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EAN : 9782080703965
169 pages
Éditeur : Flammarion (28/01/1993)
3.69/5   69 notes
Résumé :
Agostino, un adolescent de treize ans, passe de merveilleuses vacances sur une plage avec sa mère à qui il voue une passion aussi intense qu'innocente.
La rencontre de celle-ci et d'un jeune homme auquel elle est loin d'être insensible met un terme brutal à ce parfait bonheur : Agostino découvre avec un étonnement douloureux que sa mère est aussi une femme et non cette déesse qu'il imaginait. Alors commence pour le jeune garçon une période de troubles, de tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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andreas50
  06 mars 2020
Agustino passe ses vacances à la côte. L'adolescent de treize ans vit une période de plénitude harmonieuse auprès de sa mère, jeune et jolie veuve.
Un bonheur simple et profond pourtant perturbé par le venue d'un jeune homme qui entreprend de la courtiser.
une réalité nouvelle se dessine ; son existence douce et heureuse va être brisée par la présence du séducteur bientôt devenu l'amant. Pour l'adolescent, c'est une intrusion qui provoque le dédoublement de la figure maternelle. D'une mère protectrice et aimante, elle se mue en une femme en pleine autonomie; une femme convoitée par les hommes; habitée d'une vie dont Agostino ne soupçonnait pas l'existence. Il prend conscience de la sensualité enfouie qui existait dans ses rapports avec sa mère; une sensualité mise à nu par l'arrivée de l'intrus.
Le monde devient trouble et indéchiffrable; le jeune garçon se sent submergé par une vague de culpabilité, de dégoût alors l'image de sa mère ne semble plus aussi pure.
Agostino cherche alors à fuir l'intimité des deux amants; à se rendre invisible au monde qui l'entoure..
Seul sur la plage, il va faire connaissance avec de jeunes pêcheurs lors qu'il délaisse ses petits camarades un peu trop sages, sa petite vie confortable et bourgeoise pour se rapprocher des jeunes miséreux.
L'adolescent va connaître la réalité brutale du sexe, de l'argent, des différences sociales. À la duplicité de sa mère il préfère la violence des membres du groupe; n'hésite pas à adopter; malgré leurs sarcasmes; leur langage, leurs manières, leur habillement.
Son désir de faire partie de la bande est tel qu'il avoue devant les autres avoir eu des rapports avec l'un d'eux; rapports qu'il n'a jamais eu d'ailleurs.
Bientôt Agostino va ressentir, au contact des pêcheurs, des impulsions dont il ne connaît pas le sens, la signification malgré son dégoût pour leurs manières frustres aux instincts débridés.
Sa répugnance à la vue de la vitalité de sa mère, son attirance inconsciente marquée de voyeurisme, l'incitent à lui substituer l'image d'une autre femme.
Plus que de la bravade face à ses jeunes tourmenteurs, c'est la curiosité, le besoin de comprendre, de faire table rase avec le passé, qui l'amène un jour à pousser la porte d'une maison close...
Dans ce roman en partie autobiographique Moravia raconte le passage de l'adolescence à l'état d'homme. Agostino réunit aussi nombre de thèmes récurrents dans l'oeuvre de l'auteur italien. La psychologie des personnages est décryptée au travers de leurs rapports amoureux, sexuels ou non.
C'est aussi une charge contre le fascisme et la bourgeoisie puritaine italienne fin de la première moitié du 20e siècle. Au final un court mais grand roman.
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PhilippeCastellain
  17 février 2017
La curiosité littéraire nous entraîne parfois dans des domaines que nous aurions mieux fait d'éviter. C'est ce qui m'est arrivé avec ‘Agostino'. Je me doutais que le style de Moravia ne me correspondait pas, j'ai tout de même voulu vérifier. Et certes son écriture est belle. Mais ça ne fait qu'empirer les choses. Car le contraste n'en est que plus violent entre la forme et le fond.
C'est avec une précision et une rigueur méticuleuse qu'il s'attache à décrire l'adolescence dans tout ce qu'elle peut avoir de plus malsain et de plus tordu. La fascination du héros pour sa mère, qui peu à peu se transforme en attirance sexuelle. Sa relation avec la bande de mauvais garçons, auxquels il sert de souffre-douleur, et que pourtant il s'obstine à fréquenter avec délectation. Sa balade seul en barque avec ce qu'on nommerait aujourd'hui un pédophile, et auquel il récite des poèmes pour calmer ses appétits…
Il est sûr qu'en ce qui me concerne, j'ai toujours considéré l'adolescence comme une période particulièrement moche. Mais il y a façon et façon de présenter les choses, et mettre autant de sérieux à décrire des situations aussi malsaines me dépasse. Je comprends qu'on ait envie d'explorer l'âme humaine, y compris ces parties-là ; mais pour moi, elles m'attirent autant qu'une friche industrielle polluée au PCB. Un domaine qui a aussi ses amateurs, du reste.
L'un des très rares livres que je n'ai pas réussi à terminer, et le seul qui soit tombé directement de mes mains dans la poubelle, après avoir tenté sans succès de le recaser à droite ou à gauche.
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Herve-Lionel
  31 mai 2018
La Feuille Volante n° 1249
Agostino - Alberto Moravia – Flammarion.
Traduit de l'italien par Marie Canavaggia.
Agostino, c'est un garçon de 13 ans, seul en vacances sur une plage d'été avec sa mère, une belle et riche veuve… Cela fait monter chez lui un sentiment de fierté et de bonheur d'avoir une jolie femme rien que pour lui. Il est normal qu'à cet âge il voit sa mère comme une véritable déesse déshumanisée, pure et idéale devant ses yeux d'enfant. Mais si un homme, inconnu vient s'insinuer dans cette relation filiale, avec sa complicité à elle, il n'en faut pas davantage pour le perturber. Elle est certes sa mère mais aussi une femme jeune, jolie, désirable et sensuelle, que ne rebute pas une passade d'été. S'imaginait-il qu'elle devait restée fidèle à la mémoire de son mari mort ou s'occuper jusqu'à l'étouffer de son fils naïf ? Pour exorciser cette prise de conscience, provoquée peut-être aussi par un gifle maternelle, il se rapproche d'une bande de vauriens, fils de pêcheurs pauvres avec qui il n'a rien de commun et qui l'humilient, ce qui ne va pas arranger ses désillusions. Leur relation, bien qu'éphémère, sera toujours emprunte de malentendus, Agostino. souhaitant s'identifier à eux alors qu'ils le rejettent comme un étranger. Nous savons que les enfants entre eux ne se font pas de cadeaux et c'est sans doute leur façon d'aborder cette vie qui ne leur en fera pas non plus, et lui, le gosse de riche, devient rapidement leur tête de Turc. C'est la sortie de l'enfance, cette période le plus souvent perturbée où l'on prend conscience des ses erreurs, avec peut-être l'intuition de ce que sera la suite. Moravia, comme c'est souvent le cas dans son oeuvre, fait appel à la mémoire pour évoquer cette période où l'on perd son innocence, parfois brutalement, et où nos yeux s'ouvrent sur le monde qui nous entoure. Agostino, enfant vivant dans une sorte de bulle, aura donc, et sur un court laps de temps, la révélation de ce qu'est l'argent, la violence, le sexe, la sensualité, le vice, l'hypocrisie, la méchanceté, bref la vraie image des gens et de la société, bien loin de ce qu'il imaginait. Ce sera donc pour lui l'été des initiations désastreuses, une véritable chute.
C'est que pour Agostino, le désenchantement ne s'arrête pas là, il comprend aussi qu'il devra attendre et souffrir pour accéder à cette condition d'homme à laquelle il aspire. Sa volonté de quitter prématurément ce séjour de vacances est révélateur comme l'est cette envie subite de mourir dans la barque, pleine de ses copains obscènes, qui le ramène sur la plage. Dans cette Italie marquée par le catholicisme et la culpabilité judéo-chrétienne, je vois dans l'innocence de cet enfant, une sorte de « péché originel », dont il a hérité avec la vie. C'est une faute qu'il veut se faire pardonner, celle d'avoir cru que le monde autour de lui était idyllique à la mesure de ses convictions personnelles et la violence avec laquelle tout cela s'effondre a une dimension rédemptrice. Dans le même contexte, il peut aussi être vu comme un être chassé brutalement de ce « paradis terrestre » de son enfance. Pour lui sa mère ne sera plus cet être idéal et désincarné qu'il avait rêvé, mais une femme désireuse de profiter de la vie et de ses plaisirs. Pour autant, il n'en a pas fini avec les désillusions et la vie se chargera de lui donner d'autres leçons et achèvera de le corrompre. Personnellement, je ne sais ce qui, au bout du compte, en résultera, s'il choisira de se couler dans le moule du plus grand nombre ou s'il refusera la réalité.
Comme toujours, j'ai apprécié le style, toujours fluide et poétique de l'auteur autant que les analyses psychologiques de ses personnages qui ici marquent les étapes de la prise de conscience d'Agostino, des mutations et des crises qu'il subit.

© Hervé GAUTIER – Mai 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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mfrance
  28 octobre 2019
L'été des treize ans, la plage, une mère adorée, un jeune homme pour la courtiser, une bande de gamins effrontés, la découverte de la sexualité et la perte définitive de l'innocence...
Voilà en une centaine de pages, le programme offert par Moravia, qui de sa plume toujours aussi talentueuse, détaille magnifiquement les tourments d'un jeune garçon au seuil de l'adolescence.
Jusqu'à présent sa mère pour Agostino était une idole respectueusement adorée et le jeune garçon, se montrait fier de se pavaner sur cette plage aux côtés de cette belle femme, admirée de tous, du moins à l'avis de son fils. Mais tout va changer à l'arrivée d'un jeune homme aux charmes duquel sa mère n'est évidemment pas insensible.
Jaloux, ulcéré, le garçon va s'acoquiner avec une bande de jeunes voyous, petits pêcheurs mal embouchés qui vont lui dessiller cruellement les yeux en lui assénant en réflexions brutales et vulgaires les réalités de la sexualité.
Le choc va être d'une extrême violence pour Agostino. Il va prendre conscience, à travers la banalité des gestes anodins du quotidien, de l'animalité de sa mère, qui, de déesse inaccessible, va brutalement descendre de son piédestal pour être réduite à l'état de femelle, bouleversant irrémédiablement le rapport que le garçon entretient avec elle.
Ce court ouvrage dégage une violente sensualité, et la découverte par Agostino de la féminité, administrée de manière aussi abjecte par la bande de petites crapules, signe pour lui la fin des illusions de pureté.
Cruel apprentissage !
"La chair est triste, hélas ..." et Moravia s'y entend pour démonter le monde des apparences.
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jcjc352
  05 avril 2021

Moravia, avec beaucoup d'acuité et de délicatesse , aborde la période de l'adolescence, celle d'Agostino vivant dans un milieu aisé, et surtout le passage de la découverte de la sexualité. Celui-ci se fait brutalement alors qu'Agostino vit seul avec sa mère, jolie veuve encore jeune, en villégiature à la mer.
La mère se laisse tenter sur la plage par une aventure en présence d'Agostino. Celui-ci comprend alors que sa mère est aussi une femme et qu'il doit l'accepter comme telle C'est un constat brutal il perd son innocence d'enfant pour entrer dans le monde des adultes sans en être encore vraiment un.
En parallèle pour échapper à son terrible constat et pour oublier sa déconvenue il va s'accoquiner avec une bande de jeunes du peuple et se déniaiser à leur contact . Ceux-ci libres comme l'air et déjà bien dévergondés vont lui expliquer avec méchanceté ce que sa mère fait avec son amoureux.
Toléré dans cette bande de jeunes petits durs il est obligé de subir leurs sarcasmes et leurs coups. le jeune adolescent véritable « tendron » est mal adapté à la vie rude de la rue mais comme il se sent rejeté par sa mère qui a trouvé un autre centre d'intérêt il va se rallier à eux et accepter leur domination et les suivre dans leurs maraudes .
Il va aussi découvrir les tendances sexuelles et attirances particulières de certains hommes : les invertis éphébophiles ainsi que les maisons qui abritent des belles-de-nuit ou de jour : les lupanars.
Des vacances au soleil instructives et formatrices comme dans bien des cas.
Ce livre par certain cotés : la période de vacances, les lieux, le sujet et l'ambiance , rappelle la nouvelle « mort à Venise » de Thomas Mann mais vu par l'adolescent . Un style clair, net et incisif, une narration sans affects délivrée froidement avec un cachet quelque peu daté qui lui donne un charme désuet. Un livre comme on n'en fait plus et qu'on ne refera jamais étant donné le sujet et le pudibonderie de notre XXIème siècle
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   31 mai 2018
Sa mère se mit à rire er lui caressa la joue.
- Eh bien, à partir de maintenant, je te traiterai comme un homme... ça ira comme ça? et à présent dors... il est tard.
Elle se pencha et l'embrassa. Elle éteignit la lampe. Agostino l'entendit se mettre au lit.
Comme un homme... ne put-il s'empêcher de penser avant de s'endormir Seulement voilà, il n'était pas encore un homme et il lui faudrait vivre et souffrir bien longtemps avant d'en être un.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   25 avril 2013
incipit
Les premiers jours de l'été, Agostino et sa mère sortaient en mer tous les matins dans une légère embarcation. Les premières fois,la mère avait fait venir un marin,mais Agostino avait clairement montré que la présence de l'homme l'ennuyait et, dès lors,les rames lui furent confiées. Il ramait avec grand plaisir sur cette mer calme et diaphane du petit matin et sa mère, assise en face de lui,conversait doucement,légère et sereine comme la mer et le ciel, comme s'il était vraiment un homme et non un garçon de treize ans;
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DonaSwannDonaSwann   01 avril 2016
Tout nu, Agostino se mit à se promener sur ce sable moelleux et miroitant, s'amusant à y enfoncer les pieds avec force et à voir l'eau venir tout de suite noyer ses empreintes. Il éprouvait maintenant un désir vague et désespéré de s’éloigner de la rivière, de suivre la côte en laissant derrière lui les gamins, Saro, sa mère, toute son ancienne vie. A force de marcher droit devant lui sur le sable blanc et doux, peut-être arriverait-il dans un pays où toutes ces vilaines choses n'existaient pas ? Dans un pays où il serait accueilli comme le souhaitait son cœur, où il lui serait possible d'oublier tout ce qu'il venait d'apprendre et de le rapprendre après, sans en être blessé ni honteux, d'une façon douce et naturelle qui devait exister, qui était celle qu'obscurément il avait désirée.
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rkhettaouirkhettaoui   08 décembre 2014
Comme un homme… ne put-il s’empêcher de penser avant de s’endormir. Seulement, voilà, il n’était pas encore un homme et il lui faudrait vivre et souffrir bien longtemps avant d’en être un.
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rkhettaouirkhettaoui   08 décembre 2014
Quel rapport établir entre l’argent, qui sert d’habitude à acquérir des objets bien définis et de qualité contrôlable, et les caresses, la nudité, la chair féminines ? Comment se pouvait-il qu’il y eût un prix fixe et non un prix variable selon le cas ? L’idée de donner de l’argent en échange de cette douceur honteuse et défendue lui paraissait étrange et cruelle comme une offense agréable peut-être à celui qui l’inflige, mais douloureuse pour qui la subit.
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