AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 208070396X
Éditeur : Flammarion (28/01/1993)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Agostino, un adolescent de treize ans, passe de merveilleuses vacances sur une plage avec sa mère à qui il voue une passion aussi intense qu'innocente.
La rencontre de celle-ci et d'un jeune homme auquel elle est loin d'être insensible met un terme brutal à ce parfait bonheur : Agostino découvre avec un étonnement douloureux que sa mère est aussi une femme et non cette déesse qu'il imaginait. Alors commence pour le jeune garçon une période de troubles, de tou... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  17 février 2017
La curiosité littéraire nous entraîne parfois dans des domaines que nous aurions mieux fait d'éviter. C'est ce qui m'est arrivé avec ‘Agostino'. Je me doutais que le style de Moravia ne me correspondait pas, j'ai tout de même voulu vérifier. Et certes son écriture est belle. Mais ça ne fait qu'empirer les choses. Car le contraste n'en est que plus violent entre la forme et le fond.
C'est avec une précision et une rigueur méticuleuse qu'il s'attache à décrire l'adolescence dans tout ce qu'elle peut avoir de plus malsain et de plus tordu. La fascination du héros pour sa mère, qui peu à peu se transforme en attirance sexuelle. Sa relation avec la bande de mauvais garçons, auxquels il sert de souffre-douleur, et que pourtant il s'obstine à fréquenter avec délectation. Sa balade seul en barque avec ce qu'on nommerait aujourd'hui un pédophile, et auquel il récite des poèmes pour calmer ses appétits…
Il est sûr qu'en ce qui me concerne, j'ai toujours considéré l'adolescence comme une période particulièrement moche. Mais il y a façon et façon de présenter les choses, et mettre autant de sérieux à décrire des situations aussi malsaines me dépasse. Je comprends qu'on ait envie d'explorer l'âme humaine, y compris ces parties-là ; mais pour moi, elles m'attirent autant qu'une friche industrielle polluée au PCB. Un domaine qui a aussi ses amateurs, du reste.
L'un des très rares livres que je n'ai pas réussi à terminer, et le seul qui soit tombé directement de mes mains dans la poubelle, après avoir tenté sans succès de le recaser à droite ou à gauche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Herve-Lionel
  31 mai 2018
La Feuille Volante n° 1249
Agostino - Alberto Moravia – Flammarion.
Traduit de l'italien par Marie Canavaggia.
Agostino, c'est un garçon de 13 ans, seul en vacances sur une plage d'été avec sa mère, une belle et riche veuve… Cela fait monter chez lui un sentiment de fierté et de bonheur d'avoir une jolie femme rien que pour lui. Il est normal qu'à cet âge il voit sa mère comme une véritable déesse déshumanisée, pure et idéale devant ses yeux d'enfant. Mais si un homme, inconnu vient s'insinuer dans cette relation filiale, avec sa complicité à elle, il n'en faut pas davantage pour le perturber. Elle est certes sa mère mais aussi une femme jeune, jolie, désirable et sensuelle, que ne rebute pas une passade d'été. S'imaginait-il qu'elle devait restée fidèle à la mémoire de son mari mort ou s'occuper jusqu'à l'étouffer de son fils naïf ? Pour exorciser cette prise de conscience, provoquée peut-être aussi par un gifle maternelle, il se rapproche d'une bande de vauriens, fils de pêcheurs pauvres avec qui il n'a rien de commun et qui l'humilient, ce qui ne va pas arranger ses désillusions. Leur relation, bien qu'éphémère, sera toujours emprunte de malentendus, Agostino. souhaitant s'identifier à eux alors qu'ils le rejettent comme un étranger. Nous savons que les enfants entre eux ne se font pas de cadeaux et c'est sans doute leur façon d'aborder cette vie qui ne leur en fera pas non plus, et lui, le gosse de riche, devient rapidement leur tête de Turc. C'est la sortie de l'enfance, cette période le plus souvent perturbée où l'on prend conscience des ses erreurs, avec peut-être l'intuition de ce que sera la suite. Moravia, comme c'est souvent le cas dans son oeuvre, fait appel à la mémoire pour évoquer cette période où l'on perd son innocence, parfois brutalement, et où nos yeux s'ouvrent sur le monde qui nous entoure. Agostino, enfant vivant dans une sorte de bulle, aura donc, et sur un court laps de temps, la révélation de ce qu'est l'argent, la violence, le sexe, la sensualité, le vice, l'hypocrisie, la méchanceté, bref la vraie image des gens et de la société, bien loin de ce qu'il imaginait. Ce sera donc pour lui l'été des initiations désastreuses, une véritable chute.
C'est que pour Agostino, le désenchantement ne s'arrête pas là, il comprend aussi qu'il devra attendre et souffrir pour accéder à cette condition d'homme à laquelle il aspire. Sa volonté de quitter prématurément ce séjour de vacances est révélateur comme l'est cette envie subite de mourir dans la barque, pleine de ses copains obscènes, qui le ramène sur la plage. Dans cette Italie marquée par le catholicisme et la culpabilité judéo-chrétienne, je vois dans l'innocence de cet enfant, une sorte de « péché originel », dont il a hérité avec la vie. C'est une faute qu'il veut se faire pardonner, celle d'avoir cru que le monde autour de lui était idyllique à la mesure de ses convictions personnelles et la violence avec laquelle tout cela s'effondre a une dimension rédemptrice. Dans le même contexte, il peut aussi être vu comme un être chassé brutalement de ce « paradis terrestre » de son enfance. Pour lui sa mère ne sera plus cet être idéal et désincarné qu'il avait rêvé, mais une femme désireuse de profiter de la vie et de ses plaisirs. Pour autant, il n'en a pas fini avec les désillusions et la vie se chargera de lui donner d'autres leçons et achèvera de le corrompre. Personnellement, je ne sais ce qui, au bout du compte, en résultera, s'il choisira de se couler dans le moule du plus grand nombre ou s'il refusera la réalité.
Comme toujours, j'ai apprécié le style, toujours fluide et poétique de l'auteur autant que les analyses psychologiques de ses personnages qui ici marquent les étapes de la prise de conscience d'Agostino, des mutations et des crises qu'il subit.

© Hervé GAUTIER – Mai 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
mireille.lefustec
  26 avril 2013
Avec ce roman,l'auteur veut nous faire réfléchir sur deux arguments.
La première réflexion,la plus évidente,concerne l'adolescence. Agostino n'est rien d'autre qu'un enfant mis à l'improviste devant à quelques vérités au sujet des rapports entre les sexes et en éprouve du malaise. L'identité de la mère se confond entre le rôle de maman et celui de femme,tandis que lui,perd son identité d'enfant et se trouve au découvert ,comme surpris par un violent orage; il ne peut reculer (l'enfance est désormais finie) et ne peut non plus rejoindre un abri (l'âge adulte est trop loin. Il ne lui reste qu'à affronter ces mauvais moments en cherchant à se protéger au mieux.
Très importante aussi est la réalité des classes. le contraste est grand entre la réalité bourgeoise d'Agostino et celle prolétaire de la bande locale de ses nouveaux amis;
(source:un blog italien)
lu en V.O.
Commenter  J’apprécie          60
isabellelemest
  03 janvier 2013
Un roman consacré aux affres de l'adolescence. Agostino, 13 ans, orphelin de père, passe d'agréables vacances avec sa mère sur la côte, et prend un plaisir particulier à la promener en pédalo, il est fier de sa jeunesse et de sa beauté... Mais il va être bientôt remplacé par un plagiste à l'allure avantageuse. Commence pour lui une errance sur la plage où il finit par être admis dans un groupe de gamins des rues, bien plus mûrs que lui, bien que du même âge. Avec eux il va découvrir les allusions grivoises, les propositions pédophiles d'un adulte... C'en est fini de l'innocence, la sexualité à fait son entrée dans sa vie, de même qu'un autre regard sur sa mère. C'est le prix à payer pour changer et s'acheminer vers l'âge adulte.
Commenter  J’apprécie          30
AmandineMM
  12 août 2011
Lu en italien pour mon cours de littérature italienne (19e et 20e siècle): une lecture intéressante, mais un peu trop freudienne à mon goût. L'idée de la découverte de la sexualité de manière assez brutale me semble bonne, mais le fait que cette sexualité soit tournée vers la mère ne me plaît pas. L'histoire ne me plaît donc pas tellement, mais l'écriture si! le style de Moravia est agréable à lire et très beau.
Commenter  J’apprécie          31
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   25 avril 2013
incipit
Les premiers jours de l'été, Agostino et sa mère sortaient en mer tous les matins dans une légère embarcation. Les premières fois,la mère avait fait venir un marin,mais Agostino avait clairement montré que la présence de l'homme l'ennuyait et, dès lors,les rames lui furent confiées. Il ramait avec grand plaisir sur cette mer calme et diaphane du petit matin et sa mère, assise en face de lui,conversait doucement,légère et sereine comme la mer et le ciel, comme s'il était vraiment un homme et non un garçon de treize ans;
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
DonaSwannDonaSwann   01 avril 2016
Tout nu, Agostino se mit à se promener sur ce sable moelleux et miroitant, s'amusant à y enfoncer les pieds avec force et à voir l'eau venir tout de suite noyer ses empreintes. Il éprouvait maintenant un désir vague et désespéré de s’éloigner de la rivière, de suivre la côte en laissant derrière lui les gamins, Saro, sa mère, toute son ancienne vie. A force de marcher droit devant lui sur le sable blanc et doux, peut-être arriverait-il dans un pays où toutes ces vilaines choses n'existaient pas ? Dans un pays où il serait accueilli comme le souhaitait son cœur, où il lui serait possible d'oublier tout ce qu'il venait d'apprendre et de le rapprendre après, sans en être blessé ni honteux, d'une façon douce et naturelle qui devait exister, qui était celle qu'obscurément il avait désirée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Herve-LionelHerve-Lionel   31 mai 2018
Sa mère se mit à rire er lui caressa la joue.
- Eh bien, à partir de maintenant, je te traiterai comme un homme... ça ira comme ça? et à présent dors... il est tard.
Elle se pencha et l'embrassa. Elle éteignit la lampe. Agostino l'entendit se mettre au lit.
Comme un homme... ne put-il s'empêcher de penser avant de s'endormir Seulement voilà, il n'était pas encore un homme et il lui faudrait vivre et souffrir bien longtemps avant d'en être un.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
rkhettaouirkhettaoui   08 décembre 2014
Comme un homme… ne put-il s’empêcher de penser avant de s’endormir. Seulement, voilà, il n’était pas encore un homme et il lui faudrait vivre et souffrir bien longtemps avant d’en être un.
Commenter  J’apprécie          40
mireille.lefustecmireille.lefustec   26 avril 2013
Comme un pauvre sauvage à qui on parle des palais d'Europe et qui ne sais les voir que que comme des cabanes plus grandes que la sienne ainsi,lui ne savait ,pour se représenter ces femmes et leurs caresses ,que penser à sa mère .
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Alberto Moravia (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Moravia
2003 - Claudia Cardinale e Alberto Moravia
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
autres livres classés : littérature italienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
544 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
.. ..