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EAN : 9782266289795
Pocket (07/03/2019)
3.98/5   578 notes
Résumé :
Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l'allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le coeur lourd. Car aujourd'hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d'une féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s'installer dans une chambre de bonne.
Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n'est pas chose ai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (198) Voir plus Ajouter une critique
3,98

sur 578 notes

jeunejane
  21 mars 2019
La première partie du roman se passe en Angleterre.
La grand-mère et la mère de Maggie étaient sage-femmes, infirmières et s'inscrivaient dans le mouvement féministe de la première moitié du vingtième siècle.
Maggie, en 1946, entre dans un château comme domestique et" veuve de guerre". Elle tombe sous le charme du châtelain et après une mésaventure douloureuse , part vers l'Amérique où elle exerce le métier d' aide sociale dans un cabinet médical.
Très jolie, elle attire un jeune arriviste mais ses racines sociales l'empêchent de tomber dans le piège de la richesse.
Résumé comme cela, le roman semble banal.
Il ne l'est pas car la verve de Maggie, son bon sens, son attachement aux valeurs transmises par les deux femmes de sa famille en font un personnage plus qu'attachant.
De plus, Laurence Peyrin a parsemé son livre de petits éléments très instructifs comme les débuts des droits sociaux en Angleterre en 1946 même chez les domestiques, la réalité de la vie des femmes durant cette période où la contraception n'était pas du tout d'actualité.
L'auteure nous donne l'occasion d'apprécier des passages très savoureux, exprimés dans des phrases de grande qualité.
J'ai lu ses deux premiers livres et je trouve personnellement que celui-ci est vraiment réussi, bien construit, structuré en deux parties : l'une en Angleterre et l'autre en Amérique;
Une lecture qui m'a enchantée du début à la fin.
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Commenter  J’apprécie          946
iris29
  30 mars 2021
Je me pose toujours la question : pourquoi les auteurs placent-ils leurs histoires dans d'autres contrées que la leur, d'autres époques ? C'est casse-gueule, si on est pas ultra documenté...
Et c'est ce qui m'a gênée dans cette histoire de femme forte qui voulait devenir médecin en Amérique et qui va vivre une grande histoire d'amour et une ascension sociale sur trois continents différents .
Au commencement , L'Angleterre de 1946...
Maggie Fuller, une jeune femme veuve, ayant eu une éducation très ouverte , très féministe, très politisée, se retrouve domestique dans un manoir du Kent. Cultivée, un caractère bien affirmé, elle se transforme en défenseuse des droits de la domesticité et son irrévérence doublée d'un certain sens de l'humour va faire basculer le lord du château, ils vont vivre une très jolie histoire d'amour.
Oui, mais voilà, Laurence Perrin n' a pas dû regarder en entier Downton Abbey , Laurence Perrin n'arrive absolument pas à se couler dans le langage, dans les moeurs du pays, de l'époque et de la campagne anglaise ! Moult fois, je levais les yeux au ciel, et je faillis passer mon chemin : ce qui m'a retenu ? La beauté sensuelle de l'histoire d'amour...
Je ne pense pas qu'en ces temps , on disait "Bordel", même une domestique ( il y avait d'autres mots...) je ne pense pas qu'on parlait de "shopping de madame". Je ne pense pas qu'une femme de chambre pouvait se permettre autant d'impolitesses et de liberté (et ce avant de coucher avec Monsieur ), et surtout : je pense que n'importe quelle domestique de 1946 n'avait pas le temps de baguenauder dans le jardin ou ailleurs, comme le fait Maggie, qui ne travaille pas beaucoup alors que l'auteure parle de journées de 14h ! L'auteure se contredit elle-même ! Je ne pense pas qu'une domestique pouvait se faire régulièrement apporter un plateau repas , dans sa chambre, (à moins d'être à l'article de la mort). Ce qui me fait dire tout ça ?
Tout ceci va à l'encontre de tous les romans anglais que j'ai pu lire sur ce thème et cette époque...
Et enfin, parlons de la psychologie du personnage principal. Maggie est une femme qui a renoncé à son rêve professionnel, qui sort d'un mariage malheureux ( un mari handicapé violent physiquement et psychologiquement). Comment penser qu'une jeune femme sans ressources financières, seule au monde, arrivant dans une demeure magnifique ( elle qui vivait dans le dénuement ), avec des employés à "leur place" , qui sont là depuis longtemps, ne soit pas émerveillée, "écrasée" par le cadre , se mette à réclamer, dénoncer, tienne tête à ses patrons, au personnel ?
N'y-aurait -il pas , au moins, dû y avoir un petit temps d'adaptation ? Non, Maggy c'est Wonderwoman ! Mais où elle était cette force, face à son mari violent ?
A ce stade de lecture, ce qui m'a fait tenir , c'est l'histoire d'amour qui se développe, même si on n'y croit pas trop.
Et puis on passe à un autre pays, Maggie devient la Jackie Kennedy new yorkaise !
Et là, je suis allée , je l'avoue, faire un tour dans les dernières pages, voir si ça valait le coup de continuer . Et la fin est très jolie, alors je suis revenue en arrière, dans la grosse pomme, et j'ai rongé mon frein jusqu'à la fin . Et là encore , on a du mal à croire à cette ascension sociale . Pourquoi elle ? Trente deux ans, en six ans, elle passe d'ouvrière dans une usine de poisson à un des personnages les plus en vue de New York ? (Je n'en dirais pas plus, ces passages sont juste ridicules ...)
Mais les dernières lignes du roman sont superbes et malicieuses.
Ce qui sauve le livre , c'est cette l'histoire d'amour : comme une évidence .
Un mélange de Downtown Abbey, Jackie Kennedy, et la ferme africaine de Karen Blixen. Un mélange un peu bizarre, un peu " produit calibré pour nous les feeeemmes." Une histoire de femme forte qui réussit mais qui est tout sauf crédible...
je ne suis pas sûre de suivre l'auteur, le romanesque, je trouve toujours ça un peu ridicule, manquant de nuances, de subtilité, de finesse.
Allez plutôt lire, du côté de " le dimanche des mères " de Graham Swift (relation maitre/domestique) ou "Rien n'est trop beau" de R Jaffe, ou Brocklyn de Colm Toibin (pour la vie new yorkaise) . sans oublier les romans policiers historiques d'Anne Perry .
Ou replongez plus simplement dans Agatha Christie ou du Patricia Wentworth pour l'ambiance campagne anglaise des années 40 chez les "petites" gens qu'elles ont vécu, elles ...
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latina
  04 juillet 2019
Ce roman est une ode au féminisme.
Donc à priori il me plait.
Mais les choses ne sont pas si simples.

Rien n'est simple, en fait, pour Maggie, issue d'une lignée de féministes convaincues.
Nous sommes en 1946, et elle a déjà dû supporter 5 ans de mariage avec l'infirme teigneux et maltraitant qu'était Will. Supporter, soigner, endurer mille maux et toujours être gentille, douce, serviable, dévouée. Elle l'avait voulu, pour « honorer sa promesse », alors qu'elle n'était pas obligée de se marier avec ce fiancé tombé malencontreusement du toit. Elle a dû renoncer à son rêve d'être médecin pour à la place, vider des poissons à la conserverie.
Et puis à la mort de Will, elle est engagée comme femme de chambre dans la prestigieuse famille Lyon-Thorpe, dans un manoir aux multiples couloirs de la campagne du Kent.
Multiples couloirs, oui, qui mènent à bien des endroits cachés.
Car après avoir tapoté les coussins du sofa de Madame, ouvert son lit pour la nuit, ramassé le foulard qu'elle a laissé tomber, elle chemine, Maggie, elle chemine dans la propriété. Et elle tombe sur un vieux monsieur attachant et enfantin, mais aussi sur un autre homme, son maitre...
Et la voilà engagée dans quelque chose qu'elle croit dominer.
Difficile, quand on est féministe, de concilier l'amour et son abandon, avec le désir d'être maitresse de sa vie. Tôt ou tard, on y aliène une partie de sa personnalité ou de sa vie.
Qu'adviendra-t-il de cette jeune femme avant-gardiste passionnée mais finalement trop rigide dans son désir de liberté ?

A vrai dire, je me suis posé beaucoup de questions face au comportement de Maggie. Elle m'a énervée, cette femme. Trop tranchée, trop peu souple. L'adaptation, Maggie, tu ne connais pas ?
Deuxième chose qui m'a énervée : les descriptions des scènes amoureuses. Ah, les mains de John ! Ah, sa moustache ! Ah, ses yeux verts semblables à ceux de Maggie ! Nous tombons dans le mièvre sirupeux dégoulinant, là.
Troisième chose (qui m'a énervée, mais dois-je le répéter ?) : les femmes de chambre abattent un travail interminable et fastidieux, parait-il. Ici, il ne m'a pas semblé du tout que Maggie était éreintée.
L'histoire se lit facilement, mais je n'aime pas, justement, ce qui est trop facile.
Je me suis même ennuyée par instants. Je dis bien « par instants » - nombreux quand même.
Le style n'est pas particulier, cela se laisse lire de façon plaisante (pour moi, cela ne suffit pas).
Mais j'aime l'Angleterre, la campagne anglaise, l'Amérique m'attire également, surtout dans ces années 40-50. Et il faut dire que l'auteure a bien décrit l'atmosphère de ces années-là dans ces contrées-là.
Donc c'est un bilan en demi-teinte que je pose ici.

Comment concilier l'amour et l'épanouissement ? Question éternelle. Surtout dans les années d'après-guerre. Pas simple !
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diablotin0
  11 octobre 2018
Je ne suis pas une habituée de ce genre de romance mais je dois dire que je me suis installée sans problème dans cette ambiance très british de la première partie et que j'ai été emportée par l'histoire de Maggie Fuller au caractère bien trempé.
Je ne connaissais pas l'auteur Laurence Peyrin et c'est une belle découverte, son écriture est très agréable et elle a su raconter une belle histoire d'amour comme on en rêve tous sans tomber dans la niaiserie.
Comment ne pas s'attacher à Maggie qui hérite du caractère rebelle, militant engagé de sa mère et grand-mère ?
A côté de Maggie évoluent d'autres personnages qui bien que secondaires ( mis à part John!) sont décrits avec beaucoup de soins. C'est un vrai régal que de les rencontrer. Alors, oui, pour toutes ces raisons, j'ai aimé ce roman et je ne bouderai pas une nouvelle lecture de Laurence Peyrin.
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paroles
  16 mars 2022
Un avis mitigé.
D'abord parce que cette domestique semble avoir trop de liberté de paroles et d'actes pour croire vraiment à son statut de soubrette. Quel employeur accepterait de tels débordements ?
Ensuite ce personnage n'est en rien sympathique : très sûre d'elle et de son bon droit, à la limite de l'arrogance envers les siens comme envers ses supérieurs hiérarchiques.
Mais.
Un personnage féministe sans être une militante pure et dure, voilà qui remet à la place d'honneur cette héroïne.
Un titre attirant qui partait sur une jolie symbolique : l'aile des vierges étant la partie réservée aux domestiques dans le joli manoir de Sheperd House (Kent). Entendez par là que trop prises par leurs nombreuses et chronophages activités, ces malheureuses domestiques n'avaient guère le temps de trouver l'âme soeur et de convoler en justes noces. Oui, mais voilà l'histoire nous contera autre chose.
Une écriture prisant parfois de belles références littéraires et philosophiques, mais juxtaposée à des dialogues parfois grossiers.
Voilà pour la première partie.
Quant à la seconde, elle ne m'a guère convaincue non plus.
Trop de clichés entravent l'histoire de la réussite fulgurante de notre soubrette devenue épouse du maire de New York.
Je veux bien croire au combat social de notre héroïne mais sa quête passe avant tout par elle. Et comme je connais bien mes proverbes, je dirais : charité bien ordonnée commence par soi-même. Bon, pourquoi pas, il n'y a pas de mal à se faire du bien.
Au final, une lecture de vacances que j'ai faite entre de longues et belles promenades sur les plages désertées d'Oléron. Un roman qui a donc malgré tout rempli son office de passe-temps.

« Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l'allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le coeur lourd. Car aujourd'hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d'une des premières suffragettes, fille d'une sage-femme féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe.
Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s'installer dans une chambre de bonne. Intégrer la petite armée de domestiques semblant vivre encore au siècle précédent n'est pas chose aisée pour cette jeune femme
cultivée et émancipée. Mais Maggie va bientôt découvrir qu'elle n'est pas seule à se sentir prise au piège à Sheperd House et que, contre toute attente, son douloureux échec sera le début d'un long chemin passionnel vers la liberté. »
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   21 mars 2019
- Arrête, rit-elle. Je sais que tu ne l'aimes pas.
- C'est un opportuniste dépassé par sa propre gloire, mais il est charmant. C'est tout le problème, Martha. Il joue des charmes d'une enfance à la Dickens mais il est comme un héros de Fitzgerald : enivré de lui-même.
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parolesparoles   16 mars 2022
« A Sheperd House, nous avons conservé le fonctionnement edwardien. Pour une maison de cette taille, c’est beaucoup plus adapté. »
...Un fonctionnement edwardien. Elle était censée savoir ce que cala signifiait, aussi elle se retint de poser la question. De toute façon, il ne pouvait s’agir que d’un rapport de domination, une échelle de pouvoirs savamment saupoudrés pour que ça ne sente pas trop l’esclavage moderne.
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Annette55Annette55   23 décembre 2019
«  Le vent de la guerre ayant porté outre- Atlantique les relents nauséabonds sur l’inégalité des races, les États - Unis avaient dû revoir leur politique d’immigration . Totalement discrédité , le régime des quotas favorisait jusque - là des populations jugées plus assimilables——-celles venues d’Europe de l’Ouest et du Nord.
Et interdisait l’immigration asiatique ».
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latinalatina   02 juillet 2019
Il y a d'autres méthodes (pour avorter) aucune n'est garantie mais beaucoup sont dangereuses (...)
Mais quand tu arriveras à l'hôpital ils se douteront de ce que tu as fait, et pour te punir on te fera un curetage sans anesthésie.
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AelaAela   31 mars 2019
Maggie avait lu les philosophes - Platon théorisant que l'amour est désir et le désir est manque, Spinoza lui opposant qu'aimer est se réjouir.
Maggie aurait voulu que Saint Augustin la raisonne - Amabam amare, "Ce que nous aimons c'est aimer" - mais Saint Augustin la renvoyait à John, les premiers temps en Amérique. Aime et fais ce que tu veux.
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