AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2818006449
Éditeur : P.O.L. (01/12/2011)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 15 notes)
Résumé :
La recherche de soi est un long chemin.
Au début, il n’est d’ailleurs pas de chemin. Seule règne une profonde ténèbre. Une ténèbre faite d’interrogations, de doutes, de fatigue, de haine de soi, de difficulté à vivre... Mais un travail d’élucidation et de clarification parvient à le repousser, à y faire naître une faible lueur. Alors des entraves commencent à tomber, des obstacles à disparaître, et un chemin finit par s’ouvrir. Il permettra à celui qui l’empr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Malaura
  28 mars 2012
Immense plaisir d'avoir compulsé le journal d'un homme tel que Charles Juliet. Tristesse aussi, la dernière page lue, d'avoir à le quitter, comme on quitte un ami, car le sentiment est fort d'avoir vécu un vrai moment de partage et d'échange.
« Accueils »…un titre qui s'accorde impeccablement bien avec le ressenti du lecteur à la lecture de ce quatrième journal qui s'étend de 1982 à 1988. L'auteur, en nous ouvrant les portes de son intimité, nous accueille chez lui, dans sa sphère privée et se livre à nous avec toute la tendresse, l'humilité, la finesse et la pudeur dont il a fait montre dans les écrits qui ont fait sa notoriété de « Lambeaux » à « L'année de l'éveil ».
Charles Juliet est un homme de silence et de réflexion. Longtemps, son écriture a porté les stigmates de ses tourments et de ses peurs. Longtemps, la foi en lui et en son potentiel lui fit défaut. Si le besoin d'écrire était viscéral, les souffrances et les inhibitions étouffaient son aspiration à devenir écrivain, obstruaient le chemin qui menait à une écriture libre, dégagée des considérations superficielles, des comparatifs ou des valeurs d'estime.
L'écrivain s'exprime sur la complexité et la difficulté d'écrire ; l'angoisse de la page blanche, la déception, la gêne éprouvés face aux mots quand ceux-ci se refusent à vous ou reflètent mal ce que vous tentez de dire. Il y rapporte aussi la lutte de chaque instant et le travail acharné, la discipline stricte, l'application, la méticulosité d'orfèvre dans la recherche du souffle, du rythme, de la musicalité d'une phrase.
Un long travail sur lui-même, pendant de nombreuses années, a été nécessaire pour le libérer des démons et des chaînes qui entravaient sa progression.
Plongeur en eaux troubles, Charles Juliet s'est immergé dans les abysses de son « moi profond», à l'écoute des résonnances intimes de son esprit et de son coeur, pour accéder à cet éveil de la conscience qui s'apparente à la sagesse orientale.
Ce quatrième journal tenu par l'écrivain est la réalisation de ce cheminement intérieur, de cette quête de soi qui l'a porté pas à pas vers la délivrance, vers la source, vers la lumière.
La lecture d'oeuvres aussi hétéroclites qu'abondantes, des soufismes de Rûmî aux nouvelles de Carlson Mac Cullers, ont été les passerelles spirituelles fondamentales de son errance en pays mental.
Si les trois journaux précédents apparaissent plus sombres, porteurs de violence et de colère contenues, ce quatrième ouvrage autobiographique que l'on peut néanmoins lire indépendamment des autres, nous révèle un Charles Juliet serein et délivré, désormais en accord avec lui-même, un homme qui, au prix d'une totale remise en question de son être, a consenti enfin à ce qu'il était, à ce qui le définissait, un homme en pleine adhésion au monde et à lui-même.
La bonté, la chaleur, la simplicité de l'auteur affleurent à chaque ligne dans ses plaisirs, ses goûts, ses penchants.
La peinture compte énormément, révélant la fibre sensible de son être ainsi qu'un oeil vif et nuancé sachant observer avec l'émotion nécessaire pour alimenter son monde intérieur.
Charles Juliet fait état d'une admiration pleine d'humilité pour les artistes - écrivains, peintres, sculpteurs - qui l'ont intellectuellement enrichi : Beckett, Hölderlin, Bram van Velde, Giacometti, Soulanges…
Pour certains de ses contemporains, il a créé de véritables liens d'une amitié solide basée sur la même soif d'ouverture et d'éveil : Christian Bobin, Philippe Jaccottet, le peintre lyonnais Truphémus…
Et puis, au fil de sa quête, Charles Juliet parle également de tous ces anonymes qu'il a su écouter et comprendre, pour qui ses livres ont fait l'effet d'une révélation et avec lesquels il entretient des correspondances soutenues; rencontres souvent fortuites, toujours bénéfiques, de personnes qui s'adressent à lui pour livrer leurs tourments, leurs désarrois, leur difficulté de vivre et de s'accomplir en ce monde.
Au-delà du grand écrivain qu'il incarne, les gens voient en lui un ami, un confident, car les sujets qu'il aborde les renvoient à eux-mêmes et à leurs troubles existentiels. A travers la voix de Charles Juliet, c'est alors la voix de toutes ces personnes inaptes à exprimer leurs pensées profondes, qui se fait entendre.
Le journal de Charles Juliet est ainsi un long cheminement que l'homme, d'une sensibilité à fleur de peau, capable d'être bouleversé aux larmes par la tristesse se lisant sur le visage d'un anonyme croisé dans la rue, nous invite à partager en sa compagnie.
Chacun de ses mots libère la réflexion, amène à s'interroger sur sa propre personne, à se trouver ou à se retrouver.
Un lien particulier se crée entre l'auteur et le lecteur, une proximité tissée fil à fil sur le canevas des mots, des confidences et des anecdotes, une forme d'amitié solide, chaleureuse, et également pour le lecteur, la reconnaissance envers l'homme-écrivain qui se dévoile et se met à nu dans l'expression même de son rapport à l'écriture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380

critiques presse (1)
Telerama   14 décembre 2011
Poursuivant sa quête solitaire, Charles Juliet n'a cessé depuis 1957 de tenir son journal. Les premiers volumes accompagnaient sa marche ténébreuse, ses tourments. Le quatrième, Accueils, observe les mêmes règles, mais l'écrivain semble se tourner vers le monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   05 mars 2012
Tant de choses pèsent rongent nous meurtrissent
Tant de choses me fatiguent me maculent
Tant de choses usent ma ferveur
Endeuillent mon amour des êtres et de la vie

Mais si avant au long des stagnantes années
Ces coups morsures déceptions
Me maintenaient dans la souffrance
Parfois dans l’accablement
Un insurmontable désespoir
Je dois reconnaître que maintenant
Depuis que j’ai traversé la nuit
Ils n’ont plus le pouvoir de me corroder
Me vouer à la détresse
Me contraindre au refus

Tout au contraire
Soumis à une alchimie qui les transmute
Ils ne cessent de me nourrir
De renforcer mon adhésion
De rendre plus grave et plus lucide
Le OUI par lequel j’accueille
Ce qui m’est consenti
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
MalauraMalaura   09 mars 2012
Ma maison de mots, je la construis avec un grand souci de simplicité, de clarté, de rigueur. Pour bien recevoir mes mots, confie-toi au silence, rends-toi léger, transparent et laisse-toi bercer, porter, entraîner. Laisse les mots te pénétrer, rejoindre en toi ce qu’ils ont à te faire découvrir.
Et lorsque tu quitteras ma maison, je souhaiterais que tu sois plus clair, plus intense, que tu saches mieux voir, mieux aimer les autres et le monde, mieux apprécier les multiples beautés de la vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          500
MalauraMalaura   08 mars 2012
Si peu d’êtres savent qui vous êtes. Pourtant, ce n’est pas que vous soyez verrouillé, que vous refusiez le contact, ayez peur du regard qui pourrait se glisser en vous. Non. Ce sont eux qui ne vous prêtent pas attention, n’éprouvent pas le besoin de vous connaître, ne désirent pas recevoir plus que ce qu’ils vous ont permis de leur donner.
Commenter  J’apprécie          670
MalauraMalaura   20 mars 2012
Pour libérer les mots qui parleront à tous et à chacun, l’écrivain ne doit-il pas descendre au plus profond de lui-même, là où s’étend cette terre qui nous est commune, cette terre où il n’est plus de divisions, où rien ne me sépare plus de toi, où tous nous ne sommes plus qu’un seul.

Un seul corps. Une seule psyché. Une même aventure. Un même destin.
Commenter  J’apprécie          460
MalauraMalaura   07 mars 2012
Souvent, je n’ai en moi que des pierres. Pour que l’écriture me soit possible, il faut qu’elles fondent, que le feu intérieur les transforme en cette substance qui viendra se couler dans mes mots.
Commenter  J’apprécie          550
Videos de Charles Juliet (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Juliet
Dans la veine du précédent, Charles Juliet publie un nouveau « journal » intitulé « Gratitude ». Entre souvenirs, anecdotes du quotidien et rencontres, le lauréat du Grand Prix de l?Académie française en 2017, retrace à sa manière la période 2004-2008 à travers ce « carnet de vie ».
autres livres classés : aventure intérieureVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre