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ISBN : 207012326X
Éditeur : Gallimard (15/01/2009)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 213 notes)
Résumé :
Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit.

Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche.

Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
soleil23
  03 juin 2012
Un livre qui ne parle que d'écriture, de lecture et d'écrivains ne peut que me ravir. Des les premières pages, j'avais l'impression d'avancer sur un plage où chaque phrase était comme une vaguelette venant mourir à mes pieds, sensation si forte de peur mélangée à la douceur.
Peur d'être déçue, de ne pas trouver ce que je recherche : l'émerveillement par les mots. Mais vite, je me rends compte que "Au Bon Roman" n'est pas un roman comme les autres. Une fraicheur s'en dégage !!!
Que sont les bons romans ? C'est la question qui nous taraude en lisant cette histoire. Pour moi c'est simple, il doit apporter un plus à mon quotidien, un peu de nostalgie, un peu de joie, un peu d'espoir des fois, un peu de solitude avec soi et un peu de tout.
Chacun des romans nous affecte d'une manière ou d'une autre mais ce qui est sûr c'est qu'il nous indiffère jamais et c'est cela la vraie passion de lire !!
Ce roman nous rapproche des "Plumitifs", ceux et celles qui écrivent avec leurs coeurs et leurs tripes, les "grands prosateurs" comme aime les appeler Ivan.
Laurence Cossé, je ne connaissais pas mais j'avoue qu'à la lecture de ce roman, je suis tombée sous le charme de son style, de sa plume et de cette histoire pleine de titres, de noms d'auteurs et de récits littéraires. Elle fait glisser les personnages subtilement et avec une grande finesse pour les mettre à leur place. Beaucoup de complicité, d'amitié et de secrets en font un bon roman à mon sens. Ils sont tous attachants et si “particuliers" qu'ils méritent de faire l'objet d'un roman chacun.
Ce roman me fait penser à un homme qui a vécu sa vie pour les livres, de ces gens qu'on croise dans notre vie et dont le souvenir reste à jamais. Je tiens à rendre hommage à mon bouquiniste "aami Rachid", une rencontre au détour d'une ruelle comme seule peut en faire le hasard, un air fatigue par le poids des années mais toujours un sourire accroché aux lèvres, qui me rassure “ il y'a encore des gens biens “ qui vous offre un verre d'eau par une journée chaude d'été et un mot gentil qui vous réchauffe le coeur par une froide matinée d'hiver. Eh oui, il est comme cela mon bouquiniste à Alger ! Humble, cultivé, il connaissait les auteurs et les romans par coeur et même que des fois il me récitait quelques extraits gravés dans sa mémoire. Autre chose et pas des moindres, il ne met jamais en vente un livre en mauvais état, c'est sa façon simple de respecter ses amis les romans !!!!
Un grand homme aami Rachid !!!!
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Lolokili
  06 septembre 2018
Il est bon il est bon mon roman ! En tout cas en pleine rentrée littéraire, c'est bien celui-là qu'il faudrait découvrir.
Non non, il ne vient pas de sortir, mais cette utopie publiée il y a déjà huit ans se joue précisément des nouveautés littéraires et d'un certain microcosme de l'édition régi par le copinage et l'appât du gain. Je dis ça je dis rien.
Or donc Au bon roman est un audacieux… disons… polar littéraire, où la création d'une librairie idéale ayant pour vocation de ne proposer à ses clients que « de bons romans » exposera ses concepteurs à quelques fâcheux imprévus. Eh oui, le droit à la subjectivité se paie cher et peut entrainer des représailles à la hauteur de la susceptibilité de certains.
C'est un texte intelligent mêlant une réflexion sarcastique sur le monde littéraire à une enquête plus ou moins rocambolesque. Celle-ci, autant prévenir, n'est finalement qu'un prétexte, d'où un dénouement hasardeux qui personnellement m'a déçue. Je n'aime pas finir un bouquin sans obtenir de réponse à mes questions, c'est mon côté binaire. J'en veux donc un peu à Laurence Cossé pour ce largage en plein vol, mais l'élégance et l'éclectisme de cette respectable auteure méritent nonobstant que l'on se penche un tant soit peu sur son Bon Roman.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Missbouquin
  05 avril 2012
Ce roman pose la question de savoir s'il existe de la bonne et de la mauvaise littérature. Et j'avoue qu'à la fin d'un tel livre, je doute encore … L'entreprise lancée par les deux libraires est à la fois compréhensible et contestable. Il était certain que l'idée de rassembler les “bons” romans quelque part allait forcément blesser un certain nombre de personnes, d'écrivains et d'éditeurs. L'important est cependant d'assumer ses choix. C'est un peu comme si ils avaient créé une nouvelle sorte de libraires, qui font eux-mêmes un tri dans la production et dans ce qu'ils veulent vendre. Cela me fait penser dans une certaine mesure à la Griffe noire. Mais même celle-ci est supposée pouvoir se procurer tous les livres actuellement édités en France (ce qui ne veux pas dire qu'elle est obligée de les exposer dans la vitrine). Mais l'on ne soupçonne pas toujours la force du lobbying de certains gros éditeurs, qui veulent être présents partout à tout prix, et à laquelle peu de libraires peuvent résister (inutile de nier que l'on est rarement millionnaire dans ce métier …).
Pour qu'une telle librairie existe vraiment aujourd'hui, il faudrait donc que le libraire se sente totalement indépendant de toute pression commerciale, financière ou autre.
Finalement, je ne sais pas si ce roman est un chef d'oeuvre, mais pour le coup, il a l'avantage de proposer une réflexion originale sur ce qui fonde une librairie, et les goûts littéraires de chacun.
Enfin, pour répondre à certaines critiques que j'ai lu sur Internet, il ne me semble pas que vouloir sélectionner de “bons romans” empêchera des gens de milieux modestes d'accéder à cette littérature. Pour moi, le Petit Prince est un bon roman, tout comme Proust. La notion de bon roman est trop subjective pour qu'une librairie idéale puisse exister, cependant, pourquoi ne pas essayer de tendre vers cet idéal ? :)
Ce n'est pas le lieu ici pour suivre toutes les pistes ouvertes par ce roman, ce qui prouve bien que ce n'est pas un “mauvais” roman, puisque pour moi la littérature doit davantage interroger que donner des réponses …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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irenelec
  11 juin 2012
Cette critique est pour moi un exercice très difficile tant ce livre m'a personnellement dérangé. En effet sa thématique même est un sujet qui me tient à coeur. Arrivée à la moitié du roman je me fais la remarque que ce qui me gêne c'est l'idée qu'une "bonne librairie" ne doit être consacrée qu'à un certain type de roman d'un qualité telle que l'on peut considérer comme réservé aux intellectuels. Il y a une sorte de mépris vis à vis d'oeuvres grand public qui parce qu'elles sont d'un abord moins aride ne sont pas jugées digne. Comment peut-on se permettre d'être aussi arbitraire et peut-on refuser aux lecteurs de romans moins élitistes d'être eux aussi des amoureux du livre. La question reste ouverte. Arrivée aux 2/3 ma gêne augmente. Tout ce que j'ai précédemment exprimé est repris dans le roman par les détracteurs de la librairie et les arguments qu'ils émettent sont évidemment agressifs, sans considération et présentés de manière telle qu'il est difficilement acceptable de les faire siens.
Arrivée p 270 j'y trouve la phrase qui me rassérène et qui enfin dissocie "bon" de "difficile".
En dehors de ces réflexions personnelles j'ai été accrochée par le début qui nous fait croire à un polar, moins par toute la partie d'exposition du projet de librairie et plus par la fin qui devient vivante avec les problèmes qui arrivent.
Les personnages sont magnifiques surtout Francesca qui bien que femme brisée est sublime.
C'est certainement un roman qui me marquera même si ce n'est pas celui qui m'a procuré le plus grand plaisir de lecture.
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absolu
  28 janvier 2013
« Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Il insistait : Tu notes bien que je parle du roman ? IL n'y a pas que les situations d'exception, dans les romans, les choix de vie ou de mort, les grandes épreuves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banales, tous les comportements, des plus beaux aux plus misérables. [..] Des adultes vont te dire que non, que la littérature n'est pas la vie, que les romans n'enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne. »
Ça commence par des crimes, des attentats psychologiques, le mystère est complet. Une enquête doit être menée, alors il faut raconter toute l'histoire. Toutes les histoires. D'amour, politiques, de jalousie, de haine. Un « je » s'en charge, très discret au début, laissant place à l'intrigue, pour s'affirmer, au fil des pages, et enfin se révéler, au lecteur, à lui-même.
Francesca a un rêve, des moyens. Elle rencontre Van, qui, lui, a une passion, et de l'expérience : « Il avait acquis un discernement formidable. Dans les deux premières pages, il repérait le très bon livre. Celui-là, il le lisait en entier. Les autres, il leur consacrait ni plus ni moins que le temps qu'ils méritaient, trois minutes pour la pseudo-enquête du journaliste gonflant un article déjà paru, cinq pour le pavé dans lequel il était évident qu'on ne trouverait pas une phrase à noter, un quart d'heure pour le roman attendu – aux deux sens du terme – de l'auteur exploitant sans risque sa réputation en récrivant toujours le même opus.. » Ils créent « la librairie parfaite, celle qui ne vendrait que de bons romans » : Au Bon Roman 
«  - Vous n'avez presque aucune chance.
Ce presque nous passionne, dit Van. »
Un comité secret se crée, composé de huit membres qui établissent leurs listes, sans jamais se rencontrer. Valse des pseudos, des titres à recouper, des genres, pays époques à représenter. Travail de Titan, de fourmis, la galerie se creuse, s'étend, s'étoffe, s'organise. « Je suis un peu perdue, entre les vrais noms qui ont l'air de faux, les noms de plume adoptés par certains et les noms d'emprunt que nous exigeons de tous.
Rouages économiques, chaîne du livre désentravé, le roman déploie ses feuilles, parmi ses congénères, ses amis d'enfance, ses camarades de longue date. Plongée vers les abysses romanesques, navigant entre les incontournables, les classiques, pour atteindre le précieux, le caché dans les profondeurs. le jamais remonté à la surface, le passé inaperçu derrière un ban de nouveautés, un récif de best-sellers. La barrière de corail se lève et le goûteux entre en scène.
Une librairie spécialisée qui attire spécialement les amateurs d'authentique, de phrases cent fois remises sur le métier avant d'être couchées à vie sur le papier, des parfums qui se distillent et s'évaporent, différents à chaque page, à chaque livre. Galerie d'art, les cinq sens sont invités, le temps suspend son vol et l'absolu s'empare des lieux.
« Enfin ! Enfin une librairie où il n'y a que des romans superbes. Enfin une vraie sélection, Enfin on peut être certain que l'on ne sera pas déçu.
« déjà la librairie est bénéficiaire. Là n'est pas l'essentiel. Au bon roman est beaucoup plus qu'une entreprise, c'est un mouvement. »

Une librairie qui attire aussi les intrigues, les malveillances, les coups bas. La tragédie guette, d'abord tapie entre le canapé et l'étagère, et se déclare. Sur place, dans la presse, sur le net, dans la rue.
« la conjuration des médiocres et des envieux n'a qu'une force, elle est innombrable. »
L'attaque est massive, anonyme, virulente, violente. Massive, mais orchestrée, par quelques-uns seulement, un réseau, une autre fourmilière, semblable à celle d'Argentine, qui décime toutes les autres, tente différentes attaques aux points stratégiques, sur plusieurs fronts.
Les forces obscures s'emparent de la Capitale (de la douleur ?), Flaubert les dénonçait déjà, 150 ans plus tôt. van contr'attaque pacifiquement, invite au dialogue, au calme, à passer sans trop se retourner, à tourner les pages, quoi qu'il arrive.
« ce qui m'angoisse, c'est le combat terrible entre les Puissances, je veux dire que ce combat soit incessant, n'ait pas de vainqueur, pas de fin, et que nous en soyons les jouets, terrifiés »
Ce combat n'est pas le seul. Il y a aussi celui des sentiments, des amours impossibles. Anis(z) et van semblent mener une relation pour le moins épique : épistolaire, puis téléphonique, puis « rendez-voutesque ». Anis plus que quiconque s'identifie à une héroïne, inaccessible, qui aime les histoires mais craint de les vivre : « Anis free, on ne peut mieux dire. Je vais envoyer ce type de messages. Ce sont des papillons voyageurs, ils feront mois de bruit que ceux que je laissais sur votre répondeur. Vous serez encore plus libre de ne pas y répondre. » « Il ne voyait que cette signature. Chimène. Son coeur sautait de joie. Chimène ou les atermoiements, Chimène inaccessible. Chimène divisée, contradictoire, Chimène ouvrant les bras à celui qu'elle ne veut pas voir, fermant les yeux sous ses baisers – ceci expliquant peut-être cela. »Anis est un extrait, d'amour, d'inaccessible, un passage qu'on aime à relire sans en saisir jamais véritablement l'essence. Tandis que Van, de son côté, commence les siennes sans jamais laisser à quiconque le soin d'en écrire une suite:des coups de foudre, des sérénades, des roulades et des roucoulades. Et puis un grand coup de barre de mon fait. En arrière toute. Des pleurs et des reproches chez elle. Chez moi, des regrets, de la honte, du soulagement. .
Francesca, l'instigatrice, celle par qui tout arrive, voudrait Van, mais ne peut pas (et n'en dit rien), van veut Anis qui pourrait mais ne sait pas ce qu'elle veut.
L'une bouleverse Van, l'autre le structure, le stabilise : J'ai la certitude que vous allez me permettre d'accéder à mon être propre. Alors même que son mariage est distendu, poli et décousu de fil terni, jaunâtre.

Des personnages tout droit tirés de romans, des histoires hors du communément racontées
Mais, après tout. ce ne sont que des histoires, tout ça. Ce sont des histoires, justement. Il en fallait donc une pour les raconter toutes. Un polar éthique, une poésie policière, en quête de littérature, à la recherche du roman perdu.
Lien : http://www.listesratures.fr/..
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
lilibaliliba   16 août 2011
Depuis qu'existe la littérature, la souffrance, la joie, l'horreur, la grâce, tout ce qu'il y a de grand en l'homme a produit de grands romans. Ces livres d'exception sont souvent méconnus, ils risquent en permanence d'être oubliés et , aujourd'hui où le nombre des publications est considérable, la puissance du marketing et le cynisme du commerce s'emploient à les rendre indistincts des millions de livres anodins, pour ne pas dire vains.

Or ces romans magistraux sont bienfaisants. Ils enchantent. Ils aident à vivre. Ils instruisent. Il est devenu nécessaire de les défendre et de les promouvoir sans relâche, car c'est une illusion de penser qu'à eux seuls ils auraient le pouvoir de rayonner. Nous n'avons pas d'autre ambition.

Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larmes tant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout, calciné que l'on est par la souffrance : des livres qui soient là comme des proches quand on a rangé la chambre de l'enfant mort, recopié ses notes intimes pour les avoir toujours sur soi, respiré mille fois ses habits dans la penderie, et que l'on n'a plus rien à faire ; des livres pour les nuits où, malgré l'épuisement, on ne peut pas dormir, et où l'on voudrait simplement s'arracher à des visions obsessionnelles ; des livres qui fassent le poids et qu'on ne lâche pas quand on n'en finit pas d'entendre le policier dire doucement : Vous ne reverrez pas votre fille vivante ; quand on n'en peut plus de se voir chercher le petit Jean follement dans toute la maison, puis follement dans le jardin, quand quinze fois par nuits on le découvre dans le petit bassin, à plat ventre dans trente centimètres d'eau ; des livres qu'on peut apporter à cette amie dont le fils s'est pendu, dans sa chambre, il y a deux mois qui semblent une heure ; à ce frère que la maladie rend méconnaissable.

Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire.

Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié.

Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous.

Nous voulons des livres qui aient coûté beaucoup à leur auteur, des livres où se soient déposés ses années de travail, son mal au dos, ses pannes, son affolement quelquefois à l'idée de se perdre, son découragement, son courage, son angoisse, son opiniâtreté, le risque qu'il a pris de rater.

Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent ; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'oeuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les coeurs. Nous voulons des romans bons.

Nous voulons des livres qui n'éludent rien du tragique humain, rien des merveilles quotidiennes, des livres qui nous fassent revenir l'air dans les poumons.

Et quand il n'y en aurait qu'un par décennie, quand il ne paraîtrait qu'un Vies minuscules tous les dix ans, cela nous suffirait. Nous ne voulons rien d'autre.
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LolokiliLolokili   06 septembre 2018
– Et dire que tant de gens autour de moi se plaignent de ne rien trouver de bon à lire. Quelle aberration.
– Quel dommage. Alors que vous et moi découvrons chaque mois un chef-d’œuvre. C’est que quatre-vingt-dix pour cent des romans qui se publient sont « des livres que c’est pas la peine », comme les appelait Paulhan. La critique ne devrait parler que des autres, mais elle est paresseuse et frivole.
– Elle se fiche pas mal de la vérité. Elle ne connait que deux lois, le clanisme et le copinage. En un mot elle est corrompue.
– Je n’osais pas le dire. On encense les bouquins navrants, et dans ce magma, les perles passent inaperçues. Par définition, la confusion profite aux médiocres.
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lilibaliliba   16 août 2011
Mon grand-père m'a laissé bien davantage, la passion de la littérature, et quelque chose de plus, de fondamental, la conviction que la littérature est importante. Il en parlait souvent. La littérature est source de plaisir, disait-il, c'est une des rares joies inépuisables, mais pas seulement. Il ne faut pas la dissocier de la réalité. Tout y est. C'est pourquoi je n'emploie jamais le mot fiction. Toutes les subtilités de la vie sont la matière des livres. Il insistait : Tu notes bien que je parle du roman ? Il n'y a pas que les situations d'exception, dans les romans, les choix de vie ou de mort, les grandes épreuves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banales ; et en réponse, toutes les attitudes humaines, tous les comportements, des plus beaux aux plus misérables. Lisant cela, on se demande : Et moi, qu'est-ce que j'aurais fait ? Il faut se demander. Ecoute-moi bien : c'est une façon d'apprendre à vivre. Des adultes vont te dire que non, que la littérature n'est pas la vie, que les romans n'enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne.
+ Lire la suite
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soleil23soleil23   03 juin 2012
Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larmes tant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout, calciné que l'on est par la souffrance : des livres qui soient là comme des proches quand on a rangé la chambre de l'enfant mort, recopié ses notes intimes pour les avoir toujours sur soi, respiré mille fois ses habits dans la penderie, et que l'on n'a plus rien à faire ; des livres pour les nuits où, malgré l'épuisement, on ne peut pas dormir, et où l'on voudrait simplement s'arracher à des visions obsessionnelles ; des livres qui fassent le poids et qu'on ne lâche pas quand on n'en finit pas d'entendre le policier dire doucement : Vous ne reverrez pas votre fille vivante ; quand on n'en peut plus de se voir chercher le petit Jean follement dans toute la maison, puis follement dans le jardin, quand quinze fois par nuits on le découvre dans le petit bassin, à plat ventre dans trente centimètres d'eau ; des livres qu'on peut apporter à cette amie dont le fils s'est pendu, dans sa chambre, il y a deux mois qui semblent une heure ; à ce frère que la maladie rend méconnaissable.

Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire.

Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié.

Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous.

Nous voulons des livres qui aient coûté beaucoup à leur auteur, des livres où se soient déposés ses années de travail, son mal au dos, ses pannes, son affolement quelquefois à l'idée de se perdre, son découragement, son courage, son angoisse, son opiniâtreté, le risque qu'il a pris de rater.

Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent ; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'oeuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les coeurs. Nous voulons des romans bons.
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MademoiselleEMademoiselleE   18 janvier 2012
La littérature est source de plaisir, disait-il, c'est une des rares joies inépuisables mais pas seulement. Il ne faut pas la dissocier de la réalité. Tout y est, c'est pourquoi je n'emploie jamais le mot fiction. Toutes les subtilités de la vie sont matière des livres. Il n'y a pas que les solutions d'exception, dans les romans, les choix de la vie ou de mort, les grandes éprouves, il y a aussi les difficultés ordinaires, les tentations, les déceptions banals; et en réponse toutes les attitudes humaines, tous le comportements, de plus beaux aux plus misérables. Lisant cela, on se demande: et moi qu'est-ce que j'aurais fait? Il faut se le demander. Écoute-moi bien: c'est une façon d'apprendre à vivre. Des adultes vont te dire que non, que la littérature n'est pas la vie, que les romans n'enseignent rien. Ils auront tort. La littérature informe, elle instruit, elle entraîne.
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