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ISBN : 2707301752
Éditeur : Editions de Minuit (01/01/1958)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 39 notes)
Résumé :

La première édition de La question, d'Henri Alleg fut achevée d'imprimer le 12 février 1958. Des journaux qui avaient signalé l'importance du texte furent saisis. Quatre semaines plus tard, le jeudi 27 mars 1958 dans l'après-midi, les hommes du commissaire divisionnaire Mathieu, agissant sur commission rogatoire du commandant Giraud, juge d'instruction auprès du tribunal des forces armées de Paris, saisirent une par... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Meps
24 mai 2015
Livre censuré et interdit quelques jours après sa sortie, c'est un témoignage dur et cru de ce que la France a fait subir à ceux qui n'étaient pas d'accord avec sa politique en Algérie. Le début et la fin du livre sont la justification du récit, que les gens sachent ce qui se passait, qu'on ne puisse pas dire "on ne savait pas".
Le témoignage en lui même est poignant, on ne peut que se demander si on aurait la même volonté, la même force de caractère pour résister à des tortures de plus en plus violentes, à la pression physique comme mentale. Les circonstances de sa publication, alors même que l'auteur est encore emprisonné, expliquent le côté "brut" du témoignage, sans trop de recherches d'analyses. Cela contribue à la force de l'oeuvre mais ne permet forcément pas de savoir qui était impliqué dans ce qui s'est passé et jusqu'où il faudrait remonter dans les responsabilités de tels actes.
Le plus terrifiant après avoir lu un tel livre est de se dire que personne n'a jamais été condamné pour les actes commis dans les circonstances décrites à cette époque.
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Belem
31 août 2013
Henri Alleg est décédé le 17 juillet 2013. Il faut (re-)lire « La question », celle de la torture pratiquée par l'armée française en Algérie. Bref rappel des faits : la France ne veut pour rien au monde perdre ses colonies. En 1954, elle « perd » néanmoins l'Indochine, alors, pas question de perdre l'Algérie. Au 1er novembre commencent les « opérations de maintien de l'ordre », terrible euphémisme employé par le gouvernement français pour ne pas dire le gros mot de « guerre ». En 1955, le quotidien Alger-Républicain est interdit, car non, tous les « pieds-noirs », les français d'Algérie, ne sont pas pour l'escalade de la violence contre les nationalistes algériens. Henri Alleg, directeur de ce journal, continue son combat dans la clandestinité. Il est communiste. le 12 juin 1957, il est arrêté par les parachutistes au domicile du mathématicien Maurice Audin, lui-même incarcéré et qui mourra sous la torture. Commence alors le calvaire d'Henri Alleg, qui subira durant plus d'un mois “ la question ”. de jeunes appelés assistent parfois aux séances de tortures, admirent le courage du supplicié, mais ne parviennent pas à s'opposer à leurs supérieurs. Transféré dans un autre camp puis une prison, motivé par ses avocats, Alleg, encore incarcéré, va réussir à écrire ce témoignage et à le faire publier. Ce livre va déclencher une prise de conscience dans l'opinion publique : l'État français, cette bande d'hommes armés, utilise massivement la torture en Algérie. (Et à un niveau tel que les officiers français partiront exporter leur « savoir-faire » aux USA et auprès des dictatures d'Amérique latine). Un livre, une question, qu'on doit garder à l'esprit lorsque notre attention se relâche et que l'on croit vivre dans un État bienveillant/débonnaire et sans dangerosité.
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cricri2025
31 mars 2014
bref récit mais très parlant...henri alleg est un journaliste clandestin arrêté par les paras à Alger, et passé à la question, "travaillé" afin qu'il délivre des informations jugées alors importantes sur le mileu dit "terroriste" de l'époque !
ce récit est d'une neutralité parfaite, ce qui le rend très fort, et permet de l'inscrire dans toutes les mémoires, que l'on partage la doctrine de l'auteur, ou que l'on soit tout simplement révolté par la transgression de tels droits fondamentaux !
ce récit est d'un style tout à fait classique, sans être trop descriptif sur les horreurs, mais assez précis pour se figurer tout ce que henri alleg a dû subir, ce qui le rend d'une véracité historique d'autant plus criante ! et la question que l'on se pose forcément, après fermeture du livre : qu'aurait t-on fait dans ces circonstances?
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ValerieLacaille
22 décembre 2016
Un témoignage poignant et terrifiant sur les tortures menées durant la guerre d'Algérie, écrit par Henri Alleg, ancien directeur du journal "Alger républicain".
Le récit est factuel, très bref, comme un coup de cloche qui réveille brutalement. L'auteur ne cache rien des pratiques inhumaines de ceux qui ont été ses tortionnaires. L'absence de fioritures nous emmène d'ailleurs à ses côtés, sur sa paillasse humide et froide, assailli par les cris des gens que l'on "travaille", sur le qui-vive.
Un récit qui ne peut que rester gravé en mémoire un certain temps.
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Christelle83230
30 novembre 2015
Récit court au ton sec et bref, témoignage sur la torture durant la guerre d'Algérie, d'Henri Alleg, journaliste clandestin arrêté en 1957 à Alger. Séquestré pendant un mois à El-Biar, ce livre met en avant les tortures et sévices qu'il va subir.
C'est après son transfert dans la prison civile d'Alger, qu'il écrira "La question", ce qui confère à ce livre coup de poing tout son caractère authentique et fort.
Lors de sa publication en 1958, l'ouvrage sera immédiatement censuré, tout en n'empêchant pas sa diffusion clandestine.
Enrichissant.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde11 avril 2014
Dans la soirée, un autre que je ne connaissais pas, entra à son tour. Un petit blond, au fort accent du nord : un appelé. Il me dit avec un grand sourire : "Vous savez j'ai assisté à tout, hein! Mon père m'a parlé des communistes pendant la Résistance. Ils meurent, mais ils ne disent rien. C'est bien!"
Je regardai ce jeune à la figure si sympathique, qui pouvait parler des séances de torture que j'avais subies comme d'un match dont il se souviendrait, et qui pouvait venir me féliciter sans gêne, comme il l'aurait fait pour un champion cycliste. Quelques jours plus tard, je le vis congestionné, défiguré par la haine, battre dans l'escalier un musulman qui ne descendait pas assez vite : ce "centre de tri" n'était pas seulement un lieu de torture pour les Algériens, mais une école de perversion pour les jeunes Français.
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art-bsurdeart-bsurde10 avril 2014
Le "centre de tri" s'emplissait alors de cris, d'insultes, de rires énormes et méchants. Erulin commençait l'interrogatoire d'un musulman. Il lui criait : "Fais ta prière devant moi." Et je devinais dans la pièce d'à côté un homme humilié jusqu'au fond de l'âme, contraint de se prosterner en prières devant le lieutenant tortionnaire. Puis, d'un coup, les premiers cris des suppliciés coupaient la nuit. Le "vrai travail" d'Erulin, de Lorca et des autres avait commencé. Une nuit, à l'étage au dessus, ils torturèrent un homme : un musulman, assez âgé semblait-il au son de sa voix. Entre les cris terribles que la torture lui arrachait, il disait épuisé : "Vivre la France! Vive la France!"
Sans doute croyait-il calmer ainsi ses bourreaux. Mais les autres continuèrent à le torturer et leurs voix résonnaient dans toute la maison.
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chroniquesassidueschroniquesassidues18 mai 2011
Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. J'ai côtoyé, durant ce temps, tant de douleurs et tant d'humiliations que je n'oserais plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile, que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours dans ma mémoire.
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thejozthejoz30 mars 2013
"Alors, il ne veut pas parler? dit l'un des civils.
-On a tout le temps , dit le commandant, ils sont tous comme ça au début : on mettra un mois, deux mois ou trois mois mais il parlera.
-C'est le même genre que Akkache ou Eyette Loup, repris l'autre. Ce qu'il veut : c'est être un "héros", avoir une petite plaque sur un mur dans quelques centaines d'années." Ils rirent à sa plaisanterie
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MepsMeps23 mai 2015
C'est aux "disparus" et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, à tous ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l'amitié entre nos deux peuples qu'il faut que l'on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d'eux.
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Videos de Henri Alleg (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henri Alleg
Henri Alleg raconte les tortures qu'il a vécues en Algérie
>Sciences sociales>Problèmes et services sociaux. Associations>Etablissements pénitentiaires (54)
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