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Martine Reid (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070343836
144 pages
Gallimard (17/01/2008)
3.8/5   127 notes
Résumé :
" La femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du moins sa vassale ; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd'hui encore, bien que sa condition soit en train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée.
En presque aucun pays son statut légal n'est identique à celui de l'homme et souvent il la désavantage considérablement. " Agrégée de philosophie, unie à Jean-Paul Sartre par un long compagnonnage affectif et intellect... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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«La Femme Indépendante» est un extrait du «Deuxième Sexe» écrit par Simone de Beauvoir, en 2 volumes (Les Faits et les mythes, L'expérience vécue) publiés en 1949.
L'ouvrage principal faisant plus de 900 pages, la lecture de cet extrait permet une approche en douceur de ce monumental essai qu'elle écrivit sur la condition de la femme et sur la nécessité de son émancipation.

Extrait passionnant et instructif où Madame de Beauvoir explicite ce rapport multi-millénaire établi entre les hommes (sujets) et les femmes (objets) ; de quelle manière ce rapport est maintenu au fil des générations, entre autre par l'éducation et les moeurs ; orientant les ambitions, suivant le sexe, qui vont conforter l'un dans sa supériorité, l'autre dans sa soumission. Mais l'auteur y suggère également en conclusion des changements fondamentaux (pilule, avortement, mixité scolaire, attente et ambition scolaire, travail...) pour évoluer vers une première égalité nécessaire pour la femme, à savoir son indépendance, mais aussi pour l'homme.

J'ai grandement apprécié cette lecture. Certaines observations peuvent paraître un peu dépassées aujourd'hui, mais c'est que justement les choses ont évolué et positivement. Le rapport entre les hommes et les femmes a bien changé, et s'il reste encore du chemin à parcourir, on peut cependant constater celui déjà effectué depuis la publication de cet ouvrage.
Madame Simone dit également des choses justes sur les femmes, je pense en particulier à leur ressenti dans une relation, et celui pour mener de front la femme «féminine» et la femme «indépendante».
J'ai aussi apprécié le fait que si elle se permet de dénoncer et critiquer, avec talent, certains propos d'intellectuels de l'époque, peu enclins à tenir compte des propos féminins, elle ne cherche pas pour autant à faire le procès des hommes, considérant cette responsabilité partagée.
Il y aurait bien d'autres choses à en dire, mais comme dirait un ami qui se reconnaîtra, il faut que je digère tout cela...

Ce fut donc une lecture enthousiasmante qui me décide à lire dès que possible l'intégralité de cet essai.
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Cela faisait depuis un certain moment, probablement depuis le collège ou le lycée où des professeurs de français avaient dû nous parler des essais philosophiques de cette femme extraordinairement indépendante pour son époque, ou de ceux de Sartre, puisqu'il est difficile de ne pas parler de l'un sans évoquer l'autre. Etant très intéressée par le combat féministe, je m'étais dit que je me mettrais sûrement un jour à lire ou à étudier de plus près cette écrivain.

C'est finalement après avoir passé le cap des 20 ans et ses remises en questions que l'occasion se présenta: je trouvais en librairie des extraits du Deuxième Sexe publiés dans un format poche par Gallimard, sous le titre " La Femme Indépendante". le livre ne coûtant que 2 euros, rien de tel pour avoir un aperçu de cette oeuvre devenue culte.

Aucun regret: ce petit recueil comprend l'introduction, un chapitre de l'oeuvre et sa conclusion. Il a beau être un essai , il n'est pas si difficile à lire, si on oublie les quelques notions philosophiques ( transcendance, immanence...) assez abstraites pour des novices comme moi.

Le livre est si bien écrit qu'on a vraiment l'impression de vivre un entretien avec l'auteur. Les extraits que j'ai pu lire sont suffisamment riches en exemples concrets que l'on peut s'imaginer sans trop de difficultés à quel point la condition féminine a depuis évolué.

Toutefois Simone de Beauvoir, contrairement à ce qu'on pourrait croire au vu de la notoriété de féministe qui lui a été attribuée, adopte un ton assez neutre: son but n'est pas d'adopter une attitude revancharde qui consisterait à toujours dénoncer le machisme ambiant, tout en défendant coûte que coûte les valeurs féministes. Elle tente plutôt d'établir des constats, qui ne sont d'ailleurs flatteurs ni pour la femme, ni pour l'homme. Dans ces extraits, elle évoque les études, la carrière professionnelle ( quand celles-ci sont possibles), la vie conjugale des femmes de son époque, avec parfois quelques retours dans le passé. Son analyse est profonde.

Aujourd'hui bien sûr, un certain nombre de choses ont changé depuis l'écriture de cet essai, mais certaines vérités évoquées par De Beauvoir sont encore valables, et il est alors intéressant d'en prendre connaissance.

La lecture de ces extraits m' a donc donné l'envie d'entreprendre celle de l'oeuvre dans son ensemble, et pourquoi pas, des Mémoires d'une Jeune Fille bien rangée, son autobiographie.
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Simone de Beauvoir dresse un état des lieux sans concession sur la situation féminine, à son époque. Et hélas, toujours à la nôtre, au bout du compte, il n'y a qu'à la lire pour en faire l'amer constat !

Simone de Beauvoir argumente, dissèque, explique. Aucun humour ni figure de style, elle n'est pas là pour distraire, elle est là pour montrer. Pour expliquer pourquoi les choses sont comme elles sont.

Ce que j'apprécie le plus, chez elle, c'est qu'elle ne dénigre pas les hommes, non, à aucun moment. En fait, elle arrive très bien aussi à montrer ce que les hommes gagneraient aussi, à changer la donne.

Il vaut mieux avoir l'esprit frais et dispos pour se plonger dans les écrits de Simone de Beauvoir, car contrairement à Virginia Woolf, dans Une Chambre à soi, par exemple, qui dénonce les injustices en amusant le lecteur par des propos en apparence anodins (ce qui les rend d'ailleurs d'autant plus percutants !), Simone de Beauvoir analyse, décortique et argumente.

Ce que je retiens, personnellement, comme message de cette lecture (attention, c'est bien sûr éminemment subjectif !), c'est qu'il faut que la femme travaille et soit financièrement indépendante, MAIS que cela ne lui suffira pas : il faut en même temps un travail de déconstruction des rôles, individuel, d'abord, en attendant le jour où enfin, peut-être, cette déconstruction soit collective. On est loin du compte, d'autant que, et là encore, c'est très subjectif, la plupart des débats ne portent pas, selon moi, sur l'essentiel, mais restent sur des symboles à la marge.

Bref, on devrait toutes et tous lire De Beauvoir au lycée. Après avoir lu Woolf, bien sûr, pas par respect idiot de la chronologie, mais parce que ça passe mieux dans ce sens là !
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J'ai longtemps culpabilisé de ne pas avoir lu le 2e sexe, souvent considéré comme fondateur philosophique du féminisme. Ces extraits vont me suffire.
Cela a fait un choc en 1949 mais il porte la marque du temps. Ces idées se sont banalisées en théorie, même si la pratique avance par bonds (actuellement Me to?) et j'avoue m'être un peu ennuyée.
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Dans cet extrait de son essai Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir explore ici la question de l'indépendance de la femme. Bien sûr, il est indispensable de rappeler que cet essai a été publié en 1949 et il est donc essentiel de garder cette date en mémoire à la lecture de cet essai.

Je n'ai pas pour habitude de lire des essais philosophiques, bien qu'ils soient très intéressants et instructifs mais mes notions de philo sont assez loin derrière moi, à mon grand regret. Ainsi, certains passages de cette oeuvre m'ont paru assez compliqué à saisir, en tout cas rapidement. Ce n'était donc pas une lecture très fluide, j'ai à plusieurs reprises du m'interrompre pour me replonger dans certaines notions de philo et retrouver certaines bases utiles à la compréhension de la pensée que nous propose Simone de Beauvoir (transcendance, immanence …). Malgré ça, à la fin de ma lecture, je garde cette sensation de n'avoir pas tout saisi de ses réflexions.

Heureusement pour moi, tout le développement de l'autrice ne requiert pas autant de notions philosophiques et d'autres passages sont davantage accessibles. Cela reste une lecture qui demande de la concentration et qui pousse à la réflexion mais c'est ce que je recherchais dans cet ouvrage. J'ai été surprise de voir, avec mon regard de femme en 2024 tous les changements liés à l'indépendance des femmes et les passages qui, au contraire sont toujours d'actualité et pourrait, à quelques détails près se retrouver dans un essai féministe plus contemporain.

En dehors des difficultés rencontrées pour la compréhension de certains passages, cela reste une lecture que j'ai apprécié. En particulier, j'ai apprécié lire, aborder ce sujet et le mettre en parallèle avec ce que l'on connait aujourd'hui, ce qui a évolué, dans quel sens ou au contraire ce qui demeure encore aujourd'hui. J'ai apprécié remonter le temps de la pensée féministe portée ici par Simone de Beauvoir. On fait alors un bon état des lieux du chemin parcouru et de ce qui reste à accomplir.

C'est un petit bouquin qui viendra se glisser parfaitement dans ma bibliothèque et que je relirais certainement dans quelques temps, quelques années pour continuer ce travail de réflexion, de comparaison mais en attendant, je vais travailler mes notions de philo !
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Un des bénéfices que l’oppression assure aux oppresseurs c’est que le plus humble d’entre eux se sent supérieur : un « pauvre Blanc » du sud des U.S.A. a la consolation de se dire qu’il n’est pas un « sale nègre » ; et les Blancs plus fortunés exploitent habilement cet orgueil. De même le plus médiocre des mâles se croit en face des femmes un demi-dieu. Il était beaucoup plus facile à M. de Montherlant de se penser un héros quand il se confrontait à des femmes (d’ailleurs choisies à dessein) que lorsqu’il a eu à tenir parmi des hommes son rôle d’homme : rôle dont beaucoup de femmes se sont acquittées mieux que lui. C’est ainsi qu’en septembre 1948 dans un de ses articles du Figaro littéraire, M. Claude Mauriac — dont chacun admire la puissante originalité — pouvait écrire à propos des femmes : « Nous écoutons sur un ton (sic !) d’indifférence polie… la plus brillante d’entre elles, sachant bien que son esprit reflète de façon plus ou moins éclatante des idées qui viennent de nous. » Ce ne sont évidemment pas les idées de M. C. Mauriac en personne que son interlocutrice reflète, étant donné qu’on ne lui en connaît aucune ; qu’elle reflète des idées qui viennent des hommes, c’est possible : parmi les mâles mêmes il en est plus d’un qui tient pour siennes des opinions qu’il n’a pas inventées ; on peut se demander si M. Claude Mauriac n’aurait pas intérêt à s’entretenir avec un bon reflet de Descartes, de Marx, de Gide plutôt qu’avec lui-même ; ce qui est remarquable, c’est que par l’équivoque du nous il s’identifie avec saint Paul, Hegel, Lénine, Nietzsche et du haut de leur grandeur il considère avec dédain le troupeau des femmes qui osent lui parler sur un pied d’égalité ; à vrai dire j’en sais plus d’une qui n’aurait pas la patience d’accorder à M. Mauriac un « ton d’indifférence polie ».
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Un monde où les hommes et les femmes seraient égaux est facile à imaginer car c’est exactement celui qu’avait promis la révolution soviétique : les femmes élevées et formées exactement comme les hommes travailleraient dans les mêmes conditions et pour les mêmes salaires ; la liberté érotique serait admise par les mœurs, mais l’acte sexuel ne serait plus considéré comme un « service » qui se rémunère ; la femme serait obligée de s’assurer un autre gagne-pain ; le mariage reposerait sur un libre engagement que les époux pourraient dénoncer dès qu’ils voudraient ; la maternité serait libre, c’est-à-dire qu’on autoriserait le birth-control et l’avortement et qu’en revanche on donnerait à toutes les mères et à leurs enfants exactement les mêmes droits, qu’elles soient mariées ou non ; les congés de grossesse seraient payés par la collectivité qui assumerait la charge des enfants, ce qui ne veut pas dire qu’on retirerait ceux-ci à leurs parents mais qu’on ne les leur abandonnerait pas.
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Que la femme se propose trop hardiment, l’homme se dérobe : il tient à conquérir. La femme ne peut donc prendre qu’en se faisant proie : il faut qu’elle devienne une chose passive, une promesse de soumission. Si elle réussit, elle pensera que cette conjuration magique, elle l’a effectuée volontairement, elle se retrouvera sujet. Mais elle court le risque d’être figée en un objet inutile par le dédain du mâle. C’est pourquoi elle est si profondément humiliée s’il repousse ses avances. L’homme aussi se met parfois en colère quand il estime qu’il a été joué ; cependant, il n’a fait qu’échouer dans une entreprise, rien de plus. Au lieu que la femme a consenti à se faire chair dans le trouble, l’attente, la promesse ; elle ne pouvait gagner qu’en se perdant : elle reste perdue. Il faut être grossièrement aveugle ou exceptionnellement lucide pour prendre son parti d’une telle défaite. Et lors même que la séduction réussit, la victoire demeure équivoque ; en effet, selon l’opinion publique, c’est l’homme qui vainc, qui a la femme.
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"La femelle est femelle en vertu d'un certain manque de qualités", disait Aristote. "Nous devons considérer les caractère des femmes comme souffrant d'une défectuosité naturelle." Et saint Thomas à sa suite décrète que la femme est un "homme manqué", un être "occasionnel". C'est ce que symbolise l'histoire de la Genèse où Eve apparaît comme tirée, selon le mot de Bossuet, d'un "os surnuméraire" d'Adam. L'humanité est mâle et l'homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n'est pas considérée comme un être autonome.
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La femme libre est seulement en train de naître ; quand elle se sera conquise, peut-être justifiera-t-elle la prophétie de Rimbaud : « Les poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme — jusqu’ici abominable — lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons. »
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Vidéo de Simone de Beauvoir
Vous connaissez Simone de Beauvoir, mais peut-être pas sa soeur Hélène. Pourtant, cette artiste peintre s'est elle aussi engagée pour la cause des femmes.
#feminisme #simonedebeauvoir #cultureprime
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