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ISBN : 2707301752
Éditeur : Editions de Minuit (01/01/1958)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 53 notes)
Résumé :

La première édition de La question, d'Henri Alleg fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi, les hommes du commissaire divisionnaire Mathieu, agissant sur commission rogatoire du commandant Giraud, juge d'instruction auprès du tribunal des forces armées de Paris, saisirent une par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Meps
  24 mai 2015
Livre censuré et interdit quelques jours après sa sortie, c'est un témoignage dur et cru de ce que la France a fait subir à ceux qui n'étaient pas d'accord avec sa politique en Algérie. Le début et la fin du livre sont la justification du récit, que les gens sachent ce qui se passait, qu'on ne puisse pas dire "on ne savait pas".
Le témoignage en lui même est poignant, on ne peut que se demander si on aurait la même volonté, la même force de caractère pour résister à des tortures de plus en plus violentes, à la pression physique comme mentale. Les circonstances de sa publication, alors même que l'auteur est encore emprisonné, expliquent le côté "brut" du témoignage, sans trop de recherches d'analyses. Cela contribue à la force de l'oeuvre mais ne permet forcément pas de savoir qui était impliqué dans ce qui s'est passé et jusqu'où il faudrait remonter dans les responsabilités de tels actes.
Le plus terrifiant après avoir lu un tel livre est de se dire que personne n'a jamais été condamné pour les actes commis dans les circonstances décrites à cette époque.
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ErnestLONDON
  28 juin 2019
Directeur d'Alger Républicain de 1950 jusqu'à son interdiction en 1955, Henri Alleg doit passer dans la clandestinité en novembre 1956 pour échapper aux mesures d'internement qui frappe la plupart des collaborateurs du journal. Arrêté le 12 juin 1957, il est séquestré un mois entier et livre ici le récit de sa détention, dénonçant les tortures dont il a été victime.
(...)
Si certains passages sont insoutenables, ce témoignage demeure nécessaire comme le conclut Henri Alleg, pour que les Français sachent ce qui s'est fait « EN LEUR NOM ».
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Sociolitte
  21 avril 2017
Alger 1957, Henri Alleg, journaliste clandestin, est arrêté. Son témoignage interdit de publication en 1958 deviendra vite emblématique. Dénonçant l'emploi de la torture en Algérie dans un style sec et bref, rendant l'horreur d'autant plus insupportable. Un livre d'histoire.
25/08/2009
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Marti94
  15 septembre 2018
"La question" est un témoignage bouleversant et essentiel. C'est le récit des deux mois qu'Henri Alleg a passé emprisonné et torturé par les militaires français, en 1957 durant la guerre d'Algérie.
Je n'ai pas choisi le jour de ma lecture par hasard. Pourquoi? Parce qu'Henri Alleg connaissait Maurice Audin également torturé dans une villa du quartier d'El-Biar à Alger d'où il n'est jamais revenu.
Soixante ans plus tard, nous sommes le 13 septembre 2018 et c'est le jour où le président de la République a décidé "qu'il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité" sur l'affaire Audin. le journal le monde indique qu'Emmanuel Macron reconnait d'abord que "Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des miliaires". Mais aussi que si sa mort dit-il est "le fait de quelques uns, elle a été rendue possible par un système légalement institué : le système arrestation/détention confié par voies légales aux forces armées" pendant la guerre d'Algérie.
Comme son ami Henri Alleg, le mathématicien Maurice Audin était membre du Parti Communiste et militant anticolonialiste. Ils ont été arrêtés par des parachutistes français car on les soupçonnait d'héberger des membres de la cellule armée du PC algérien. Et ils ne sont pas les seuls.
J'ai peu de mots devant l'atrocité de ce que ces hommes et ces femmes ont vécu.
Pourtant les idées d'Henri Alleg, directeur du journal Alger Républicain et contributeur de l'Humanité, défendant l'Algérie libre et la fraternité entre les peuples seront plus fortes que ses bourreaux.
Je ne peux pas m'empêcher d'être admirative et la puissance de ce récit m'a tiré les larmes aux yeux.
Lu en septembre 2018
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Belem
  31 août 2013
Henri Alleg est décédé le 17 juillet 2013. Il faut (re-)lire « La question », celle de la torture pratiquée par l'armée française en Algérie. Bref rappel des faits : la France ne veut pour rien au monde perdre ses colonies. En 1954, elle « perd » néanmoins l'Indochine, alors, pas question de perdre l'Algérie. Au 1er novembre commencent les « opérations de maintien de l'ordre », terrible euphémisme employé par le gouvernement français pour ne pas dire le gros mot de « guerre ». En 1955, le quotidien Alger-Républicain est interdit, car non, tous les « pieds-noirs », les français d'Algérie, ne sont pas pour l'escalade de la violence contre les nationalistes algériens. Henri Alleg, directeur de ce journal, continue son combat dans la clandestinité. Il est communiste. le 12 juin 1957, il est arrêté par les parachutistes au domicile du mathématicien Maurice Audin, lui-même incarcéré et qui mourra sous la torture. Commence alors le calvaire d'Henri Alleg, qui subira durant plus d'un mois “ la question ”. de jeunes appelés assistent parfois aux séances de tortures, admirent le courage du supplicié, mais ne parviennent pas à s'opposer à leurs supérieurs. Transféré dans un autre camp puis une prison, motivé par ses avocats, Alleg, encore incarcéré, va réussir à écrire ce témoignage et à le faire publier. Ce livre va déclencher une prise de conscience dans l'opinion publique : l'État français, cette bande d'hommes armés, utilise massivement la torture en Algérie. (Et à un niveau tel que les officiers français partiront exporter leur « savoir-faire » aux USA et auprès des dictatures d'Amérique latine). Un livre, une question, qu'on doit garder à l'esprit lorsque notre attention se relâche et que l'on croit vivre dans un État bienveillant/débonnaire et sans dangerosité.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   11 avril 2014
Dans la soirée, un autre que je ne connaissais pas, entra à son tour. Un petit blond, au fort accent du nord : un appelé. Il me dit avec un grand sourire : "Vous savez j'ai assisté à tout, hein! Mon père m'a parlé des communistes pendant la Résistance. Ils meurent, mais ils ne disent rien. C'est bien!"
Je regardai ce jeune à la figure si sympathique, qui pouvait parler des séances de torture que j'avais subies comme d'un match dont il se souviendrait, et qui pouvait venir me féliciter sans gêne, comme il l'aurait fait pour un champion cycliste. Quelques jours plus tard, je le vis congestionné, défiguré par la haine, battre dans l'escalier un musulman qui ne descendait pas assez vite : ce "centre de tri" n'était pas seulement un lieu de torture pour les Algériens, mais une école de perversion pour les jeunes Français.
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art-bsurdeart-bsurde   10 avril 2014
Le "centre de tri" s'emplissait alors de cris, d'insultes, de rires énormes et méchants. Erulin commençait l'interrogatoire d'un musulman. Il lui criait : "Fais ta prière devant moi." Et je devinais dans la pièce d'à côté un homme humilié jusqu'au fond de l'âme, contraint de se prosterner en prières devant le lieutenant tortionnaire. Puis, d'un coup, les premiers cris des suppliciés coupaient la nuit. Le "vrai travail" d'Erulin, de Lorca et des autres avait commencé. Une nuit, à l'étage au dessus, ils torturèrent un homme : un musulman, assez âgé semblait-il au son de sa voix. Entre les cris terribles que la torture lui arrachait, il disait épuisé : "Vivre la France! Vive la France!"
Sans doute croyait-il calmer ainsi ses bourreaux. Mais les autres continuèrent à le torturer et leurs voix résonnaient dans toute la maison.
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MepsMeps   23 mai 2015
C'est aux "disparus" et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, à tous ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l'amitié entre nos deux peuples qu'il faut que l'on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d'eux.
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Chahrazed11Chahrazed11   21 juillet 2018
tout cela, je devais le dire pour les Français qui voudront bien me lire. Il faut qu'ils sachent que les Algériens ne confondent pas leurs tortionnaires avec le grand peuple de France, auprès duquel ils ont tant appris et dont l'amitié leur est si chère. Il faut qu'ils sachent pourtant ce qui se fait ici EN LEUR NOM.
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chroniquesassidueschroniquesassidues   18 mai 2011
Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. J'ai côtoyé, durant ce temps, tant de douleurs et tant d'humiliations que je n'oserais plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile, que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours dans ma mémoire.
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Videos de Henri Alleg (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Alleg
Henri Alleg raconte les tortures qu'il a vécues en Algérie
>Sciences sociales>Problèmes et services sociaux. Associations>Etablissements pénitentiaires (54)
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