AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres

Martine Reid (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070343836
144 pages
Gallimard (17/01/2008)
3.89/5   79 notes
Résumé :
" La femme a toujours été, sinon l'esclave de l'homme, du moins sa vassale ; les deux sexes ne se sont jamais partagé le monde à égalité ; et aujourd'hui encore, bien que sa condition soit en train d'évoluer, la femme est lourdement handicapée.
En presque aucun pays son statut légal n'est identique à celui de l'homme et souvent il la désavantage considérablement. " Agrégée de philosophie, unie à Jean-Paul Sartre par un long compagnonnage affectif et intellect... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,89

sur 79 notes
5
3 avis
4
5 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Nadou38
  20 mai 2018
«La Femme Indépendante» est un extrait du «Deuxième Sexe» écrit par Simone de Beauvoir, en 2 volumes (Les Faits et les mythes, L'expérience vécue) publiés en 1949.
L'ouvrage principal faisant plus de 900 pages, la lecture de cet extrait permet une approche en douceur de ce monumental essai qu'elle écrivit sur la condition de la femme et sur la nécessité de son émancipation.
Extrait passionnant et instructif où Madame de Beauvoir explicite ce rapport multi-millénaire établi entre les hommes (sujets) et les femmes (objets) ; de quelle manière ce rapport est maintenu au fil des générations, entre autre par l'éducation et les moeurs ; orientant les ambitions, suivant le sexe, qui vont conforter l'un dans sa supériorité, l'autre dans sa soumission. Mais l'auteur y suggère également en conclusion des changements fondamentaux (pilule, avortement, mixité scolaire, attente et ambition scolaire, travail...) pour évoluer vers une première égalité nécessaire pour la femme, à savoir son indépendance, mais aussi pour l'homme.
J'ai grandement apprécié cette lecture. Certaines observations peuvent paraître un peu dépassées aujourd'hui, mais c'est que justement les choses ont évolué et positivement. Le rapport entre les hommes et les femmes a bien changé, et s'il reste encore du chemin à parcourir, on peut cependant constater celui déjà effectué depuis la publication de cet ouvrage.
Madame Simone dit également des choses justes sur les femmes, je pense en particulier à leur ressenti dans une relation, et celui pour mener de front la femme «féminine» et la femme «indépendante».
J'ai aussi apprécié le fait que si elle se permet de dénoncer et critiquer, avec talent, certains propos d'intellectuels de l'époque, peu enclins à tenir compte des propos féminins, elle ne cherche pas pour autant à faire le procès des hommes, considérant cette responsabilité partagée.
Il y aurait bien d'autres choses à en dire, mais comme dirait un ami qui se reconnaîtra, il faut que je digère tout cela...
Ce fut donc une lecture enthousiasmante qui me décide à lire dès que possible l'intégralité de cet essai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202
MissBibliophile
  22 juillet 2012
Cela faisait depuis un certain moment, probablement depuis le collège ou le lycée où des professeurs de français avaient dû nous parler des essais philosophiques de cette femme extraordinairement indépendante pour son époque, ou de ceux de Sartre, puisqu'il est difficile de ne pas parler de l'un sans évoquer l'autre. Etant très intéressée par le combat féministe, je m'étais dit que je me mettrais sûrement un jour à lire ou à étudier de plus près cette écrivain.
C'est finalement après avoir passé le cap des 20 ans et ses remises en questions que l'occasion se présenta: je trouvais en librairie des extraits du Deuxième Sexe publiés dans un format poche par Gallimard, sous le titre " La Femme Indépendante". le livre ne coûtant que 2 euros, rien de tel pour avoir un aperçu de cette oeuvre devenue culte.
Aucun regret: ce petit recueil comprend l'introduction, un chapitre de l'oeuvre et sa conclusion. Il a beau être un essai , il n'est pas si difficile à lire, si on oublie les quelques notions philosophiques ( transcendance, immanence...) assez abstraites pour des novices comme moi.
Le livre est si bien écrit qu'on a vraiment l'impression de vivre un entretien avec l'auteur. Les extraits que j'ai pu lire sont suffisamment riches en exemples concrets que l'on peut s'imaginer sans trop de difficultés à quel point la condition féminine a depuis évolué.
Toutefois Simone de Beauvoir, contrairement à ce qu'on pourrait croire au vu de la notoriété de féministe qui lui a été attribuée, adopte un ton assez neutre: son but n'est pas d'adopter une attitude revancharde qui consisterait à toujours dénoncer le machisme ambiant, tout en défendant coûte que coûte les valeurs féministes. Elle tente plutôt d'établir des constats, qui ne sont d'ailleurs flatteurs ni pour la femme, ni pour l'homme. Dans ces extraits, elle évoque les études, la carrière professionnelle ( quand celles-ci sont possibles), la vie conjugale des femmes de son époque, avec parfois quelques retours dans le passé. Son analyse est profonde.
Aujourd'hui bien sûr, un certain nombre de choses ont changé depuis l'écriture de cet essai, mais certaines vérités évoquées par De Beauvoir sont encore valables, et il est alors intéressant d'en prendre connaissance.
La lecture de ces extraits m' a donc donné l'envie d'entreprendre celle de l'oeuvre dans son ensemble, et pourquoi pas, des Mémoires d'une Jeune Fille bien rangée, son autobiographie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Quintessence492
  07 août 2022
Le livre marque une étape cruciale dans l'évolution de l'auteure qui correspond à la prise de conscience d'une condition féminine. Que signifie être femme ? Aucune essence préexistante ne détermine son destin constate-t-on. C'est à elle de le définir. Si le bonheur est une notion caduque au vue de certaines traditions, la liberté est un fait, le projet une transcendance. L'auteure décrivant l'emprise que les hommes ont exercée sur la femme au cours de l'histoire discute de certaines violences, certaines maltraitances. La femme ne tire pas dans le monde contemporain les avantages moraux et financiers qu'elle pourrait escompter de son travail. Pour autant doit-elle renoncer, accepter, s'émanciper ? ... La thèse c'est que la femme doit s'émanciper des mythes qu'on a construit sur elle, des violences pour permettre de reconstruire à neuf le monde sur la liberté, dans la fraternité. Si certains bonheurs sont perdus dans le monde contemporain, dans le monde de demain le bonheur et la liberté peuvent encore triompher car il n'y a pas d'autre justification à l'existence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
anniefrance
  11 janvier 2021
J'ai longtemps culpabilisé de ne pas avoir lu le 2e sexe, souvent considéré comme fondateur philosophique du féminisme. Ces extraits vont me suffire.
Cela a fait un choc en 1949 mais il porte la marque du temps. Ces idées se sont banalisées en théorie, même si la pratique avance par bonds (actuellement Me to?) et j'avoue m'être un peu ennuyée.
Commenter  J’apprécie          101
Coya
  27 janvier 2013
Tout d'abord je ne peux pas dire que j'apprécie ce genre de livres où il faut "réfléchir", où à la fin de chaque paragraphe je me dis "zut j'ai rien compris, bon je relis" XD Mais voilà que mon amie Marie me parlait d'une Simone qu'il fallait absolument que je lise. Moi en bonne copine me dis bon allez je vais faire un effort mais hors de question de me taper 2 volumes de je ne sais combien de pages alors j'ai trouvé ce petit bouquin qui est comme un résumé des 2 volumes du "Deuxième Sexe" de ma Simone. Oui je l'appelle ma Simone, nous sommes devenues copines après des longues heures de lecture. J'avoue j'ai vraiment eu du mal à le finir.
Bon passons aux choses sérieuses, au début du livre il y a la présentation faite par Martine Reid où elle nous expose le contexte dans lequel Simone a écrit ce livre. Cela permet de planter le décor. Ce livre nous relate la place de la femme dans la société, le pourquoi de la différence entre les deux sexes et la prédominance du sexe masculin qui est considéré comme supérieur. La femme n'a le droit de vote que depuis 5 ans. La révolution industrielle permet aux femmes de montrer leurs capacités au travail au point que les hommes ont voulu vite freiner cette émancipation car elles devenaient des concurrentes.
J'ai apprécié lire les quelques lignes où ma pensée rejoint celle de ma Simone. Là où elle nous parle de liberté, liberté de voter, de choisir un métier, de choisir son partenaire, de se marier, d'avoir des enfants (je suis contre l'avortement sauf pour des raisons médicales mais j'estime qu'il y assez de moyens de contraception et c'est à nous femmes de faire attention et ne pas tomber enceintes), etc
En étant en 2012 on ne peut que se réjouir du chemin parcouru depuis les années 1940 cependant certaines inégalités persistent (différences de salaire, harcèlement au travail, harcèlement dans la rue,..) eh oui... il y a encore du pain sur la planche!
Lien : http://unlivreunwakanda.cana..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Quintessence492Quintessence492   07 août 2022
L'art, la littérature, la philosophie sont des tentatives pour fonder à neuf le monde sur une liberté humaine : celle du créateur ; il faut d'abord se poser sans équivoque comme une liberté pour nourrir pareille prétention.
Commenter  J’apprécie          00
Nadou38Nadou38   16 mai 2018
Un des bénéfices que l’oppression assure aux oppresseurs c’est que le plus humble d’entre eux se sent supérieur : un « pauvre Blanc » du sud des U.S.A. a la consolation de se dire qu’il n’est pas un « sale nègre » ; et les Blancs plus fortunés exploitent habilement cet orgueil. De même le plus médiocre des mâles se croit en face des femmes un demi-dieu. Il était beaucoup plus facile à M. de Montherlant de se penser un héros quand il se confrontait à des femmes (d’ailleurs choisies à dessein) que lorsqu’il a eu à tenir parmi des hommes son rôle d’homme : rôle dont beaucoup de femmes se sont acquittées mieux que lui. C’est ainsi qu’en septembre 1948 dans un de ses articles du Figaro littéraire, M. Claude Mauriac — dont chacun admire la puissante originalité — pouvait écrire à propos des femmes : « Nous écoutons sur un ton (sic !) d’indifférence polie… la plus brillante d’entre elles, sachant bien que son esprit reflète de façon plus ou moins éclatante des idées qui viennent de nous. » Ce ne sont évidemment pas les idées de M. C. Mauriac en personne que son interlocutrice reflète, étant donné qu’on ne lui en connaît aucune ; qu’elle reflète des idées qui viennent des hommes, c’est possible : parmi les mâles mêmes il en est plus d’un qui tient pour siennes des opinions qu’il n’a pas inventées ; on peut se demander si M. Claude Mauriac n’aurait pas intérêt à s’entretenir avec un bon reflet de Descartes, de Marx, de Gide plutôt qu’avec lui-même ; ce qui est remarquable, c’est que par l’équivoque du nous il s’identifie avec saint Paul, Hegel, Lénine, Nietzsche et du haut de leur grandeur il considère avec dédain le troupeau des femmes qui osent lui parler sur un pied d’égalité ; à vrai dire j’en sais plus d’une qui n’aurait pas la patience d’accorder à M. Mauriac un « ton d’indifférence polie ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          132
Nadou38Nadou38   22 mai 2018
Un monde où les hommes et les femmes seraient égaux est facile à imaginer car c’est exactement celui qu’avait promis la révolution soviétique : les femmes élevées et formées exactement comme les hommes travailleraient dans les mêmes conditions et pour les mêmes salaires ; la liberté érotique serait admise par les mœurs, mais l’acte sexuel ne serait plus considéré comme un « service » qui se rémunère ; la femme serait obligée de s’assurer un autre gagne-pain ; le mariage reposerait sur un libre engagement que les époux pourraient dénoncer dès qu’ils voudraient ; la maternité serait libre, c’est-à-dire qu’on autoriserait le birth-control et l’avortement et qu’en revanche on donnerait à toutes les mères et à leurs enfants exactement les mêmes droits, qu’elles soient mariées ou non ; les congés de grossesse seraient payés par la collectivité qui assumerait la charge des enfants, ce qui ne veut pas dire qu’on retirerait ceux-ci à leurs parents mais qu’on ne les leur abandonnerait pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          172
Nadou38Nadou38   18 mai 2018
Que la femme se propose trop hardiment, l’homme se dérobe : il tient à conquérir. La femme ne peut donc prendre qu’en se faisant proie : il faut qu’elle devienne une chose passive, une promesse de soumission. Si elle réussit, elle pensera que cette conjuration magique, elle l’a effectuée volontairement, elle se retrouvera sujet. Mais elle court le risque d’être figée en un objet inutile par le dédain du mâle. C’est pourquoi elle est si profondément humiliée s’il repousse ses avances. L’homme aussi se met parfois en colère quand il estime qu’il a été joué ; cependant, il n’a fait qu’échouer dans une entreprise, rien de plus. Au lieu que la femme a consenti à se faire chair dans le trouble, l’attente, la promesse ; elle ne pouvait gagner qu’en se perdant : elle reste perdue. Il faut être grossièrement aveugle ou exceptionnellement lucide pour prendre son parti d’une telle défaite. Et lors même que la séduction réussit, la victoire demeure équivoque ; en effet, selon l’opinion publique, c’est l’homme qui vainc, qui a la femme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Nadou38Nadou38   12 mai 2018
"La femelle est femelle en vertu d'un certain manque de qualités", disait Aristote. "Nous devons considérer les caractère des femmes comme souffrant d'une défectuosité naturelle." Et saint Thomas à sa suite décrète que la femme est un "homme manqué", un être "occasionnel". C'est ce que symbolise l'histoire de la Genèse où Eve apparaît comme tirée, selon le mot de Bossuet, d'un "os surnuméraire" d'Adam. L'humanité est mâle et l'homme définit la femme non en soi mais relativement à lui ; elle n'est pas considérée comme un être autonome.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120

Videos de Simone de Beauvoir (87) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone de Beauvoir
Vidéo de Simone de Beauvoir
Dans la catégorie : FranceVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>France (324)
autres livres classés : féminismeVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Simone de Beauvoir

Comme beaucoup de femmes des années 40, Simone de Beauvoir a adopté un accessoire (ou une coiffure) qu'on lui a vu sa vie entière. Lequel ?

Un chapeau à voilette
Un turban
Un canotier

10 questions
218 lecteurs ont répondu
Thème : Simone de BeauvoirCréer un quiz sur ce livre