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EAN : 9782070380978
192 pages
Gallimard (13/02/1989)
3.86/5   46 notes
Résumé :
Dès que nous appelons, nous devenons, nous sommes, déjà pareils. A qui ? A quoi ? A ce dont nous ne savons rien. Et c'est en devenant personne pareille que nous 'quittons le désert, la société.
Écrire c'est n'être personne. « Mort », disait Thomas Mann. Lorsque nous écrivons, lorsque nous appelons, déjà nous sommes pareils. Essayez. Essayez alors que vous êtes seul dans votre chambre, libre, d'appeler ou de répondre au-dessus du gouffre. De vous mélanger au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Texte écrit un jour de juin, encore ravagée par la nouvelle "Les mains négatives", le sommet de l'art d'écrire de Marguerite Duras, selon moi... Si cela pouvait vous donner envie de le lire...


La femme du marin de Gibraltar


Premiers accords du thème principal du film « In the Moon for Love ». le morceau sera le même pendant toute la scène. Elle est vide, baignée d'une lumière rouge.
Une femme entre par la gauche en hésitant. Elle porte les cheveux courts et une longue robe noire où la lumière rouge se reflète. Elle avance lentement, le bras levé devant elle comme pour retenir quelqu'un.
Elle s'immobilise au centre de la scène. Son bras retombe, épuisé par l'effort d'avoir essayé de retenir ce qui la fuit.

Une voix s'élève, lente, rauque, posée :
- On appelle mains négatives les peintures de mains trouvées dans les grottes magdaléniennes de l'Europe Sud-Atlantique. le contour de ces mains – posées grandes ouvertes sur la pierre – était enduit de couleur. le plus souvent de bleu, de noir. Parfois de rouge. Aucune explication n'a été trouvée à cette pratique.
Une autre voix chuchote en écho :
- On appelle mains négatives … le contour de ces mains… Parfois de rouge…

La femme baignée de rouge ne bouge pas. On dirait qu'elle n'entend rien, qu'elle ne tient debout que par son regard accroché à ce qui la fuit.
La voix rauque reprend :
- Devant l'océan
sous la falaise
sur la paroi de granit
La femme se tourne très lentement face à la salle pendant que la voix en écho répète :
- Devant… Sous… Sur… Granit…
- ces mains
Les pizzicatos des altos tic-taquent comme un coeur à bout de souffle. La femme regarde ses mains qui pendent le long de ses jambes, comme on regarderait des objets cassés, avec un geste du cou très doux. Ses mouvements sont très lents, très las.
- ouvertes
La femme amène ses mains à la hauteur de son ventre et regarde ses paumes ouvertes.
- Bleues
Et noires
La femme enfouit son visage dans ses mains, les poignets appuyés sur la naissance de ses seins que ses avants-bras écrasent.
- du bleu de l'eau
Du noir de la nuit
- … Eau… Nuit…
La femme descend lentement poser ses mains sur son ventre dans un geste de femme enceinte. Ses gestes, toujours lents et doux, trahissent une grande lassitude.
Les mains posées sur son ventre, elle ne bouge plus. Un temps.

- L'homme est venu seul dans la grotte
face à l'océan
Toutes les mains ont la même taille
il était seul
- … L'homme est venu… A l'océan… Toutes les mains… Etait seul…
La femme plaque brusquement une main sur sa bouche. L'autre reste sur son ventre et s'y étale lentement en étoile.
Elle ne bouge plus, statufiée dans sa lassitude de la douleur.

- L'homme seul dans la grotte a regardé
dans le bruit
dans le bruit de la mer
l'immensité des choses
- … Homme seul dans la grotte… Bruit… Bruit de la mer… Immensité…

La main de la femme relâche doucement sa pression sur la bouche et redescend vers son ventre. Elle a fait déborder le maquillage de ses lèvres. Les deux mains posées à plat de part et d'autre de son ventre un peu rond, le regard de la femme reste rivé à terre.
La femme est dans une stupeur doucement hébétée. Ce n'est plus la lassitude de la douleur, c'est la douleur toute nue qui guillotine la femme d'un coup.

[Force soudaine d'une autre voix, claire et masculine.]
- Toi qui es nommée toi qui es douée d'identité je
t'aime
La femme entend, elle relève brusquement la tête vers le haut. Il y a une esquisse de douloureux sourire sur son visage.
[La voix en écho.]
- … Nommée… Identité… T'aime…
L'écho du « t'aime » lui ferme les yeux et efface le sourire. Un long soupir gonfle sa poitrine et s'exhale de sa bouche entrouverte. On entend le battement de son coeur dans les pizzicatos de la musique.

Sa tête lasse retombe peu à peu sur son épaule, ses mains toujours à plat sur son ventre, et ses yeux ; ses yeux regardent en biais, vers le sol, à la manière des madones De La Renaissance.
[La voix rauque posée.]
- Ces mains
du bleu de l'eau
du noir du ciel
[La voix en écho.]
- … Mains… Eau… Ciel…

Elle ne bouge pas ; visage de Piéta. Une de ses mains caresse son ventre sans qu'elle y prête attention.
- Plates
Sa tête se penche vers son autre épaule comme pour soulager son cou et s'immobilise dans un mouvement qui n'en finit pas.
- Posées écartelées sur le granit gris
- … Ecartelées…
- Pour que quelqu'un les ait vues
- … Quelqu'un… Vues…

La femme redresse la tête et regarde au loin comme on regarde un bateau partir depuis le port.

[Force de la voix masculine, en crescendo au fur et à mesure des répliques, accompagnée par les montées dans les aigus du violon qui tient le thème.]
- Je suis celui qui appelle
Je suis celui qui appelait qui criait il y a trente
mille ans
[La voix en écho.]
- … Celui qui appelle… Qui criait…. Trente mille ans…
- Je t'aime
- … Je t'aime…

La femme s'anime brusquement. Une de ses mains brusquement détachées du ventre, elle a le mouvement de quelqu'un qui cherche quelque chose du regard dans une foule.
- Je crie que je veux t'aimer, je t'aime
- … Veux t'aimer… T'aime…
Elle tourne vivement la tête à droite, à gauche ; son regard s'affole, tendu vers ce qu'elle cherche désespérément, elle est un élan vers quelque chose. Son ventre toujours soutenu d'une main, elle s'agite dans un faisceau de lumière rouge qui n'éclaire plus qu'elle (le reste de la scène est plongé dans le noir), elle tourne comme si elle avait perdu ce qu'elle avait de plus cher au monde.
- J'aimerai quiconque entendra que je crie
Noir de quelques secondes.
- … Entendra… Que je crie…


La scène est de nouveau éclairée toute entière de rouge. La femme est immobile, un peu excentrée sur la gauche, la main droite posée sur son ventre, la gauche pendante le long de son flanc. A sa droite un peu en retrait, un fauteuil au design moderne, cuir noir et aluminium étincelant.
[La voix rauque posée.]
- Sur la terre vide resteront ces mains sur la paroi de
granit face au fracas de l'océan
La femme se retourne et va s'asseoir dans le fauteuil. Ses gestes, sa démarche ont retrouvé leur lenteur et leur lassitude premières. le thème au violon de la musique est lancinant.
[La voix en écho.]
- … La terre vide… Resteront ces mains… Au fracas de l'océan…
- Insoutenable
- … -nable…
- Personne n'entendra plus
La femme pose son coude sur le bras du fauteuil, cache son regard dans sa main.
- … Personne…
Son autre main se pose sur son ventre dans un mouvement d'oiseau blessé.
- Ne verra
- … -ra…
Sa main cache toujours ses yeux.
- Trente mille ans
Ces mains-là, noires
- … Ans… Noires…
- La réfraction de la lumière sur la mer fait frémir
la paroi de pierre
Sa main se crispe sur son ventre pour le protéger.
- … La lumière… La mer… de pierre…

Le violon du thème grince, déchirant. La femme se balance doucement au rythme des pizzicatos qui l'accompagnent.

[La voix masculine et claire, plus douce.]
- Je suis quelqu'un je suis celui qui appelait qui
criait dans cette lumière blanche
La femme se lève d'un bond qui la place au centre de la scène. La lumière y est toujours rouge.
[La voix en écho.]
- … Quelqu'un… Suis celui qui… Qui criait… Cette lumière blanche…

[La voix rauque posée.]
- le désir

En même temps que la voix, la femme a levé le bras et tiré le noeud qui retenait sa robe. le vêtement est tombé comme une corolle noire autour de ses pieds. Elle est nue dans un puits de lumière rouge qui tombe sur elle à la verticale. le reste de la scène est dans l'ombre.

- le mot n'est pas encore inventé
[La voix en écho.]
- … Mot… Pas encore… -enté…
Noir.


[La voix rauque continue.]
- Il a regardé l'immensité des choses dans le fracas
des vagues, l'immensité de sa force
[La voix en écho.]
- … Regardé… L'immensité… Dans le fracas… L'immensité… Sa force…
- et puis il a crié


Un temps. La scène se rallume progressivement d'un violent bleu électrique. La femme est assise par terre au centre de la corolle de sa robe noire, jambes un peu écartées, bras autour des genoux, bras reliés par ses mains nouées à ses poignets, le visage dans le creux que ses membres protègent. Elle est toujours nue.
- Au-dessus de lui les forêts d'Europe,
sans fin
- … Lui… Sans fin…
- Il se tient au centre de la pierre
des couloirs
des voies de pierres
de toutes parts
- … Au centre… Des voies… -erres… Part…

[La voix masculine, tendre. La femme lève la tête pendant qu'il parle.]
- Toi qui es nommée toi qui es douée d'identité je
t'aime d'un amour indéfini

La femme a un regard perdu, un regard de naufragée.
[La voix en écho.]
- … Toi… Nommée… Douée d'identité… Amour indéfini…

La femme se berce d'un doux mouvement qui épouse le rythme des pizzicatos de la musique. Se faisant, elle pivote légèrement jusqu'à se retrouver de trois quarts pour la salle.
Elle ramène ses genoux dans sa poitrine, se met en boule comme un chaton, et pose sa tête sur ses genoux, le visage visible. Elle a les yeux fermés et se balance toujours doucement sur la musique.
[La voix rauque et posée.]
- Il fallait descendre la falaise
vaincre la peur
Le vent souffle du continent, il repousse
l'océan
Les vagues luttent contre le vent
Elles avancent
ralenties par sa force
et patiemment parviennent
à la paroi
[La voix en écho]
- … Il fallait descendre… Vaincre… le vent… Repousse… Vagues… Contre… Elles avancent… Ralenties… Parviennent… -roi…


Pause dans la musique.
[La voix rauque et posée.]
- Tout s'écrase

La femme se laisse étendre sur le sol en travers de sa corolle noire, comme un arbre qu'on abat.
Un temps. La musique reprend en sourdine.

[La voix masculine, claire, douce.]
- Je t'aime plus loin que toi
J'aimerai quiconque entendra que je crie que je
t'aime
La femme s'est relevée au rythme de la voix masculine. Elle est appuyée sur ses coudes, face à la salle, une jambe repliée l'autre allongée, le menton posé en confidence sur une épaule. Son corps nu s'épanouit sous la lumière bleue qui s'est adoucie. On voit surtout ses seins, la rondeur de ses seins.
[La voix masculine, très tendre.]
- Trente mille ans
Elle semble absente, n'écoutant plus que d'une oreille distraite par la lassitude de l'attente.
- J'appelle

Elle se redresse brusquement, croise les jambes en tailleur dans son mouvement pour se relever, pose ses mains sur son ventre. Elle se penche vers son ventre, tend l'oreille vers lui, un peu plus rebondi que ses formes pleines ne le demandent.
- J'appelle celui qui me répondra
Je veux t'aimer je t'aime

Perdue dans son écoute, la femme a complètement oublié la voix masculine.
[Celle-ci s'assourdit jusqu'au murmure.]
- Depuis trente mille ans je crie devant la mer le
spectre blanc

La musique s'est tue. Un véritable sourire illumine le visage de la femme. Elle se lève, la main toujours posée sur son ventre. Toujours nue, elle marche vers le côté cour avec un sourire lumineux, les yeux rivés sur son ventre un peu trop rebondi. Tellement concentrée sur l'attente nouvelle qu'elle en a oublié l'ancienne et sa douleur, inutiles depuis longtemps.

Elle est sortie. Sa robe est restée par terre comme une chose morte dans le silence de la lumière bleue.
[La voix masculine se brise.]
- Je suis celui qui criait qu'il t'aimait, toi

Noir.

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Ce livre est composé de plusieurs textes, scénarii qui n'ont pas tous été filmés mais qui ont parfois été adapté au théâtre. C'est le cas pour le texte principal « le navire night » qui a été joué au théâtre avec Bulle Ogier et Michael Lonsdale en 1979. C'est l'histoire d'un amour impossible qui a un côté très actuel puisque la relation entre l'homme et la femme se fait essentiellement par téléphone.
Les fils rouges de ces textes c'est peut-être la juivité, la Grèce et nos origines évoqués clairement dans « Césarée » et « Les mains négatives ». On retrouve aussi ces éléments dans « Aurelia Steiner », présenté sous la forme de trois textes différents malgré le titre homonyme, mais qui se distingue par les lieux (Melbourne, Vancouver, Paris). Ces scénarii évoquent tous la shoah, sujet essentiel pour Marguerite Duras, qui a écrit « la Shoah devrait être la douleur de toute l'humanité ».
En effet, elle a connu Elie Wiesel et a eu de longues discussions avec lui, à New York. Elle lui a emprunté une scène de « La nuit » (1958) pour l'inclure dans « Aurélia Steiner » (Vancouver), en 1979. Cette scène l'a bouleversée au point qu'elle parle d'une image intolérable, l'agonie d'un enfant juif, pendu pour avoir volé́ de la soupe "si léger, si maigre, qu'il n'arrivait pas à se pendre avec son propre poids". Elle écrit ici sa traduction personnelle : « Vous êtes enfin mort, on vous a dépendu, vous êtes allongé, recroquevillé sur vous-même dans une pose négligée, ensommeillée, d'enfant ».
Merveilleuse Marguerite Duras qui a traversé le siècle et s'y est engagée.
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On pourrait dire, pour commencer, qu'il y a l'amour.

Entre un homme et une femme, qui s'aiment de loin, du bout de la ligne, de téléphone et de la vie. Qui s'aiment à la folie, c'est peut-être même ça la clef, peut-être, la folie.

Entre un homme et une femme, qui ont fait un bébé. Pendant la guerre. Et cette petite fille survit, mais pas eux. Sûrement pas eux. Trois versions, trois lieux. Ce qui est vrai, c'est l'émotion, le reste... Aurélia Steiner est folle peut-être. Ou peut-être pas. Elle écrit.

Toute la poésie des mots de Marguerite Duras, dans son rythme inimitable, dans cette vision de désespoir et de sensualité. Des flashes, des visions, une violence d'une douceur parfois insoutenable.


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C'est une histoire d'amour, peut être, ou pas, des fragments de nuits.
La nuit qui revient en pointillé comme une idée légère à fleur de peau.
La nuit qui devient le lieu de tous les possibles & de tous les interdits.
La nuit de l'affaissement des barrières sociales.
La nuit de la jouissance des amants. La nuit des actions illégales, où l'on s'autorise des choses que l'on n'ose pas dans la journée, un espace qui s'ouvre pour engendrer & accentuer le désir.

Un homme, une femme, deux inconnus, qui se parlent au téléphone, qui ne se verront jamais !
Elle n'est pas là et pourtant elle est partout, sur le visage des passantes, dans les bruits de pas la nuit, mais surtout dans le sommeil qui ne vient pas !
Il n'est pas là et pourtant, presque chaque nuit, elle revenait vers lui.
Et ça dure, dure, dure .. Pendant des années !
Décidément on jouit beaucoup de ce qu'on espère, que de ce qu'on obtient !

Il s'agit ici de plusieurs textes de scénario, certains ont étaient adapté au théâtre, d'autres pas !
Une écriture vacillante, fébrile, lancinante au bord du réel & de l'instant...

Marguerite, où l'écriture dans tous ses états. Ses mots ont leur créativité propre, ils amplifient la pensée, ou peuvent la restreindre par moment, la contourner ou l'investir.
Ses mots produisent leur propre hantise !

Et leurs nuits à eux ont de belles mains lisses & douces comme l'intérieur d'un coquillage que je ne peux m'empêcher de porter jusqu'à mon oreille.
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Le Navire Night est une petite merveille. Il s'agit en principe du scénario d'un film, mais comme Duras elle-même le mentionne dans sa préface, « C'était inévitable d'écrire le Night […] Mais c'était évitable de le filmer. » L'histoire, présentée comme véridique, est celle d'une passion amoureuse à distance, au téléphone. Des voix qui se rencontrent pendant des nuits entières pendant des années, sans les visages ni les corps.

Le recueil comprend également d'autres textes aussi très beaux, parfois douloureux quand ils évoquent la guerre et la Shoah. D'autres scénarios. Mais j'avais l'impression de lire de la poésie.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Les Mains négatives


Devant l’océan
sous la falaise
sur la paroi de granit
ces mains
ouvertes
Bleues
Et noires
Du bleu de l’eau
Du noir de la nuit
L’homme est venu seul dans la grotte
face à l’océan
Toutes les mains ont la même taille
il était seul
L’homme seul dans la grotte a regardé
dans le bruit
dans le bruit de la mer
l’immensité des choses
Et il a crié
Toi qui es nommée toi qui es douée d’identité je t’aime
Ces mains
du bleu de l’eau
du noir du ciel
Plates
Posées écartelées sur le granit gris
Pour que quelqu’un les ait vues.
Je suis celui qui appelle
Je suis celui qui appelait qui criait il y a trente mille ans
Je t’aime
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Ces mains
du bleu de l’eau
du noir du ciel
(...)
Sur la terre vide resteront ces mains sur la paroi de
granit face au fracas de l’océan

Insoutenable

Personne n’entendra plus
Ne verra

Trente mille ans
Ces mains-là, noires

La réfraction de la lumière sur la mer fait frémir
la paroi de pierre

Je suis quelqu’un je suis celui qui appelait qui
criait dans cette lumière blanche

Le désir

le mot n’est pas encore inventé
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Les derniers temps elle est presque toujours couchée. Mourante. Elle est tout le temps sous perfusion. Il lui arrive de s’évanouir au téléphone. Il le sait comment ? A sa voix. Il distingue ses voix de ses voix. Sa voie couchée. Sa voix mourante. Piégée ou d’enfant. Sa voix quand elle parle du père adoré. Sa voix de salon, menteuse. Sa voix dénaturée, détimbrée, du désir. Elle ne peut plus lui mentir.
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- Et un jour, la jalousie éclate.
Imprévisible.
Terrible.

- Elle veut être la préférée à toutes.
La seule.

- Elle déguise sa voix, téléphone de la part d'autres femmes.

- Il la reconnaît toujours.

Le Navire Night.
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C'est curieux, cette apparence que prend le fleuve quelquefois dans l'éclairement de la nuit, d'aller vers la mer très vite pour tout entier s'y fondre...

Aurélia Steiner (Melbourne)
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