AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2707301752
Éditeur : Editions de Minuit (01/01/1958)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 50 notes)
Résumé :

La première édition de La question, d'Henri Alleg fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi, les hommes du commissaire divisionnaire Mathieu, agissant sur commission rogatoire du commandant Giraud, juge d'instruction auprès du tribunal des forces armées de Paris, saisirent une par... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Marti94
  15 septembre 2018
"La question" est un témoignage bouleversant et essentiel. C'est le récit des deux mois qu'Henri Alleg a passé emprisonné et torturé par les militaires français, en 1957 durant la guerre d'Algérie.
Je n'ai pas choisi le jour de ma lecture par hasard. Pourquoi? Parce qu'Henri Alleg connaissait Maurice Audin également torturé dans une villa du quartier d'El-Biar à Alger d'où il n'est jamais revenu.
Soixante ans plus tard, nous sommes le 13 septembre 2018 et c'est le jour où le président de la République a décidé "qu'il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité" sur l'affaire Audin. le journal le monde indique qu'Emmanuel Macron reconnait d'abord que "Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des miliaires". Mais aussi que si sa mort dit-il est "le fait de quelques uns, elle a été rendue possible par un système légalement institué : le système arrestation/détention confié par voies légales aux forces armées" pendant la guerre d'Algérie.
Comme son ami Henri Alleg, le mathématicien Maurice Audin était membre du Parti Communiste et militant anticolonialiste. Ils ont été arrêtés par des parachutistes français car on les soupçonnait d'héberger des membres de la cellule armée du PC algérien. Et ils ne sont pas les seuls.
J'ai peu de mots devant l'atrocité de ce que ces hommes et ces femmes ont vécu.
Pourtant les idées d'Henri Alleg, directeur du journal Alger Républicain et contributeur de l'Humanité, défendant l'Algérie libre et la fraternité entre les peuples seront plus fortes que ses bourreaux.
Je ne peux pas m'empêcher d'être admirative et la puissance de ce récit m'a tiré les larmes aux yeux.
Lu en septembre 2018
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          106
Meps
  24 mai 2015
Livre censuré et interdit quelques jours après sa sortie, c'est un témoignage dur et cru de ce que la France a fait subir à ceux qui n'étaient pas d'accord avec sa politique en Algérie. Le début et la fin du livre sont la justification du récit, que les gens sachent ce qui se passait, qu'on ne puisse pas dire "on ne savait pas".
Le témoignage en lui même est poignant, on ne peut que se demander si on aurait la même volonté, la même force de caractère pour résister à des tortures de plus en plus violentes, à la pression physique comme mentale. Les circonstances de sa publication, alors même que l'auteur est encore emprisonné, expliquent le côté "brut" du témoignage, sans trop de recherches d'analyses. Cela contribue à la force de l'oeuvre mais ne permet forcément pas de savoir qui était impliqué dans ce qui s'est passé et jusqu'où il faudrait remonter dans les responsabilités de tels actes.
Le plus terrifiant après avoir lu un tel livre est de se dire que personne n'a jamais été condamné pour les actes commis dans les circonstances décrites à cette époque.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Belem
  31 août 2013
Henri Alleg est décédé le 17 juillet 2013. Il faut (re-)lire « La question », celle de la torture pratiquée par l'armée française en Algérie. Bref rappel des faits : la France ne veut pour rien au monde perdre ses colonies. En 1954, elle « perd » néanmoins l'Indochine, alors, pas question de perdre l'Algérie. Au 1er novembre commencent les « opérations de maintien de l'ordre », terrible euphémisme employé par le gouvernement français pour ne pas dire le gros mot de « guerre ». En 1955, le quotidien Alger-Républicain est interdit, car non, tous les « pieds-noirs », les français d'Algérie, ne sont pas pour l'escalade de la violence contre les nationalistes algériens. Henri Alleg, directeur de ce journal, continue son combat dans la clandestinité. Il est communiste. le 12 juin 1957, il est arrêté par les parachutistes au domicile du mathématicien Maurice Audin, lui-même incarcéré et qui mourra sous la torture. Commence alors le calvaire d'Henri Alleg, qui subira durant plus d'un mois “ la question ”. de jeunes appelés assistent parfois aux séances de tortures, admirent le courage du supplicié, mais ne parviennent pas à s'opposer à leurs supérieurs. Transféré dans un autre camp puis une prison, motivé par ses avocats, Alleg, encore incarcéré, va réussir à écrire ce témoignage et à le faire publier. Ce livre va déclencher une prise de conscience dans l'opinion publique : l'État français, cette bande d'hommes armés, utilise massivement la torture en Algérie. (Et à un niveau tel que les officiers français partiront exporter leur « savoir-faire » aux USA et auprès des dictatures d'Amérique latine). Un livre, une question, qu'on doit garder à l'esprit lorsque notre attention se relâche et que l'on croit vivre dans un État bienveillant/débonnaire et sans dangerosité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Sebthos
  21 avril 2017
Alger 1957, Henri Alleg, journaliste clandestin, est arrêté. Son témoignage interdit de publication en 1958 deviendra vite emblématique. Dénonçant l'emploi de la torture en Algérie dans un style sec et bref, rendant l'horreur d'autant plus insupportable. Un livre d'histoire.
25/08/2009
Commenter  J’apprécie          171
Chahrazed11
  22 juillet 2018
Cela faisait longtemps que je désirais lire La Question d'Henri Alleg. Il fait partie de ces livres dont tout le monde parle pour dire une chose : « Ce livre a été censuré par l'Etat français, il faut le lire » … C'est donc à l'occasion d'une visite amicale et d'un débat politique que j'ai eu l'honneur, puis la tristesse de le lire.
Ce témoignage déchirant révèle une souffrance d'un « frère » dans la révolution algérienne torturé par des Paras français au nom des Français et pour une Algérie cruellement française.
Ce qui m'a traversé l'esprit tout au long de la lecture de ce grand « petit livre » écrit en prison par un journaliste communiste Français et dans une Algérie colonisée, c'est que ce témoin ne s'adresse qu'aux Français qui ne sont ni musulmans ni Algériens, bref, le torturé s'adresse à ceux qui veulent bien l'entendre : « Tous cela, je devais le dire pour les Français qui voudront bien me lire. ». Or, loin de n'être qu'une dénonciation objective de la torture des musulmans et des communistes en Algérie dans les années 50, ce livre devrait être l'attestation d'une réelle amitié franco-algérienne malheureusement peu valorisée par les anciens colonisés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Marti94Marti94   14 septembre 2018
Dans l'abrutissement où les coups et les tortures m'avaient plongé, une seule idée restait claire en moi: ne rien leur dire, ne les aider en rien. Je n'ouvris plus la bouche.

Commenter  J’apprécie          20
Marti94Marti94   14 septembre 2018
Mon affaire est exceptionnelle par le retentissement qu'elle a eu. Elle n'est en rien unique. Ce que j'ai dit dans ma plainte, ce que je dirai ici illustre d'un seul exemple ce qui est la pratique courante dans cette guerre atroce et sanglante.
Commenter  J’apprécie          00
Marti94Marti94   14 septembre 2018
Mes lunettes avaient depuis longtemps voltigé. Ma myopie renforçait encore l'impression d'irréel, de cauchemar que je ressentais et contre laquelle je m'efforçais de lutter, dans la crainte de voir se briser ma volonté.
Commenter  J’apprécie          00
art-bsurdeart-bsurde   11 avril 2014
Dans la soirée, un autre que je ne connaissais pas, entra à son tour. Un petit blond, au fort accent du nord : un appelé. Il me dit avec un grand sourire : "Vous savez j'ai assisté à tout, hein! Mon père m'a parlé des communistes pendant la Résistance. Ils meurent, mais ils ne disent rien. C'est bien!"
Je regardai ce jeune à la figure si sympathique, qui pouvait parler des séances de torture que j'avais subies comme d'un match dont il se souviendrait, et qui pouvait venir me féliciter sans gêne, comme il l'aurait fait pour un champion cycliste. Quelques jours plus tard, je le vis congestionné, défiguré par la haine, battre dans l'escalier un musulman qui ne descendait pas assez vite : ce "centre de tri" n'était pas seulement un lieu de torture pour les Algériens, mais une école de perversion pour les jeunes Français.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
art-bsurdeart-bsurde   10 avril 2014
Le "centre de tri" s'emplissait alors de cris, d'insultes, de rires énormes et méchants. Erulin commençait l'interrogatoire d'un musulman. Il lui criait : "Fais ta prière devant moi." Et je devinais dans la pièce d'à côté un homme humilié jusqu'au fond de l'âme, contraint de se prosterner en prières devant le lieutenant tortionnaire. Puis, d'un coup, les premiers cris des suppliciés coupaient la nuit. Le "vrai travail" d'Erulin, de Lorca et des autres avait commencé. Une nuit, à l'étage au dessus, ils torturèrent un homme : un musulman, assez âgé semblait-il au son de sa voix. Entre les cris terribles que la torture lui arrachait, il disait épuisé : "Vivre la France! Vive la France!"
Sans doute croyait-il calmer ainsi ses bourreaux. Mais les autres continuèrent à le torturer et leurs voix résonnaient dans toute la maison.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Henri Alleg (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Alleg
Henri Alleg raconte les tortures qu'il a vécues en Algérie
>Sciences sociales>Problèmes et services sociaux. Associations>Etablissements pénitentiaires (54)
autres livres classés : guerre d'algérieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
319 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre
. .