et elle je l'aime bien, j'aime son côté rêveur perdu dans l'immensité de la plaine, amateur de reconstitutions avec les bonnets à poils et tenues de l'époque.


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kathel
  05 avril 2017
Jean-Paul Kauffmann a eu l'idée de se rendre en Prusse-Orientale, près de Kaliningrad, et d'établir le récit de ce voyage à l'occasion du bicentenaire de la bataille napoléonienne d'Eylau, deux siècles auparavant. Une victoire de Napoléon, mais avec d'énormes pertes humaines, qui l'auraient plutôt apparentée à une lourde défaite. La Prusse-Orientale, enclave russe enserrée entre la Pologne et la Lituanie, l'intéresse aussi par sa situation géographique aussi compliquée que l'est son histoire.
J'ai noté de nombreux passages et citations intéressantes, il faut admettre que l'auteur arrive bien à exprimer sa passion pour la bataille d'Eylau, avec les touches d'humour et de distance qui le caractérisent, mais si je compare avec Remonter la Marne, la narration m'a semblé plus erratique, moins linéaire… pour une rivière, c'était plus facile de suivre le fil que dans ce cas !
J'ai aimé qu'il s'agisse d'un voyage familial, d'une occasion originale pour l'auteur et sa femme de voyager avec leurs deux fils adultes. J'ai aimé la description de la Prusse Orientale, de l'hiver dans cette région méconnue, j'ai aimé les portraits de fans de l'empereur, qui reconstituent avec ferveur des batailles et des actions napoléoniennes… J'ai aimé aussi les tableaux de la bataille, commandés par Napoléon à différents peintres, insérés dans le livre, mais tout ce qui a trait à la bataille elle-même, à l'aspect géostratégique des choses, m'a laissée un peu en plan, j'ai lu quelques pages sans réussir à me représenter les choses, les forces en présence, leur situation sur le terrain, les mouvements, attaques et replis. Par contre, l'image de la terre enneigée assombrie par le sang, par les monceaux de corps de chevaux et de soldats des deux camps, est vraiment saisissante.
Comme dans Remonter la Marne, l'auteur fait preuve, mais de façon agréable et non pesante, de son érudition, citant tel historien, tel auteur, revenant de nombreuses fois sur Balzac et son colonel Chabert qui s'était illustré à la bataille d'Eylau, y était mort, et pourtant ressurgit dix ans plus tard pour réclamer sa fortune. Les pensées de l'auteur sur la guerre, celle d'autrefois, celle d'aujourd'hui, donnent aussi matière à réflexion.
Mon avis n'est donc pas totalement enthousiaste à propos de ce récit, mais de nombreux lecteurs y trouveront sans nul doute une manière agréable, aussi solidement documentée qu'écrite de manière enjouée, de parfaire leurs connaissances !
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Flodopas78
  20 juillet 2016
Outre-Terre, ainsi l'auteur dénomme-t-il ce territoire, grand comme l'Ile de France, donné aux russes à l'issu de la seconde guerre mondiale comme compensation pour les pertes encourues. Appelée Kaliningrad par Staline, cette enclave russe, séparée de la mère patrie par les Pays baltes, se situait en Prusse Orientale. Königsberg en était la ville principale. C'est là que naquit et vécut Kant. C'est sur ce territoire qu'a eu lieu la bataille d'Eylau le 8 février 1807, choc frontal entre deux armées qui laissèrent enfouis dans la boue des milliers de cadavres. Cette terrible bataille qui sombra dans la mémoire nationale marque le début de la fin pour Napoléon. Cet épisode sanglant fut la matrice du Colonel Chabert de Balzac.
Jean-Paul Kauffmann se rend en famille sur le site d'Eylau pour le 200ème anniversaire de la bataille. Il réussit à rendre l'atmosphère post-communiste de Kaliningrad où le passé prussien se mêle subrepticement à la ville russifiée. A ses réflexions lors de ses déambulations dans la ville et sur le champ de bataille, s'ajoutent des descriptions magistrales de la bataille d'Eylau qu'il parvient à faire revivre sous nos yeux. Dans la plaine envahie par la neige et le brouillard s'affrontent deux immenses armées. Napoléon se tient au pied de l'église, seul édifice bâti sur une colline. de son poste d'observation, il assiste impuissant au désastre imminent. Seule la charge héroïque de Murat sauve l'armée française de la catastrophe. L'arrivée tant attendue de Ney permet à l'empereur de remporter la victoire mais à quel prix. En relatant cet épisode charnière de l'histoire napoléonienne, l'auteur rend hommage à tous ces hommes entassés par brouettées entières dans des charniers anonymes, sacrifiés au bon plaisir des puissants, assoiffés de gloire et de puissance.
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lecteurbretonetplus
  15 août 2016
Décidément, Jean-Paul Kauffmann ne fait pas dans la facilité ! Quand il veut remonter une rivière, il choisit la Marne, qui n'est pas, a priori, très attractive. Et en fait une formidable livre, Remonter la Marne (Fayard – 2013). Quand il part en vacances avec femme et enfants, il va en plein hiver à Kaliningrad, enclave russe aux confins de la Lituanie. La raison d'un tel voyage : assister à la célébration du deux-centième anniversaire de la bataille d'Eylau qui a opposé les troupes françaises aux troupes russes, bataille surtout connue comme une épouvantable boucherie et une improbable victoire de Napoléon 1er. Son souvenir a été entretenu par Balzac avec le Colonel Chabert et le tableau peint par le baron Gros à la gloire de l'Empereur qui retient l'attention des visiteurs du Louvre, ne serait-ce que pour sa taille.
Avec Outre-Terre (ce titre sonne d'emblée aux confins du monde connu, aux confins de la vie et de la mort), Kauffman a écrit un livre dense, partant dans de multiples directions, entre analyse historique, reportage d'actualité, chronique familiale, leçon de stratégie militaire, étude picturale. C'est parfois touffu, toujours passionnant. J'ai terminé ce livre éberlué qu'on ait pu m'intéresser à au moins deux sujets qui m'indiffèrent d'habitude, les guerres napoléoniennes, et Kaliningrad, l'ancienne Koenigsberg qui a été allemande jusqu'à la défaite de Hitler et cédée à Staline en 1945, devenue un avant-poste de la stratégie de l'actuelle Russie face à l'Europe.
De ces lieux plutôt lugubres, de cet épisode presque oublié de l'épopée napoléonienne, l'auteur en tire une réflexion passionnante sur l'articulation du passé et du présent qui « restera toujours une illusion. On peut inventer des images, en combiner de nouvelles, l'emboîtement de l'imagination à ce qui fut ne s'ajustera jamais vraiment. Ce n'est pas faute d'essayer. Certains enchanteurs y parviennent, mais on ne sort pas du miroir magique, pas très éloigné au fond des tables tournantes.» (page 92). D'autant que, dans ce livre, se superposent plusieurs représentations : les écrits et témoignages de ceux qui y ont survécu, le tableau du baron Gros, tout entier plein d'un message politique, les festivités pour le bicentenaire de cette bataille organisées par les Russes, qui n'ont, bien sûr, pas la même lecture de l'événement. Tout ceci sur ce petit bout de terre à l'histoire brouillée. Ce ne sont pas les mannes de Kant, qui n'a jamais quitté cette ville, qui vont aider à y voir plus clair. Kauffman chemine entre ces représentations, pour en saisir autant les discordances que la cohérence.
Dans cet un écheveau indémêlable, Kauffman s'attache particulièrement au clocher de l'église que l'on voit à l'horizon sur le tableau de Gros. Cette église-sémaphore, selon ses propres termes, le fascine jusqu'au vertige, comme s'il apercevait Kim Novak qui se jette dans le vide dans Vertigo, le film d'Hitchcock. Cette église devenue église-usine, « sorte de stupa au coeur duquel est enfermée la signification d'Eylau. Elle est devenue la ligne de visée de ce voyage » (page 115). Pour y découvrir quoi ?
En plus de ses recherches historiques sur le déroulement de la bataille, de sa démarche personnelle pour tenter de toucher un part de la vérité historique, et de juger de la qualité de ses commémorations, Jean-Paul Kauffman met en scène aussi son voyage familial avec son épouse, Joëlle, et ses deux fils, aussi intrigués que goguenards sur la finalité de ce voyage. Faut-il qu'il ait été convaincant pour les emmener en plein hiver dans cette contrée froide et sombre, si ce n'est la blancheur de la neige. Que sont-ils venus chercher ? L'impossibilité de connaitre la signification profonde d'un évènement, fut-il autant commenté que cette bataille ? Une expérience commune d'une sorte de bonheur que le vivre-ensemble familial peut faire sourdre, après tout, malgré tout ?
Ce livre ne peut pas éviter, après bien des chemins de traverse, le drame fondamental de Jean-Paul Kauffmann : sa captivité au Liban pendant trois ans. Comme Chabert revenu des morts de la bataille d'Eylau, Kauffmann est revenu des camps où il a été isolé pendant trois ans. « C'est dans l'attente de la perte totale que j'ai appris à vivre en m'accrochant désespérément aux traces, aux empreintes de la mémoire heureuse. Il avait suffi de peu pour que tout cela soit enseveli. Aussi suis-je devenu chasseur de traces. » (page 185).
Outre-Terre me fait penser au livre de Emmanuel Carrère, le Royaume (P.O.L), avec cette façon de mélanger les genres entre l'enquête historique approfondie et le récit personnel. Il y a un autre point commun qui n'est pas des moindres. Comme Carrère qui terminait son livre par « Je ne sais pas », Kauffmann termine le sien sur l'impossibilité de percer le secret du clocher de l'église. Les deux auteurs, à la suite de leurs recherches très approfondies, débouchent sur des interrogations, des remises en question. En évitant toute affirmation qui prendrait une allure de dogme, ils allument un puissant contrefeu contre toute pensée totalitaire, en dénonçant le mythe de LA vérité, qu'elle soit historique ou religieuse ou personnelle …
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Les critiques presse (2)
LeFigaro   26 février 2016
Jean-Paul Kauffmann revient en famille sur les lieux de la bataille, à la recherche des fantômes d'Eylau.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   24 février 2016
Outre-terre est surtout un texte passionnant, une confidence partagée où le murmure de l'histoire a recouvert le fracas de la bataille.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   11 mars 2017
Les inflexions, les roulés, la manière d'articuler la langue russe me font parfois penser à l'italien avec toutefois une intonation plus âpre. Avec sa façon de mouiller les consonnes, le parler russe ne manque pourtant pas de douceur même s'il ne possède pas le soyeux incomparable de la langue de Dante. Je bois les paroles de Pantchenko que je ne comprends pas ou plutôt si, je les devine : nous, Russes, avons gagné, ils ont perdu. Je ne me lasse pas d'entendre ce parler à la fois si gracieux et si rêche. Une façon de hausser la voix et de la baisser brusquement sur la syllabe du dernier mot. Dans son phrasé à la fois sourd et sonore, cette langue détient quelque chose d'éloquent et d'indocile qui tranche avec le timbre et l'intensité de la prononciation anglo-américaine, sonore, nasillarde, une manière de relâcher les voyelles. En écoutant Pantchenko, j'ai l'impression que le russe se parle pleinement de la bouche et des lèvres ; l'anglo-américain, lui, se déploie parcimonieusement comme si on avait le nez bouché.
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OlivOliv   10 mars 2017
Au lendemain de la bataille d'Eylau, encore sonné, l'Empereur prendra le temps d'adresser un billet à Maria : "Tu es trop loin de moi. Aime-moi, ma douce Marie et aie foi en ton N." À cet instant, il a besoin d'un être aimant auprès de qui s'épancher.
L'a-t-il aimée, cette Maria Walewska ? À Sainte-Hélène, il révèlera n'avoir jamais aimé d'amour : "Sauf peut-être Joséphine, un peu et encore parce que j'avais vingt-sept ans." À Longwood, il confiera aussi qu'il reprochait à son frère Joseph de "jouir de tout", ajoutant : "Vous aimez les femmes. Je n'y pense guère." Une autre fois, il fera cette constatation : "L'amour n'existe pas réellement. C'est un sentiment factice né de la société." Napoléon ne fut jamais un voluptueux : "Bah ! les femmes !... Quand on n'y pense pas, on n'en a pas besoin", confessera-t-il à Gourgaud.
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fabricelfabricel   16 mars 2016
"Chabert, ce n'est que de la littérature. J'ai essayé de le lire : ça m'est tombé des mains ! Vous vous rendez compte, il revient neuf ans après. Ca ne tient pas debout ! Moi, je ne lis que de l'histoire et des bios."
Le Colonel Chabert n'est que de la littérature. Ce mépris contemporain pour tout ce qui se rapporte à la faculté de comprendre, de connaître, d'aimer que procure l'oeuvre écrite et un usage particulier du langage ! Inutilité de tout cela. Ainsi le Colonel Chabert lui tombe des mains !
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fabricelfabricel   06 mars 2016
Il faut imaginer tous ces soldats qui ont faim et froid en cette aube livide du 8 février. Les pays est inhospitalier. Ont-ils peur ? Songent-ils à leur fin, loin de leur patrie ? A ceux qui périront ? Aucun témoignage ne fait état de cette angoisse et de ces maux de ventre d'avant le combat, pas plus à Eylau d'ailleurs que dans les autres batailles napoléoniennes.
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brumairebrumaire   15 février 2017
Cet attrait pour les fantômes de l'Histoire, je l'ai toujours ressenti comme une expérience du temps, indice de ma propre insignifiance et de notre fragilité humaine.Symptôme aussi d'un vide qu'aucun subterfuge ne saurait transformer en présence. Preuve d'une perte irréparable entre le passé et nous. J'ai mis longtemps à comprendre que le passé n'était pas un refuge. Il ne me console aucunement de la médiocrité d'aujourd'hui. C'est la mise en absence qui m'émeut , le signe irrémédiable qu'il manquera toujours quelque chose. Seuls des personnages de roman comme le colonel Chabert parviennent à combler le vide. Ce qui est sauvé à jamais de cette journée, c'est lui, le colonel de la Garde donné pour mort. Increvable. Pour toujours sain et sauf. Tout le monde a disparu. Il est l'éternel présent. Remuant, vigoureux, immortel.
(page 122).
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Videos de Jean-Paul Kauffmann (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Paul Kauffmann
Jean-Paul Kauffmann - Outre-terre, le voyage à Eylau .Jean-Paul Kauffmann vous présente son ouvrage "Outre-terre, le voyage à Eylau" aux éditions des Equateurs. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/kauffmann-jean-paul-outre-terre-voyage-eylau-9782849904350.html Notes de musique : Leelo (Part 1) by The Ghost Of 29 Megacycles. Free Music Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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