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EAN : 9782246861676
336 pages
Grasset (09/03/2016)
  Existe en édition audio
3.81/5   185 notes
Résumé :
En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l’Académie française depuis 1634, Amin Maalouf ne retrace pas seulement cette «généalogie en partie fictive» dont parlait son prédécesseur Lévi-Strauss ; il nous fait revivre de manière charnelle, incarnée, quatre siècles d’histoire de France. Si «un roman est un miroir que l’on promène le long d’un chemin», selon le mot de Stendhal, le roman de la France que nous re... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
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Erveine
  17 juillet 2016
Un fauteuil sur la Seine, c'est mieux qu'un bateau-mouche, pour recevoir une écriture fluviale en eau douce et des effluves au ras du nez. Amin Maalouf ne s'assied pas inconséquemment pour occuper le 29e fauteuil de l'Académie Française. Non ! comme il sied, il fait un discours, mais plus avant. Il signe son entrée par un regard/hommage envers chacun des occupants l'ayant précédé. Et je serais bien en mal de vous dire lequel j'ai préféré, de ces hommes pensants et engageant leur voix pour le meilleur ou pour le pire, avec ambition ou pas, certains même à leur détriment, mais en parfaite harmonie avec eux-mêmes. Je les ai tous aimés, en vérité, pour leur force ou pour leur engagement, pour leurs convictions d'hommes et parce que chacun revêt un attrait particulier que l'auteur a su mettre en exergue. C'est cela me dis-je alors, la force de l'écrit quand il passionne son lecteur. Quatre siècles d'histoire et je n'ai pas vu le temps passer…
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paroles
  10 janvier 2022
C'est parce qu'il a été élu (en 2011) à l'Académie française qu'Amin Maalouf s'est interrogé sur ses prédécesseurs depuis 1634. Qui avait bien pu occuper son siège, le 29e fauteuil, avant lui ? S'il en est quelques-uns dont les noms nous sont restés, il faut bien reconnaître que nombre d'entre eux ne sont pas restés immortels dans notre mémoire.
C'est donc la liste chronologique de ces fameux locataires que l'auteur va nous énoncer en invoquant tous les hauts faits historiques de la France en rapport avec ceux-ci. Mais avant, il nous racontera la genèse de cette Académie, non pas créée par Richelieu, mais plutôt institutionnalisée par lui.
De l'Histoire donc, mais aussi des histoires de susceptibilité, de sympathie, de jalousie. On a beau être immortel, on en reste pas moins homme avec tout ce que cela comporte de défauts comme de qualités. Et de respect aussi, bien retranscrit ici par les mots d'Amin Maalouf.
Parmi ces dix-huit prédécesseurs, certains m'ont étonnée comme François de Callières (1645-1717), diplomate et pacifiste dans l'âme, dont l'ouvrage « De la manière de négocier avec les souverains » a trouvé son véritable lectorat lors de la Première guerre mondiale. Ou encore le premier scientifique élu, Pierre Flourens (1794-1867), physiologiste et un des pionniers pour la recherche sur le cerveau.
Certaines anecdotes ont également retenu mon attention comme la manière dont Voltaire fut accueilli lors de son retour par le peuple de Paris, véritable ovation populaire avant l'heure. Ou celle du Sieur Giguet, véritable ami, et prêt à tout pour sauver la tête de son ami Joseph Michaud (1767-1839 ; pamphlétaire sous la Révolution mais aussi historien des croisades), comme inviter à dîner les gendarmes qui l'escortent vers le tribunal.
Autre anecdote intéressante, l'histoire des statuts mêmes de l'Académie qui au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ne pouvaient plus être appliqués tant il manquait de membres (morts, partis à l'étranger, en fuite, en prison ou à l'article de la mort) pour voter et renouveler l'assemblée. Sans parler de l'exclusion de Pétain, élu en 1929, mais non remplacé avant son décès.
Une lecture enrichissante qui permet de parcourir l'histoire autrement, face à la Seine, sous la Coupole, et installé(e) sur un prestigieux fauteuil.
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Fleitour
  15 novembre 2017
Quatre siècles d'histoire, il fallait les avaler, d'autant que la quatrième de couverture m'invitait à la fronde, à moins d'être boulimique, cette dégustation ressemblait à un repas de la IVème république avec 4 poissons puis 4 viandes.
Quel chef, ! Monsieur Amin Maalouf nous a préparé un menu étoilé à la Gagnère en nous épargnant le digestif, à savoir sa propre montée des marches vers l'éternité !
Des plats imposés, 18 impétrants à se succéder par le menu, les uns accompagnés de leur mentor, les autres arborant fièrement leurs origines, leur millésime, leur l'intelligence ou leur bouquet de rimes ou de prose.
Monsieur l'académicien Me Amin Maalouf, ne s'est pas posé sur un fauteuil au bord de la Seine, pour raconter de mémoire ce qu'il savait de ces immortels. Retroussant ses manches il arpenta toutes les bibliothèques susceptibles de le renseigner sur la qualité des récipiendaires.
Ce récit est magnifique, authentique, vrai, du bio, ou du moins du biographique, plein de finesses, de tendresse pour leurs défauts, de l'ironie pour ce qu'ils ont cru être leur panthéon, un florilège de l'esprit français.
On devine que l'ultime préoccupation de l'auteur est de montrer l'apport de chaque personnalité à la culture, la réussite de cette quête on la trouve dans ce mélange de tempéraments qui entremêle le cardinal de Fleury à Claris de Florient qui goûta à la prison, de Ernest Renan à Paul Chalmel l'amoureux discret, de André Siegfried l'orateur à Henry de Montherlant le toréador tourmenté.,
Amin Maalouf brosse un tableau singulier de notre langue avec ses multiples apports de personnalités du monde des arts des lettres ou des sciences.
On sera surpris par les diverses éruditions, ainsi réunies dans cette géologie académique, et le nombre de sciences nouvelles crées par ces artistes du verbe français ; la médecine expérimentale avec Claude Bernard, l'histoire des religions et la vie de Jésus avec Ernest Renan, l'anthropologie sociale avec Claude Lévi-Strauss, la biographie comme science avec Joseph Michaud, la physiologie et l'humanisme avec Pierre Flourens, de la manière de négocier avec François de Carrière.
François de Carrière s'est éteint en 1717 à 70 ans, ayant tardivement publié son ouvrage  "de la Manière de Négocier", car il attendait la mort de son maître Louis X1V ! Son texte et sa personne de tardèrent pas à sombrer dans l'oubli.
C'est 200 ans plus tard en 1917 que son texte entame une lente résurrection.
C'est un anglais sir Ernest Satow qui publia en 1917 un guide pratique se référant chapitre après chapitre à l'ouvrage de François de Carrière décrit comme une mine de sagesse politique.
On sait par exemple que Thomas Jefferson avait lu et admiré l'ouvrage de Carrière dont il gardait un exemplaire en permanence dans sa bibliothèque
Ainsi, l'art de négocier n'est pas une science, mais bien un art enseigné à Harvard, et l'auteur devenant ironie de l'histoire l'apôtre de la persuasion, pour l'inventeur du softpower, sa carrière est maintenant assurée, il a de nos jours un succès fou..
C'est le voeu que je forme pour Mr Amin Maalouf, puisse ce texte devenir un art, l'art d'accommoder les talents de nos ancêtres.
Cette première est une réussite littéraire, un hommage à l'esprit français cher à Molière, à le fontaine, à Molière et à Hugo.
A noter que le développement sur François de Carrière est personnel et subjectif.
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dido600
  03 juillet 2016
C'est une formidable plongée, comme seul sait le faire Amin Maalouf, dans l'histoire de France.
On lui doit "Léon l'Africain", "Samarcande", "Origines", "Le Rocher de Tanios", "Le périple de Baldassard" ou "Les désorientés", autant de voyage dans l'histoire de la Méditerranée, mais ce nouveau roman, Amin Maalouf passe à la loupe une tout autre histoire, celle du fauteuil numéro 29 de l'Académie française qu'il occupe lui-même depuis 2011.
Dans "Un fauteuil sur la Seine, quatre siècle d'histoire de France", Amin Maalouf nous livre l'histoire des 18 hommes de lettres qui ont occupé ce fameux fauteuil numéro 29. L'auteur a lui-même succédé à Claude-Levis Strauss, un éminent anthropologue en juin 2011. Il est le 19e occupant de ce siège D'où alors cette remontée dans les siècles et la vie de ces hommes. En vue de la préparation de son discours d'investiture, Amin Maalouf s'est intéressé à ses prédécesseurs. Leur vie, leur écriture. La quête s'avéra vite riche en surprises et découvertes pour l'auteur. C'est ainsi qu'il nous offre à livre de passionnantes histoires dans lesquelles il fait partager à ses lecteurs anecdotes et événements importants. Aussi, pour les amateurs d'histoire des hommes et des affaires politiques, il est parfaitement indiqué à la lecture tant Amin Maalouf a fait un formidable travail de recherche qui permet au lecteur de redécouvrir sous un autre visage nombre de noms connus. On y trouve les conflits et cabales pour faire trébucher Corneille, Voltaire ou Victor Hugo, la querelle du Cid, le pouvoir des rois et cardinaux, les intrigues de couloirs, les histoires d'amour et autres coups bas qui ont émaillé la vie politique et intellectuelle de cette longue période.
Tout commence donc en 1634 avec le premier occupant du fauteuil, nommé Pierre Bardin qui se noya dans la Seine 14 mois seulement après son investiture en tant qu'académicien. Cependant ce n'est pas Pierre Bardin le fondateur de la compagnie, car celle-ci a été créée en 1629 par un groupe d'individus amoureux des lettres. Valentin Conrart, jeune écrivain a créé avec un groupe d'amis un cercle littéraire. Ils avaient l'habitude de se retrouver pour échanger sur toutes sortes de sujets, affaires, lettres et nouvelles. de fil en aiguille, les rencontres de ce cercle d'amis arrivent à l'oreille du cardinal de Richelieu. le cercle prend de l'ampleur et devient une institution officielle à partir de 1634.
A partir d'un simple fauteuil de l'Académie française, Amin Maalouf convoque l'histoire de France et tresse le parcours de nombreux personnages, et nous redonne à lire quelques événements ayant marqué ce pays comme la Commune de Paris, la guerre de 1870, etc. le tout avec une plume alerte, truculente et pleine de vivacité
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BrunoA
  01 janvier 2018
La tradition veut que tout entrant à L Académie Française prononce, dans son discours d'admission, le panégyrique de son prédécesseur.
Amin Maalouf, qui occupe le 29ème siège de la prestigieuse académie, n'a pas échappé à la règle.
Mais ce brillant auteur a choisi de retracer le parcours de chacun de ceux qui occupèrent ce 29ème siège depuis la tout premier d'entre eux, au XVIIème Siècle.
On traverse ainsi trois siècles entiers, jusqu'à l'aube du XXIème et on y découvre des auteurs demeurés célèbres autant que certains aujourd'hui totalement oubliés.
Certains nous ont malgré tout légué des expressions connues ou une oeuvre dont subsistent des bribes.
On y retrouve aussi d'illustres personnages, tel Ernest Renan ou Claude Lévi-Strauss, dont le plus modeste demeure l'auteur lui-même.
Ce recueil est un moment bien agréable où on découvre une foule de détails.
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critiques presse (1)
Culturebox   23 mars 2016
L'écrivain franco-libanais nous dit à sa façon qu'il est aussi le produit de cette Histoire, de cette effervescence intellectuelle qui rayonne un peu partout dans le monde, comme un merci à ce pays qui lui est cher.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
JeannepeJeannepe   21 mars 2018
Ce sont, toutefois les premières phrases du discours qui restèrent dans la mémoire du public rassemblé sous la Coupole ce jour-là, le jeudi 3 décembre 1840. On s’attendait à ce que le nouvel académicien répondit, d’une manière ou d’une autre, au tollé insultant qui avait accueilli son élection face à Victor Hugo ; mais Flourens ne s’était pas contenté de justifier sa présence à l’Académie française. En quelques paragraphes brefs, il avait su rendre compte d’un véritable phénomène de civilisation. S’élevant au-dessus des querelles entre « classiques » et « romantiques », entre républicains, bonapartistes, orléanistes ou légitimistes, et au-dessus des inévitables conflits de personnes, il avait rappelé à ses confrères qu’un monde nouveau était en train de naître, dans lequel la science, son esprit, ses méthodes et ses applications allaient jouer un rôle déterminant. Et pas uniquement dans les domaines du savoir ou de l’enseignement ; en France, comme en Angleterre, comme dans d’autres pays, la généralisation des machines allait produire de nouvelles relations entre les hommes, de nouvelles doctrines politiques et philosophiques, transformant à la fois l’existence matérielle et la vie intellectuelle de la population entière.
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parolesparoles   10 janvier 2022
Cette Compagnie, qu’est-elle, Messieurs, si ce n’est une grande leçon de liberté, puisque ici, toutes les opinions politiques, philosophiques, religieuses, littéraires, toutes les leçons de comprendre la vie, tous les genres de talent, tous les mérites, s’assoient côte à côte avec un droit égal ?
Extrait du discours d’Ernest Renan le 3 avril 1879.
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FleitourFleitour   19 novembre 2017
Une fois passé le moment de frayeur, on s'est rendu compte que le fonctionnement du corps, et même celui du cerveau, n'affectait ni positivement ni négativement les croyances religieuses
Ernest Renan
p 204
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letilleulletilleul   20 mars 2016
Le premier occupant du fauteuil n'y resta pas longtemps. Reçu en mars 1634, il se noya dans la Seine quatorze mois plus tard, ce qui lui vaut le triste privilège d'être le premier "immortel" a mourir.
Pierre Bardin est aujourd'hui oublié.
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claudeparisclaudeparis   07 avril 2016
Ceux qui parviennent à préserver leurs textes sacrés de toute critique historique ou scientifique ne font que conduire leur civilisation vers le dessèchement et la rigidité ; il a fallu que l'Eglise soit débarrassée, contre son gré, de ses propres rigidités mentales, pour qu'en Occident, la foi puisse commencer à coexister avec la science, le progrès, la liberté.
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Videos de Amin Maalouf (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amin Maalouf
Extrait du livre audio "Les identités meurtrières" d'Amin Maalouf lu par Cyril Romoli. Parution numérique le 25 mai 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/les-identites-meurtrieres-9791035408930/
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