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Louis Martinez (Éditeur scientifique)Olga Vieillard-Baron (Traducteur)Wladimir Troubetzkoy (Autre)
EAN : 9782080707147
157 pages
Flammarion (07/01/1993)
  Existe en édition audio
3.86/5   221 notes
Résumé :
En 1888, Tchekhov a vingt-huit ans: récits et brèves nouvelles commencent à lui valoir une relative notoriété, mais il rêve de se mesurer à ses illustres aînés, Dostoïevski, Tourgueniev ou Tolstoï, et se lance dans une forme plus ample avec cette Steppe, chronique plutôt que roman, dont il puise la matière dans ses souvenirs d'enfance. On y trouve déjà, quoique exprimés avec une certaine timidité, les thèmes et les couleurs d'oeuvres plus abouties. Les vastes horizo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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sur 221 notes
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krzysvanco
  11 août 2021
La trame de cette longue nouvelle de Tchekhov est ultra simple : un jeune garçon de neuf ans, Iégorouchka, en compagnie de son oncle et d'un pope, quitte sa ville natale et sa mère, et entreprend un voyage en calèche pour rejoindre une grande ville où il fera ses études.
La Steppe n'a donc rien d'un récit d'action !
Son intérêt - et sa force - se trouve ailleurs : il nous fait découvrir la steppe ukrainienne et russe, les descriptions sont remarquables, et ne génèrent aucun ennui pour le lecteur. On ressent l'amour de l'auteur pour ces grandes étendues.
Nous accompagnerons Iégorouchka dans ce voyage et y découvrirons les paysages, les nuits à la belle étoile, les rencontres avec de nombreux personnages. Iégorouchka nous apparaîtra comme un petit enfant pleurant la séparation d'avec sa mère et son environnement familier, curieux de ce qui l'entoure, effarouché souvent devant des plus grands, terrifié par un violent orage qui le rendra malade.
le récit s'achève une fois le but de son voyage atteint.
je ne peux m'empêcher de vous en faire partager les dernières lignes :
“Iégorouchka sentit qu'avec eux tout ce qu'il avait vécu jusqu'à maintenant s'en allait en fumée et pour toujours. Il s'assit, épuisé, sur un banc, et accueillit avec des larmes amères la vie, nouvelle, inconnue, qui commençait pour lui à cet instant…
À quoi ressemblerait-elle, cette vie-là ?”
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Aela
  13 juillet 2012
La steppe Степь
Tchekhov disait de ce livre, écrit en 1888 après ses études de médecine, à l'âge de 28 ans, qu'il était son chef d'oeuvre.
L'idée de décrire la steppe lui est venue au cours de l'été 1887 ; année où il quitte Moscou pour retrouver sa ville natale de Taganrog, qui se situe à l'entrée de la baie de Taganrog, sur la mer d'Azov (Crimée) ; il retrouve alors les paysages de son enfance, les kourganes (tumulus, tombes de peuples éteints), la faune si diverse les outardes, les milans, les renards..
C'est cette immensité de la steppe, la steppe russe, la plaine immense avec son soleil brûlant, ses orages, ses ombres , sa faune et sa végétation d'une extraordinaire diversité, ses habitants robustes et pittoresques, c'est cette steppe qui est merveilleusement bien rendue dans ce livre et qui nous invite à voyager dans un paysage qui s'étire à l'infini ;
Dans ce livre, c'est le personnage de Iegorouchka, qui a dix ans et qui quitte sa mère pour retrouver son lycée, qui va représenter le petit Tchekhov enfant.
Le jeune garçon va voyager en compagnie de son oncle, Ivan Ivanytch Kouzmitchov, négociant, et en compagnie d'un prêtre orthodoxe bien pittoresque, le père Khristophor Syrisky, qui n'hésite pas à pratiquer des activités de négoce en laine pour arranger les affaires de son gendre, au grand dam de ses paroissiens.
Pour ce garçon, découvrir la steppe va être un émerveillement, même si les rencontres faites au cours du voyage ne sont pas toujours des rencontres faciles.
On se laisse prendre par la beauté du récit, on admire la beauté des descriptions de la nature, la virtuosité des croquis des personnages ;
Diversité de la faune, diversité de la végétation, diversité humaine aussi ; nous cotoyons au fil du récit les différents représentants des corps de métiers : négociants, paysans, ecclésiastiques, brigands…, sans compter les membres des communautés religieuses plus ou moins connues, comme les Vieux-Croyants (persécutés en raison de leur attachement à l'ancien dogme), et les « Molokhany »,ainsi appelés parce qu'ils se nourrissaient exclusivement de lait (moloko en russe) tout en vivant dans des communautés isolées qui essayaient de réaliser la vie de fraternité et de pureté originelle. Et les Cosaques, à l'allure toujours fière…
Une oeuvre magnifique, à lire et à relire, qui place Tchekhov dans la lignée des écrivains russes qui ont chanté la nature russe, tels Tourgueniev, Tolstoï et Gogol
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PhilippeCastellain
  18 mai 2019
Le malheur de l'art contemporain - outre d'être devenu largement spéculatif - est d'avoir oublié qu'il n'y a rien de plus difficile que de faire simple. Pourtant, Tchekov est là pour montrer la voie. Bâtir une pièce de théâtre sur une cerisaie qu'on abat, un vieil homme fatigué d'entretenir son beau-frère, une tentative de séduction à coup de mouette morte ? C'est avec si peu de matériaux qu'il a fait ses chefs-d'oeuvre. Qu'attendre alors de ce roman, qu'il considérait comme son meilleur texte ?

Rien.

Il ne s'y passe strictement rien. Un adolescent effectue un petit voyage jusqu'à la ville la plus proche, où il va entrer au collège. Son oncle et le pope de son village, associés dans une petite affaire de commerce de laine, l'ont pris avec eux. Devant faire un détour, ils le confient provisoirement à un convoi de marchandises. Il passe ainsi quelques jours en compagnie des charretiers, partageant leur vie simple. Un orage, une pêche à main nue, quelques rencontres, brisent la monotonie du quotidien. Il arrive à bon port, on lui trouve un logis. Et voila tout.

Et il n'y a besoin de rien de plus. Chaque chose est à sa place. Reculez-vous. Regardez un peu l'oeuvre dans son ensemble. Vous le voyez maintenant, n'est-ce pas ? C'est un hymne d'amour. A la steppe.
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dourvach
  27 mars 2021
Ce qu'on attend d'un texte d'Anton TCHEKHOV (1860-1904) ? Oh, tellement, tellement de (belles) choses... Et pas seulement son fameux "nitchevo" – cette version russe du "Faire quelque chose de rien" (selon l'idéal esthétique du tragédien Jean Racine ou les "travaux pratiques" de Guy de Maupassant) comme nous l'indique le traducteur et préfacier Vladimir Volkoff...
Prenons donc exemple de cette longue et célèbre nouvelle (sur les 649 "courts récits et nouvelles" que l'on connait), publiée pour la première fois dans la revue "Severnyj vestnik" ("Le Messager du Nord") en 1888 : "La Steppe. Histoire d'un voyage" / "Степь. Исто́рия одно́й пое́здки", dont l'auteur – comme nous le rappelle Aela dans sa critique de l'année 2012 – , annonçait à l'âge de 28 ans "qu'il était son chef d'oeuvre"...
Ne partageant pas forcément l'enthousiasme d'un "encore jeune" auteur ou plutôt "artisan en formation" (dans un processus de mutation essentialiste, allant donc jusqu'à la réduction au strict essentiel de son art), voici un texte dense à soubassements autobiographiques , très habilement segmenté en huit chapitres, dans le joli déroulé de son Continuum spatio-temporel imprévisible et "aventuresque" – un néologisme évoquant à jamais pour nous le côté picaresque de l'inclassable roman-à-tiroirs ou "roman-feuilleton" de génie intitulé "Manuscrit trouvé à Saragosse" ["Rękopis znaleziony w Saragossie", 1805] du Comte grand voyageur-littérateur Jean POTOCKI...
La notice d'un recueil (dont je puis vous conseiller également l'achat) comprenant une sélection de 111 nouvelles du Maître de Taganrog (sur le rivage nord de la Mer d'Azov, face à la péninsule de Crimée) indique succinctement : "Le récit s'inspire d'un souvenir d'enfance de l'auteur, ravivé par un voyage effectué en 1887". le préfacier Yves Avril dans sa Présentation de la publication en collection "Libretti" ("Le Livre de Poche"-LGF, 1995) est plus prolixe : "L'art de décrire la steppe semble être venue à Tchekhov au cours de l'année 1887. Cette année-là, en effet, il avait décidé de revoir sa ville natale. Parti de Moscou, il était arrivé à Taganrog. Dans le long voyage qui l'y avait conduit, il avait avec émerveillement retrouvé des paysages de son enfance. " Cette édition nous gratifie d'une carte intitulée "Le voyage de Tchekhov à Taganrog (1887)" et, avec son échelle, nous montre le trajet en chemin de fer d'un parcours Taganrog-Moscou de plus de 1.000 kilomètres. Trois extraits de lettre à sa famille et à une amie, datés des 7, 20 et 25 avril... C'est le printemps : la nature exulte. Tout l'enchante : les petits kourganes, le miroitement des rivières, les milans, les alouettes, la lune, les chaumières, les odeurs de ruisseau frais et de sève, "le temps scandaleusement beau"...
Les souvenirs d'enfance bâtissent entièrement cet univers : on est donc proche des purs "noyaux" d'enfance des morceaux du poète prosateur Bruno SCHULZ (1892-1942) tels "Les Boutiques de cannelle", "Le Printemps", "La Rue des Crocodiles", "Août", "La nuit de la Grande Saison", "La dernière fuite de mon père", "Le Sanatorium au Croquemort", la verve de la fantasmagorie schulzienne en moins...
Puisque Tchekhov est un "pur" naturaliste, un homme de la trempe de Guy de MAUPASSANT (Cf. son roman "Bel-Ami", 1885) et de Georges SIMENON (On pourra, pour mémoire, se réabreuver aux sources du dépouillement d'un roman tel son très cruel "Il pleut bergère..." de 1941). Non pas journaliste mais "docteur", Anton Tchekhov a la science ou plutôt l'expérience des corps et des âmes. Les rêveries hallucinées ne sont point de son domaine. Sauf que les "lointains bleus" et les montagnes violettes s'effaçant à l'horizon "l'intéressent" tout de même... Par leur inévitable pouvoir de fascination.
Iégor Momonosov dit "Iégorouchka" sera notre héros : un gamin non pas "Candide" mais simple candidat involontaire au (grand) Voyage... Celui de l'âme et de son jeune corps bientôt exténué par les épreuves et le manque de sommeil (l dort habituellement au sommet de sacs de laine entassés sur un charriot). le chapitre I nous rappelle à la fois les ambiances mélancoliques du (fameux et très riche) "BildungsRoman" de Johann Wolfgang von GOETHE, "Les années d'apprentissage de Wilhelm Meister" ["Wilhelm Meisters Lehrjahre", 1795-1796], mais aussi le tout premier chapitre de mise en mouvement (très "On the Road" et précurseur...) du court roman initiatique "Scènes de la vie d'un propre à rien" ["Aus dem Leben eines Taugenichts", 1826] de Joseph von EICHENDORFF, les premiers accords mélancoliques des bandes-son (dues à Can et à Jürgen Knieper...) des trois envoûtants "road movies" de Wim WENDERS (né en 1945) : "Alice dans les Villes" ["Alice in den Städten", 1974], "Faux Mouvement" ["Falsche Bewegung", 1975] ou "Au fil du temps" ["Im Lauf der Zeit", 1976]...
Juste la mélancolie. Une mélancolie douce, peu à peu profitable à notre âme... Avec sa sainte amnésie des péripéties et mésaventures précédentes : puisque tout s'efface – comme par magie – dans le mouvement, les cahots de la charrette ou du train qui nous emporte Dieu sait où....
Les descriptions de la Nature dans "La Steppe" sont évidemment moins éloquentes et vibrantes que sous la plume inspirée du conteur Yachar KEMAL (1923-2015 – Cf. "Le Pilier", "Terre de fer, Ciel de cuivre", "L'herbe qui ne meurt pas", "Tu écraseras le serpent", "La légende des Mille Taureaux", "La légende du Mont Ararat", "Meurtre au marché des forgerons", "Tourterelle, ma tourterelle", Salman le Solitaire", "La voix du sang", "La Grotte", ... ) : d'ailleurs, la "Tchoukourova" - ou "Plaine Creuse" de Cilicie chère au prosateur-aède turc, coincée entre "Akdeniz" ("Mer Blanche", autrement dit "Méditerranée"), montagnes du Taurus et Kara Deniz" ("Mer Noire" surmontée de sa Mer d'Azov) - n'est pas si loin ni si différente de la steppe de l'enfance tchékhovienne...
Remarquons une nouvelle fois combien les cent diagnostics incisifs de notre "nature humaine" sont chez notre magicien-conteur russe – comme à l'accoutumée ("Au Royaume des femmes", "La Dame au petit chien", "Une banale histoire"... ) – absolument fiables et tous pertinents.
Ouvrons donc bien plutôt (par son entrée à larges battants) la "Galerie des Personnages"...
Le négociant Ivan Ivanytch Kouzmitchov : pâle "Tonton" cachant sa sensibilité sous sa rudesse desséchée et un sérieux de croquemort (en fait, un rôle de composition)...
Déniska le jeune cocher, immédiatement complice du gamin.
Le vieux père Khristofor, héritier des moines nestoriens de l'église orthodoxe, personnage à la fois profondément bienveillant, épicurien et totalement "parasite" - s'assumant d'ailleurs pleinement dans toutes ses sympathiques contradictions.
Mosseï Moïsséïtch l'aubergiste bien trop servile, matérialiste et démonstratif, sa femme (très soumise, qu'il convoque comme le chien : "Rosa ! Rosa ! le samovar !") Rosa l'épouse, donc, et enfin le frère cadet de l'aubergiste : "Solomone-le-méprisant", assez proche d'un personnage atypique d'un "shtetl" du romancier-nouvelliste Isaac Bashevis SINGER (1902-1991 – Cf. "Le Blasphémateur et autres nouvelles", pour toutes affinités électives). L'auteur fait ici des deux frères "antagonistes" une (pas si aimable) caricature de Juifs ashkénazes, même si les deux personnages s'avèrent sympathiques et pas à prendre au sérieux : on pressent cependant comment Solomone pourra devenir un très virulent Léon Trotski...
Le marchand Varlamov, silhouette galopante entraperçue lors du périple... On en parle beaucoup plus qu'on ne le voit. Il n'est pas sans nous rappeler le fameux Klamm énigmatique du roman "Le Château" ["Das Schloss", 1922/1926] de Franz KAFKA, à la fois médiocre et insaisissable...
Le vieux charretier Pantéléï, alter ego du père Khristofor (se substituant à lui dans son rôle protecteur lorsque ce dernier s'éclipse) : c'est un terrible fabulateur (avec ses trois versions à dénominateur commun imperturbable d'histoires de Brigands-Aubergistes à Longs Couteaux : "L'Auberge Rouge" [1951] de Claude AUTANT-LARA n'est décidément jamais si loin... ). Il deviendra le plus immédiatement sympathique de ces charretiers pas tous très recommandables, bref de ces "gens du peuple" qui seront propulsés sur le devant de la Scène par les événements de 1905-1917...
Enfin, les figures plus "secondaires" des cinq autres charretiers : un jeune Petit-Russien de dix-huit ans (Stiopka), un chantre contrarié et très susceptible (Iéméliane), un naturaliste hypersensible et très colérique (Vassia), une "petite frappe" sans remords (Dymov) et son comparse, un gros abruti qui n'a pas inventé la poudre (Kiroukha) - sur le modèle du "couple" Grand-Coquin et Gédéon du "Pinocchio" [1940] de Walt DISNEY....
Le chapitre VIII conclusif (et ouvert) sera celui des retrouvailles entre le gamin et les deux adultes du début (le tonton et le père orthodoxe) dans une chambre d'auberge : le gamin sera laissé à la garde d'une plantureuse femme du peuple secondée par sa fille... Quelque chose de très émouvant se dégage alors : odeurs, lumières, présences, sentiments mis à nus... Au bout de tant d'épreuves, de peurs et d'éblouissements, le fameux "Catharsis" que l'on ressent d'ailleurs à la fin du somptueux film – très musical – de Wojciech Jerzy HAS "Une histoire banale" ["Nieciekawa historia", 1982] adapté de la nouvelle de Tchekhov, traduite en français alternativement sous les titres "Une histoire ennuyeuse", "Une histoire sans intérêt" ou "Une banale histoire"...
Belle – et jamais banale – nostalgie d'un monde à tout jamais disparu.
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BazaR
  02 octobre 2021
Je ne m'égare que très rarement dans la littérature russe du 19ème siècle. Ces prochains mois, je vais peut-être y établir une résidence secondaire, la faute au nouveau challenge littérature slave orientale de Fifrildi (allez-y voir 😊) !
Premier arrêt dans la steppe russe, à peu près entre la mer d'Azov et le Don. La steppe d'Anton Tchekhov. le jeune Iégorouchka doit se rendre à la grande ville pour faire des études. Il voyage avec les moyens du bord, d'abord dans la calèche de son oncle puis sur un chariot d'un convoi de négociants. Tout est nouveauté, parfois magnifique, parfois effrayante, toujours matinée de regrets de son enfance qui s'achève.
J'ai été pénétré de l'indolence de ce voyage, lisant à la même vitesse que les animaux de trait. Ce n'était pas de l'ennui, plutôt le sentiment que c'est la vitesse qui s'accordait le mieux au voyage de Iégorouchka. Profitant de la découverte de cette mer d'herbe, savourant ces mots inconnus tels que canepetière (une outarde) ou kourganes (des tumuli qui font ondoyer la steppe), partageant la compagnie de ces personnages si grégaires et pourtant si solitaires, enfermés dans leur propre expérience, s'exprimant étrangement et se comportant avec ce qui m'a semblé être une forme de folie douce et hallucinée. Les riches, les nobles, sont considérés à l'égal de personnages mythologiques. La force de la religion imprègne les actes quotidiens. J'ai pu constater mon ignorance sur cette église orthodoxe, découvert l'iconostase par exemple. Et appris un proverbe russe : « Sept manquements, un châtiment » signifiant quel que soit le nombre de fautes commises, on n'en répond finalement qu'une fois.
Un voyage en lecture aussi dépaysant qu'un vrai.
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   07 mai 2015
- À certains le savoir profite, il y a en a d'autres à qui il ne fait qu'embrouiller l'intelligence. Ma femme est une femme sans culture, elle cherche la distinction dans tout et elle veut que Iégor [son fils] devienne savant, sans comprendre que moi, avec mes affaires, je pourrais rendre Iégor heureux pour la vie. Je vous explique cela pour vous dire que si tout le monde veut être savant et distingué, il n'y aura personne pour faire du commerce et cultiver le blé. Tout le monde mourra de faim.
- Mais si tous font du commerce et cultivent du blé, il n'y aura personne pour s'instruire.
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dourvachdourvach   20 mars 2021
La vie est effrayante et miraculeuse ; c'est pourquoi on a beau raconter des histoires effrayantes en Russie et les agrémenter de nids de brigands, de longs couteaux et de miracle, elles rendent toujours un écho de vérité dans l'âme des auditeurs ; à peine si quelque grimaud très averti aura un regard de méfiance ; encore ne dira-t-il rien. La croix au bord de la route, les sacs sombres , l'espace et le destin des hommes réunis près du feu, tout cela était par soi-même si miraculeux et si effrayant que le fantastique de la fable et du conte pâlissait et se fondait avec la vie.

[Anton TCHEKHOV, "La Steppe. Histoire d'un voyage" / "Степь. Исто́рия одно́й пое́здки", 1888, traduit du russe par Vladimir Volkoff, éditions LGF-Le Livre de Poche, coll. "libretti 2 €", 1995 - chapitre VI, page 88]
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dourvachdourvach   10 mars 2021
Iegorouchka était couché sur le dos, et les mains derrière la tête, regardait le ciel au-dessus de lui. Il vit s'allumer puis s'éteindre les lueurs du soleil couchant ; les anges gardiens, couvrant l'horizon de leurs ailes d'or s'installaient pour dormir ; la journée s'était écoulée heureusement, une nuit paisible et heureuse s'était faite et ils pouvaient tranquillement rester tranquillement chez eux au ciel... Iégorouchka vit le ciel s'obscurcir peu à peu, les ténèbres descendre sur terre, les étoiles s'allumer une à une.
Lorsqu'on regarde longuement un ciel profond, sans en détacher les yeux, on ne sait pourquoi les pensées et l'âme s'unissent en un sentiment de solitude. On commence à se sentir irréparablement seul [...]

[Anton TCHEKHOV, "La Steppe. Histoire d'un voyage" / "Степь. Исто́рия одно́й пое́здки", 1888, traduit du russe par Vladimir Volkoff, éditions LGF-Le Livre de Poche, coll. "libretti 2 €", 1995 - chapitre V, pages 78-79]
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HerveTUCHerveTUC   26 décembre 2011
Quand nous regardons longuement le ciel immense, nos idées et notre âme se fondent dans la conscience de notre solitude. Nous nous sentons irréparablement seuls, et tout ce que nous tenions auparavant pour familier et cher s'éloigne indéfiniment et perd toute valeur, Les étoiles, qui nous regardent du haut du ciel depuis des milliers d'années, le ciel incompréhensible lui-même et la brume, indifférents à la brièveté de l'existence humaine, lorsqu'on reste en tête à tête avec eux et qu'on essaie d'en comprendre le sens, accablent l'âme de leur silence; on se prend à songer à la solitude qui attend chacun de nous dans la tombe, et la vie nous apparaît dans son essence, désespérée, effrayante...
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ninamarijoninamarijo   02 juin 2014
Lorsqu'on regarde longuement un ciel profond, sans en détacher les yeux, on ne sait pourquoi les pensées et l'âme s'unissent en un sentiment de solitude. On commence à se sentir irréparablement seul, et tout ce qu'on avait naguère cru proche et cher devient infiniment lointain et perd tout prix. Ces étoiles, qui regardent du haut du ciel depuis des millénaires, ce ciel insaisissable et les ténèbres, indifférents qu'ils sont à la vie brève de l'homme, lorsqu'on demeure seul à seuls avec eux et qu'on essaye d'en comprendre le sens, accablent l'âme par leur silence. On songe à la solitude qui attend chacun dans la tombe, et l'essence de la vie apparaît désespéremment, atroce...
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Vidéo de Anton Tchekhov
Anton Tchekhov : La Cerisaie - mise en scène par Jean-Louis Barrault (1955 / France Culture). Diffusion sur la Chaîne Nationale (France Culture) le 9 janvier 1955. Peinture : Anton Tchekhov à Nice, en 1898 • Crédits : Portrait d'Osip Braz / Galerie Tretiakov, Moscou - Radio France. Mise en scène par Jean-Louis Barrault au théâtre Marigny dans des décors de Georges Wakhevitch, avec dans les rôles principaux : Jean Desailly (Lopakine), Nathalie Nerval (Douniacha), André Brunot (Firss), Nicole Berger (Ania), Madeleine Renaud (Mme Ranievski), Pierre Bertin (Gaiev), Simone Valère (Varia), Jean Servais (Pistchik), Jean Juillard (Epikodov), Marie-Hélène Dasté (Charlotte), Jean-Pierre Granval (Iacha), Jean-Louis Barrault (Trofimov), Régis Coutin (Le passant), Jacques Galland (Le chef de gare), Jacques Sempey (L'employé des postes), etc. Traduction de Georges Neveux. Direction musicale de Pierre Boulez. En introduction, André Ransan retrace l'histoire de la pièce, créée en 1904 au Théâtre d'Art de Moscou. En 1903, Tchekhov est à Yalta en Crimée pour soigner sa tuberculose. Il termine "La Cerisaie" en octobre de la même année. Elle sera créée au Théâtre des Arts Stanislavski de Moscou le 17 janvier 1904, le jour même du 44ème anniversaire de l’auteur. Ce sera la dernière sortie officielle de Tchekhov. Profondément affaibli par la maladie, il meurt le 17 juillet de la même année. "La Cerisaie" est une des œuvres les plus représentatives de la manière de Tchekhov. Jean-Louis Barrault la résumait ainsi : Premier Acte, La Cerisaie risque d'être vendue ; Deuxième Acte, La Cerisaie va être vendue ; Troisième Acte, La Cerisaie est vendue ; Quatrième Acte, La Cerisaie a été vendue. "La Cerisaie" est un vaste et beau domaine appartenant à la famille Ranievski qui doit être mis aux enchères pour rembourser les dettes de la famille. Selon Barrault toujours : « La pièce n'appartient ni au naturalisme selon la mode de 1904, ni même au réalisme, elle appartient à la vérité. Une vérité qui, selon ses deux visages, est faite à la fois de réel et de poésie. C'est, si l'on veut, du réalisme poétique, comme dans Shakespeare. »
00:25 : Présentation de la pièce par André Ransan 07:21 : Début de la pièce
Source : France Culture
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Le clafoutis de Tchekhov

Je m'appelle .............?..........." je suis un jeune homme de dix-sept ans, laid, maladif et timide", je passe mes étés dans la "maison de campagne des Choumikhine", et je m'y ennuie.

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