AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 222121868X
Éditeur : Robert Laffont (17/10/2019)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 21 notes)
Résumé :
En 1924, la course pour parvenir au plus haut sommet du monde s’interrompt brutalement suite à la terrible disparition des célèbres alpinistes George Mallory et Sandy Irvine. L’année suivante, trois hommes – un poète britannique vétéran de la Grande Guerre, un guide de montagne français et un jeune idéaliste américain – tentent à leur tour leur chance. Mais quelqu’un, ou quelque chose, les poursuit, et, à 8 500 mètres d’altitude, alors que l’oxygène vient à manquer,... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  27 janvier 2020
8 juin 1924. George Mallory et Sandy Irvine, deux alpinistes anglais, délaissent les membres de leur expédition pour entreprendre, seuls, la dernière étape de l'ascension de l'arête nord de l'Everest. On ne les reverra jamais et, aujourd'hui encore, on ignore comment ils ont disparu et s'ils sont parvenus à atteindre le sommet avant de périr. Voilà un mystère à même d'enflammer l'imagination d'un auteur comme Dan Simmons, qui s'est justement penché sur le sort de cette tragique expédition dans un roman paru en 2013 et traduit il y a peu par les éditions Robert Laffont. Ce n'est pas la première fois que l'écrivain s'inspire d'un fait-divers historique de ce type pour en tirer un roman fantastique : je garde pour ma part un vif souvenir de ma lecture de « Terreur » consacré à l'expédition du capitaine John Franklin, disparue dans l'Arctique sans laisser de traces. Hélas ! Hélas quelle déception que cet « Abominable » qui, en dépit d'un début plein de promesses, retombe comme un soufflet ! Tout commençait pourtant bien. Après un prologue alléchant dans lequel l'auteur se met lui-même en scène et affirme avoir mis la main sur un témoignage exceptionnel rédigé par un certain Jake Perry, on se plonge avec délice dans les carnets de ce vieil alpiniste qui, sentant la fin venir, décide de revenir sur un épisode déterminant de sa vie : sa tentative clandestine d'ascension de l'Everst en 1925 en compagnie d'un petit groupe d'aventuriers. Ils sont trois, dans un premier temps, à entreprendre cette expédition périlleuse : le jeune Perry, un vétéran de la Première Guerre mondiale et ancien compagnon de cordée de George Mallory, et un talentueux guide de Chamonix. Si chacun d'entre eux entend bien réussir là où leurs prédécesseurs ont échoué, ce n'est toutefois pas le but officiel de leur voyage. En effet, au même moment de la disparition de Mallory et Irvine, un jeune alpiniste anglais suivant l'expédition principale est lui aussi porté disparu. Un témoin, un homologue allemand, prétend avoir vu Lord Percy se faire emporter par une avalanche, mais personne ne semble croire à cette théorie qui comporte de sérieuses lacunes. Certains racontent que le jeune homme paraissait être pris en chasse par des hommes armés qui l'auraient poursuivit jusque sur les pentes de l'Everest. D'autres mentionnent l'existence de mystérieuses créatures qui hanteraient la montagne et s'attaqueraient occasionnellement aux aventuriers trop téméraires. A nos trois héros de démêler le vrai du faux et, si possible, de retrouver le corps du jeune homme, ainsi que, avec un peu de chance, ceux de Mallory et Irvine.
Comme pour tous ses romans s'inspirant d'une période historique, Dan Simmons a pris soin d'accumuler une montagne d'informations. « L'Abominable » ne déroge pas à la règle et, à ce titre, s'avère passionnant, surtout dans la première partie. le contexte historique, d'abord, est remarquablement détaillé. Nous sommes en plein dans l'entre deux-guerres, et les stigmates de la première sont toujours bien visibles, que ce soit chez les anciens combattants, toujours hantés par les souvenirs des tranchées, ou chez les civils qui ont tous perdus au moins un proche dans le carnage. L'auteur nous donne également un aperçu du contexte de l'Allemagne de l'époque, humiliée par les vainqueurs, en grande difficulté économique et dans laquelle émerge une nouvelle force politique incarnée par Adolf Hitler (qui s'attelle alors en prison à l'écriture de « Mein Kampf »). Mais là où l'auteur se fait le plus minutieux, c'est en ce qui concerne l'alpinisme, sujet à propos duquel il a réuni dans ce roman une documentation colossale. On en apprend ainsi beaucoup sur les nombreuses expéditions lancées dans les années 1920 afin de « conquérir » les plus hauts sommets du monde, ainsi que sur les tragédies qu'une telle ambition n'a pas manqué de provoquer. le roman se révèle aussi très instructif concernant les techniques d'escalade ainsi que sur le matériel mis à disposition à l'époque, celui-ci nous étant présenté dans les moindres détails. La géographie de l'Everest n'aura également bientôt plus de secret pour le lecteur tant l'auteur se révèle précis dans sa description du terrain et des dangers que comporte telle ou telle partie de l'ascension. Enfin, il est extrêmement intéressant de se faire raconter de manière aussi minutieuse le fonctionnement d'une expédition de ce type, dont on peine à imaginer l'organisation et les ressources extraordinaires qu'elle nécessite. Recrutement des sherpas, installation des camps à différents niveaux d'altitude, montée du matériel, exploration du terrain… : Dan Simmons n'est, encore une fois, pas avare en détail et c'est dans ces moments que le roman se révèle vraiment passionnant car il permet une immersion totale du lecteur dans cet environnement hostile où la moindre erreur peut devenir mortelle.
Malheureusement, en dépit d'une documentation impressionnante, le roman déçoit par son intrigue bâclée. Une fois passée l'excitation de la première partie consacrée au récit de la disparition de Mallory et Irvine et à la préparation de l'expédition des trois héros, il faut bien avouer qu'on finit par s'ennuyer ferme tant l'histoire met du temps à démarrer. Les alpinistes rassemblent leur matériel, discutent de ce qui les attend là haut, évoquent les différentes routes qu'ils pourront emprunter… et c'est tout pendant un long moment. Ce n'est que lorsque les personnages finissent par parvenir sur l'Everest que le lecteur est pris d'un regain d'intérêt. Enfin, on va découvrir ce qu'il est arrivé à Mallory et Irvine et basculer dans le fantastique ! Il faut dire que l'auteur nous avait mis l'eau à la bouche avec ses histoires de yétis dont les précédentes expéditions auraient relevées des traces et que les moines des environs disent avoir aperçus dans la montagne. On attend donc, sur nos gardes, que les choses sérieuses commencent. On attend. On attend… Et puis rien ne vient. Alors certes, la montée est émaillée de péripéties liées à la météo, au froid, au manque de matériel ou de préparation, mais la menace tant attendue n'arrive jamais. En effet, en dépit de ce que sous-entend la quatrième de couverture et de ce à quoi l'auteur nous avait jusque là habitué, il ne s'agit pas là d'un roman fantastique. Pas l'ombre d'un élément surnaturel ou possiblement interprétable comme tel en vu, donc. le récit pourrait malgré tout valoir le coup : après tout, le mystère de la disparition du jeune lord anglais recherché pourrait tout à fait avoir une explication rationnelle aussi passionnante que si un élément fantastique avait été en cause. Sauf que l'explication qui nous est finalement donnée (après de très très longues digressions) est vraiment très légère et, comble de la déception, carrément prévisible. Car ce qu'on pensait depuis le début être une fausse piste cherchant à égarer le lecteur un peu trop crédule se révèle finalement être... la véritable explication. Circulez, il n'y a rien à voir !
En dépit d'une vaste biographie composée d'ouvrages de grande qualité (« Hypérion », « Terreur », « L'échiquier du mal » et tant d'autres), Dan Simmons n'a pas écrit que des chefs d'oeuvre, et ce roman en est malheureusement la preuve. En dépit d'une documentation impeccable qui nous immerge complètement dans l'ambiance de l'époque et nous fait découvrir les spécificités de l'alpinisme sur l'Everest, le roman souffre malheureusement d'une intrigue bancale et prévisible, ainsi que d'un manque de rythme qui donne l'impression que l'auteur cherche à délayer au maximum son récit. Dommage...
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Lhotseshar
  24 janvier 2020
Un tel livre m'était tout naturellement destiné : amateur de fantastique, de récit de montagne, et d'alpinisme, je ne pouvais effectivement pas passer à côté de cette production de l'auteur des cantos d'Hyperion. C'est même ma chérie qui me l'a offert pour Noël dernier… On entre très vite dans le livre par une préface qui semble nous raconter la démarche d'écriture de Dan Simmons pour son livre Terreur, dans les années 90, mais en fait elle fait partie de la fiction racontée dans le livre, et trouve sa conclusion dans une postface du même tenant. Dan Simmons serait ainsi entré en possession de cahiers de mémoire d'un certain Jacob – dit Jake – Perry, dont il présente le récit après l'avoir rencontré à la fin de sa vie.
Pour ressituer le contexte, le roman nous met face à une réalité alternative, en 1924-1925, dans laquelle l'expédition britannique pour conquérir le sommet de l'Everest de 1924 (et échouer, avec la disparition des alpinistes Mallory et Irvine au dessus de 8.500 mètres d'altitude) aurait été suivie de la disparition sur la face nord d'un jeune Lord anglais, Percival Bromley, et de son compagnon de cordée autrichien (un inconnu total…) sous les yeux d'alpinistes allemands. On se demande bien ce que tout ce petit monde pouvait bien faire sur le flanc nord de l'Everest juste après l'échec anglais… d'autant que les conditions de leur disparition semblent bien suspectes.
Au début du récit, le lecteur fait la connaissance de 3 alpinistes en pleine ascension du Cervin, sommet mythique des Alpes :
- le fameux Jake Perry de la préface, jeune américain idéaliste
- Richard Deacon dit « le diacre », gentleman anglais ayant passé la première guerre mondiale sur le front et participé à deux expéditions sur l'Everest (celle de reconnaissance en 1921 et la première expédition avec Mallory en 1922), bien introduit dans les instances de l'alpinisme britannique
- Jean-Claude Clairoux, jeune guide français prometteur et bricoleur de génie.
Ces 3 alpinistes apprennent durant leur saison d'ascension la disparition de Mallory et Irvine, et vont vite se retrouver au centre d'une expédition officieuse dans le massif de l'Everest ayant pour but de retrouver trace de Lord Bromley. le premier tiers du roman décrit la préparation minutieuse de l'expédition, l'entrainement de ses membres, et l'enquête qui les mène jusqu'à Munich dans une taverne bondée de membres du jeune parti national-socialiste allemand, dont font visiblement partie les témoins de la disparition de Lord Bromley. On note pendant toute cette partie l'extrême précision de l'auteur quant au matériel, à la description des vêtements d'expédition notamment, et bien entendu des fameux dispositifs à oxygène de cette époque.
Après ces préparatifs, l'expédition arrive en Inde, et rejoint la plantation de la famille Bromley à Darjelling où elle doit récupérer ses sherpas et le quatrième membre de l'expédition devant accompagner nos 3 occidentaux. Il se trouve que ce 4ème membre est une femme, cousine de feu Lord Bromley… ce qui n'est pas pour plaire à Richard Deacon, qui entendait gérer l'expédition sans autre leader. C'est à ce moment que l'expédition démarre véritablement, à travers le nord de l'Inde, puis au Tibet, avant d'arriver au pied de l'immense face nord de l'Everest. Les 3 compères alpinistes, associés à une lady qu'ils passent leur temps à sous-estimer avant qu'elle ne fasse ses preuves et démontre toute son utilité et expérience, vont se mettre à une double tache : celle d'escalader l'Everest pour en faire la première ascension, et de retrouver le corps de Lord Bromley. Difficile de trouver une trace sur une montagne aussi immense, 1 an après la disparition d'une personne. de plus, Lady Bromley semble ne pas tout dire sur ses motivations…
Le récit monte ainsi en intensité assez rapidement après l'établissement du camp de base, avec tous les classiques de la littérature de montagne – la tempête, les problèmes de santé, l'accident de porteur, les crevasses – mais c'est globalement bien crédible. On ne peut que reconnaître une documentation impressionnante de l'auteur, car en grand habitué des textes de montagne, j'ai trouvé le récit très réaliste. Les termes tombent toujours bien, alors qu'on a souvent dans ce genre de texte des coquilles de vocabulaire ou de pratique dès que l'on aborde les parties les plus techniques. On vit l'ascension avec l'expédition, dans ses difficultés, dans ses douleurs, dans ses accomplissements. Les personnages sont ainsi assez crédibles et attachants, bien qu'un peu trop stéréotypés : j'imagine que c'est un des effets de l'altitude de forcer les traits de caractère…
L'histoire en elle-même oscille entre le récit d'ascension, dont il reprend tous les codes, et le thriller, avec un côté inquiétant lié à l'environnement particulièrement inhumain, mais aussi à une menace que l'on sent tout au long du roman proche des protagonistes, et qui finit par leur tomber dessus. Pourquoi faut-il absolument retrouver le corps du Lord, quand le désir le plus profond de ces 3 alpinistes chevronnés et doués est de faire la première du toit du monde ?
Bien sûr, le roman soufre de quelques défauts : une relative longueur à se lancer, avec une première partie qui traîne un peu, et qui se perd parfois en détails techniques. Bien que très amateur moi-même, j'imagine le lecteur non initié qui doit se farcir ces passages décrivant les débits des machines à oxygène, ou les capacités calorifiques de certains tissus. Mode « regardez comme je me suis bien documenté » on ! Autre défaut, plus gênant, l'enchaînement des événements n'offre pas de réelle surprise, je m'attendais à la plupart des retournements de situation, et la bêtise / naïveté des héros est souvent là quand il ne faut pas. Enfin, les personnages sont un peu trop doués, à la limite des surhommes. Un exemple : l'ascension d'une traite depuis le camp de base 5500 mètres jusqu'au sommet en un peu plus de 30 heures non-stop après être redescendu d'un camp au milieu de la montagne en urgence, sous pression mentale, puis réaliser des prouesses techniques à plus de 8.000 mètres, ça fait beaucoup.
Au niveau technique alpine, Dan Simmons s'est bien documenté, mais visiblement il a autant potassé les livres techniques des années 1920 que des années 80-90… L'expédition initiale a 60 ans d'avance au niveau de sa conception (ascension en technique alpine d'un sommet de plus de 8.000 mètres), et le matériel mis au point par notre bon guide français avec les moyens de 1925 ferait pâlir les Herzog/Bonatti/Rébuffat et consort : piolet court de cascade de glace, crampons douze pointes avec pointes avant, corde résistance (même baptisée « corde miracle dans tout le récit de Perry) broches à glace, vestes en duvet dans lesquelles on n'a jamais froid, et le meilleur pour la fin : la poignée autobloquante Jumar, baptisée ainsi du nom du chien de Jean-Claude Clairoux… On a donc une certaine liberté prise par l'auteur au niveau matériel, c'est sympa à lire, mais dommage pour un récit qui colle tellement à l'histoire en général. L'ascension d'une paroi surplombante de glace en 1925… pas possible tout simplement. Idem pour certaines libertés géographiques : voir l'Ama Dablam depuis le col Nord de l'Everest n'est physiquement pas possible ! Mais je pinaille, peu de lecteurs noteront ces incohérences.
L'Abominable est donc un roman plaisant, proposant un récit fleuve d'expédition sur le plus haut sommet du monde, mais nimbé d'un mystère et d'une atmosphère pesante. On apprend beaucoup de choses dans ce récit très documenté, et on vit littéralement l'aventure avec les alpinistes. Malgré quelques défauts, le roman est une bonne surprise. Mais mon intérêt pour la montagne et l'histoire alpine biaise peut-être un peu mon jugement.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Maym
  26 novembre 2019
Etonnamment, c'est le premier roman de Dan Simmons que je lis, bien que le célèbre cycle de SF Hyperion se trouve dans ma pile à lire, et que j'aie regardé les premiers épisodes de la série "The Terror" inspirée de son roman de 2008 (qui, il semblerait, n'ait pas fait l'unanimité, mais c'est un autre débat). J'ai pris connaissance de l'existence de ce thriller alpin il y a quelques semaines dans une librairie, puisqu'il vient de sortir en traduction française en octobre 2019, bien qu'ayant été publié en version originale dès 2013. D'ordinaire je ne prête pas attention au rayon des thrillers car ce n'est pas mon style de lecture, mais je dois dire que mon regard a été accroché par le contraste de la photo noir et blanc de cet alpiniste de dos avec tout son matériel qui semble l'écraser, en ombre chinoise sur la glace, et par le titre un poil effrayant qui la parcourt : "l'Abominable". La quatrième de couverture m'a intriguée, avec cette "expédition qui vire au cauchemar", la mention de "la plus glaçante des histoires sur l'Everest", ainsi que le rapport avec le mystère qui planera toujours sur l'ascension de George Mallory et Sandy Irvine en 1924... J'ai donc décidé de me lancer dans la lecture de ce pavé de pas moins de 660 pages !
Le début est plutôt lent, mais sert naturellement de fondement à toute la suite de l'histoire. A partir du premier tiers l'action commence à s'accélérer puisqu'on entre dans le vif du sujet, et l'auteur nous tient en haleine jusqu'aux dernières pages, je ne pouvais plus décrocher ! Sans spoil puisqu'il s'agit des premières pages du roman (ou pour être au goût du jour des nouvelles entrées au dictionnaire devrais-je dire "sans divulgâcher"...), Dan Simmons nous propulse dans cette intrigante aventure par le biais d'une multitude de carnets de note qu'il reçoit par la poste, écrits par un ancien alpiniste mourant, qu'il avait interviewé des années auparavant pour trouver matière à écrire un thriller sur le pôle Sud. le roman que nous lisons est donc la retranscription des mémoires de cet alpiniste, racontés au présent : l'expédition de ce "jeune idéaliste américain" sur l'Everest en 1925 avec ses deux amis alpinistes que le prière-d'insérer mentionne ("un poète britannique vétéran de la Grande guerre et un guide de montagne français"). Dan Simmons utilise ainsi ingénieusement le contexte historique de l'Europe ainsi que de l'Inde et du Népal, pour dérouler la quête de ces alpinistes sur cette montagne furieuse. Et il ne fait aucun doute qu'il s'est largement documenté sur tout ce qui attrait à l'alpinisme dans les années 20-30 puisque les descriptions sont fournies et explicites tout du long, tant sur le matériel alpin, les techniques d'ascension, que sur la réaction du corps humain aux conditions climatiques de très haute montagne en regard de ce dit équipement. Je regrette néanmoins qu'il n'y ait pas eu une carte de la région himalayenne pour suivre géographiquement les personnages, ainsi que des repères schématiques des différents camps de base sur l'Everest. J'avais parfois l'impression d'être avec le groupe en train de sonder la neige pour éviter les crevasses, de poser des relais dangereux sur des parois infinies, de m'asphyxier à 8000m, de lutter contre le froid mordant et les rafales impitoyables, ainsi que contre... ce dont je ne parlerai pas pour ne pas gâcher votre plaisir de le découvrir au fur et à mesure que la tension monte... ;)
Une lecture palpitante une fois le premier tiers passé, avec son petit lot de descriptions frissonnantes propres aux thrillers et au danger mortel que représente l'alpinisme pour l'homme... je recommande !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
culturevsnews
  07 novembre 2019
J'adore le travail de Simmons. Hyperion est parmi mes préférés. Je suis particulièrement impressionné par son souci du détail ; sa capacité à transformer de grandes quantités de connaissances techniques en une histoire est impressionnante.
Cette histoire - une expédition secrète à l'Everest presque à la manière des garçons, livrée au lecteur par ce vénérable dispositif du "livre trouvé" - met en scène des personnages si virils, si possédés de lèvres supérieures raides, si intelligents et conduits que je me suis senti comme une imposture d'un homme une fois ma lecture terminée. Cependant, j'ai senti que les traités sur la technique de l'alpinisme, et - surtout - ses détails sur le système de classe britannique vers 1925 ont duré beaucoup trop longtemps. À ces moments-là, les personnages cessèrent d'être les admirables titans d'une société perdue et devinrent les porte-parole didactiques de la recherche de Simmons.
Simmons présente une vision vivante et nette de l'ascension traître du roman, mais le véritable protagoniste est l'Everest : "Les pentes verticales abruptes des pentes abruptes des vents glaciaux, des linceuls nuageux, des brumes et des mythes abandonneront lentement ses mystères mortels à une autre équipe - qui, dans leur désir de conquérir Sa Majesté - pourrait être trop mal équipée pour faire face à ses dangers.
photo image_zps9159cdab.jpg
Après un début lent, l'action tant attendue a été bien accueillie, le coeur battant à un rythme effréné et rapide. Là-haut, alors que les alpinistes faisaient l'expérience d'horribles découvertes inattendues et de sensations fortes, le lecteur était momentanément à bout de souffle. La question perplexe entourant la disparition de Percival était une tournure intrigante (quoique pas tout à fait surprenante étant donné l'époque à laquelle tout cela s'est produit).
Étant un fan de fiction surnaturelle, ma seule petite bête noire était la publicité trompeuse de ce conte comme étant surnaturel et dans ce livre il a plutôt choisi d'utiliser la métaphore abominable d'un monstre d'un autre genre.
Néanmoins, si vous pouvez contourner cet aspect du livre, il faut dire que la dernière partie du roman est excitante et très bien écrite. L'abominable est un livre qui fonctionne brillamment la plupart du temps. Il ne fait aucun doute qu'il est bien écrit, captivant et passionnant ,il est peut-être trop lent, trop complexe et trop complexe pour certains. C'est un pendant intéressant de la Terreur.
C'est détaillé, c'est habilement fait et pourtant.... ce n'est pas parfait, et à mon avis, certains aspects peuvent ennuyer énormément le lecteur. Il y a beaucoup à gagner et à apprécier en lisant L'abominable, mais je soupçonne qu'il y a des aspects que certains lecteurs n'aimeront pas et que certains pourraient considérer comme controversés.
Note 8,5/10
Lien : https://culturevsnews.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
licorne85
  23 janvier 2020
Je viens de refermer ce livre et je risque d'être encore longtemps habitée par l'aventure périlleuse qui a secoué les protagonistes de cette histoire, et moi par la même occasion.
La virtuosité de Dan Simmons réside d'abord dans sa faculté à nous faire découvrir de nouveaux espaces, de nouvelles sensations, et de nous amener avec une intensité crescendo vers des "sommets" exaltants, et quel sommet ici, c'est le toit du monde, l'Everest !. Son autre atout est son âme de conteur et de tisseur qui vient broder et ajuster à des événements réels, une explication tirée de son imaginaire, c'est tellement subtil et bien ressenti qu'on pourrait tout à fait y croire et penser que l'histoire a pu se dérouler ainsi. Il mêle et comble avec brio un pan de l'histoire de l'Alpinisme et enchevêtre l'histoire de ces héros avec un contexte historique particulier, celui de la montée du nazisme, de l'espionnage et du contre-espionnage. Tout un programme où il ajoute la petite touche légendaire du Yéti ...

J'ai vraiment été sous l'emprise de cette lecture, malgré quelques passages plus techniques, je n'ai ressenti aucune lourdeur, tout est important, il pose les bases, et donne de l'ampleur à l'ascension finale en nous montrant dans le détail, les préparatifs d'une telle expédition. Au début du 20e, c'était vraiment une aventure de chaque instant, et une prise de risque maximum pour grimper ; les technicités et la modernité de nos équipements actuels n'ayant pas grand chose à voir avec ceux de l'époque. On comprend mieux, le courage qu'il fallait pour tenter de tels défis. L'auteur a fait un énorme travail de recherche pour aider le lecteur à s'immerger dans ce challenge, j'ai appris un tas de choses sur les progrès techniques lié à l'Alpinisme, une activité que je connaissais à peine.
La solidarité et la confiance liant les hommes et femmes de l'histoire nous rappellent que nous sommes peu de chose par rapport à cette nature hyper présente et constituant quasiment un personnage à elle seule. Des portraits attachants qui nous font vivre leurs plus grandes peurs et une certaine forme de bonheur à braver l'immensité de ces sommets, c'est souvent poignant et parfois révoltant, on passe par un paquet d'émotions.... Et puis, il y a ce froid intense et on frissonne tout au long de ce pavé ! Mais au bout du compte, quelle magie aussi de vivre avec eux comme un alpiniste, suivant leurs péripéties et manquant souvent d'oxygène, eux par l'altitude et nous, par la tension des derniers chapitres.
Bref, le coup de coeur est là, il est net et catégorique ! un sacré roman d'aventure et je ne peux m'empêcher de faire un retour sur "Terreur" un livre de ce même auteur que j'ai adoré et dont j'ai retrouvé ici l'ambiance et l'univers sans pitié, celui du froid, des travers de l'humanité et des glaces.
Pour conclure avec un vilain jeux de mots, je dirai qu'il a atteint des sommets de perfection dans ce livre pour moi ! et comme je sens que je ne tarirai pas d'éloge à ce sujet, je vais m'arrêter là et vous envoyer la corde pour débuter à votre tour cette terrible ascension ...
Lien : https://fanfanlatulipe85.blo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   06 décembre 2019
La roche est instable, elle se délite. On ne peut pas s'y fier. Quand on y plante un piton à l'aide d'un marteau, jamais on n'entend le son de l'acier contre le fer, du fer contre le roc, et une minute plus tard, on peut retirer le piton à deux doigts. Sur le Cervin, la roche est épouvantable. Les montagnards savent que toutes les montagnes sont en voie d'effondrement – leur verticalité étant sapée en permanence et inéluctablement par le vent, l'eau, la météo et la gravité –, mais plus que toute autre, le Cervin ressemble à une pile instable de gravats. Si j'ai aimé la roche ici ? Sûrement pas. À aucun moment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   06 décembre 2019
L'âge et la gravité ne l'avaient pas épargné : la scoliose et un tassement de la colonne vertébrale lui avaient dérobé plusieurs centimètres, et pourtant il dépassait encore le mètre quatre-vingts. Comme il portait une chemise en denim à manches courtes, j'ai vu qu'il conservait des muscles sculptés et des avant-bras impressionnants, même si ses biceps avaient un peu fondu ; malgré les ravages du temps, il avait le torse puissant et les épaules larges, modelés par une vie entière d'exercices physiques.

Il m'a fallu quelques minutes pour remarquer qu'il lui manquait deux doigts à la main gauche – l'annulaire et l'auriculaire. La blessure paraissait ancienne : la peau recouvrant les moignons, juste au-dessus de l'articulation, était brune et aussi tannée que celle de ses mains et de ses avant-bras. Les doigts manquants ne semblaient en rien diminuer sa dextérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   06 décembre 2019
Les intrigues romanesques paraissent souvent idiotes lorsqu'on les sort de leur contexte narratif. Soyons honnêtes : parfois, elles sont idiotes même en contexte. Et il est vrai que j'avais pensé à un être géant et terrifiant qui traquerait, tuerait et mangerait mes personnages. Sauf que je n'avais pas encore d'idée sur la nature de la bête.
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   06 décembre 2019
“J'ai beau connaître M. Deacon depuis des années – nous étions amis à Cambridge et sommes allés grimper ensemble au pays de Galles, après nos études –, je ne l'apprécie pas beaucoup. Il aime trop jouer au professeur, au grand seigneur, au poète. Ses préjugés conservateurs transparaissent par moments, mais aussi son mépris, frisant parfois la haine, pour les gens qui ne sont pas de son monde. Notre ami Richard Davis Deacon adore se faire appeler par le surnom que lui ont donné nos camarades, une cinquantaine au total, lors de sa première année à Magdalene College – « le Diacre » : je suis sûr que ça flatte son ego surdimensionné.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
MaymMaym   19 décembre 2019
L'outremer est une couleur étrange et rare, plus profonde que le bleu océan ou même que le bleu marine. Lorsque ma mère l'utilisait dans ses tableaux, ce qui n'arrivait pas souvent, elle écrasait des petits morceaux de lapis-lazuli avec son pouce, ajoutait à cette poudre quelques gouttes d'eau ou de salive puis, d'un mouvement ferme et sûr de son couteau à palette, appliquait de petites touches de la puissante teinte dans le paysage marin ou le ciel auquel elle travaillait. Le moindre excès rompt l'équilibre. A la juste quantité, l'outremer est la plus belle des couleurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Dan Simmons (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dan Simmons
Payot - Marque Page - Dan Simmons - L'abominable
autres livres classés : alpinismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Noms de famille et la nature

Noms; trois ont pour origine le bois, mais un quatrième est l'intrus, lequel?

Dubreuil
Bosh
Combescure♧
Wood

10 questions
90 lecteurs ont répondu
Thèmes : Noms de personnes , nature , montagnes , métier d'autrefois , animauxCréer un quiz sur ce livre
.. ..