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Michel Pétris (Traducteur)
EAN : 9782264030344
260 pages
10-18 (07/12/2000)
4.12/5   72 notes
Résumé :
Peu avant d'aller prendre part à la guerre civile espagnole, George Orwell fait un reportage au coeur du pays minier anglais, où se trouve Wigan. Ce décor de terrils, de montagnes de boue, de cendres et de suie symbolisant la laideur de la grande industrie, va lui inspirer ce récit. L'expérience humaine qu'il a vécu est très intense et très riche. S'il ne prend pas, à proprement parler, la place d'un mineur anglais, il découvre, et nous fait découvrir son quotidien.... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ErnestLONDON
  20 septembre 2022
En 1936, George Orwell se rend dans le Nord de l'Angleterre pour étudier les conditions de vie des mineurs des régions industrielles. Il dort dans les dortoirs des pensions avec les chômeurs et les ouvriers, descend dans les galeries des mines de charbon et témoigne, sans jamais oublier qu'issu des classes moyennes, il ne pourra jamais franchir toutes les barrières culturelles et sociales.
(...)
Relevant autant du journalisme que de la littérature, du reportage que de l'enquête sociologique, le Quai de Wigan demeure un texte majeure et exemplaire dans l'histoire de la critique sociale.
Article complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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nath45
  15 décembre 2019
Dans la première partie, Orwell s'intéresse à la vie des mineurs dans la région de Sheffield et du Lancashire dans les années 1930. Il décrit d'une façon méthodique les conditions de vie à cette époque des ouvriers, le ravage du chômage. Un reportage touchant et captivant, une immersion totale dont Orwell s'attache à décrire les moindres détails.
La seconde partie est une réflexion sociale et politique de l'époque.
Un récit sociologique passionnant, j'ai beaucoup aimé cet ouvrage criant de vérité sur le monde contemporain.
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Plage_Maison
  30 janvier 2022
Il y a des livres qui vous marquent plus que d'autres, des livres dont la lucidité et l'intelligence vous sautent au visage. Ces livres dont on sait qu'ils nous plaisent parce qu'à chaque page tournée, on est triste de constater que ce qui reste à lire diminue irrémédiablement. le Quai de Wigan de George Orwell en fait clairement partie.
La première partie relate la vie de la classe ouvrière du nord de l'Angleterre, sous une forme de reportage immersif. La Révolution industrielle a arraché les paysans anglais à leurs campagnes pour créer une nouvelle race d'homme : les mineurs de charbon. Décrivant leur misère et leur travail exténuant, Orwell se plonge dans cet autre monde, tantôt terrifié, tantôt admiratif. Orwell décrit les taudis, les maladies, la nourriture infame et les bassesses subies par les ouvriers et les chômeurs. Mais il retient aussi de cette classe ouvrière, franchise, amicalité et un foyer apaisé lorsque la famille prend un bon thé chaud près de la cheminée. Il appellera et conceptualisera ces traits de la classe ouvrière sous le nom de "common decency", traduit en français par "commune décence" (Jean-Claude Michéa préfère parler de "décence ordinaire").
La deuxième partie est un essai ​sur le socialisme. Orwell réaffirme le but du socialisme qui n'est autre que "justice et liberté" et s'émeut que le socialisme ne gagne pas plus de succès auprès de ceux qui auraient objectivement intérêt à combattre ensemble : "Le socialisme est si conforme au bon sens le plus élémentaire que je m'étonne parfois qu'il n'ait pas déjà triomphé" (Chap XI). Il s'étonne mais en donne pourtant des explications très convaincantes. Elles vont du mépris de classe, d'une vision économiciste de la vie (incapable de concevoir l'attachement à la patrie ou à la religion), d'un culte du progrès technique et industriel qui ne peut que conduire à une collectivisation privant les individus d'une conduite autonome de leur vie, à un déphasage entre les théoriciens bourgeois et les classes populaires pourtant naïvement célébrées et à un goût pour le progrès lifestyle des végétariens amateurs de yoga. Orwell déplore que la colère ne soit pas captée par les socialistes mais par les fascistes, et constate que ce n'est pas tant le socialisme que les socialistes qui sont rejetés. Ce livre a été écrit en 1937 pourtant il résonne magnifiquement en 2022.
Dans la seconde partie comme dans la première, Orwell cherche à mettre à nu la réalité et conserve une exigence pour la vérité. Cette même vérité objective, c'est celle de Winston Smith qui refuse de dire 2+2=5. Orwell se méfie des logomachies du Daily Worker et des partis de gauche, de ceux qui s'accommodent des approximations, parlent d'un prolétariat qu'ils ne connaissent pas et ne poussent pas leurs raisonnements jusqu'au bout. C'est ça qui frappe avant tout le lecteur du Quai de Wigan, c'est l'extrême acuité des remarques d'Orwell, comme s'il était scandaleux qu'elles ne soient pas énoncées haut et fort plus souvent.
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Tagrawla
  18 novembre 2013
Dès les premières pages de cet essai, on comprend comment Orwell en est arrivé à écrire La Ferme des animaux puis 1984 une dizaine d'années plus tard.
Dans la première partie, il nous raconte la vie quotidienne des mineurs du nord de l'Angleterre. A ses côtés, on visite une mine et jamais aucun autre auteur n'en a mieux décrit les souffrances physiques et les dangers qu'on y trouve. On visite également beaucoup de maisons, une chambre « chez l'habitant » où s'entassent vendeurs de journaux, chômeurs et journaliers. On dissèque le budget des travailleurs pauvres et aussi celui des chômeurs. Car en ce milieu des années trente, le chômage prolifère et les aides sociales ne suffisent pas. On voit fleurir la misère, sous forme de roulottes, de carcasses de bus transformées en abris de fortune ou de logements dont l'insalubrité n'a rien de commun avec ce qu'on nomme de la même façon de nos jours : Orwell effectue un travail journalistique d'une épouvantable précision.
(La suite sur mon blog)
Lien : http://tagrawlaineqqiqi.word..
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RiffMacKaulaye
  24 janvier 2017
Un livre clé pour comprendre l'engagement politique d'Orwell.
La première partie lève le voile sur la condition des mineurs à la façon d'un reportage. La seconde confronte le socialisme à ses contradictions et engage chacun à faire abstraction de ses différences pour se réunir autour des grandes lignes.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
LampyreLampyre   24 septembre 2019
Derrière une de ces maisons, une femme, jeune, était à quatre pattes sur la pierre, enfonçant un bâton dans le tuyau de vidange de cuivre partant de l'évier. Celui-ci devait être bouché . J'eus la temps de détailler cette femme-son tablier informe, ses grosses galoches, ses bras rougis par le froid. Elle leva la tête au passage du train et je pus presque croiser son regard. Elle avait un visage rond et pâle, le visage las de la fille des taudis ouvriers, qui a vingt-cinq ans et qui en paraît quarante, après une série de fausses couches et de travaux harassants. Et, à la seconde où je l'aperçus, ce visage était empreint de l'expression la plus désolée, la plus désespérée qu'il m'ait jamais été donné de voir. Je compris soudainement l'erreur que nous faisons en disant que "pour eux ce n'est pas la même chose que pour nous", sous-entendant que ceux qui sont nés dans les taudis ne peuvent rien imaginer au delà des taudis. Car ce que j'avais reconnu sur ce visage n'était pas la souffrance inconsciente d'un animal. Cette femme ne savait que trop ce qu'était son sort, comprenait aussi bien que moi , l'atrocité qu'il y avait à se trouver là , à genoux dans le froid mordant sur les pierres glissantes d'une arrière-cour de taudis, à fouiller avec un bâton un tuyau de vidange nauséabond.
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nath45nath45   02 décembre 2019
Il serait sans doute très facile de découvrir, comme l’a fait Arnold Bennett, la beauté cachée derrière les façades noircies des villes industrielles. On imagine très bien un Baudelaire, par exemple, consacrant un poème à un terril. Mais la beauté ou la laideur, ce n’est pas là ce qui importe dans la société industrielle. Le mal véritable à des racines beaucoup plus profondes et insidieuses. Il faut toujours garder cette idée présente à l’esprit, car la tentation reste grande de croire que l’industrialisme est inoffensif du moment qu’il présente un visage pimpant et soigné. (Page 123) 
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ErnestLONDONErnestLONDON   20 septembre 2022
La démocratisation des produits de luxe dans l'après-guerre a été une aubaine pour nos gouvernants. Certainement que le fish and chips, les bas en viscose, le saumon en boîte, le chocolat à bas prix (cinq barres de soixante grammes pour 6 cents), le cinéma, la radio, le thé noir et les paris sportifs ont à eux tous évité une révolution.
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TagrawlaTagrawla   15 novembre 2013
Les opinions du sentimentalisme se muent en leur contraire dès qu'elles sont mises à l'épreuve de la réalité.
Grattez le pacifiste moyen et vous trouverez un patriotard à tout crin. Le petit-bourgeois inscrit au parti travailliste indépendant et le barbu buveurs de jus de fruit sont tous deux pour une société sans classes, tant qu'il leur est loisible d'observer le prolétariat par le petit bout de la lorgnette. Offrez-leur l'occasion d'un contact réel avec un prolétaire - par exemple une empoignade avec un porteur de poissons ivre, un samedi soir -, et vous les verrez se retrancher dans le snobisme de classe moyenne le plus conventionnel.
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ErnestLONDONErnestLONDON   20 septembre 2022
Vous, moi, le rédacteur en chef du Times Literary Supplément, les poètes et l'archevêque de Canterbury et le camarade X, auteur du Marxisme à l'intention des nourrissons, nous devons tous, qu'au bout du compte, le confort relatif de notre existence à de pauvres hères qui triment sous terre, noircis jusqu'aux yeux, la gorge emplie de poussière de charbon, poussant leur pelle à la force de leur bras et de leurs abdominaux d’acier. 
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Vidéo de George Orwell
[ÉMISSION] LES COUPS DE COeUR DES LIBRAIRES 18–02-2022
L'émission "Le coup de coeur des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h45. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec votre libraire Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment ! • Retrouvez leurs dernières sélections de livres ici ! • • Mademoiselle Coco et l'eau de l'amour de Michelle Marly et Dominique Autrand aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/1104920-litterature-anglophone-mademoiselle-coco-et-l-eau-de-l-amour.html • Romy et les lumières de Paris: une Biographie romancée sur la rencontre entre Romy Schneider et Alain Delon de Michelle Marly et Astrid Monet aux éditions Fleuve https://www.lagriffenoire.com/1104926-litterature-anglophone-romy-et-les-lumieres-de-paris.html • La grande escapade de Jean-Philippe Blondel aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/1072353-poche-la-grande-escapade.html • Mariages de saison de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=65467&id_rubrique=12 • 06 H 41 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21687-poche-06h41.html • Se reparler de Marguerite de Martine Delerm aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/1102715-romans-se-reparler-de-marguerite.html • La brodeuse de Winchester de Tracy Chevalier et Anouk Neuhoff aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/1097836-romans-la-brodeuse-de-winchester.html • La Dame à la Licorne de Tracy Chevalier et Marie-Odile Fortier-Masek aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=19868&id_rubrique=8 • le Mystère de la dame en noir: Sherlock, Lupin et moi - tome 1 de Irène Adler, Iacopo Bruno aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/1101754-romans-sherlock--lupin-et-moi---tome-1---le-mystere-de-la-dame-en-noir.html • La ferme des animaux de George Orwell et Philippe Jaworski aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/1068735-poche-la-ferme-des-animaux.html • le Sang des Belasko de Chrystel Duchamp aux éditions Archipoche https://www.lagriffenoire.com/1103297-romans-le-sang-des-belasko.html • Délivre-nous du mal de Chrystel Duchamp aux éditions de l'Archipel • • • Chinez & découvrez nos livres coups d
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