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EAN : 9782246828983
384 pages
Grasset (02/02/2022)
4.08/5   6 notes
Résumé :
L'ours, c'est le sculpteur Etienne Maurice Falconet, auteur de la statue équestre de Pierre Le Grand à Saint-Pétersbourg. Le philosophe, c'est Diderot qui intervint avec empressement auprès de Catherine II pour que son ami bénéficiât de cette commande qui allait assurer sa célébrité dans toute l'Europe.
A travers leur amitié, leur correspondance et leur longue querelle épistolaire autour de la notion de postérité, Frédéric Vitoux restitue ici une époque et d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  01 mars 2022
Librairie Caractères / Issy - Choisi le 26 février 2022
Un grand bonheur de lecture... avec le plaisir d'apprendre, encore et encore, par des chemins buissonniers, imprévus et joyeux !....
« J'aime Diderot.Qui n'aimerait pas Diderot ?
Mais Falconet ?
L'entreprise est plus difficile.
Il est temps que j'en vienne aux aveux.
J'ai dit qu'il était un Ours.
Eh bien voilà ,j'aime les ours.Je crois que je les ai toujours aimés. (p.33) »
Très heureuse d'être « tombée » sur le dernier ouvrage de Frédéric Vitoux, qui nous plonge dans le Siècle des Lumières, avec un célèbre sculpteur au caractère sauvage, Falconet, un « ours fort mal léché »…et son contraire, le très sociable, bavard et philosophe, Denis Diderot.
Ces deux-là, aux tempéraments opposés, seront toutefois, un temps durant, les meilleurs amis du monde… C'est que que Frédéric Vitoux nous offre dans ce récit : la naissance et l'évolution de cette Amitié peu ordinaire ; les parcours intellectuels et artistiques des deux hommes, aux personnalités antinomiques, leurs désaccords, leur admiration et affection l'un pour l'autre et puis finalement, la brouille !…
Ce qui peut-être déroutant dans cette narration… c'est qu'alors que nous voguons en plein 18e siècle… Frédéric Vitoux enchaîne sur le présent, ou son passé personnel : évocation d'amis, d'écrivains, de rencontres, des anecdotes liés à ses livres…Il y mêle ses affections, ses admirations, dont celle, indéfectible, pour Bernard Frank, que l'on retrouve dans d'autres de ses ouvrages dont « le Bar des Mariniers » ; sans omettre sa passion totale, exclusive pour "son" Ile Saint-Louis, lieu magique de toute sa vie, à nul autre , comparable….qui parcourt quasiment tous ses livres !

L'impression parfois de sauter du coq à l'âne… ou d'être, comme dans les écrits de Diderot, immergé dans une conversation à bâtons rompus, entre amis….
L'auteur, comme « son » Diderot, a un goût immodéré pour les chemins de traverse…et une curiosité toujours en mouvement…
Cela fait parfois sourire… toutefois, ce procédé narratif a le mérite de rendre l'ensemble très vivant, et très prodigue en informations…comme une des phrases de la quatrième de couverture l'exprime justement : « Quand l'érudition se fait jubilation. »...
Pour ma part, j'ai appris, avec stupéfaction et plaisir que Frédéric Vitoux, par le plus grand des hasards, s'est vivement intéressé à un personnage qui fut très célèbre au XIXe : Henri Latouche.
Personnalité littéraire, de premier plan, polémiste virulent, un autre « ours mal léché », dont Frédéric Vitoux rêvait de consacrer, un jour, un ouvrage… Henri Latouche me parle beaucoup, car je l'ai souvent croisé, recroisé pendant mes années de bibliographe et catalographe en Librairie ancienne….
Je vais donc transcrire un long extrait sur son caractère et son parcours, car, Vitoux a bien raison de le sortir de cet oubli injuste où il a sombré , depuis!!!

« En attendant, c'était lui, Latouche, qui avait retrouvé et rassemblé les poèmes d'André Chénier pour leur assurer une première édition, posthume bien sûr, en 1819. C'était lui qui avait suggéré à Vigny le sujet de –Chatterton.- C'était lui qui avait encouragé son ami Balzac à écrire –Les Chouans-, son premier vrai succès public. C'était lui, bien entendu, qui avait encouragé sa compatriote George Sand à venir à Paris, où il avait veillé à ses débuts journalistiques et littéraires. Ajoutons qu'il partagea un peu plus tard la vie de la poétesses Marceline Desbordes-Valmore… […]
Ce sauvage était partout. Influent sans doute mais vulnérable. Irascible, intransigeant, et donc entouré d'adversaires, il faisait peur. Chacun louait sa causticité, son intelligence fulgurante. Mais il ne pouvait compter sur personne pour le défendre. Il n'était pas un homme de clan. Il haïssait les coteries- et les coteries lui rendaient bien »….
Si j'ai alourdi quelque peu cette chronique [et je m'en excuse, par avance !] avec ce portrait de Henri Latouche, c'est pour montrer aux autres lecteurs combien Frédéric Vitoux nous embarque bien au-delà du 18e et de nos deux artistes, Falconet et Diderot….Il nous emporte dans une longue promenade artistique, littéraire et amicale à travers le temps! J'ai dévoré toutes ces pérégrinations culturelles ,éclectiques, multiples, colorées de Frédéric Vitoux, en une nuit !!!
Une lecture joyeuse , des plus enrichissantes pour tous les "accrocs" de Littérature, de Beaux-Arts, d'Histoire... Il y en a, en fait, pour presque tous les goûts !!
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papillon_livres30
  15 février 2022
L'ours, c'est le sculpteur Falconet, et le philosophe c'est Diderot, celui de l'Encyclopédie. C'est l'histoire de leur "amitié", de leur brouille.
On apprend également des choses intéressantes sur leurs personnalités, sur leurs travaux, sur leur vie, sur leurs perceptions de la postérité.
Des souvenirs personnels de l'auteur entremêlés.
Captivant, instructif, intéressant, bien écrit.
Une belle découverte.
Entre essai et biographie.
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hubertgoffin
  03 mai 2022
je n'ai jamais lu une définition de l'ours, du misanthrope qui me convienne aussi bien. le livre nous décrit cette époque des lumières qui commencent à s'éteindre , la caractère énervant de ce génie de Diderot et de ses contemporains sculpteurs, tous égocentrés et hypersensibles. Un livre d'érudit qui s'adresse à tous
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LettresCapitales
  24 mars 2022
À la question d'où vient l'élan qui pousse Frédéric Vitoux de l'Académie française à écrire son nouveau roman L'Ours et le Philosophe, l'auteur répond par un syntagme qui en dit long sur ce que nous oserions appeler la clé capable de déchiffrer l'entièreté de son oeuvre littéraire de la vie de Céline à Sérénissime, La Comédie de Terracina, L'Ami de mon père¸ Clarisse, Jours inquiets dans l'île Saint-Louis, Les Désengagés, Au Rendez-vous des Mariniers, L'Express de Bénarès, Longtemps, j'ai donné raison à Ginger Rogers et tant d'autres.
Selon lui, il s'agit d'un mélange de sentiments et d'imaginaires nommé des affections imaginaires.
Lien : https://lettrescapitales.com..
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critiques presse (2)
NonFiction   18 avril 2022
L’auteur, cultivant l’art de la digression, retrace l’amitié entre Diderot et le sculpteur Falconet et leur dispute épistolaire sur la postérité.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LePoint   03 mars 2022
« Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots », écrit Céline, dont c'est sans conteste l'un des meilleurs traits d'esprit. Autour de ce thème, Frédéric Vitoux, expert en célinisme, nous offre un livre vif et profond, un "roman" où tout est vrai.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   01 mars 2022
Ces liens entre artistes que tout sépare ou que tout devrait opposer m'ont longtemps semblé la chose la plus surprenante et, par certains côtés, la plus réconfortante qui soit.Comme une permission ou un droit donné à un homme d'apprécier et d'aimer aussi ce qu'il n'est pas, ce qu'il n"a pas choisi d'être. Ce qui le complète. Ce qu'il envie à l'occasion ou ce qui nourrit peut-être ses regrets. (p.147)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   26 février 2022
Mais l'île Saint-Louis,mais les îles en général sont-elles par vocation des terrains d'entente ? Les îles vous isolent. L'étymologie du mot ne ment pas.On s'y enferme non seulement pour ne plus s'entendre avec ses contemporains, mais pour ne plus les entendre, tout bonnement. Les îles vous exilent.(p.15)
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fanfanouche24fanfanouche24   27 février 2022
Je faisais un pas de côté. Il faut toujours faire un pas de côté. C'est de là que l'on peut observer le monde en se gardant des importuns.C'est de là aussi qu'il faut écrire. A côté de la piste.
Étais-je indocile,révolté, révolutionnaire ? Non,je m'éloignais, c'est tout. Je chérissais une forme de solitude. Le pas de côté et non le pas de danse,rien de plus.(p.38)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mars 2022
[ A propos de Diderot ]
Si ses livres, ceux que l'on ne cesse aujourd'hui de lire ou de relire, nous touchent à ce point, c'est qu'ils semblent écrits en forme de longues conversations. Diderot considérait ses lecteurs comme des proches, dignes de ses confidences- et ses Salons ne dérogeaient pas à cette forme-là. (p. 169)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mars 2022
Faut-il préciser encore, ses Salons restèrent, de son vivant, inconnus du public, comme tout ce que contenait la Correspondance littéraire. Il faudra attendre près d'un siècle après la mort de Diderot, en 1875-1877 précisément, pour que paraisse enfin la première édition complète de ceux-ci. (p. 162)
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