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EAN : 9782850350641
208 pages
l'Atelier contemporain (04/03/2022)
3.7/5   5 notes
Résumé :
Vallées, forêts et monts vosgiens à la lisière de la Lorraine et l’Alsace : Karine Miermont traverse ces lieux depuis une trentaine d’années, travaille à leur protection.
Les sensations vécues dans ces espaces, les expériences et surtout le désir, la poussent à raconter les vies de ceux qui y habitent : arbres, herbes, lichens, pierres, eau, animaux, hommes et femmes : « Toutes ces présences qui ouvrent des récits, des histoires ».
Par l’observation,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
La forêt est un lieu proche de mon appartement, j'aime m'y perdre, errer dans les chemins qui serpentent ces bois, entendre la vie forestière murmurer son chant quotidien, respirer la pureté de l'air chargée du humus humide de cette vie végétale…Le plaisir de ces balades, j'aime pouvoir les retrouver dans la littérature, me perdre dans une prosaïque où l'héroïne est cette reine forestière, comme cette masse critique de Babelio avec Vies de forêt de Karine Miermont, ce doux plaisir du hasard pour retrouver cette forêt. Je l'ai recherché dans mes choix de lecture, comme Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, Les forêts de Ravel de Michel Bernard, Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau, dans certaines masse critique avec Alors, il planta une forêt de Kayla Harren, Mes forêts d'Hélène Dorion, le silence qui cache la forêt de Marie Sélène sans oublier cette lecture majestueuse sur le prince du royaume de la forêt, l'arbre avec La vie secrètes des arbres de Peter Wohlleben et ceux qui sont encore dans ma bibliothèque, Et toujours les forêts de Sandrine Colette et aussi Description d'un paysage d'Hermann Hesse, en oubliant certainement, la nature respire la vie de mes plaisirs, la forêt, un champs sauvage, un sentier, un étang, une rivière, une brise légère qui ondule ma chevelure, une odeur fugace de fleurs, le bavardage des oiseaux joueurs, ces moments de vagabondages sont des instants qui me pénètrent, beaucoup d'auteurs les couchent dans des romans, dans des poèmes, dans des proses sauvages pour immortaliser ce tableau Nature.
Sans recherche préalable sur l'auteure et ce roman, juste la quatrième de couverture qui trouble un peu, laissant l'incertitude sur le fond et le genre de cette lecture, le sujet est la Nature que foule depuis son enfance Karine Miermont, un paysage au bord de la Lorraine et de l'Alsace, j'ai hâte de me promener dans cette région à travers les mots que va peintre Karine Miermont.
J'avoue que la première page désarçonne, à défaut d'être Marcel Proust avec sa langue chantante si prolixe où avoir la plume simple et poétique de Franck Bouysse avec Fenêtre sur terre, chantant sa Corrèze, Karine Miermont dans un minimaliste moderne, épure jusqu'à l'essentiel en l'oubliant, les phrases cristallisent une sensation de vide, les mots se figent dans une lecture abrupte, la langue se coupe, l'image se brouille, ce paysage devient trop abscons, pourtant le vocabulaire est présent sans avoir la forme, puis l'explication plus fluide où la forêt sera la reine de ce territoire, l'émotion sera-t-elle une musique dont le murmure sera l'écho de ces sous-bois.
Voilà, je viens de terminer Vies de forêt de Karine Miermont, mon coeur oscille, pas par ces battements réguliers, ni par ce flux sanguin qu'il brasse, par les émotions contradictoires de ma lecture approfondie de ce roman étrange par sa forme et sa dialectique, où le personnage principal est le paysage qui encercle la maison de notre auteure, sa géologie, son histoire, sa géographie, sa faune et sa flore, mais aussi les mots, les phrases, les chapitres qui comme une carte postale distillent la beauté de sa région qui au grès des saisons se transforment, la palette des couleurs scintille et le regard de Karine Miermont ne se lasse pas de cette Nature qui l'entoure, ou la prose s'enflamme tel un brasier d'été , éphémère et violente mais aussi se perd dans cette langue moderne, dite contemporaine, s'étouffant d'une stylistique épurée à contre sens d'une nature qui cristallise les sens.
Vies et forêt se met en scène dans dix paragraphes, Là, L'eau, le chat, Vies sauvages, Les rois, le temps, Les hauts chemins, L'hiver existe encore et Liber, ces différents titres chantent les espaces où chemine notre auteure, une mélodie poétique coule dans son écriture comme cette prose brute, assez moderne s'opposant de temps en temps, lorsque la fluidité se dépose dans le creux des mots, l'instant fugace s'éternise, comme cette eau qui coule au début du chapitre Là, la prose s'exalte, prend de l'épaisseur, elle se perd dans les méandres des sources de la vie, aux souvenirs du Journal d' Aran et d'autres lieux de Nicolas Bouvier, les prés ondulent dans le va et vient météorologique, le vent, le soleil, le ciel sont les variables de cette danse de colories qui anime cette verdure capricieuse , ce tableau Karine Miermont l'anime aussi tout au long de ces chapitres, L'eau narre l'histoire de la topographie de sa région qui émerveille son regard, le temps humain se perd dans la géologie, l'eau source de vie façonne l'Alsace et ses alentours, l'eau est cette mélodie musicale qui chante devenant pour la fille de l'auteur une musique de notes, pour l'auteur cascade et ruisseau sont des symphonies Wagnériennes, il y a toujours une quête du lieu, comme celle de la source d'eau, une balade dans la réserve naturelle nationale , classée zone Natura 2000, rencontrant le Liboria pulmonaria, un lichen large, qui est signe de la qualité de l'air, comme la recherche du doyen des arbres, l'amenant dans des lieus sauvages, une petite région reculée de la présence humaine, loin des sentiers, chemins, où l'arbre centenaire s'installe dans l'équilibre accidenté de cet endroit presque inhumain, le hêtre, le sapin et l'acacia foulent de leur majestueuse présence, des aïeux respectueux centenaires, le doyen est un sapin, mais beaucoup d'acacias centenaires réduisent l'humain à se petitesse absolu, comme cette réflexion de l'intelligence animal ne devant pas rougir de celles humaines, le temps donne naissance à un beau passage sur le givre, la neige et la glace s'invitant sur les arbres, je me souviens encore de cette page 102, le temps suit les quatre saisons sur le chemin des paysages de sa région au fil des mots de Karine Miermont, dans Hiver existe encore , la terre, la glaise qui est encore une quête à cette couleur rouge, jaune ou bien blanche selon le regard porté. La beauté des lieus est une puissance dans ce roman, ou quelques fois Karine Miermont touche le sublime et aussi le minimaliste, une oscillation sinusoïdale de l'écriture.
Il y a aussi la faune, Karine Miermont utilise ces notes, celles couchés lorsqu'elle capte l'imprévu, l'animal sauvage qui vient titillé l'humain de sa présence, ce roi, le cerf et ses bois, son brâme, je l'écris à la façon de l'auteur avec cet accent circonflexe qui est celui de cette région, la chasse ou plutôt pirscher, un verbe patois, son origine est vague, presque un axiome mathématique, il est gravé de sa présence , comme étant une loi universelle, Vies sauvages nous fait entrer dans une vie de silence où le verbe taire est le maitre lieu, le cerf est vraiment pour Karine Miermont, le roi, qu'elle observe derrière sa fenêtre, où les rôles sont inversés, lui majestueux dans le prés, elle cachée derrière sa fenêtre, n'osant pas bougé, pour ne pas gâcher ce moment de voyeurisme, comme si ce roi pouvant la voir derrière sa fenêtre, cet animal est insaisissable, Les rois, je n'oublie pas le passage du chat perdu, petite anecdote intime importante pour l'auteure, celle aussi de la chouette hulotte sans logis l'hiver, et autres moments plus historiques comme celles des deux enfants morts lors d'une tempête et sur le lieu de la tragédie, la ferme du Tanet qui tout au long du livre sera un lieu important, une quête même de découvrir sa naissance et sa mort qui reste presque mythologique et la Michèle avec ces aphorismes glanées ci et là par Karine Miermont, ce personnage cocasse et fort amusant par ces envolées lyriques du terroir.
Un roman intime, avec un hymne de sa région avec sa faune et sa flore comme principaux acteurs, nous y trouvons aussi la part humaine, cette histoire qui déchire, la mort, la guerre, les bâtiments et les âmes humaines comme la Michèle et les amis de notre auteure qui l'accompagne dans ces balades et certaines lectures viennent aux souvenirs de Karine Miermont .
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Je remercie infiniment Babelio , dans le cadre de masse critique, de m'avoir permis de découvrir « Vies de forêt » de Karine Miermont.

Ce n'est pas d'un ouvrage qu'on aborde comme on lirait un roman doté d'une intrigue. Il s'agit de promenades dans la nature à la lisière de la Lorraine et l'Alsace. Accompagné de l'auteur, nous nous engouffrons dans la forêt, nous écoutant (lisons) ses anecdotes autour de la vie d'ici, avec toutes ces personnes gravitant autour d'elle. Ses descriptions de la nature, de la foret dans sa flore mais aussi sa faune, nous donne l'impression d'être partie en randonnée, à la découverte de vallées, forêts et monts vosgiens. Son titre prend tout son sens dans le pluriel de « vie » « vies de forêt » Nous devenons des témoins d'une apparition qui sous sa plume, confère un zeste de magie : Un cerf dans la prairie.. On entend son brame, on peut visualiser sa démarche, son comportement prudent, voir craintif, mais déterminé. Nous percevoir également les chants des oiseaux tel que le gaie des chênes ou la hulotte. Elle nous raconte aussi l'expérience nature de ce chat « Nina » perdu dans ce biome.

Cet ouvrage est une invitation à la contemplation de la nature, dans sa beauté mais aussi dans sa précision tout en demeurant attentif aux histoires des anciens, de cette ferme familiale qui a disparu lorsqu'elle nous expose ses anecdotes.

Elle nous conte une histoire celle de cette région, remontant même aux premières heures de son existence, lorsqu'elle était encore recouverte d'océan, puis de glaciers. Découpé en plusieurs chapitres, chacun d'entre eux expose une histoire.
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La plume est délicate parfois on peut avoir l'impression qu'il s'agit d'un journal intime dans lequel elle jette ses idées, ses souvenirs, mais avec finesse. On pourrait pousser un peu plus l'analyse en disant qu'il y a des airs de Haïkus car elle capture par quelques mots un instant. Cela parait haché voir surprenant certaines structures de phrases, mais cela donne ce saisissement. Cette oeuvre sent le terroir, la forêt, la mousse et l'herbe. Que j'ai aimé cette promenade en pleine forêt, un bel hymne à la nature incitant à sa protection et à sa contemplation !
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Tout d'abord je remercie vivement Babelio et sa Masse critique, ainsi que les Editions L'atelier contemporain pour la découverte de ce livre.

Ce récit, de Karine Miermont, se passe dans un coin des Vosges, entre Alsace et Lorraine. L'auteure nous décrit, au fil des saisons, la vie qui se déroule à cet endroit.
Bien que dérouté au début par la façon d'écrire, qui est très personnelle dans sa forme, je me suis rapidement plongé dans ce récit. Et j'ai véritablement apprécié les mots, les descriptions, les détails que conte Karine Miermont. C'est un récit qui invite à la contemplation. À travers ce texte, j'ai ressenti les odeurs, j'ai senti le froid mordant, j'ai tout simplement vécu les moments qu'a vécu elle même l'auteure. C'est une réelle immersion sur les chaumes, dans la forêt, dans l'histoire de ce coin de nature, qui nous ait offerte. Et ce récit appelle à prendre le temps d'observer, d'écouter, de sentir, de s'émerveiller devant cette nature que nous martyrisons. de respecter les lieux.
Cette lecture a été un excellent bol d'air.
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Une attention immobile aux animaux, aux variations météorologiques, aux histoires surtout qui se trament et passent aux lisières de la forêt. Dans une très jolie prose, pleine d'errance et de chemins de traverse, Karine Miermont se situe dans ce coin de forêt, aux lisières de la Lorraine et de l'Alsace. Entre contemplation et affût, Vies de forêt invente une présence au lieu, au temps, une écoute de leur passage et transformation.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Marcher pour marcher, éprouver le besoin d'avancer en silence dans la forêt, regarder, sentir, écouter, avec toujours l'idée d'une présence autre possible, avec les sens aiguisés par son retrait, son silence, laisser la place aux bruits infimes ou manifeste, feuilles bougées par quelque souffle d'air, feuilles mortes et branchages en humus écrasé par le petit pas affairé et leste d'un écureuil ou déplacé en bourrelets sinueux par le groin d'un sanglier qui fouille pour trouver les faînes des hêtres ; le gargouillis d'un ruisseau, le son du vent, le grincement d'un arbre, l'écrasement d'une branche, la chute d'une feuille, le cri d'un geai, celui d'une biche dérangée, le chant de la chouette Tengmalm, celui du pinson, du merle, de la chevêchette, le martèlement du pic épeiche. Penser aux cris et aux chants des absents, ceux pour lesquels certaines zones de forêt et de pâturage ont été identifiées nommées classées pour être protégées mais ça n'a pas suffit, leur effacement s'est poursuivi, accéléré par la présence humaine trop forte en toutes saisons, nous les humains qui voulons voir marcher glisser avancer pénétrer partout, routes parkings accès.
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Il nous suffit de quelques mots justes pour comprendre, une écriture concise et qui n'en rajoute pas, les silences entre les mots qui écrivent aussi, l'imagination de la lecture qui fait sa part d'écriture.
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Nous marchons sur des fossiles, nous marchons sur le temps, l'espace qui tient le registre et nous qui regardons.
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Approcher ce qui nous suit. C'est l'un des motifs de la marche ici, pour moi comme pour le chasseur qu'est Matthieu et que je ne suis pas. Mais il y a là un même besoin, une envie, une curiosité attisée, qui devient récompense lorsque l'on voit, lorsque l'on entend, l'on sent, lorsque l'on capture un instant l'image d'n animal, ou un son, une odeur, une trace, un indice, qui sinon nous échapperaient, si l'on n'était pas concentré, silencieux, replié, en retrait, caché, comme seul.
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Des salves de vent qui font bouger la forêt, ondoyer les branches et les cimes, salves d'air puissant qui animent tous les immobiles, persistants ou caducs, qui font clignoter ceux aux feuilles restantes jaunes-orange-rouges.
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Videos de Karine Miermont (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karine Miermont
Karine Miermont vous présente son ouvrage "Grace l'intrépide" aux éditions Gallimard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2282717/karine-miermont-grace-l-intrepide Notes de musique : Youtube Music Library
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