AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782253124917
160 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2008)
4/5   67 notes
Résumé :

Quand je me suis éveillé, les rideaux de toile écrue laissaient filtrer dans la chambre une lumière jaunâtre que je connaissais bien. Nos fenêtres, au premier étage, n'ont pas de volets. Il n'y en a à aucune maison de la rue. J'entendais, sur la table de nuit, le tic-tac du réveille-matin et, à côté de moi, la respiration scandée de ma femme, presque aussi sonore que celle des patients, au cinéma, pendant une opération. Elle était alors enceinte de sept mo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
4

sur 67 notes
5
11 avis
4
7 avis
3
3 avis
2
2 avis
1
0 avis

Dandine
  04 juillet 2021
Simenon aime les gens simples, les “monsieur tout-le-monde". Il aime les decrire quand le destin leur joue des tours, ou leur propose une aubaine (des fois c'est une et meme chose). Quand ils ne savent comment agir ou qu'ils agissent contrairement a leurs vieilles habitudes. Sans s'en rendre vraiment compte ou au contraire repondant a un besoin momentane de revolte.
Pour Marcel Feron, la guerre et l'exode oblige de son petit bled en Meuse vers le sud, vers l'inconnu, sont l'occasion d'oublier – momentanement? – la calme routine de sa vie. Une routine voulue, apaisante, mais insipide. Il sent que ce chamboulement lui est specialement adresse: “c'etait une affaire personnelle entre le destin et moi”.
Dans le train qui les mene vers le sud il est rapidement separe de sa femme et de sa fille. Il se retrouve dans un wagon surpeuple ou toute ancienne regle de conduite devient vite desuete, ou toute honte s'efface. Quelques gestes de solidarite qu'il entame envers une inconnue reservee deviennent en quelques jours une addiction. Ils se collent, ils se soudent, ils s'agglomerent. Amour? Pas vraiment. Aucune transgression non plus, dans ce train cette notion n'est pas de mise. Une aventure existentielle que le destin qu'il invoquait lui a concocte. Une experience nouvelle, differente de tout ce qu'il a connu et vecu. Va-t-elle tout chambarder? Une fois arrives a La Rochelle, il cherche et retrouve sa famille et un adieu un peu sec clot ce qui a ete un interlude, hors du temps, ne pouvant engager un quelconque avenir.
Il revient bientot dans son village, a son metier, a ses habitudes. Quand, une nuit, l'inconnue reapparait pour lui demander aide, il ne pourra, il ne voudra pas y repondre. Lachete? Presque pas. Il n'est pas fait pour se lancer dans les aleas de l'inconnu. Il ne peut engager ses petits achevements, surement pas sacrifier sa famille. Ce qu'il a vecu dans le train lui est cher, mais c'etait un entracte, que la guerre a permis. La guerre est un seisme qui perturbe tout, qui altere tout. Mais toute guerre a une fin.
Ce livre me rappelle La fuite de monsieur Monde, du meme auteur. Mr Monde avait voulu sa fuite, l'avait organisee, alors qu'ici le heros est traine par les circonstances. Mais dans les deux cas la fuite est temporaire, comblante en elle-meme, fructueuse car elle permet de revenir, tranquille, a ce qu'on a fui.
J'ai deja lu de meilleures relations de l'exode de 1940. Celle-ci est centree sur l'etrange sensation de liberte qu'il a pu provoquer chez certains fuyards. Et Simenon excelle a sonder les pensees et les reactions de ses congeneres en situations extremes. C'est toujours passionnant (pour finir avec un mot adapte a la trame).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          547
karmax211
  14 juillet 2021
Me l'étant promis il y a quelques mois, je visite ou revisite l'oeuvre de Georges Simenon.
Après - le chat - inspiré lors d'une visite à sa mère vivant une relation de couple malsaine, voici - le train - inspiré, lui, à l'auteur par les circonstances, en l'occurrence "lorsqu'il fut chargé de diriger avec les moyens du bord le centre d'accueil aux réfugiés belges à la gare de la Rochelle."
Car en 1939 Simenon se trouve à La Rochelle, qui fut sa ville d'adoption, et qui figure en bonne place dans trente-quatre de ses romans et nouvelles.
En 1939, c'est donc à La Rochelle qu'il apprend par la voix de la TSF la déclaration de guerre.
Chargé comme je viens de le mentionner de diriger le centre d'accueil des réfugiés belges, "La débâcle provoqua, de son propre aveu, une sorte de soulagement en lui. Comme s'il se trouvait débarrassé d'une vie qui lui pesait, qui n'avait plus de goût. La dure réalité des événements lui faisait prendre conscience de ses propres réalités."
Dans son roman, il y a donc un peu de lui dans ce Marcel Féron, marchand et réparateurs d'appareils radio, marié à Jeanne, une jeune femme issue d'une famille de petits bourgeois d'origine flamande, qui lui a donné une fille Sophie âgée de quatre ans, et enceinte de sept mois et demi lorsque les Allemands déclenchent, après presque une année de ce qui fut appelée la drôle de guerre, l'offensive qui allait balayer en quelques semaines la résistance impréparée de la France et de l'Angleterre, et donner une victoire éclair à Hitler.
Marcel a alors trente-deux ans.
Il est réformé à cause d'une myopie sévère.
Son obsession d'être séparée de ses lunettes fait qu'il a toujours à sa portée, dans sa veste ou son pantalon, une paire de secours.
Marcel est un garçon terne, le fils d'une mère rentrée nue et tondue un jour à la maison après l'armistice de 1918... une mère dont il est séparé à l'âge de onze ans.
Son père, fondé de pouvoir, rentre de la guerre alcoolique et trahi par une femme dont le comportement et la fuite vont renforcer son addiction.
À quatorze ans, Marcel tombe malade.
Il intègre un sanatorium dont il ne sortira guéri qu'à l'âge de dix-huit ans.
Ses quatre ans d'enfermement vont le marquer à jamais.
Lorsqu'il rencontre Jeanne, l'épouse, devient père, il a atteint ce qu'il croit être ce que la vie pouvait lui offrir de mieux.
Mais la guerre réveille en lui ce qu'il qualifie de l'appel du destin.
Le tragique lui rend, pour un temps, l'acuité qu'il avait perdue... un peu comme ses yeux de taupe auxquels ses lunettes permettent de voir ce que ses yeux ne devinaient qu'à travers des bourrelets de brume.
C'est alors la décision de l'exode.
Sa femme et sa fille montent à bord d'un wagon de voyageurs... lui doit se contenter d'une place dans un wagon à bétail.
Le convoi s'ébranle.
Au bout de quelques heures, le train est scindé en deux.
Marcel est séparé des siens.
Il n'éprouve rien d'autre qu'une liberté toute neuve, une liberté redonnée comme en cadeau... un cadeau à l'enfant qui en a été privé.
Marcel redécouvre la vie.
Dans son wagon, il y a une jeune femme, Anna Kupfer, une expatriée tchèque... une Tchèque juive...
Marcel et Anna vont vivre une passion amoureuse, qui va les conduire des Ardennes jusqu'à La Rochelle, et à La Rochelle dans un centre d'accueil.
Jusqu'au jour où, après des recherches sans précipitation, sans inquiétude, Marcel va retrouver sa femme qui lui a donné un fils.
Les adieux après la capitulation.
Le retour au pays.
Des années s'écoulent.
Marcel, à présent patron prospère, père de trois enfants, a tenu un cahier sur lequel il a raconté cette histoire... comme un legs à ses enfants pour leur prouver que derrière l'image de ce père morne, sans histoire, cet être embourgeoisé sans réelle envergure, se cachait un homme qui avait vécu...
Si le roman de Simenon a été très librement adapté par Granier-Deferre au cinéma en 1973... avec l'éblouissante distribution qu'on lui connaît : Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Régine, Maurice Biraud et beaucoup d'autres très bons acteurs, si ledit film "élève" ses personnages, et surtout Jean-Louis Trintignant alias Julien Maroyeur alias Marcel Féron, le roman offre une approche moins flamboyante, moins lyrique, moins romantique... mais plus réaliste, plus terre à terre, plus authentique, et surtout moins héroïque... voire glaçante pour ce qui est de Marcel renvoyé à la lâcheté, à l'égoïsme et à la trahison d'un homme n'hésitant pas à sacrifier l'amour au bien-être quiet du conformisme, du renoncement... aux lunettes embuées mais rassurantes, simplement parce qu'elles sont là...
Mission remplie pour le romancier Simenon qui, en moins de 160 pages nous fait vivre certains des aspects de l'exode de 1940, ce que celui-ci put générer de parfois extraordinaire et inattendu chez des individus rendus inexistants par la banalité du décor de leur quotidien. Il nous fait traverser la France d'est en ouest.
Nous fait respirer le printemps chaud des Ardennes et les embruns de la Rochelle.
Nous raconte une déroutante histoire d'amour, allégorie de la vie des anonymes plongés brusquement dans la tragédie, convoqués par L Histoire... chacun y répondant à partir de cet étrange mélange qui fait de nous ce que nous avons toujours été en voulant ou ne voulant pas l'être.
Du bon Simenon, de celui qui disait évoquant son oeuvre et son rapport à celle-ci : « Des idées, je n'en ai jamais eu. Je me suis intéressé aux hommes, à l'homme de la rue surtout, j'ai essayé de le comprendre d'une façon fraternelle… Qu'ai-je construit ? Au fond, cela ne me regarde pas. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          430
LiliGalipette
  16 février 2014
Marcel est un homme ordinaire qui mène une vie simple, mais confortable avec sa femme Jeanne et sa fille Sophie. Tout change quand les Allemands arrivent en Belgique. « Cette guerre qui éclatait soudain après un an de faux apaisement, c'était une affaire personnelle entre le destin et moi. » (p. 15) La famille quitte Fumay, dans la Meuse, pour le sud de la France. Dans le train qui les emmène, Marcel est séparé de son épouse et de sa fille. Il rencontre Anna, une étrangère au comportement étrange. « Elle ne vivait pas avec les autres. Elle ne participait pas. Elle restait seule parmi les autres. » (p. 94) Sans le préméditer, Marcel entame une liaison avec Anna : les deux réfugiés ne se quittent plus, ne se cachent même pas et vivent leur passion comme ils prendraient des goulées d'air pour échapper à la noyade. « Une cassure s'était produite. Cela ne signifiait pas que le passé n'existait plus, encore moins que je reniais ma famille et cessais de l'aimer. Simplement, pour un temps indéterminé, je vivais sur un autre plan, où les valeurs n'avaient plus rien de commun avec celles de mon ancienne existence. » (p. 112) Hélas, le couple le sait bien, leur liaison ne pourra pas durer.
La narration est menée par Marcel qui raconte cette histoire a posteriori et son récit sonne un peu comme une déposition. La fin du roman révèle à qui Marcel adresse son texte. J'ai beaucoup aimé ce roman dans lequel Simenon saisit un personnage et un instant historique pour en faire une peinture honnête, sans fard ni fausse pudeur. Il parle de désir et de plaisir au milieu du désordre. « Je n'y pensais jamais, non seulement parce que je refusais d'y penser, mais parce que cela ne me venait pas à l'esprit : notre vie à deux n'avait pas de futur. » (p. 148) La vie normale a pris un train pour nulle part et les personnages, brusquement débarqués, errent dans une immense salle des pas perdus. Sauf Marcel et Anna qui font de cette pause forcée une parenthèse lumineuse.
Je vais continuer à lire Georges Simenon dont j'avais également beaucoup aimé La veuve Couderc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          251
Renod
  30 septembre 2014
Simenon évoque la Seconde Guerre Mondiale dans deux romans : 'le Clan des Ostendais et 'Le train'. Simenon y transpose son expérience de la guerre. En 1939, il se trouve à La Rochelle. Il y organise l'accueil des réfugiés belges. Il est nommé haut commissaire aux réfugiés belges pour le département de Charente-Inférieure.On retrouve certains éléments factuels et même certains personnages historiques : l'infirmière, Mme Blanche, le maire M. Vieljeux.
Commentaire :
Bien qu'il ait connu une prime enfance troublée (disparition de sa mère, père alcoolique), Marcel Féron a une vie banale et ordonnée. Ses quatre années au sanatorium se sont déroulées sous un rythme précis. Il s'est ensuite installé à Fumay, a trouvé une femme, sera père pour la deuxième fois. Une vie placée sous le signe de la quiétude et qui a un goût de bonheur. Une vie normale, comme une autre, quasi inespérée. Mais il pressent l'arrivée d'une crise, il sait que tout va s'arrêter.
Quand il apprend le déclenchement de la guerre, il déclare simplement : « cela devait arriver. » Il considère la guerre comme une affaire personnelle entre le destin et lui.
Vient l'exode, la famille part en train. Nul n'est plus responsable de ses actes. L'individu s'efface dans le groupe, les réfugiés sont baladés au gré des évènements, des obligations du rail, des décisions administratives. Les règles sociales s'estompent : on s'accouple, on fait ses besoins, on se lave au milieu des autres, dans la meute.
Dans la cohue, les wagons sont séparés, Marcel Féron perd la trace de sa femme et de sa fille. Certes, il les aime, mais dans cette ‘évasion' elles ne comptent plus.
Marcel Féron vivra avec Anna un bonheur simple, un bonheur vrai. Comme un enfant, il se réjouit du spectacle des choses les plus ordinaires. La liaison est charnelle, fusionnelle. Ils se comprennent et se devinent sans se parler. Il est naturel d'être ensemble. La guerre est omniprésente ; pourtant, ils vivent dans l'intemporalité. Relation neuve, sans histoire et qui n'a aucun avenir. Tout est dans le présent. On se surprend à vivre.
Marcel Féron découvre une vérité nouvelle et provisoire. Il retrouve la trace de sa famille et la rejoint facilement. La rupture avec Anna est rapide, un simple adieu et déjà son souvenir est effacé.
Marcel reprend sa vie d'avant, la seule possible à ses yeux. Une vie à Fumay, une vie réglée, une vie de travail. Aussi quand il rencontre Anna la seconde fois, c'est un nouvel appel vers l'aventure, il a la possibilité de casser à nouveau sa routine. Il refuse et poursuit son chemin. Quand il déclare qu'il ne retournera jamais à La Rochelle, nous pouvons comprendre qu'il refusera toute autre passade.
S'il fait le récit de cette histoire, c'est pour que son fils sache qu'il a été capable d'une passion. Il conclut son récit par cette phrase : « J'ai une femme, trois enfants, une maison de commerce rue du Château. »
Le Train' est un roman type de Georges Simenon. Ecriture simple, précise et efficace. le récit retranscrit parfaitement l'atmosphère de l'exode. Tout est dans le ressenti et la psychologie du héros narrateur. Trame maîtrisée qui ressemble à celle de ‘la Fuite de Monsieur Monde'. Une routine. Une fuite (l'aventure), le retour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
MissG
  04 mars 2014
Marcel Féron est un homme simple : marié, père d'une fillette,, il a sa boutique, travaille honnêtement pour gagner sa vie et rien de trouble sa vie si paisible et dans le fond si banale : "J'étais cependant devenu un homme heureux, qu'on se mette bien ça dans la tête. J'aimais ma femme. J'aimais ma fille. J'aimais ma maison, mes habitudes et jusqu'à ma rue qui, tranquille, ensoleillée, aboutissait à la Meuse.".
Mais voilà, c'est la guerre, la peur de l'envahisseur allemand jette les foules sur les routes et dans les trains et c'est le chemin qu'emprunte Marcel avec sa femme enceinte et sa fille : "Je n'étais plus Marcel Féron, marchand d'appareils de radio dans un quartier presque neuf de Fumay, non loin de la Meuse, mais un homme parmi des millions que des forces supérieures allaient ballotter à leur gré.".
A travers ce roman, il est intéressant de voir à quel point la guerre, ou tout du moins l'exode qui en résulte, peut être un catalyseur d'émotions.
Séparé de sa femme et de sa fille, Marcel repère dans son wagon une femme qui se démarque de toutes les autres, Anna Kupfer : "Elle ne vivait pas avec les autres. Elle ne participait pas. Elle restait seule parmi les autres."
Elle l'attire, il l'attire, ce qui doit se passer arrive et à aucun moment l'un comme l'autre ne va se poser de questions.
Ils vivent le moment présent sans savoir de quoi demain sera fait, Marcel a un comportement différent de ce qui le caractérise d'ordinaire et il vit sa passion, découvre le plaisir de la chair en osant faire des choses dans des endroits auxquels il n'aurait pas songé en d'autres circonstances, j'irai même jusqu'à dire qu'il vit dans le réel une forme de fantasme.
Entre Anna et Marcel, ce n'est pas une histoire d'amour classique : "L'idée de parler d'amour ne nous effleurait pas et je me demande aujourd'hui si c'était réellement de l'amour. Je veux dire de l'amour dans le sens qu'on donne généralement à ce mot car, à mes yeux, c'était beaucoup plus.", et c'est justement cela qui en fait toute sa beauté.
Ca et le fait que l'un comme l'autre sont lucides, cette parenthèse enchantée va finir par se refermer et chacun retournera vivre sa petite vie, chacun de son côté : "Je n'y pensais jamais, non seulement parce que je refusais d'y penser, mais parce que cela ne me venait pas à l'esprit : notre vie à deux n'avait pas de futur. Ce qui arriverait, je l'ignorais. Personne ne pouvait le prévoir. Nous vivions un entracte, hors de l'espace, et je dévorais ces journées et ces nuits avec gourmandise.".
Je trouve intéressant le traitement de cette histoire car la guerre, et plus particulièrement celle de 1939-1945, est souvent l'élément déclencheur d'une rencontre improbable entre deux êtres qui finissent par s'aimer, d'une certaine façon, et qui dans tous les cas perdent leurs inhibitions et vivent une sexualité plus épanouie.
Le traitement que fait Georges Simenon de ses personnages est finement construit, l'histoire étant narrée du point de vue exclusif de Marcel qui s'adresse à une personne dont l'identité est dévoilée à la fin.
Le personnage d'Anna n'apparaît aux yeux du lecteur que comme Marcel le perçoit.
Il n'en reste pas moins que c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai suivi l'évolution de cette histoire entre un homme et une femme qui commence dans un train brinquebalé dans une France qui ne sait plus trop où elle va.
De Georges Simenon, je connaissais de nom les Maigret mais je n'avais pas encore eu l'occasion de lire un livre de lui.
Je suis contente d'avoir commencé ma découverte de cet auteur avec ce roman, j'ai pu apprécier son style à la fois fluide et maîtrisé qui dévide petit à petit une histoire riche en rebondissement jusqu'à la dernière phrase.
Au-delà de l'histoire et du contexte, j'ai énormément apprécié le travail de l'auteur sur son personnage principal et également narrateur.
Il se dégage de l'écriture de Georges Simenon une atmosphère qui scotche sur place. C'est bien simple, j'ai lu ce livre d'une seule traite tant j'étais prise par le déroulement et l'enchaînement des événements.
"Le train" est un très beau roman de Georges Simenon qui traite de l'Exode de 1940 sous un angle différent de celui habituellement pratiqué, une histoire qui captive du début à la fin.
Désormais, il ne me reste plus qu'à voir l'adaptation cinématographique qu'en a fait Pierre Granier-Deferre avec Jean-Louis Trintignant dans le rôle masculin principal et Romy Schneider dans celui d'Anna.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140

Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   11 août 2018
– Cette nuit, les troupes du Reich on lancé une attaque massive contre...
Il ne s'agissait pas encore de la France – en tout cas on n'en parlait pas – mais de la Hollande, qui venait d'être envahie. Ce que j'entendais, c'était un poste belge, je cherchais Paris mais Paris restait silencieux.
La tache de soleil tremblotait sur le plancher gris et, au fond du jardin, nos six poules blanches s'agitaient autour du coq que Sophie appelait Nestor. Pourquoi me suis-je demandé tout à coup ce que notre petite basse-cour allait devenir ? J'étais presque attendri par son sort.

[Georges SIMENON, "Le train", 1961, chapitre 1 - page 11 de l'édition "Le Livre de Poche"]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Maxime12Maxime12   19 octobre 2014
Mon front est dégarni. J'ai besoin de verres de plus en plus épais. Je suis un homme assez prospère, effacé. plutôt terne. Vu d'un certain angle, le ménage que nous formons, Jeanne et moi, est plutôt une caricature du couple.
Alors, l'idée m'est venue de laisser à mon fils, à tout hasard, une autre image de moi. Je me suis demandé si cela ne lui ferait pas du bien, un jour, de savoir que son père n'a pas toujours été le commerçant et le mari timide qu'il a connu, sans autre aspiration que d'élever les siens de son mieux et de leur faire gravir un petit échelon de l'échelle sociale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Maxime12Maxime12   18 octobre 2014
- Germaine ! Germaine ! Ca y est ! Ils ont attaqué !
Moi aussi, je pensais que ça y était mais les mots n'avaient pas le même sens pour moi que pour M. Matray. J'ai un peu honte de le dire: j'étais soulagé. Je me demande même si, depuis octobre, voire depuis Munich, je n'attendais pas cette minute avec impatience, si je n'avais pas été déçu, chaque matin, en tournant les boutons de la radio, d'apprendre que les armées continuaient à se faire face sans combattre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142
LiliGalipetteLiliGalipette   16 février 2014
« Je n’y pensais jamais, non seulement parce que je refusais d’y penser, mais parce que cela ne me venait pas à l’esprit : notre vie à deux n’avait pas de futur. » (p. 148)
Commenter  J’apprécie          190
LiliGalipetteLiliGalipette   16 février 2014
« Une cassure s’était produite. Cela ne signifiait pas que le passé n’existait plus, encore moins que je reniais ma famille et cessais de l’aimer. Simplement, pour un temps indéterminé, je vivais sur un autre plan, où les valeurs n’avaient plus rien de commun avec celles de mon ancienne existence. » (p. 112)
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Georges Simenon (117) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Simenon
Faire littérature à partir de faits divers constitue un genre en soi, popularisé notamment par Capote, Carrère ou Jablonka. Lien entre travail journalistique et écriture au long cours, dimension romanesque, importance des aspects sociologiques : on brûle d'entendre Florence Aubenas, autrice du grand succès le Quai de Ouistreham (2010, L'Olivier) et Dimitri Rouchon-Borie, lauréat du Prix Première 2021, sur ces sujets. Née à Bruxelles, Florence Aubenas adore Simenon. de permanence au Monde, journal où elle écrit aujourd'hui, un coup de fil lui inspire le sujet de L'inconnu de la poste (L'Olivier). Qui a sauvagement assassiné Catherine Burgod, employée de la poste à Montréal-la-Cluse, dans l'Ain ? On soupçonne Gérald Thomassin, acteur césarisé en 1990, marginal qui n'a jamais coupé les ponts avec le milieu du cinéma. Aubenas refait l'enquête, rencontre l'acteur qui finit par disparaître subitement et livre cet ouvrage captivant, tendu, construit comme un roman, bel exemple de littérature du réel. Journaliste et chroniqueur judiciaire, Dimitri Rouchon-Borie, a fait sensation en janvier avec le démon de la colline aux loups (Le Tripode). Dans ce texte très fort, qui semble avoir été écrit comme en apnée, à la ponctuation presque absente, il donne la parole à Duke, enfant sacrifié devenu adulte violent. de façon très troublante, son éveil à la conscience nous fait le considérer tour à tour en victime ou en coupable.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
+ Lire la suite
autres livres classés : exodeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Le commissaire Maigret

Quel est le prénom du commissaire Maigret ?

Hercule
Édouard
Jules
Nestor

12 questions
217 lecteurs ont répondu
Thème : Georges SimenonCréer un quiz sur ce livre

.. ..