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ISBN : 2714441939
Éditeur : Belfond (18/08/2005)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Bientôt Fanny sera sourde. Bientôt elle n'entendra plus les pleurs des enfants qu'elle aide à mettre au monde. Pourtant, avant que le silence ne se referme sur sa vie, la jeune femme décide de prendre des cours de piano. Louis, son professeur, elle l'a croisé à la maternité. Un homme solitaire et secret, doux et blessé. Au fil des leçons, une complicité pudique s'installe entre eux. Peu de mots, quelques gestes, des regards, et puis la musique. Pour affronter et sur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  03 novembre 2014
Fanny, mariée et maman de deux enfants, est sage-femme à la maternité de Dourdan.
Aurélie, épaulée par Louis, vient accoucher en toute urgence. Etrange loi de la nature: son enfant naît alors qu'elle vient d'enterrer son mari.
Fanny et Louis, une rencontre improbable dans les couloirs de la maternité.
Alors que rien ne les prédestinait à se revoir, la sage-femme, touchée par ces événements, restera en contact avec eux. Juste pour manger une sucrerie ensemble...
Elle apprend que Louis, professeur d'économie, donne également des cours de piano. Elle se décide à aller le voir et lui annonce qu'elle veut apprendre à en jouer... avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'elle ne se retrouve totalement dans un silence absolu...
Fanny et Louis, deux êtres sur la même longueur d'onde, deux âmes blessées au diapason.
Les mots d'Hugo Boris sont mélodieux à souhait et résonnent encore une fois la dernière page de la partition tournée. Tel un chef d'orchestre, il manie le crayon posément et tout en délicatesse. Les notes, en parfaite harmonie, font battre la chamade. le ton est d'une justesse incroyable. Une romance tendre, à fleur de peau, à fleur de mots, qui va crescendo. Cette composition musicale sensuelle, emplie d'amour et de volupté, fait vibrer notre corde sensible tant il dégage de douceur, d'élégance et de pudeur.
Le baiser dans la nuque... quel baiser...
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Ziliz
  01 janvier 2015
Où il est question d'enfantement et de musique, d'urgence à jouir de ses sens avant qu'ils ne vous trahissent... Louis et Fanny se sont connus en salle de travail, il tenait la main de sa belle-soeur veuve, elle était la sage-femme. Ils se revoient tous les jeudis : Louis est professeur de piano, Fanny veut apprendre à en jouer avant de devenir sourde, sa maladie gagne rapidement du terrain.
J'ai découvert dans ce beau roman des mots superbes pour parler de la maternité dans toute son animalité, toute sa majesté, toute sa splendeur. Pour parler de la beauté et de la fragilité d'un bébé, de ses allures de chaton lorsqu'il tète, lorsqu'il est endormi. Pour dire l'amour, le bonheur et la fierté dans le regard d'une jeune maman.
Hugo Boris a une très belle sensibilité. Je n'aurais qu'une chose à lui reprocher ici : ce titre qui laisse présager une simple bluette, cette couverture qui me fait bailler d'ennui à l'idée de lire un récit centré sur des leçons de piano. Il y a bien cela, certes, mais joliment accompagné d'histoires de femmes devenant mères qui m'ont rappelé 'Chambre 2' de Julie Bonnie, en moins pessimiste, et 'Le choeur des femmes' de Martin Winckler.
Lu et aimé de cet auteur, dans un tout autre registre : 'La délégation norvégienne'.
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isabelleisapure
  08 juin 2014
Il y a des livres qui ne font pas de bruit, les découvrir par hasard est une grande chance, celui-ci est un petit bijou qui aurait dû faire partie des best- seller… Mais voilà !
C'est donc au lecteur de prendre le relai pour essayer de faire découvrir ces trésors ignorés.
« le baiser dans la nuque » est l'histoire d'une magnifique rencontre, une histoire d'amour, même si les mots ne sont jamais prononcés entre deux personnes trop pudiques.
Fanny est sage-femme, suite à une maladie, elle devient sourde peu à peu, inexorablement, Louis est professeur de piano, solitaire depuis le départ de sa femme.
Entre eux vont se tisser des liens très forts. En échange des leçons de piano qu'il lui donne elle lui garde les petits bracelets bleus ou roses que l'on met aux bébés à la naissance.
Hugo Boris révèle dans ce premier roman empreint de tendresse et de douceur un talent prometteur qui se confirmera par la suite notamment avec « La délégation Norvégienne » et « Trois grands fauves".

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Pau
  25 mai 2010
Voici le roman d'un auteur auquel il serait bon de prêter attention : le baiser dans la nuque d'Hugo Boris, publié en juin 2005 aux éditions Belfond. Hugo Boris a réalisé plusieurs courts-métrages et a été lauréat du prix du Jeune Ecrivain en 2003 pour sa nouvelle N'oublie pas de montrer ma tête au peuple. Il signe ici son premier roman qui démontre son talent de conteur d'histoires et l'acuité d'une écriture personnelle.
« Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ? (…) C'est un secret qui prend la bouche pour oreille ». Ce que dit Cyrano à Roxane dans la scène du balcon est une excellente synthèse de la force et de la tendresse de ce roman. En effet, le baiser dans la nuque d'Hugo Boris est un roman qui parle de secrets chuchotés : ceux de la naissance, ceux des relations entre les gens, ceux de l'amour aussi. L'écrivain se distingue par la concision et l'intensité de son écriture qui montre très simplement et très pudiquement les joies et les souffrances ordinaires de la vie, la vraie vie, celle que chacun peut vivre.
Il narre la rencontre inattendue d'une sage-femme et d'un professeur de piano. Elle, c'est Fanny, une sage-femme guettée par la surdité. Elle veut faire le deuil de la musique avant de ne plus pouvoir l'entendre. Lui, c'est Louis, un homme réservé qui lui apprend le piano une fois par semaine, le jeudi. Leçon après leçon, elle lui raconte le miracle quotidien de son métier, celui de la naissance, de la vie qui naît et lui l'écoute, l'aide dans son combat contre la perte de l'ouïe. Un troc, un échange, qui permettra peut-être de soigner une blessure secrète ignorée dans sa profondeur. Au fil des leçons de piano, leur relation se tisse peu à peu, faite de musique et de silence, une relation empreinte de pudeur et de complicité. Cette relation se déroule principalement dans un huit clos, le salon de Louis où se tiennent les leçons. C'est une sorte de parenthèse intime dans leurs vies respectives, lesquelles ne sont évoquées entre eux qu'avec beaucoup de pudeur, presque au hasard de leurs conversations musicales. C'est un roman où, comme dans la vie réelle, chaque détail compte, même ceux qui semblent à première vue infimes. En exergue par exemple, les deux sens du mot « portée ». Cette définition extraite du Petit Robert annonce déjà le double sujet du roman avant même que celui-ci n'est commencé : la portée d'une femelle de mammifère, la portée d'un cahier de musique, autrement dit la naissance et la musique.
Cinq chapitres, introduits chacun par un vers d'Arthur Rimbaud : « L'étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles, / L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins / La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles / Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain. Arthur Rimbaud » Chaque partie correspond aux étapes de l'évolution de la relation entre la femme qui devient sourde et le professeur de piano solitaire. Au lecteur de découvrir le lien entre ces vers cités et l'histoire qu'on lui raconte. de plus, la mise en page même participe de la narration en rendant plus visible le rythme de cette écriture qui doit sans doute quelque chose à Marguerite Duras : « Son bébé. / Laura. / Chaude, glissante, couleur de lune. / Une plainte grêle retentit. Des pleurs envahissent la pièce, de plus en plus nourris. / Elle pleure toutes les larmes de sa mère, cette enfant-là. C'est le chagrin d'Aurélie qu'on vient de libérer en personne. / Qu'elle pleure. / Ce front froissé, cette bouche en colère, ces pieds qui repoussent, ces petits cris aigus. La vie qui dit merde. » Les chapitres sont très courts, une dizaine de pages au maximum, sans titre et signalés seulement par un changement de page et un alinéa d'un tiers de page avant le début du chapitre suivant. A contrario, les troisièmes et quatrième parties : « La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles / Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain. » sont sous-chapitrées par un prénom sans majuscule : « nathan », « rose », « antoine », « vincent », « ingrid », etc. C'est le nom de l'enfant dont elle lui narre l'histoire ce jeudi-là. La naissance de cet enfant n'est nécessairement racontée à chaque fois : l'auteur l'alterne avec le récit de la leçon elle-même ce jour-là, l'approfondissement du lien entre Louis et Fanny.
Le baiser dans la nuque est en définitive un roman surprenant de justesse qui montre les secrets et les souffrances que chacun garde au fond de soi, et aussi les joies profondes qui les pansent tant bien que mal. Il faudrait faire toute une étude approfondie dessus pour en saisir toute la vérité et toute la richesse. Il faut surtout prendre le temps de le lire, de se laisser bercer par cette écriture qui dit avec une grande délicatesse l'histoire de quelques vies : la naissance, la musique, l'amour bien sûr, et la mort. C'est un roman qui suscite une bouffée de tendresse pour notre humanité dont on ne nous montre trop souvent que les horreurs, un roman qui résonne comme un hymne à la joie, un hymne à la vie.
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Syl
  09 avril 2013
« Bientôt Fanny sera sourde. Bientôt elle n'entendra plus les pleurs des enfants qu'elle aide à mettre au monde. Pourtant, avant que le silence ne se referme sur sa vie, la jeune femme décide de prendre des cours de piano.
Louis, son professeur, elle l'a croisé à la maternité. Un homme solitaire et secret, doux et blessé. Au fil des leçons, une complicité pudique s'installe entre eux. Peu de mots, quelques gestes, des regards, et puis la musique. Pour affronter et surmonter la maladie, qui progresse, mais aussi, surtout, pour se soutenir mutuellement. »
Parfois, la quatrième de couverture aide à raconter un livre. J'aurais pu faire comme à mon habitude et relater la première rencontre de Louis et Fanny à la maternité, mais je préfère cette sobriété de quelques lignes qui m'est si peu coutumière.
C'est un livre discret qui se dévoile à travers quelques leçons de piano prises les jeudis après-midi. Avare, ou plutôt d'une pudeur délicate dans les dialogues, l'auteur préfère laisser parler des notes de musique martelées, caressées, ânonnées, vitupérées, suggérées, par Fanny et Louis. Dans cette bulle de sons, les angoisses et les passions résonnent, laissant la musique être un baume pour les maux. Les mélodies, expertes ou novices, sont alternées par les histoires et les cris des nouveaux nés que Fanny met au monde. Des chapitres ainsi portent les prénoms des bébés, des prénoms que Louis collectionne et écrit sur des partitions de musique.
Bien vite, Fanny se noie dans la musique du silence. Elle imagine la symphonie et les phrases qu'elle joue, traversent son corps.
La pluie, la neige, le froid, des journées courtes, les isolent dans ce cocon face à la fenêtre qui donne sur l'extérieur, une forêt dense, sombre et hostile.
Furtivement, presque dans l'anonymat, ils vont se frôler, se connaître, se désirer et s'aimer… le temps d'un hiver ou le temps d'une renaissance.
Un superbe livre que je vous conseille, émouvant et solennel comme une prière murmurée.
« Elle prendra les aigus, il prendra les graves. Il jouera pour elle, elle jouera pour lui.
Une première fois pour débroussailler le terrain. Une deuxième pour prendre ses marques. Une troisième, pour de bon. Quatre mains qui se promènent, fatiguent les touches, encombrent le clavier…
Les notes se mélangent. Il ralentit quand elle a du retard. Elle le surveille du coin de l'oeil. Il fait sa part, elle fait la sienne.
Elle rit : il s'aventure dans sa partie du clavier, vient gêner ses doigts, la bouscule sur son territoire, exprès.
Il recommence, vient plaquer un accord intrusif entre ses deux mains, où il n'a rien à faire. Elle tend la main et enfonce quelques touches au hasard dans les graves, une volée de fausses notes punitives sur son terrain.
Il se penche vers les aigus, tend son bras, plaque trois fausses notes pour lui faire comprendre qui est le chef, il sent un sein contre son épaule, qu'elle ne retire pas, qui lui donne le trac.
Mais elle se venge déjà, franchit les lignes adverses, plante un accord dissonant dans les graves, pour l'exemple, ressent une inquiétude délicieuse, qu'elle cache sous les éclats de son rire perlé de jolie môme.
Ils se chamaillent à coups de fausses notes et de faux accords, riants comme des gamins.
Il tâche bien de rencontrer ses doigts sur les touches.
Elle laisse sûrement sa cuisse contre la sienne, une ou peut-être deux secondes de plus qu'il ne faudrait. »
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   04 novembre 2014
La route écrasée de soleil a des brillances. Le parking, un air vacant. Juillet flamboie. Il ne manque vraiment que le bourdonnement d'une autoroute à quatre voies. Elle lève les yeux vers le ciel et les y laisse, pour s'éblouir un peu. Un bleu doucement mécanique, un ciel d'Espagne. Ici, à cette heure, il ne peut rien lui arriver. Cet instant est à elle, on ne peut le lui retirer, une certitude qu'elle a. Il fait si chaud, si lourd, qu'il fait presque mauvais, qu'importe, c'est à elle. La route noire, les pelouses, la mécanique bien huilée des gerbes d'eau, le ciel pâli par la chaleur, tout.
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marina53marina53   03 novembre 2014
Elle n’est pas sourde, elle le devient.
Rester assise dans une baignoire dont l’eau lentement se retire, s’étrangle avec le vertige d’une toupie. L’œil du cyclone qui la regarde, sa peau qui doucement se granule. Une souffrance à huis clos, un silence à crier où l’on entre malgré soi, comme dans la lumière un insecte affolé. Et voila qu’on se promène du lundi au samedi avec les oreilles endimanchées. Deux tympans habillés pour l’enterrement. 
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marina53marina53   03 novembre 2014
Il se lève, s'assoit sur le velours où elle se tenait assise à l'instant, et, sans toucher au clavier, cherche la place exacte où elle était, la position de son corps, de ses bras à demi levés, veut retrouver en tâtonnant la position juste, se glisser dans le souvenir qu'il a d'elle.
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marina53marina53   05 novembre 2014
L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain

Arthur Rimbaud
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ZilizZiliz   01 janvier 2015
On lui coule le bébé dans les bras, elle le pose au creux de son ventre tiède, ouvre la serviette pour sentir sa peau contre la sienne. Elle caresse le duvet de son crâne, dessine la fontanelle. Son petit s'ébroue avec des gestes alentis, écarquille les doigts. Elle lui mange le visage de petits baisers, le goûte. (p. 94)
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