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ISBN : 2707312983
Éditeur : Editions de Minuit (01/01/1990)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Une pièce montée en 1983 par Patrice Chéreau au Théâtre des Amandiers et qui valut à l'auteur le prix Ibsen en 1984. Trois êtres humains se retrouvent isolés dans un certain lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  30 novembre 2017
On connait surtout le dramaturge Bernard Marie Koltès à travers ses deux oeuvres emblématiques que sont “ La solitude dans les camps de coton” et “Retour au désert”
Créée en 1983 par Patrice Chéreau, "Combat de nègre et de chiens" reste toutefois autre de ses pièces formidables : un drame délocalisé en un lieu où la notion de bourgeoisie n'a pas court avec quatre comédiens qui portent avec brio le tragique de Koltès.
Un chantier, quelque part en Afrique, un pont en construction, un chantier qui ne sera jamais terminé...Un ouvrier noir est mort, son frère vient réclamer son corps au chef de chantier.
Trois hommes, une femme, chronique de l'incommunicabilité annoncée. Un chantier en Afrique, des expats.., un monde clos, un endroit pour les blancs, symbole du monde colonial ou l'africanité est bannie.
Mais “Combat de nègre et de chiens” est beaucoup plus qu'une pièce sur la Françafrique, c'est surtout un regard sur la triste impossibilité de se comprendre entre les hommes et les femmes, les chefs et les ouvriers, les pères et les fils et les blancs et les noirs.
Bernard-Marie Koltès , auteur hypersensible pose un regard humaniste sur le chaos du monde.
Ses héros, bons ou mauvais, donnent l'impression d'affronter le monde comme des hémophiles dans une usine de rasoirs, sa pièce à fleur de peau, portée par des acteurs brulants donne un spectacle incontournable.
Ce Combat de nègre et de chiens est un sacré texte fort , intelligent et résolument contemporain alors qu'elle date du début des années 80, la marque des grands dramaturges, évidemment.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Pirouette0001
  09 octobre 2016
Texte très dur sur le racisme, le colonialisme et l'impérialisme économique des pays développés dans les pays qui le sont moins, même si Koltès indique ne pas avoir voulu faire un livre sur ces thèmes.
Tout dépend de la mise en scène et du jeu des acteurs, bien sûr, mais la pièce offre beaucoup de possibilités.
A découvrir en tout cas. C'est du très bon théâtre.
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bdelhausse
  05 janvier 2019
Bernard-Marie Koltès a abondamment mis en garde le lecteur/spectateur sur sa pièce. Elle n'est pas bâtie sur les thèmes du néo-colonialisme, du racisme, ou de l'impérialisme... Et pourtant, placer "nègre" dans le titre en l'accolant à chiens... c'est très parlant, déjà. le nègre, c'est Alboury, il vient chercher le corps d'un homme de sa tribu. On apprend vite que celui-ci est mort, abattu par Cal. Cal travaille sur un chantier, mené par une multinationale (qu'on devine française). Il a peur des noirs. Il les déteste, mais par peur. Par défiance. Il a abattu l'homme parce qu'il ne respectait pas les règles et qu'il en avait peur. Ensuite, il a cherché à cacher le corps, à s'en débarrasser par tous les moyens.
Horn, le patron de Cal, est plus pragmatique dans son rapport aux noirs. Il utilise l'alcool, les dollars, les paroles enjôleuses, les contrats tacites. Il parlemente, mais au final le résultat est assez semblable à celui obtenu par Cal.
Arrive Léone, une française qui envisage de se marier avec Horn. Elle ne sait pas trop pourquoi. Mais elle est là, à baragouiner l'allemand à Alboury qui lui répond en Ouolof. Léone a une attitude encore différente vis-à-vis des noirs. Elle s'émerveille de tout. Elle est dans un rapport de séduction, à la limite du raisonnable.
Par ces 3 attitudes "blanches", Koltès joue clairement, même s'il s'en défend, sur le plan du néo-colonialisme et du racisme. Mais on peut percevoir que c'est secondaire dans le propos de Koltès. Cal déteste Horn dès l'instant où il pense que celui-ci va le lâcher. Cal veut posséder Léone. Elle n'accorde à Horn qu'une attention assez faible. Et dès l'instant où il ne peut lui faire entendre raison, Horn remballe Léone en France.
L'essentiel, dès lors, ce sont les rapports humains. L'incompréhension mutuelle. Et la lutte des classes. Koltès ne renie pas un instant son passé de militant communiste et il vient greffer sur les antagonismes des 4 protagonistes une bonne couche de lutte sociale.
Par certains côtés, la pièce m'a fait penser à Coup de Torchon (et au livre de Thompson dont le film est tiré). On retrouve aussi la lenteur pesante, dont le rôle équivaut à celui d'un acteur, d'En Attendant Godot. Les dialogues qui sonnent comme un combat sont très bien réglés. Par contre, j'ai moins accroché aux longs monologues qui ralentissent souvent l'action et font retomber la tension. Un texte qui m'a fortement donné envie de voir la pièce. Savoir que Chéreau a souvent oeuvré pour Koltès fait également partie de cette envie.
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Pachy
  16 juin 2014
Koltès nous transporte en Afrique, au sein d'un chantier de génie civil. Deux homme, Horn et Carl, deux expatriés livrés à eux-mêmes dans cette contrée où, si vous blanc, il faut rester sur ses gardes. le colonialisme étant le principal responsable de ces rapports tendus entre blancs et nègres.
Mais lorsqu'on oublie que les locaux qui travaillent sur le chantier sont avant tout des êtres humains, il est normal qu'on se retrouve face à un problème : celui de voir débarquer Alboury, frère d'un ouvrier mort dans ce chantier, venu réclamer le corps de son frère dont les deux colonisateurs se sont débarrassé du corps.
Bien sûr, dans leur tête d'Européen méprisant, ce souci mineur doit pouvoir se régler facilement grâce à une poignée d'argent. Léone, une femme débarquée de France, venue rejoindre Horn, le chef de chantier, comprend rapidement qu'on ne peut pas, simplement d'un coup de baguette magique, bafouer la dignité de ces hommes et femmes qui vivent dans ce pays.
Alors de quoi elle traite cette pièce ? Juste de ce qui était intolérable dans le colonialisme : le mépris des blancs qui croyaient que ce grand pays ne contenait encore que des esclaves et des familles d'esclaves.
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Apoapo
  06 février 2016
Dans un chantier bientôt démantelé de travaux publics d'une entreprise française en Afrique de l'Ouest, un ouvrier Noir a été tué. Quatre personnages s'entrecroisent, dont la différence des motivations est si profonde qu'ils ne parviennent pas à communiquer, sinon dans une spirale de violence et de terreur. Ce sont : Alboury, le frère de la victime ; Cal, l'ingénieur infâme, psychologiquement dérangé et probable assassin ; Horn, le vieux chef de chantier, manipulateur et fatigué ; Léone, la femme qu'il a fait venir en Afrique pour l'épouser, intéressée (par son argent) et en quête d'exotisme.
Comment un texte théâtral troué parvient, sans doute plus efficacement qu'un récit romanesque, à nourrir un crescendo d'émotions d'effroi et à camper des personnages très crédibles et emblématiques, pratiquement sans avancer du tout dans la narration... La valeur du bon théâtre contemporain, quoi...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   01 août 2019
HORN (regardant les dés). – C’est moi qui prends. (Silence ; les appels de la garde.)
CAL (bas). – Il grince des dents.
HORN. – Quoi ?
CAL. – Là, derrière l’arbre, le nègre, dis-lui de partir, Horn. (Silence. Aboiements au loin ; Cal sursaute) Toubab ! Je l’entends. Il traîne près de l’égout ; qu’il y tombe, je ne bougerai pas. (Ils misent.) Saloperie ; il traîne et quand je l’appelle, il ne répond pas, il fait celui qui réfléchit. C’est lui ? Oui. Réfléchis, vieux cabot ; je n’irai pas te repêcher. Il a dû sentir l’odeur d’une bête inconnue ; qu’il se débrouille ; il ne devrait pas tomber ; et s’il tombe, je bouge pas. (Ils regardent les dés. Cal ramasse ; bas : ) Le gars, Horn, je peux te le dire, ce n’était même pas un vrai ouvrier ; un simple journalier ; personne ne le connaît, personne n’en parlera. Alors il veut partir ; moi je dis : non, tu ne partiras pas. Quitter le chantier une heure avant ; c’est important, une heure ; si on laisse prendre une heure, il y a l’exemple que cela fait. Comme je te le dis, je dis donc : non. Alors il me crache aux pieds et il part. Il m’a craché aux pieds et à deux centimètres d’était sur la chaussure. (Ils misent.) Donc j’appelle les autres gars, je leur dis : vous le voyez, le gars ? (Imitant l’accent nègre : ) – Oui, patron on le voit – il traverse le chantier sans attendre l’arrêt ? – oui patron oui patron sans attendre l’arrêt – sans casque, les gars, est-ce qu’il a un casque ? – non patron on voit bien il ne porte pas son casque. Moi je dis : souvenez-vous en : il est bien parti sans que je l’autorise – oui patron oh oui patron sans que tu l’autorises. Alors il est tombé ; le camion arrivait et je demande encore : mais qui conduit le camion ? mais à quelle vitesse il fonce ? il n’a pas vu le nègre ? Et alors, hop ! (Cal ramasse.)
HORN. – Tout le monde t’a vu tirer. Imbécile, tu ne supportes même pas ta foutue colère.
CAL. – C’est comme je te le dis : ce n’est pas moi, c’est une chute.
HORN. – Un coup de feu. Et tout le monde t’a vu monter dans le camion.
CAL. – Le coup de feu c’est l’orage ; et le camion, c’est la pluie qui aveuglait tout.
HORN. – Je n’ai peut-être pas été à l’école, mais toutes les conneries que tu diras, je les connais d’avance. Tu verras ce qu’elles valent ; pour moi, salut, tu es un imbécile et ce n’est pas mon affaire. Je mets cent francs.
CAL. – Je suis.
HORN (tapant sur la table). – Pourquoi tu y as touché, bon Dieu ? Celui qui touche à un cadavre tombé à terre est responsable du crime, c’est comme cela dans ce foutu pays. Si personne n’y avait touché, il n’y aurait pas eu de responsable, c’était un crime sans responsable, un crime femelle, un accident. L’affaire était simple. Mais les femmes sont venues pour chercher le corps et elles n’ont rien trouvé, rien. Imbécile. Elles n’ont rien trouvé. (Il tape sur la table.) Débrouille-toi. (Il fait tourner les dés.)
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sabdumaissabdumais   15 avril 2011
Je crois que c'est seulement après beaucoup de vies d'homme, ridicules et bornées, brutales et braillardes comme sont les vies des hommes, que peut naître une femme. Et seulement, oui seulement après beaucoup de vies de femmes, beaucoup d'aventures inutiles, beaucoup de rêves irréalisés, beaucoup de petites morts, alors seulement, alors peut naître un nègre, dans le sang duquel coulent plus de vies et plus de morts, plus de brutalités et d'échecs, plus de larmes que dans aucun autre sang.
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Charybde2Charybde2   01 août 2019
Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l’Afrique et des Noirs – je ne suis pas un auteur africain -, elle ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale. Elle n’émet certainement aucun avis.
Elle parle simplement d’un lieu du monde. On rencontre parfois des lieux qui sont des sortes de métaphores, de la vie ou d’un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident, comme chez Conrad par exemple les rivières qui remontent dans la jungle… J’avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors ; et, à l’intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l’extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C’était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des bruits très bizarres qu’ils faisaient avec la gorge… Et ça tournait tout le temps. C’est ça qui m’avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Et à l’intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il aurait pu s’en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça…
Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose vue de loin, déplacée, devient parfois plus déchiffrable. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J’ai cru – et je crois encore – que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l’Afrique, le territoire d’inquiétude et de solitude qu’il délimite, c’était un sujet qui avait son importance.
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sabdumaissabdumais   15 avril 2011
j'ai toujours pensé que, si on regarde longtemps et soigneusement les gens quand ils parlent, on comprend tout.
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Charybde2Charybde2   01 août 2019
I
Derrière les bougainvillées, au crépuscule.
HORN. – J’avais bien vu, de loin, quelqu’un, derrière l’arbre.
ALBOURY. – Je suis Alboury, monsieur ; je viens chercher le corps ; sa mère était partie sur le chantier poser des branches sur le corps, monsieur, et rien, elle n’a rien trouvé ; et sa mère tournera toute la nuit dans le village, à pousser des cris, si on lui donne pas le corps. Une terrible nuit, monsieur, personne ne pourra dormir à cause des cris de la vieille ; c’est pour cela que je suis là.
HORN. – C’est la police, monsieur, ou le village qui vous envoie ?
ALBOURY. – Je suis Alboury, venu chercher le corps de mon frère, monsieur.
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